France

Morts de froid : Le capitalisme est le vrai responsable

Comme chaque hiver maintenant, les appels à la charité publique et à la "vigilance citoyenne" sont devenus endémiques. Les médias aux ordres réagissent dès qu’apparaissent les premières "victimes du froid". Alors se déclenche, comme on a pu le voir encore dernièrement, une nouvelle campagne idéologique destinée à couvrir en toile de fond cette tragédie du capitalisme.

Réunion publique du CCI à Toulouse : Les émeutes dans les banlieues n'ont rien à voir avec la lutte ouvrière

Le CCI organise, partout où il le peut, des réunions ouvertes à tous ceux qui veulent sincèrement changer le monde. Nos réunions publiques (RP) et nos permanences se veulent être des lieux de débats fraternels où chaque participant peut poser ses questions, confronter ses arguments et analyses.

Ainsi, tout au long des mois d’octobre et novembre, la section du CCI en France a tenu des RP à Tours, Marseille, Nantes, Toulouse, Paris et Lyon sur le thème "La révolution prolétarienne est la seule perspective d’avenir pour l’humanité". Inévitablement, l’actualité brûlante des émeutes est revenue dans chacune de nos salles comme une préoccupation centrale et récurrente : comment considérer la violence désespérée des jeunes banlieusards ?

La bourgeoisie utilise les émeutes contre la classe ouvrière

Durant trois semaines, les émeutes dans les banlieues ont fait la Une de l’actualité. Des milliers de jeunes, issus pour une grande part des couches les plus pauvres de la population, ont crié leur colère et leur désespoir à coup de cocktails Molotov et de caillasses (voir article page 1).

Les premières victimes de ces destructions sont les ouvriers. Ce sont leurs voitures qui sont parties en fumée. Ce sont leurs lieux de travail qui ont été fermés, plaçant plusieurs centaines d'entre eux au chômage technique. Un ouvrier interviewé pour le journal de 20h a magistralement résumé la parfaite absurdité de ces actes en ces termes  : "Ce matin, j’ai trouvé sur le pare-brise de ma voiture calcinée cette affiche. C’est marqué dessus ‘Nique Sarkozy’. Mais c’est pas Sarkozy qu’on a niqué, c’est moi !"

Même si l'explosion de colère des jeunes des banlieues est tout à fait légitime, la situation sociale qu'elle a créée représente un réel danger pour la classe ouvrière. Comment réagir ? Faut-il se ranger derrière les émeutiers ou derrière l'Etat "républicain" ? Pour la classe ouvrière, il s'agit là d'une fausse alternative car les deux pièges sont à éviter. Le premier serait de voir à travers la révolte désespérée de ces jeunes un exemple de lutte à suivre. Le prolétariat n’a pas à s’engouffrer sur ce chemin auto-destructeur. Mais la "solution" criée partout haut et fort par la bourgeoise est une impasse tout aussi grande.

Grève dans les transports à Marseille : Encore un exemple de sabotage syndical

Face à la multiplication des attaques qu'elle impose et à la dégradation très forte du niveau de vie des prolétaires, la bourgeoisie redoute un inévitable développement des luttes ouvrières et, dans celui-ci, la maturation d'une réflexion et d'une remise en cause de son système d'exploitation. C'est pourquoi les syndicats, qui sont sa première force d'encadrement social, se placent sur le devant de la scène pour court-circuiter et enrayer cette dynamique, dévoyer la combativité et saboter les luttes. Déjà, le mois dernier, face à la montée d'un ras-le-bol de plus en plus manifeste, ils avaient pris les devants en organisant la journée d'action nationale du 4 octobre destinée à défouler la colère et à les remettre en selle pour les faire apparaître comme les seuls capables de défendre les intérêts de la classe ouvrière. Mais surtout, avec la complicité de toutes les fractions de la bourgeoisie et des médias, ils avaient organisé une véritable provocation en manipulant un des secteurs les plus corporatistes et les plus rétrogrades du prolétariat, les marins de la SNCM, pour pousser l'ensemble de la classe ouvrière sur la voie de la défaite et de la démoralisation (voir nos articles dans RI n°362). Aujourd'hui, la bourgeoisie et ses syndicats continuent d'enfoncer le même clou. Non contente d'utiliser et d'exploiter le désespoir des jeunes des banlieues contre le prolétariat, c'est le terrain de la lutte de classe qu'investit la bourgeoisie pour pourrir la conscience des ouvriers.

