Lutte de classe en France

Contre les attaques et les manoeuvres de division des syndicats - Refusons la dispersion de nos luttes !

L'année 2005 aura commencé sous le signe d'une reprise des appels à la mobilisation de la part des syndicats en France comme le pays n'en avait plus connu depuis juin 2003. Coup sur coup, étaient organisées trois "journées d'actions" : le 18 janvier à la Poste, le 19 à la SNCF, le 20 dans l'ensemble du secteur public. Et six confédérations syndicales sur sept appellent le public et le privé à manifester conjointement le 5 février "pour la défense des 35 heures". A quoi correspond ce "réveil" syndical qui contraste avec la passivité extrême des syndicats depuis la défaite de la lutte ouvrière du printemps 2003 ?

Mais d'abord deux autres questions se posent : quels sont les besoins pour la classe ouvrière aujourd'hui ? Que proposent les syndicats ?

décembre 1995, printemps 2003 - Les leçons des défaites sont une arme pour les luttes futures

Malgré tout le zèle et les efforts de sa bourgeoisie nationale au cours de ces dernières années, le capital français doit encore combler un retard certain sur ses principaux concurrents dans ses mesures antiouvrières pour faire face à la crise économique mondiale. Cette compétition s'exerce aussi bien dans le cadre européen contre les Etats-Unis que vis-à-vis de ses autres rivaux européens. La logique du capitalisme et de défense du capital national conduit ainsi simultanément la classe dominante à poursuivre et intensifier les licenciements dans les entreprises, à réduire les effectifs du secteur public avec comme objectif avoué d'éliminer 50 000 salariés d'ici 2007 et surtout à accélérer le démantèlement de l'Etat-providence, qui constitue pour elle l'encombrant héritage d'une période aujourd'hui révolue (voir dans ce n° l'article sur la Sécurité sociale).

Seule la classe ouvrière peut mettre fin à la guerre et à la misère

Pour juger de l'état du monde, il suffit d'évoquer la question : quels sont les événements qui auront marqué le plus profondément l'année 2003 ? Que traduisent-ils ?

La multiplication des guerres et des attentats dans tous les coins de la planète ont livré de façon permanente des parties de plus en plus larges de la population aux massacres et à la terreur, au chaos et à la barbarie guerrière.

