Lutte de classe en France

Luttes de décembre 95 dans la fonction publique en France - victoire pour les syndicats ; défaite pour la classe ouvrière - Introduction

"Le mouvement social le plus important depuis mai 68", "une formidable mobilisation" : voilà en quels termes la presse et la télévision bourgeoises elles-mêmes célébraient, à grand renfort de publicité, les luttes dans la Fonction publique de novembre/décembre

Luttes de décembre 95 dans la fonction publique en France - victoire pour les syndicats ; défaite pour la classe ouvrière

"Le mouvement social le plus important depuis mai 68", "une formidable mobilisation" : voilà en quels termes la presse et la télévision bourgeoises elles-mêmes célébraient, à grand renfort de publicité, les luttes dans la Fonction publique de novembre/décembre 1995 en France contre le plan Juppé. Et ce sont encore les médias qui, avec les syndicats, ont été les premiers, à l'issue du mouvement, à présenter celui-ci comme une "grande victoire ouvrière". Que ce soit ceux dont le rôle a toujours été au contraire de dénigrer, minimiser ou carrément passer sous silence, quand ils le pouvaient, les luttes ouvrières les plus significatives constitue déjà un sérieux indice du fait que la bourgeoisie a voulu mystifier les prolétaires. Cela doit les inciter à la plus vive méfiance et à la réflexion sur ce qu'a réellement été cette mobilisation.

Quelles leçons pour les luttes futures ? - (Tract diffusé en janvier 1996)

Novembre-décembre 1995 : il n'y avait pas eu depuis longtemps une telle mobilisation de la classe ouvrière en France. Et pourtant, malgré les centaines de milliers de grévistes, les millions de manifestants, le gouvernement a réussi à faire passer ses principales attaques contre les travailleurs, à commencer par le plan Juppé sur

Une implication claire et décidée dans la lutte.


Sur la base d'un suivi sérieux, "pointu", de l'évolution de la situation en France, le CCI avait mis en avant depuis des mois le développement des potentialités pour un mouvement massif de riposte de la classe ouvrière aux attaques de la bourgeoisie. Cette analyse qu'il développe en permanence dans sa presse depuis le début de l'année 88 se trouve confirmée au printemps par une série de luttes à Chausson, à la Snecma, à Michelin (malgré le contexte défavorable des campagnes électorales à répétition), et au mois de juin à St Nazaire (malgré le facteur défavorable constitué par la proximité des congés annuels). Durant ces luttes, en particulier celle de la Snecma, il met également en évidence la stratégie de la bourgeoisie visant à isoler et enfermer chaque lutte dans l'entreprise ou la corporation. Il met également en relief cette tendance de la bourgeoisie, initiée lors de la grève des cheminots durant l'hiver 86/87, confirmée ensuite dans la grève des instituteurs peu après, à utiliser les coordinations au premier rang de ses forces d'encadrement pour posséder les ouvriers de leur lutte. Il démontre alors comment celles-ci, animés par les gauchistes et des syndicalistes de base, ont fondamentalement le même rôle d'enfermement et d'isolement des luttes que les syndicats; comment pour assumer leur sale besogne, elles tendent à s'appuyer et développer les faiblesses corporatistes existant au sein de la classe ouvrière. C'est ainsi en particulier que le CCI avait énoncé le rôle de la coordination inter-Snecma dans le conflit de cette entreprise, ainsi que celui des gauchistes de L.O. et de la L.C.R. en son sein.

Les motions : une pratique à développer dans les assemblées générales.

