Situation sociale en France

Battage autour des 35 heures : la droite continue le sale boulot de la gauche

Le nom du concept est en lui-même parlant : les lois Aubry ne parlent pas de réduction du temps de travail en tant que telle, mais également, et même en premier lieu, d'aménagement du temps de travail. Et pour cause : le fameux "challenge" des 35 heures tenait dans la possibilité offerte aux entreprises de profiter de ces lois pour réorganiser leurs cycles de production et accroître la flexibilité du travail tout en en réduisant le coût.

Projet de loi sur la "sécurité intérieure"


Alors que la crise économique se déchaîne avec son cortège de licenciements et d'austérité accrue pour la classe ouvrière, poussant sans vergogne, les plus vulnérables des prolétaires, vers la mendicité, la prostitution, la paupérisation absolue comme disait Marx, le capitalisme révèle tous les jours un peu plus sa faillite. C'est l'image d'un monde baignant dans la violence, sans avenir, un monde au bord du gouffre qui tend à s'imposer à toute la société. Aux guerres meurtrières qui se propagent sur tous les continents, répond en écho la nécessité pour la bourgeoisie d'encadrer et de réprimer ce qui fait désordre sur le plan social. En effet, chaque pays, du fait de l'impasse économique, est confronté à la dislocation du corps social qui gangrène toute la société et plus particulièrement ses couches les plus défavorisées. C'est pour cela que les gouvernements de droite comme de gauche n'ont de cesse ces dernières années de brandir la question de "l'insécurité" pour justifier des mesures de plus en plus répressives. Après la loi d'orientation sur la justice votée au mois d'août, qui s'est traduite par une augmentation considérable des effectifs policiers (cf. RI n°326), le pitbull Sarkozy récidive avec son projet de "sécurité intérieure", avec l'aval de Daniel Vaillant, l'ancien ministre de l'intérieur de Jospin qui déclare à propos de Sarkozy, que son successeur réalise "des choses que j'aurais sans doute faites si j'étais resté aux responsabilités. On est dans une continuité" (Le Monde du 7 octobre).

Inondations : le capitalisme détruit la planète



Août 2002 : depuis la Russie jusqu'en Europe centrale, des pluies interminables font gonfler les fleuves. Depuis les rives de la mer Noire jusqu'aux régions de l'Allemagne de l'Est, la Bavière, la République Tchèque, l'Autriche se trouvent noyées par les eaux débordées de l'Elbe, du Danube et de leurs affluents. Les inondations ont touché les campagnes, les grandes et les petites villes. On a dû évacuer plus de 100 000 personnes à Dresde. Des quartiers entiers sont dévastés à Prague, à Vienne. En Hongrie, à Budapest, le Danube n'avait jamais atteint, de mémoire d'homme, un tel niveau et les évacuations de populations une telle ampleur. Ponts de chemins de fer détruits, complexes chimiques menacés, les pertes pourraient atteindre le chiffre pharamineux de 20 milliards d'euros. Et surtout, les morts se comptent par dizaines un peu partout.
Septembre 2002 : une gigantesque montagne d'eau descend des Cévennes, dévastant tout ce qui se trouve sur son passage dans le Sud-Est de la France. Une véritable bombe liquide a tout fait exploser sur son passage. Bilan : une quarantaine de morts, ponts effondrés, chemins de fer, autoroutes, lignes téléphoniques coupés. Toute une région couvrant trois départements transformée en marécage. Des vies perdues, des pertes énormes dans toutes les activités.
Cette catastrophe s'est produite dans une région particulièrement meurtrie par les inondations : Nîmes, Vaison-la-Romaine, l'Aude. Depuis plus de dix ans, les catastrophes se sont succédées sans relâche, à chaque fois plus meurtrières, plus destructrices. De violents orages "tout à fait exceptionnels", disent les experts, et qui en fait le deviennent de moins en moins.

La bourgeoisie détruit la planète

En effet, que ce soit les inondations "lentes" des plaines d'Europe centrale, que ce soit celles de la Méditerranée après celles de la Somme l'an dernier, il devient de plus en plus difficile pour les gouvernements de cacher un fait : ces catastrophes se multiplient et sont devenues, et c'est le plus inquiétant, de plus en plus meurtrières. Il y a encore quelques années, on pouvait entendre les experts nous parler de "la mémoire courte" des humains concernant le climat. En fait, depuis quelques années, les inondations se sont constamment amplifiées sur tous les continents, de la Chine à l'Amérique Latine.