Hewlett-Packard, "Journée d'action" du 4 octobre 2005

Les manœuvres de la bourgeoisie pour dévoyer la colère ouvrière dans des impasses

La bourgeoisie française sait qu'elle a face à elle une classe ouvrière au sein de laquelle se développe un questionnement de plus en plus profond, devant une situation inquiétante : guerres et attentats à répétition dans le monde, désastres écologiques, diminution drastique du niveau de vie, etc. En même temps, ce questionnement ne donne pas naissance à des expressions de combativité clairement exprimées de façon massive, comme ce fut le cas lors des grèves contre la réforme du système des retraites en mai et juin 2003. Il existe même un certain déboussolement et une difficulté à entrer en lutte qui traversent les rangs ouvriers.

Il est donc important pour la bourgeoisie d’exploiter au maximum ce déboussolement pour dévoyer le mécontentement de la classe ouvrière sur les terrains pourris du nationalisme, de la défense du secteur public ou de l'entreprise, derrière les syndicats et pour enfermer la réflexion dans les impasses "citoyennes".

Grève à la SNCM : Une lutte exemplaire du sabotage syndical

Le conflit à la SNCM (Société nationale Corse Méditerranée) aura duré 24 jours, s'achevant dans la défaite, l'isolement, l'amertume, la démoralisation les plus complets pour les ouvriers embarqués dans cette lutte. Le bilan de cette grève se solde par le maintien des 400 suppressions d'emplois annoncés au début par les repreneurs privés Butler et Connex. Comment cette lutte a-t-elle été conduite dans une impasse totale alors qu'elle s'inscrivait pourtant dans un contexte de montée d'exaspération accumulée et de ras-le-bol grandissant présents dans toute la classe ouvrière en France face à des attaques simultanées : annonce de licenciements touchant en même temps des dizaines de milliers d'ouvriers, dégradation accélérée du niveau de vie, des conditions de travail et du pouvoir d'achat, intensification du démantèlement de toute protection sociale sur les salariés, les retraités, les chômeurs ?

Sécurité sociale, chômeurs, RMIstes : Le gouvernement Villepin accentue ses attaques contre toute la classe ouvrière

Début septembre, le gouvernement Villepin avait réaffirmé la priorité de son action envers l'emploi en annonçant des "réformes" destinées à "remettre d'aplomb" le "modèle social" français. Le premier ministre se disait plus tard en octobre encore prêt à engager "mille batailles" pour le "dynamisme économique" et pour la "solidarité". En effet, la bataille est engagée sur de nombreux fronts contre les chômeurs, contre les RMIstes, contre les salariés et contre toute la classe ouvrière. Les grands discours sur la "croissance sociale" qu'on nous sert sont destinés à justifier l'actuelle série d'attaques contre les conditions de vie et de travail des ouvriers.