La nouvelle guerre meurtrière en Irak en mars dernier aura précipité ce pays dans un chaos sanglant qui n'est pas prêt d'être contrôlé ni surmonté, et ce n'est pas l'arrestation récente de Saddam Hussein qui va changer quoi que ce soit à cette réalité. Le Proche-Orient a continué à être la proie d'une escalade de la violence dans un conflit israélo-palestinien qui apparaît de plus en plus sans issue.
Le déchaînement des actions kamikazes et les attentats terroristes frappant aveuglément les populations se sont généralisés à un point tel qu'ils sont susceptibles de s'abattre en n'importe quel endroit de la planète.
Il est manifeste que, bien loin de tous les discours officiels rassurants et des promesses de paix, le monde s'enfonce dans une barbarie guerrière de plus en plus sanglante. Ce sont des populations de plus en plus nombreuses qui sont les principales victimes de cette aggravation de la barbarie. A l'enfer de la terreur, de la destruction, des massacres, des mutilations qu'elles subissent dans les pays livrés à ces carnages s'ajoutent une plongée dans une misère effroyable.
Cette domination de la barbarie sur une large partie de la planète converge avec une accélération sans précédent des attaques contre la classe ouvrière dans les pays centraux du capitalisme.
Ce sont les mêmes mesures qui sont mises en place partout par tous les gouvernements, qu'ils soient de gauche ou de droite, que ce soit en France, en Autriche, en Allemagne, au Brésil, et aujourd'hui en Italie. Alors que le chômage ne cesse de s'aggraver et que continuent à s'intensifier des plans de licenciements à répétition, alors que la précarité de l'emploi s'est généralisée, la nature même de ces attaques dévoile encore plus crûment la faillite du système. Non seulement le capitalisme jette à la rue de plus en plus larges fractions de la classe ouvrière, mais il s'avère de plus en plus incapable de leur assurer les moyens de survie les plus élémentaires. C'est aux retraites et à la santé des prolétaires, c'est aux allocations de tous ceux qui sont déjà réduits au chômage que la bourgeoisie s'en prend désormais de façon simultanée, massive et frontale, alors même que les conditions de travail empirent et que le pouvoir d'achat se dégrade à toute vitesse. C'est à une plongée en accéléré dans la misère que sont déjà confrontées de plus en plus de familles ouvrières.
L'ampleur et la profondeur sans précédent des attaques de la bourgeoisie contre la classe ouvrière révèlent l'enfoncement inexorable du capitalisme dans les convulsions de sa crise mondiale. Quant à la bourgeoisie, elle démontre de plus en plus clairement qu'elle n'a plus les moyens d'étaler ses attaques contre les conditions de vie les plus vitales de la classe ouvrière.
Le capitalisme est contraint de dévoiler de plus en plus ouvertement sa faillite. L'accélération dramatique de cette situation sur la terre entière démontre clairement que, non seulement ce système d'exploitation est incapable d'assurer un meilleur sort pour l'humanité mais qu'il constitue au contraire, de façon permanente, une menace d'engloutir la planète dans un gouffre de misère et de barbarie.
Face à la gravité d'un tel enjeu, il existe une seule issue : le renversement de ce système par la seule classe qui n'a rien d'autre à perdre que les chaînes de son exploitation, le prolétariat. La classe ouvrière détient toujours la clef de l'avenir.
Elle seule a les moyens de sortir l'humanité de cette impasse. Elle est bien la seule classe aujourd'hui comme hier, comme demain, capable de s'opposer à la perpétuation de ce système d'exploitation. Elle est la seule classe de l'histoire porteuse d'une autre société dont le moteur ne serait plus le profit et l'exploitation mais la satisfaction des besoins humains. Face à l'enfoncement inéluctable dans la misère et la barbarie, le développement de ses luttes sur son terrain de classe pour résister aux attaques de la bourgeoisie pourra faire éclore une autre perspective pour l'humanité.
Malgré la défaite que les prolétaires ont subi, les luttes ouvrières qui ont commencé au printemps dernier en Autriche ou en France ont démontré non seulement que la classe ouvrière a la capacité de relever la tête face aux attaques mais aussi qu'elle a conservé sa capacité à affirmer sa propre perspective révolutionnaire
Les craintes de la bourgeoisie sont pleinement révélatrices des potentialités du prolétariat. La bourgeoisie sait bien qu'elle va devoir l'attaquer encore plus fortement dans les années à venir et que la classe ouvrière n'aura pas d'autre choix que de développer ses luttes. C'est justement pour y faire obstacle et pour empêcher la classe ouvrière de prendre conscience de la faillite définitive du capitalisme qu'elle a entrepris de manière préventive de brouiller sa conscience en développant l'idéologie altermondialiste. Cette mystification qui vise essentiellement à faire croire qu'un "autre monde" serait possible dans le cadre d'une "gestion différente" du capitalisme, est directement destinée à semer la confusion pour entraver le développement de la prise de conscience qu'il n'existe aucune possibilité d'améliorer ni de réformer le système.
L'avenir du monde est bien entre les mains de la classe ouvrière. Comme le rappellent déjà le titre et le préambule du Manifeste du CCI écrit il y a plus de douze ans et qui est plus que jamais valable pour les années à venir : "Révolution communiste ou destruction de l'humanité : Jamais dans l'histoire, les enjeux n'ont été aussi dramatiques et décisifs que ceux d'aujourd'hui. Jamais une classe sociale n'a dû affronter une responsabilité comparable à celle qui repose sur le prolétariat." Mais au-delà de cette nécessité, la classe ouvrière doit prendre conscience qu'elle a pleinement les moyens de développer son combat et de mener à bien cette tâche gigantesque.

La gauche et les syndicats préparent le terrain aux attaques anti-ouvrières

Après la loi sur la "sécurité intérieure" de Sarkozy (voir RI n°328), le projet de réforme de la loi de modernisation sociale (LMS) promulguée par la "gauche plurielle", et les projets de réforme des retraites et de la sécurité sociale montrent clairement la détermination du gouvernement Raffarin à accélérer les attaques contre la classe ouvrière.
Raffarin et ses ministres ne s'en cachent pas et ne cessent de déclarer, à travers les médias, qu'il faut se préparer à la "rigueur", alors que dans tous les secteurs sont annoncés des licenciements, sur fond de prévisions particulièrement pessimistes concernant l'état de l'économie.

La gauche attaque la conscience ouvrière

Editorial - Derrière les discours électoraux, l'aggravation des attaques

Le carnaval électoral est de retour en France avec son cortège inépuisable de bluff, de magouilles politiciennes, de mensonges, d'illusions. En réalité, les dés sont pipés d'avance : c'est toujours la bourgeoisie qui gagne les élections. Sur ce terrain pourri, les ouvriers n'ont rien à y défendre. L'expérience est déjà faite depuis longtemps pour les prolétaires : que la gauche ou la droite l'emporte, tel candidat ou tel autre, cela signifie pour eux la même politique d'attaques incessantes de toutes les conditions de vie ouvrière.