35 heures : une loi qui sert les intérêts de la bourgeoisie



"Le gouvernement ouvre la voie à un retour aux 39 heures" titre la presse bourgeoise après l'annonce, le 6 septembre, d'un projet de loi du ministre Fillon qui "assouplirait les 35 heures" en augmentant le contingent annuel d'heures supplémentaires. En écho, la CGT, par la voix de son secrétaire général, Bernard Thibault, dénonce "la mise à mort des 35 heures" alors que Seillère, le patron aristocrate, critique la timidité d'un tel projet. Depuis sa mise en place, en 1997, on nous a présenté cette loi Aubry comme un enjeu entre droite et gauche, entre syndicats et patronat. Maintenant que la droite est revenue au pouvoir, contrairement à ce qu'on aurait pu croire, il n'y a aucune intention de la part du gouvernement de remettre en cause la loi Aubry car : "Contrairement aux discours fréquemment repris par les patrons disant que passer aux 35 heures n'est pas possible, ils y arrivent très bien" observe une étude récente de la BNP-Paribas. Alors finalement, cette loi de "réduction de temps de travail", que l'on dit favorable aux travailleurs... arrange bien les patrons, et le patron des patrons, l'Etat. Dans un article de notre précédent numéro de RI, nous avions dénoncé le bilan des mesures sociales de la gauche au gouvernement comme "un bilan globalement positif... pour le capitalisme".

Une attaque mise en place par la gauche

Et, s'il y a une loi dont le gouvernement de gauche peut se féliciter, c'est bien celle de la mise en place des 35 heures censées réduire le temps de travail, avec à la clé des promesses du style lutte contre le chômage, création d'emplois et enfin plus de temps libre pour les travailleurs pour se reposer, se détendre et se cultiver. Paroles trompeuses de ces hypocrites, car ce qui les motive ce n'est pas l'intérêt des travailleurs, mais bien l'intérêt du système capitaliste. Dans RI n° 275, nous avions publié la déclaration de l'instigatrice de cette loi, la ministre Aubry, devant un parterre de chefs d'entreprises lors d'un déplacement en Alsace : "Nous n'avons jamais dit 35 heures payées 39. C'est justement ça qu'il ne faut pas faire. Il faut plus de souplesse. Cette réduction du temps de travail doit être l'occasion, comme pour la loi Robien, de réorganiser le travail, de retrouver de la souplesse, d'être plus réactif". Et elle rajoute en parlant des 35 heures : "durée légale ne veut pas dire durée réelle". A l'attention de la classe ouvrière, il s'agit de tenir un autre discours, celui du mensonge, relayé par toutes les forces de gauche et d'extrême gauche du capital. Et pour donner plus de poids à ce mensonge, à cette vaste entreprise de mystification anti ouvrière, les patrons, de leur côté, crient au scandale, décidés à se battre. Au-delà de toute cette mise en scène orchestrée par toutes les forces de la bourgeoisie, cette loi vise à donner un cadre pour appliquer la flexibilité et l'annualisation du temps de travail, déjà mises en place dans de nombreux pays. D'ailleurs certains patrons en France n'avaient pas attendu la loi , comme le témoigne la déclaration du PDG de l'entreprise Colas, leader mondial de la construction de route : "Nous n'avons pas attendu la loi Aubry pour réduire le temps de travail. Bien avant 1998, l'adoption progressive d'une organisation du travail basée sur l'annualisation nous a permis de baisser, dans bon nombre de nos entreprises, après négociations, les volumes des heures de travail. La mise en place de cette organisation annuelle du temps de travail est particulièrement adaptée aux spécificités de nos métiers de travaux publics (saisonalité de l'activité liée aux conditions