Lutte de classe : le retour en force des syndicats contre la classe ouvriere

Chaque jour qui passe témoigne un peu plus de la barbarie sans nom dans la­quelle s'enfonce le monde capitaliste. « Plus que jamais, la lutte du prolétariat représente le seul espoir d'avenir pour la société humaine. Cette lutte, qui avait resurgi avec puissance à la fin des an­nées 60, mettant un terme à la plus ter­rible contre-révolution qu'ai connue la classe ouvrière, a subi un recul considé­rable avec l'effondrement des régimes staliniens, les campagnes idéologiques qui l'ont accompagné et l'ensemble des événements (guerre du Golfe, guerre en Yougoslavie, etc.) qui l'ont suivi. C'est sur les deux plans de sa combativité et de sa conscience que la classe ouvrière a subi, de façon massive, ce recul, sans que cela remette en cause toutefois, comme le CCI l'avait déjà affirmé à ce moment-là, le cours historique vers les affrontements de classe. Les luttes me­nées au cours des dernières années par le prolétariat sont venues confirmer ce qui précède. Elles ont témoigné, parti­culièrement depuis 1992, de la capacité du prolétariat à reprendre le chemin du combat de classe, confirmant ainsi que le cours historique n'avait pas été ren­versé. Elles ont témoigné aussi des énormes difficultés qu'il rencontre sur ce chemin, du fait de la profondeur et de l'extension de son recul. C'est de façon sinueuse, avec des avancées et des reculs, dans un mouvement en dents de scie que se développent les luttes ou­vrières. »

Greves en france : Lutter derriere les syndicats mene a la defaite

Des centaines de milliers de travailleurs en grève. Les transports urbains com­plètement paralysés. Une grève qui s'étend au sein du secteur public : d’abord les chemins de fer, le métro et les bus, ensuite la poste, les secteurs de la production et de la distribu­tion de l’électricité, de la distribution du gaz, des télécom, de l’enseignement, de la santé. Certains secteurs du privé éga­lement en lutte, comme les mineurs qui s’affrontent violemment à la police. Des manifestations rassemblant  à chaque fois un nombre im­portant de manifes­tants de différents sec­teurs : le 7 décembre, à l'appel de différents syn­dicats , on compte environ un million de manifestants contre le plan Juppé dans les principales villes de France. Deux millions le 12 décembre.

Vache folle: c'est la folie du capitalisme qui tue

Il y a encore deux ou trois mois, la "vache folle" passait pour un épisode presque oublié au milieu d'une série de scandales alimentaires, épisode dont le danger avait parait-il été quasiment éradiqué, au moins en France. C'était, nous a-t-on dit, un produit d'importation britannique qui, grâce aux bons offices du gouvernement français, ne menaçait désormais plus d'envahir les assiettes des prolétaires vivant de ce côté-ci de la Manche.

Lundi de Pentecôte: une journée de solidarité du gouvernement, de la gauche et des syndicats contre la classe ouvrière.

Au lendemain du lundi de Pentecôte, une propagande nauséabonde a eu lieu à l’échelle internationale pour faire croire à la classe ouvrière qu’elle est constituée d’égoïstes irresponsables. Les ouvriers y sont présentés comme des individus pour qui seul le bonheur personnel et immédiat compte au détriment des autres.

Oui ou Non au référendum : TOUJOURS LA MÊME EXPLOITATION

La montée d’un "ras-le-bol" en France au cours des dernières semaines et des derniers mois est évidente.

Cela s'est exprimé à travers la mobilisation importante dans les journées d'action syndicales. Le 10 mars, les manifestations ont rassemblé près d'un million de salariés du secteur privé comme du secteur public en France. A Paris, entre 50 000 et 100 000 personnes ont participé à la manifestation malgré la quasi-paralysie des transports en communs (en particulier du métro) soigneusement organisée par les syndicats pour limiter l'ampleur de la mobilisation.

Manifestations lycéennes : Pourquoi et comment la bourgeoisie a étouffé le mouvement des lycéens

Après deux mois de mobilisation dont l’ampleur ne cessait de croître, la protestation lycéenne a subi un coup d’arrêt brutal lors de la manifestation du 8 mars. Entachée de violences, cette journée a créé une crainte de se mobiliser chez les lycéens, déclenchant ainsi logiquement la perte de vitesse du mouvement. Pour ces jeunes qui pensaient obtenir le retrait du plan Fillon sous leur pression, la désillusion est amère. Mais cette expérience doit servir de leçon. Et pour cela, il faut se pencher avec lucidité sur la signification de ce mouvement.

Contre les mystifications du Forum social européen. Un seul autre monde est possible : le communisme !