Le lieu où la classe ouvrière peut exprimer sa force et décider de la conduite de sa lutte, ce sont ses assemblées générales. C'est bien pourquoi une des armes essentielles de la bourgeoisie contre les luttes ouvrières, c'est le sabotage des assemblées ouvrières. Ce n'est pas par hasard si, dans toute la phase de montée de la lutte des hôpitaux, coordinations et syndicats ont tout fait pour éviter que ne se tiennent des assemblées générales sur les lieux de travail et s'ils n'ont invité les ouvriers à le faire que lorsque la lutte était déjà engagée sur un terrain pourri et que tout le dispositif d'encadrement du mouvement était déjà solidement mis en place. Mais, lorsque les forces de la bourgeoisie ne peuvent plus s'opposer à la tenue d'assemblées générales au risque d'être débordées , ce sont généralement elles qui les convoquent et qui s'arrangent pour les manipuler de l'intérieur, pour aire en sorte que les décisions soient prises dans la plus grande confusion possible, pour étouffer toute initiative "gênante" et toute discussion et prise de position de l'assemblée sur celles-ci, bref éviter que celles-ci soient des assemblées réellement souveraines et, enfin de compte, les transformer en simples chambres d'enregistrement des décisions d'un "bureau" auto‑proclamé par les syndicats ou les gauchistes, assemblées auxquelles les ouvriers écœurés renoncent finalement à participer:

L'intervention d’un Comité de lutte


La période que nous vivons aujourd'hui voit, ici et là, au sein de la classe ouvrière, l'émergence de comités de lutte. Ce phénomène a commencé à se développer, en France au début de 1988 ‑au lendemain de la grande lutte à la SNCF. Depuis lors, plusieurs comités regroupant des ouvriers combatifs se sont formés dans différents secteurs (PTT, EDF, Enseignement, Santé, Sécurité So­ciale, etc..) voire même, et de plus en plus, sur une base inter-sectorielle.

Comment étendre la lutte


La compréhension grandit dans les rangs ouvriers que pour gagner, pour être forts, il nous faut être le plus nombreux possible dans la lutte, il faut que la lutte s'élargisse toujours plus, il faut qu'elle soit capable d'opposer à la bourgeoisie et son État un front ouvrier massif, solidaire et uni.

Bilan de la lutte de classe depuis 1988


  • L'unification des luttes ne peut être l'œuvre que des travailleurs eux-mêmes

 
 Au moment où se termine l'année 88, tous les médias bourgeois se plaisent à célébrer cette année comme marquée d'une pierre blanche : elle aurait été "l'année du début du retour de la prospérité", "l'année de la paix" et autres foutaises. Pour la classe ouvrière, pour qui 88 a signifié la continuation de l'austérité, des licenciements, du chômage massif, il n'y a pas de quoi se réjouir. Au contraire, alors que les sombres perspectives d'une nouvelle accélération de la crise, longtemps écartées par la classe dominante et étouffées dans les médias à la faveur des préparatifs électoraux aux USA, refont surface, il est clair pour la classe ouvrière que les années qui s'ouvrent vont être celles d'une nouvelle aggravation de ses conditions d'existence, d'une nouvelle accélération des attaques anti-ouvrières dans tous les pays.
Moins que jamais, dans la période qui s'ouvre, la classe ouvrière ne pourra faire l'économie de la lutte. Au contraire, Il va lui falloir poursuivre et développer, encore plus massivement et avec plus de détermination, la bataille pour la défense de ses conditions de vie, contre ce système porteur d'une misère toujours plus profonde et générale. C'est pourquoi il lui faut par contre tirer le bilan de ce que 88 a apporté de son point de vue de classe à elle, c'est-à-dire sur le plan du développement de ses combats et du renforcement de ses armes de résistance à la misère capitaliste.

1b) Une manoeuvre d'ampleur de la bourgeoisie contre l'ensemble de la classe ouvrière


NON à la dispersion organisée ;
OUI à l'unité des luttes ouvrières

OUVRIERS,

C'est à un véritable travail de sape de votre combativité et de déboussolement que se livrent depuis plusieurs semaines contre vous l'ensemble de la gauche et en particulier, ces derniers temps, la CGT. Malgré cela votre colère reste intacte et elle est plus que jamais légitime.

3c) Le rôle actif des trotskistes dans la stratégie de la bourgeoisie : LCR...