C'est pourquoi aujourd'hui encore les révolutionnaires appellent les ouvriers à déserter toute participation électorale au nom de la défense de leurs intérêts immédiats et historiques. Ce n'est qu'en développant leurs luttes sur leur propre terrain de classe, contre la misère, sur les lieux de travail, dans les grèves et manifestations qu'ils peuvent réellement exprimer leur colère.
Cette attitude des révolutionnaires n'est pas spécifique aux élections qui se déroulent aujourd'hui en France. C'est depuis le début du siècle précédent que, contrairement au 19e , les ouvriers n'ont plus aucune possibilité d'utiliser les élections pour défendre leurs intérêts.

Les syndicats sabotent les luttes pour faire passer les attaques de la bourgeoisie



Avec l'aggravation de la crise économique, la bourgeoisie en France comme dans tous les pays n'a pas d'autre choix que de renforcer ses attaques contre la classe ouvrière. Ainsi, avec l'avalanche des plans de licenciements, le chômage est en train de connaître une montée en flèche. Rien qu'entre octobre et novembre 2001, les licenciements ont progressé de 15,6% et ce sont plus de 1000 chômeurs supplémentaires par jour qui sont enregistrés. Aux charrettes de licenciements, il faut encore ajouter les attaques contre les retraites, l'augmentation du coût de la vie (tel les tarifs de l'EDF), la flexibilité et l'annualisation du temps de travail avec la mise en place des 35 heures dans la fonction publique et notamment dans les hôpitaux, etc.

Les syndicats émiettent la combativité ouvrière

Bien que les attentats terroristes du 11 septembre et le déchaînement de la riposte américaine en Afghanistan ait polarisé l'attention de la classe ouvrière, celle-ci ne s'est pas laissée totalement paralyser par les campagnes bellicistes de la bourgeoisie. Ainsi, depuis deux mois, c'est dans tous les secteurs que les ouvriers ont manifesté leur mécontentement et leur volonté de ne pas courber l'échine face à la dégradation de leurs conditions de vie. C'est bien ce dont témoigne la multiplication, ces deux derniers mois, des grèves dans le public comme dans le privé : à l'usine de textiles DIM à Autun contre les licenciements début décembre, chez Mc Donald (où la grève se poursuit depuis le mois de novembre), dans les bureaux de Postes de la région parisienne contre l'intensification du travail avec le passage à l'Euro; à l'usine Scholtès Thionville pour des augmentations de salaires, chez les employés du Musée de l'Homme à Paris, dans les transports parisiens et en province, chez les employés municipaux (telle la grève de 9 jours des employés de la ville de Tours contre les 35 heures), chez les enseignants et les personnels administratifs, ouvriers et de service de l'Education Nationale, dans les banques contre la dégradation des conditions de travail, à Renault Flins contre l'application des 35 heures, etc.
Avec le succès de la grève des gendarmes qui ont obtenu, début décembre, 1000 francs d'augmentation de salaire et un renforcement de leurs effectifs, la bourgeoisie a mis a profit ce mouvement hypermédiatisé non seulement pour dénaturer la lutte de classe (voir RI n°319), mais pour pousser une fois encore la classe ouvrière derrière les syndicats. Dans tous ces conflits sociaux, dans le public comme dans le privé, les syndicats exhortent les ouvriers à engager le combat en semant l'illusion que la lutte sur un terrain corporatiste paie, et même qu'elle peut rapporter gros, comme l'aurait démontré la grève des gendarmes. Ainsi, par exemple, au lendemain de la "victoire" des gendarmes, la CGT appelle à la mobilisation des ouvriers de l'usine Scholtès Thionville en mettant en avant une revendication démagogique calquée sur celle des gendarmes : 1000 francs par mois (ce qui représente une augmentation de plus de 15% pour des salaires d'environ 6000 à 6500 francs !), et une prime de fin d'année de 3000 francs.
Alors que tous les secteurs sont confrontés aux mêmes attaques, notamment la dégradation des conditions de travail et la mise en place des 35 heures, partout les syndicats se sont efforcés d'émietter la combativité ouvrière, en enfermant et isolant les différents foyers de lutte les uns des autres, en planifiant dans le temps les journées d'action (notamment dans l'Education Nationale ou dans les hôpitaux) afin d'éviter un mouvement massif et uni de toute la classe ouvrière.
Une fois encore, face à la montée du mécontentement des ouvriers, les syndicats prennent les devants et occupent tout le terrain social. Ce sont eux qui organisent, contrôlent et dirigent les grèves, les assemblées générales et les manifestations avec comme seul objectif de lâcher un peu la vapeur en période préélectorale. En canalisant et défoulant la colère des ouvriers dans l'impasse du corporatisme, leurs manoeuvres, comme toujours, ne visent qu'un seul but : permettre au patronat et au gouvernement de faire passer leurs attaques.