Du 12 au 15 novembre, a eu lieu à Paris le 'Forum social européen', sorte de filiale européenne du Forum social mondial qui se tient depuis plusieurs années à Porto Alegre au Brésil (le FSE de 2002 s'étant tenu à Florence en Italie, et celui de 2004 devant se tenir à Londres). L'évènement a pris une ampleur considérable : quelques 40.000 participants selon les organisateurs, venus de tous les coins de l'Europe, du Portugal jusqu'aux pays de l'Europe centrale ; un programme d'environ 600 séminaires et ateliers répartis dans les locaux les plus divers (théatres, mairies, bâtiments prestigieux de l'Etat) distribués sur quatre sites autour de Paris ; et pour conclure, une grande manifestation de 60 à 100.000 personnes dans les rues de Paris, avec les staliniens impénitents de Rifondazione Comunista d'Italie à l'avant et les anarchistes de la CNT à l'arrière..

L'altermondialisme : un piège idéologique contre le prolétariat

Le succés du Forum social européen (FSE) qui s'est déroulé en novembre dernier à Paris illustre de façon probante la montée en puissance régulière du mouvement altermondialiste au cours de la dernière décennie. Aprés quelques balbutiements avec une audience relativement limitée (un enfermement davantage sectoriel que géographique d'ailleurs, puisque des universitaires et 'penseurs' du monde entier s'y retrouvèrent rapidement) le mouvement n'a pas tardé à prendre les marques d'un courant idéologique traditionnel .

Manifestation de lycéens : La jeunesse refuse un avenir de misère

Depuis la mi-janvier, les lycéens manifestent contre une nouvelle réforme de l’Education nationale, le plan Fillon. Chaque jour, un peu partout en France, des lycées se mettent en grève et forment des cortèges dans les centres villes. Et les journées nationales d’action démontrent une véritable montée en puissance du mouvement.

L'anarcho-syndicalisme face à un changement d'époque : la CGT jusqu'à 1914

Pour beaucoup de militants, dégoûtés par « l'opportunisme, le réformisme, et le crétinisme parlementaire », la Confédération Générale du Travail (CGT) française est en quelque sorte l'organisation phare du nouveau syndicalisme « révolutionnaire », qui « se suffit à lui-même » (selon les termes de Pierre Monatte). Mais, si le développement du « syndicalisme révolutionnaire » est un phénomène international au sein du prolétariat à cette époque, la spécificité de la situation politique et sociale en France a permis à l'anarchisme de jouer un rôle particulièrement important dans le développement de la CGT.

Réponse au groupe trotskiste, "CRI", (2e partie) - Les prolétaires n'ont pas de patrie


Dans la première partie de cette réponse au groupe trostkiste Communistes Révolutionnaires Internationalistes (CRI) publiée dans RI n°351, nous avons mis en évidence la nature bourgeoise du mot d'ordre de "soutien à la résistance du peuple irakien". Dans cette deuxième partie, nous démontrons que le courant trostkiste, en apportant son soutien à l'impérialisme irakien, appartient à l'extrême gauche du capital.

Réponse à un groupe trotskiste ("CRI")Les prolétaires n'ont pas de patrie


Nous avions effectué au début de l’année 2004 un échange d'e-mails avec le groupe Communistes Révolutionnaires Internationalistes (CRI) qui, au nom d’un trotskisme authentique, prétendait rompre avec la logique trotskiste officielle. Nous avions également reçu de la part de ce groupe un certain nombre de documents que nous avons lus, de même que l'ensemble de ses publications en ligne sur son site Internet. Suite à cette lecture, nous avons été en mesure de lui apporter la réponse circonstanciée que nous reproduisons ci-dessous. Dans celle-ci, nous mettons en évidence, en nous appuyant sur Lénine, qu'au sein du trotskisme actuel, il n'existe pas de possibilité de défense des positions du prolétariat. Vouloir rompre avec une organisation trotskiste particulière, sans rompre avec la logique trotskiste même, ne peut aboutir en dernière instance, sur la question de la guerre, qu'à apporter son soutien à une fraction de la bourgeoisie contre une autre.