LCR : les faiseurs de coordinations à la rescousse du syndicalisme

 
"Les infirmières et les personnels de santé ont retrouvé le chemin d'un syndicalisme originel, à vocation majoritaire, efficace, unitaire, dirigé par tous dans la plus grande démocratie".

2) Une nouvelle arme de la bourgeoisie contre la classe ouvrière : LES "COORDINATIONS"


Le terme de "coordination" a été employé déjà en de multiples reprises ces dernières années dans différents pays d'Europe. Ainsi nous avons connu, au milieu des années 80 en Espagne, une "Coordinadora de Estibadores" (Coordination de dockers) dont le langage radical et la très grande ouverture (notamment en permettant aux révolutionnaires d'intervenir dans ses assemblées) pouvait faire illusion, mais qui n'était pas autre chose qu'une structure permanente du syndicalisme de base. De même, nous avons vu se constituer en Italie, au cours de l'été 87, un "Coordinamento di Macchinisti" (Coordination des conducteurs de train), qui s'est révélé rapidement comme étant de même nature. Mais la terre d'élection des "coordinations" est incontestablement, à l'heure actuelle, la France où, depuis l'hiver 86-87, toutes les luttes ouvrières importantes ont vu se manifester des organes portant ce nom :

3b) Le rôle actif des trotskistes dans la stratégie de la bourgeoisie : Les magouilles de "Lutte Ouvrière''


"Coordination du Personnel de Santé" 

  "Lutte Ouvrière" prétend défendre de façon intransigeante les intérêts des travailleurs. Mais, une nouvelle fois, la politique et les méthodes de cette organisation au cours de la grève dans les hôpitaux ont fait la preuve qu'elle n'a d'ouvrier que le nom et la phraséologie.

Regroupons nous ! Formons des comités de lutte


Ne laissons pas la bourgeoisie occuper tout le terrain

Jamais les instruments de l'État, jour­naux, TVA, radio, n'avaient autant parlé de grèves, de possible "généralisation". Ja­mais les médias ne montrent autant de secteurs paralysés, de tonnes de sacs de tris postaux que pour mieux desservir la lutte ouvrière, que lorsqu'il s'agit de grè­ves manipulées, ficelées, incompréhensi­bles. Quoi de plus tangible et médiatisa­ble que ces infirmières enfermées dans un hyper-corporatisme,  crue ces camion­neurs PTT coincés dans une grève mino­ritaire et pendue d'avance ? Cette triste mise en scène minutieusement élabore par toutes les forces de la bourgeoisie ‑gouvernement, syndicats, gauchistes‑, où tous les secteurs, les uns après les autres sont poussés dans l'impasse des luttes minoritaires et isolées, pour ensuite re­prendre le travail, chacun dans son coin, épuisés, sans avoir rien obtenu, ne doit pas décourager les ouvriers qui ne se sont pas laissé duper par cette sinistre masca­rade. Elle ne doit pas paralyser tous ceux qui ne se reconnaissent ni dans les actions jusqu'auboutistes de la CGT, ni dans les discours lénifiants de Krasucki, ni dans les coordinations soi-disant "non syndi­cales".
Aujourd'hui, il est évident que ce sont toutes les forces d'encadrement de la. bour­geoisie qui occupent tout le terrain de la lutte. Engager le combat dans de telles conditions ne peut conduire qu'à se laisser prendre dans les nasses des syndicats et des coordinations. Ce ridant, face à cette situation, les ouvriers les plus combatifs et les plus conscients ne doivent pas céder à la passivité. Ils ne doivent pas céder à la pression bourgeoise qui ne vise qu'à leur inoculer un sentiment d'isolement, de désarroi, l'impuissance. Ils doivent, au contraire, briser cet étau, chercher à se regrouper, à nouer des contacts non seu­lement sur leur propre lieu de travail mais également entre les différentes entreprises et secteurs. Ils doivent tenter de constituer des comités de lutte ou rejoindre ceux existant déjà dans leur ville ou leur ré­gion.