Réponse au "Prolétaire" (PCI) - A propos des luttes à Cellatex et Adelshoffen



Dans le numéro 304 de RI (septembre 2000), nous avons pris position sur la campagne qui avait agité les médias durant l'été autour des luttes à Cellatex et dans d'autres entreprises (Adelshoffen, Forgeval...). Dans notre article, intitulé "Un exemple à ne pas suivre", nous avons montré comment et pourquoi les moyens utilisés dans ces luttes (le déversement d'acide sulfurique dans une rivière dans le cas de Cellatex, la menace de faire sauter l'usine à Adelshoffen...) ne pouvaient pas représenter une avancée pour la classe ouvrière dans son ensemble. Nous avons notamment développé que ce n'est pas par hasard si justement ces méthodes avaient eu droit à de grands coups de projecteurs de la part des médias bourgeois et si le gouvernement n'avait pas hésité à encourager leur exemple en concédant des avantages substantiels, notamment aux grévistes de Cellatex.

3a) Le rôle actif des trotskistes dans la stratégie de la bourgeoisie : Introduction


Dans l'énorme opération anti-ouvrière montée par la bourgeoisie lors de la lutte des hôpitaux, les gauchistes -et en particulier les trotskystes de "Lutte Ouvrière" et de la "Li­gue Communiste Révolutionnaire"- ont joué un rôle de premier plan et de grande enver­gure. Fers de lance de la mise sur pied des coordinations qui se sont partagé l'encadre­ment des travailleurs en lutte, champions de première de la magouille et de la manipula­tion au sein des assemblées convoquées par celles-ci, ils ont contribué efficacement au succès de la manœuvre d'ensemble de la bourgeoisie. Ils ont ainsi fait une fois de plus la preuve que la bourgeoisie peut compter sur eux contre les ouvriers !

Les bourgeoisies européennes suivent l'exemple de décembre 95 en France

La manoeuvre anti-ouvrière de novembre/décembre 95 en France n'était pas un fait isolé, mais bien le signal d'une vaste offensive internationale de la classe dominante contre son ennemi mortel. Ce printemps, c'est en Belgique et en Allemagne qu'on a pu voir les syndicats, en pleine complicité avec

L’opportunisme du PCI sur la question syndicale le conduit à sous-estimer l'ennemi de classe

mouvements sociaux de la fin 1995 présentées par le CCI, aussi bien dans la Revue internationale que dans sa presse territoriale et ses réunions publiques, ont rencontré majoritairement parmi ses lecteurs et ceux qui assistaient à ces dernières, intérêt et approbation. En revanche, elles n'ont pas été partagées par

Les "ruses" de la base syndicale et des médias pour mettre en grève le centre de tri Austerlitz

Pour pouvoir déployer pleinement sa manoeuvre, la bourgeoisie se devait d'embarquer, dans le «mouvement» qu'elle a provoqué, derrière les cheminots, d'autres secteurs importants de la classe ouvrière. Voilà pourquoi, les centres de tri parisiens qui, par le passé, ont toujours fait preuve de combativité et

Peut-on gagner en luttant derrière les syndicats ? (Extraits du supplément à notre journal diffusé en décembre 95)

(...) Alors que pendant des années, notamment les années de la Gauche au gouvernement, ils freinaient des quatre fers face aux différents plans d'austérité, aujourd'hui les syndicats «excitent la foule» à travers des discours «radicaux» et «jusqu'au boutistes».

Quelle intervention des révolutionnaires face à la manoeuvre ?

En chaque circonstance, les organisations révolutionnaires se sont toujours appuyées dans leurs interventions au sein de leur classe sur des principes et sur une méthode à partir desquels elles sont à même de s'orienter comme avec une boussole. Ces principes, cette méthode vivante, c'est le marxisme.

Comment lutter ?

Les syndicats, depuis des décennies, ont fait la preuve qu'il n'y a rien à attendre d'eux sinon le sabotage des luttes ouvrières. A chaque fois que les ouvriers les ont suivis ou même quand ils ont simplement toléré leur présence, ils ont subi des défaites. Par contre, à chaque fois que

Les réelles leçons de décembre 95

(...) Ce que montrent également les récentes grèves en France c'est que l'extension des luttes entre les mains des syndicats est une arme de la bourgeoisie. Et plus une telle extension prend de l'ampleur, plus la défaite qu'elle permet d'infliger aux ouvriers est étendue et profonde. Là aussi il est vital

Les syndicats ont toujours saboté les luttes ouvrières

Mai 68, de même que le mouvement de «l'automne chaud» italien en 1969, ont constitué pour le prolétariat une première expérience de confrontation au sabotage syndical au début de la reprise historique de la lutte de classe. Dès le début de cette reprise, les syndicats, à travers leurs manoeuvres et leur

Pages

S'abonner à RSS - Lutte de classe en France