 L’histoire du mouvement ouvrier a tragiquement appris aux communistes que des partis prétendant défendre la classe ouvrière et l’avènement du socialisme ou du communisme n’avaient, en fait et quelle que soit la conscience qu'en avaient leurs militants, pour objectif véritable que la défaite de la classe ouvrière, le maintien de l’exploitation capitaliste et, finalement, le sacrifice de la vie de millions de prolétaires pour les intérêts de leur bourgeoisie nationale lors des guerres impérialistes du 20e siècle.

Réunion publique du BIPR à Paris (2e partie) - Le vide politique et l'absence de méthode du BIPR

Dans la première partie de cet article consacré à la réunion publique du BIPR qui s'est tenue à Paris le 2 octobre sur le thème "Pourquoi la guerre en Irak ?" (et que nos lecteurs peuvent consulter sur notre site Internet), nous avons mis en évidence comment la politique de regroupement sans principe du BIPR avait conduit cette organisation de la Gauche communiste à se laisser prendre en otage par un groupe parasitaire (auto-proclamé "Fraction Interne du CCI"). Dans la seconde partie de cet article, nous rendons compte du débat qui s'est déroulé sur la question de la guerre en Irak.

Nous avons toujours affirmé (notamment dans notre presse) l’absolue nécessité pour les organisations se réclamant des courants de la Gauche communiste de mener un débat public, de confronter leurs positions réciproques afin que les éléments à la recherche d'une perspective de classe puissent se faire une idée claire des différentes positions existant au sein du camp prolétarien.

Licenciements à l'usine Perrier - Les syndicats sabotent la riposte ouvrière


1047 suppressions de postes sur l’ensemble du groupe d’ici 2007, dont 356 sur les 1600 ouvriers qu’emploie Perrier sur le site de Vergèze dans le Gard, menaces sur les 540 emplois de la Verrerie du Languedoc, déplacements vers d’autres lieux de 250 emplois qui assurent la sécurité ou la restauration, remises en cause d’embauches d’emplois saisonniers : voici dans ses grandes lignes le plan que la direction du groupe industriel Nestlé Waters a réussi à faire passer.

Face à une concurrence de plus en plus acharnée, la logique de l'entreprise était de réduire les coûts de production, c'est-à-dire de licencier une partie du personnel et moderniser les sites industriels pour être plus compétitif. De licenciements en restructurations diverses, cela n'a pas empêché que la situation de l’entreprise soit devenue à nouveau critique à la fin de l’année 2003. Les parts de marché de la marque ont fondu comme neige au soleil.

Face aux attaques capitalistes : Nous n'avons pas d'autre choix que de lutter


Depuis quelques mois, différents mouvements sociaux, en particulier en Europe, sont venus apporter une confirmation tangible de l’existence d’un tournant dans la lutte de classe au niveau international. C’est ce tournant qui s’est illustré à partir des luttes ouvrières du printemps 2003 contre la "réforme" des retraites en France et en Autriche.

La "Libération de 1944" : Le PCF parachève l’écrasement du prolétariat

Alors que, de concert avec toute la bourgeoisie, le PCF fête aujourd’hui la «libération de Paris», l’article ci-dessous, déjà paru il y a vingt ans dans notre presse à l’occasion des cérémonies entourant le débarquement et la «Libération», rappelle utilement le rôle particulièrement odieux qu’a joué ce parti durant la Seconde Guerre mondiale. Il rappelle ainsi le tribut payé par les ouvriers embrigadés dans la Résistance grâce aux appels et aux mots d’ordre anti-"boche" du PCF qui s’enorgueillit du titre de «parti des fusillés». Il évoque notamment l’appel à la grève ouvrière lancé par la CGT le 10 août, encore fièrement revendiqué aujourd’hui dans les colonnes de L’Humanité, grève dirigée non pas contre les exploiteurs mais contre «les forces ennemies», pour les intérêts guerriers de la bourgeoisie française. Pour le PCF, ce qui compte, c’est la lutte du "peuple" qui se retrouve dans "le souffle vivant de la libération", le triomphe de "la République, de la liberté, la fraternité, la démocratie", des "forces populaires qui s’engagèrent dans la reconstruction du pays". Pour le PCF encore, "la Libération de Paris a donné un souffle extraordinaire à l’espoir d’un monde de paix, de justice et de solidarité" et ce souffle "porte encore aujourd’hui" (éditorial de L’Humanité daté du 21 août 2004). Derrière ce verbiage lyrique et "démocratique", le PCF voudrait faire oublier de la façon la plus hypocrite ses appels haineux au pogrom contre les "sales boches" désignés alors comme l’ennemi à abattre. Ce sont ces états de service zélés dans la défense de la patrie qui lui permettront d’accéder au gouvernement après la guerre et d’œuvrer à la reconstruction du capital national français en exhortant les ouvriers à retrousser leurs manches.