1a) Une manoeuvre d'ampleur de la bourgeoisie contre l'ensemble de la classe ouvrière

Les luttes ouvrières ne peuvent se développer et vaincre qu’en dehors et contre les syndicats et les coordinations

  le 23 octobre la "coordination infirmière" décidait l'arrêt de la grève. Après l'avoir suscitée artificiellement, avec la complicité active du parti socialiste et de la CFDT, elle a décidé de l'enterrer.

LA “PARTICIPATION” DU F.O.R. AU CERCLE DE DISCUSSION DE TOURS : UNE ENTRAVE AU REGROUPEMENT DES REVOLUTIONNAIRES

Dans notre précédent numéro, nous avons montré, à travers l'exemple du cercle de discussion de Tours, à quels besoins répondaient dans la période présente le surgissement de cercles, de discussions. Au premier rang de ces besoins, il y a la nécessite vitale de la clarification politique à travers la réappropriation de 1'expérience du mouvement ouvrier. Cette réappropriation est dure, longue, difficile, mais c'est la seule voie ^réellement féconde.

"CERCLE DE DISCUSSION” DE TOURS UNE EXPRESSION DU DEVELOPPEMENT DE LA CONSCIENCE DANS LA CLASSE OUVRIERE

Alors qu'avec l'accélération de la crise, le prolétariat mondial tend à développer, renforcer son combat et à affirmer de plus en plus son autonomie de classe, on voit apparaître aujourd'hui des tentatives de regroupement d'éléments prolétariens cherchant a discuter, confronter, clarifier leurs positions en lien avec les besoins de la lutte de classe. Une des expressions de cette tendance générale dans la classe ouvrière s'est constituée à Tours, voici un an, à travers le surgissement d'un "cercle de discussion".

II - Que s'est-il passé en octobre 88 ?

Jamais, depuis de nombreuses années, "rentrée sociale" en France n'avait été aussi explosive que celle de l'automne 88. Depuis le printemps, il était clair que d'importants affrontements de classe se préparaient. Les luttes qui s'étaient dé­roulées entre mars et mai 88 dans les entreprises "Chausson" (construction de camions) et SNECMA (moteurs d'avions) avaient fait la preuve que la période de relative passivité ouvrière qui avait suivi la défaite de la grève dans les chemins de fer en décembre 86 et janvier 87 était bien terminée. Le fait que ces mouvements aient éclaté et se soient développés alors que se déroulaient les élections présiden­tielles et législatives (pas moins de 4 élections en deux mois) était particuliè­rement significatif dans un pays où, tradi­tionnellement, ce type de période est synonyme de calme social. Et cette fois-ci, le Parti socialiste revenu au pouvoir ne pouvait espérer aucun "état de grâce" comme en 81. D'une part les ouvriers avaient déjà appris entre 81 et 86 que l'austérité "de gauche" ne vaut pas mieux que celle de "droite". D'autre part, dès son installation, le nouveau gouvernement avait clairement mis les points sur les i : il était hors de question de remettre en cause la politique économique appliquée par la droite durant les deux années pré­cédentes. Et elle avait mis à profit les mois d'été pour aggraver cette politique.

I - Pourquoi cette brochure

L'année 88 s'est terminée sur une flambée massive de colère et de combativité qui s'est exprimée en particulier parmi les ouvriers du secteur public. Aujourd'hui encore la lutte dans les hôpitaux, notamment celle des infirmières, est dans toutes les mémoires, et c'est en effet, une importante expérience que vient de faire la classe ouvrière en France.

POUR UNE COORDINATION INTERPROFESSIONNELLE

Nous publions, ci-dessous, une motion qu'un groupe d'ouvriers s'était proposé de présenter, en vue de son adoption, à la "Coordination nationale interprofessionnelle" d'Ivry, le 29 décembre. Nous apportons notre soutien total à cette motion et plus particulièrement au souci fondamental qu'elle contient: la nécessité d'étendre et d'élargir le mouvement aux autres secteurs pour former “le front le plus large et unifié".

Pages

S'abonner à RSS - Lutte de classe en France