climatiques et aux carnets de commandes)". Cela montre à quel point il est nécessaire d'adapter la main d'oeuvre aux nécessités économiques du capitalisme, dont la crise exacerbe la concurrence. C'est un ministre de droite, de Robien, en 1996, qui va jeter les bases d'une telle loi, et c'est un gouvernement de gauche qui va l'appliquer en utilisant des armes idéologiques puantes sous le vocable "réduction du temps de travail" ; pourquoi alors la droite irait-elle remettre en cause une telle loi ? Le discours idéologique s'accompagne d'une stratégie sur le terrain pour faire passer une des mesures les plus féroces contre la classe ouvrière. Quelle méthode la bourgeoisie va-t-elle employer ? Car il ne s'agit pas d'attaquer de front l'ensemble de la classe ouvrière, ceci risquerait d'unir les revendications derrière des intérêts généraux partagés par tous les secteurs. Tout d'abord il y a distribution des rôles pour obtenir un dispositif bien huilé afin de tromper les ouvriers : le gouvernement, auteur de la loi et arbitre dans les négociations, leurs complices syndicaux "défenseurs des ouvriers et des 35 heures", le méchant patronat qui ne veut pas entendre parler de réduction de temps de travail. Tout doit se jouer alors dans les négociations, le résultat va dépendre du rapport de force local, à savoir au niveau de la branche, du secteur, de l'entreprise. Car il s'agit d'enfermer l'attaque dans le cadre le plus restreint possible. Les ouvriers ne sont plus confrontés à la même offensive de toute la bourgeoisie, mais uniquement à la mauvaise volonté de leur patron. Les intérêts de l'entreprise A ne sont plus forcément les mêmes que ceux de l'entreprise B. La classe ouvrière est divisée et enfermée dans le corporatisme. Tous les ouvriers touchés subissent la même attaque contre leurs conditions de travail et sur les salaires, mais alors que tout vient d'une seule et même loi, la bourgeoisie maquille son offensive en la saucissonnant avec des milliers de négociations, donnant l'impression que chaque entreprise met en place un dispositif différent. C'est le même scénario lorsqu'il s'agit de passer aux 35 heures dans la Fonction Publique dont l'Etat est le patron. Ce sont les ministres qui jouent le rôle du méchant patron, et Allègre, ministre de l'Education Nationale il y a deux ans, s'est particulièrement bien illustré. C'est après une campagne médiatique particulièrement répugnante, où les 5 millions de fonctionnaires étaient accusés de ne pas travailler plus de 30 heures, ce qui est une façon de dresser les ouvriers les uns contre les autres, que l'Etat patron de gauche a pu ouvrir les négociations sur les 35 heures. Et le gouvernement de gauche, comme n'importe quel patron, va utiliser les critères de rentabilité, d'efficacité, de qualité des services, ce qui est loin du langage démagogique et mensonger qu'il avait utilisé lorsque, avec son relais syndical, il déclarait que la loi est bonne, mais ce sont les patrons qui l'utilisent pour leur intérêt. Et là aussi, les négociations se feront atelier par atelier, établissement par établissement, bureau par bureau. Et là aussi les ouvriers seront confrontés au blocage des salaires, aux suppressions de postes, à des horaires de plus en plus contraignants, à une augmentation de la productivité. Et lorsque des ouvriers tenteront de riposter comme à la Poste ou à la SNCF, ils seront incapables de briser le cordon sanitaire établi par les syndicats afin d'éviter toute extension. La bourgeoisie a bien manoeuvré ! Les ouvriers dans leur ensemble n'ont pas perçu une telle attaque comme une attaque frontale, les empêchant donc d'agir de manière massive.