"Recalculés de Marseille" - Ce n'est pas devant les tribunaux bourgeois que les chômeurs peuvent lutter contre la misère

Après un mois de tumulte juridique et de battage médiatique autour du sort des "recalculés" (sinistre euphémisme pour désigner les 265 000 chômeurs privés prématurément, en janvier dernier, de 7 mois d'indemnités suite à la réforme de l'Unedic !), le dénouement est subitement tombé de la bouche du ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo. En effet, ce "Monsieur social" du gouvernement Raffarin III a tout simplement annoncé le 3 mai la réintégration des "recalculés" dans le système d'assurance chômage, soit près de 600 000 personnes d'ici à fin 2005. Décision officialisée par le Conseil d'Etat le 11 mai avec l'annulation de l'agrément de la convention Unedic de décembre 2002 à l'origine de ce recalcul des prestations de centaines de milliers de chômeurs.

La contribution de "Lutte Ouvrière" à la mystification électorale (2004)

Dans un éditorial signé Arlette Laguiller et titré "Un vote qui fait plaisir, mais qui n'est pas suffisant", l'hebdomadaire trotskyste Lutte Ouvrière du 26 mars lâche deux ou trois petites phrases qui soulèvent pour le moins quelques questions. Après avoir clamé sa satisfaction suite au deuxième tour des élections régionales : "Au bout de deux ans de gouvernement, les électeurs ont dit son fait à Raffarin. Et c'est bien réjouissant!", LO explique sa conception de l'électoralisme : "Les élections ne peuvent apporter le bonheur, elles ne peuvent que redonner le moral. Espérons que celles-ci le feront. En tout cas, ni LO ni la LCR ne sont des partis électoralistes, même s'ils se présentent aux élections. Car ils ne cherchent aucune place dans l'appareil d'État, qui ne peut être qu'au service de la bourgeoisie."

Contre les attaques anti-ouvrières - Voter ne sert à rien, il faut lutter !

Fin mars, à l'issue du scrutin, la bourgeoisie française a présenté le résultat des élections régionales et cantonales comme une grande victoire du jeu démocratique, d'une part à travers une participation électorale plus forte que prévue, d'autre part à travers un triomphe écrasant de la gauche (surtout pour le PS) qui enlevait la présidence de 21 régions sur 22 en métropole. Cela marquait surtout un camouflet cinglant pour l'équipe Chirac-Raffarin au gouvernement.

Les syndicats sabotent les luttes pour faire passer les attaques de la bourgeoisie



Avec l'aggravation de la crise économique, la bourgeoisie en France comme dans tous les pays n'a pas d'autre choix que de renforcer ses attaques contre la classe ouvrière. Ainsi, avec l'avalanche des plans de licenciements, le chômage est en train de connaître une montée en flèche. Rien qu'entre octobre et novembre 2001, les licenciements ont progressé de 15,6% et ce sont plus de 1000 chômeurs supplémentaires par jour qui sont enregistrés. Aux charrettes de licenciements, il faut encore ajouter les attaques contre les retraites, l'augmentation du coût de la vie (tel les tarifs de l'EDF), la flexibilité et l'annualisation du temps de travail avec la mise en place des 35 heures dans la fonction publique et notamment dans les hôpitaux, etc.

Les syndicats émiettent la combativité ouvrière

Bien que les attentats terroristes du 11 septembre et le déchaînement de la riposte américaine en Afghanistan ait polarisé l'attention de la classe ouvrière, celle-ci ne s'est pas laissée totalement paralyser par les campagnes bellicistes de la bourgeoisie. Ainsi, depuis deux mois, c'est dans tous les secteurs que les ouvriers ont manifesté leur mécontentement et leur volonté de ne pas courber l'échine face à la dégradation de leurs conditions de vie. C'est bien ce dont témoigne la multiplication, ces deux derniers mois, des grèves dans le public comme dans le privé : à l'usine de textiles DIM à Autun contre les licenciements début décembre, chez Mc Donald (où la grève se poursuit depuis le mois de novembre), dans les bureaux de Postes de la région parisienne contre l'intensification du travail avec le passage à l'Euro; à l'usine Scholtès Thionville pour des augmentations de salaires, chez les employés du Musée de l'Homme à Paris, dans les transports parisiens et en province, chez les employés municipaux (telle la grève de 9 jours des employés de la ville de Tours contre les 35 heures), chez les enseignants et les personnels administratifs, ouvriers et de service de l'Education Nationale, dans les banques contre la dégradation des conditions de travail, à Renault Flins contre l'application des 35 heures, etc.
Avec le succès de la grève des gendarmes qui ont obtenu, début décembre, 1000 francs d'augmentation de salaire et un renforcement de leurs effectifs, la bourgeoisie a mis a profit ce mouvement hypermédiatisé non seulement pour dénaturer la lutte de classe (voir RI n°319), mais pour pousser une fois encore la classe ouvrière derrière les syndicats. Dans tous ces conflits sociaux, dans le public comme dans le privé, les syndicats exhortent les ouvriers à engager le combat en semant l'illusion que la lutte sur un terrain corporatiste paie, et même qu'elle peut rapporter gros, comme l'aurait démontré la grève des gendarmes. Ainsi, par exemple, au lendemain de la "victoire" des gendarmes, la CGT appelle à la mobilisation des ouvriers de l'usine Scholtès Thionville en mettant en avant une revendication démagogique calquée sur celle des gendarmes : 1000 francs par mois (ce qui représente une augmentation de plus de 15% pour des salaires d'environ 6000 à 6500 francs !), et une prime de fin d'année de 3000 francs.
Alors que tous les secteurs sont confrontés aux mêmes attaques, notamment la dégradation des conditions de travail et la mise en place des 35 heures, partout les syndicats se sont efforcés d'émietter la combativité ouvrière, en enfermant et isolant les différents foyers de lutte les uns des autres, en planifiant dans le temps les journées d'action (notamment dans l'Education Nationale ou dans les hôpitaux) afin d'éviter un mouvement massif et uni de toute la classe ouvrière.
Une fois encore, face à la montée du mécontentement des ouvriers, les syndicats prennent les devants et occupent tout le terrain social. Ce sont eux qui organisent, contrôlent et dirigent les grèves, les assemblées générales et les manifestations avec comme seul objectif de lâcher un peu la vapeur en période préélectorale. En canalisant et défoulant la colère des ouvriers dans l'impasse du corporatisme, leurs manoeuvres, comme toujours, ne visent qu'un seul but : permettre au patronat et au gouvernement de faire passer leurs attaques.

Explosion de l'usine AZF à Toulouse - L'Etat bourgeois est responsable de la catastrophe



21 septembre 2001, 10h15 : une explosion d'une violence inouïe se fait entendre dans toute la ville et jusqu'à des dizaines de kilomètres à la ronde. Dans le climat d'après New-York, on pense à "des bombes un peu partout ". En fait, une seule origine : l'explosion d'un stock de nitrate d'ammonium de l'usine AZF (ex-Onia). Suivie de près par la montée dans les cieux de la Ville Rose d'un inquiétant nuage plutôt orange dont on a craint qu'il ne soit toxique.

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