Montée de l'extrême droite en Europe: existe-t-il un danger fasciste aujourd'hui ?


 

Deux événements récents ont illustré la montée des partis d'extrême droite (ceux d'entre eux désignés comme "populistes") en Europe :

  • l'accession-surprise de Le Pen "en finale" des élections présidentielles en France avec 17 % des voix au premier tour ;
  • la percée fulgurante et spectaculaire de la "liste Pim Fortuyn" aux Pays-Bas (lui-même assassiné quelques jours auparavant et dont les funérailles médiatisées ont alimenté une véritable hystérie nationaliste) qui a raflé 26 sièges sur 150, faisant ainsi son entrée au Parlement, alors que cette force politique n'existait pas trois mois auparavant.

Ces faits ne sont certes pas isolés. Ils s'intègrent dans une tendance plus globale qui s'est manifestée au cours de ces dernières années dans d'autres pays d'Europe occidentale :

Hier journée de lutte du prolétariat international, aujourd'hui mascarade de la bourgeoisie


  • Premier Mai 2002

Une manifestation au service de la démocratie bourgeoise

Dans un grand élan d'enthousiasme républicain, démocratique et citoyen, le 1er Mai 2002 aura été présenté par la bourgeoisie comme une journée historique de mobilisation populaire, venant effacer la honte que les résultats du premier tour des élections présidentielles ont infligée à la France éternelle, patrie des Droits de l'Homme.
La gauche plurielle, avec quelques ministres, les gauchistes et les anarchistes, les syndicats et une soixantaine d'associations, tous s'étaient donné rendez-vous dans la rue pour clamer leur attachement aux valeurs de la république.
Ce sont toutes les forces réunies de la classe capitaliste qui ont réussi à faire sortir le "peuple dans la rue". Cette mobilisation massive n'a absolument rien eu d'une journée de la classe ouvrière. Voilà bien longtemps que le 1er Mai, qui représentait pour les ouvriers de tous les pays l'affirmation de l'unité et de la solidarité internationales du prolétariat, est devenu un enterrement de la lutte ouvrière mené par les corbillards de la gauche, des syndicats et des gauchistes (voir notre article page 2). Mais cette année, en plein milieu du cirque électoral, loin d'être une mobilisation du "monde du travail", elle a été une entreprise de fusion dans la démagogie "citoyenne"qui visait à noyer les prolétaires dans le raz de marée d'une manifestation interclassiste en défense de l'Etat démocratique.
Contrairement aux amalgames mis en avant par les médias, cette manifestation n'a rien eu à voir avec le 14 juillet 1935, qui marquait une étape majeure de l'avènement du Front populaire, où le prolétariat était embrigadé pour la marche à la guerre derrière l'antifascisme, pas plus qu'avec le 13 mai 1968 qui marquait le resurgissement du prolétariat sur son terrain de classe et qui ouvrait une perspective vers un nouveau cours historique d'affrontements de classe.
La signification politique à donner à chacune de ces manifestations ne peut être appréhendée en dehors de la méthode marxiste exigeant de les replacer dans le cours historique qui leur est propre.

Elections en France et montée du Front National - Les effets de la décomposition sociale du capitalisme



"Votez escroc, pas facho !" Ce slogan repris massivement par les jeunes au cours des manifestations qui se sont déroulées tous les soirs depuis le premier tour des élections présidentielles en France, symbolise assez bien la situation qui prévaut aujourd'hui dans ce pays. En effet, Jacques Chirac, celui que les "Guignols de l'info" à la télévision ont caricaturé en "Super Menteur", celui qui risquait d'être mis en examen s'il n'avait pas été réélu, et dont la plus grande qualité comme homme politique est d'être "sympatoche", comme dit sa marionnette, sera probablement au soir du 5 mai le président le mieux élu de l'histoire de la Ve République. Et cela malgré le fait qu'il n'a pas réussi à atteindre 20% des voix au premier tour. En même temps, ce slogan qui appelle à participer le plus massivement possible à la mascarade électorale pour "faire barrage au fascisme", alors que l'abstention a battu ses records historiques, rend compte de l'intensité de la campagne démocratique et antifasciste qui se développe actuellement (voir notre article en première page).

Explosion de l'usine AZF à Toulouse - L'Etat bourgeois est responsable de la catastrophe



21 septembre 2001, 10h15 : une explosion d'une violence inouïe se fait entendre dans toute la ville et jusqu'à des dizaines de kilomètres à la ronde. Dans le climat d'après New-York, on pense à "des bombes un peu partout ". En fait, une seule origine : l'explosion d'un stock de nitrate d'ammonium de l'usine AZF (ex-Onia). Suivie de près par la montée dans les cieux de la Ville Rose d'un inquiétant nuage plutôt orange dont on a craint qu'il ne soit toxique.

Editorial : Licenciements par milliers, chômage, austérité... Une seule classe ouvrière ! Un seul combat !


 

Depuis le mois de janvier, les bobards racontés par la classe dominante sur la "bonne santé de l'économie" et le "bon moral des Français" n'ont cessé d'être ouvertement contredits par les faits. Des faits criants de vérité : le capitalisme est bel et bien en crise et les bourgeois sont bien obligés aujourd'hui de le reconnaître. La seule chose que ce système capitaliste soit capable de faire, ce n'est pas d'apporter de plus en plus de "prospérité" à l'espèce humaine -comme on essaie encore de nous le faire croire-, mais au contraire toujours plus de misère et de chômage, toujours plus de barbarie guerrière. Et, pour ceux qui se révoltent, la répression la plus bestiale, comme en Algérie où les récents événements nous donnent aujourd'hui un avant-goût de ce qui arrivera ici lorsque le prolétariat se soulèvera face à l'Etat bourgeois. Voilà le vrai visage du capitalisme.

Alternative Libertaire défenseur de l'Etat - nation

Face au déchaînement des massacres impérialistes, comme ceux qui se déroulent aujourd'hui encore au Moyen-Orient, les révolutionnaires ont toujours dénoncé le poison nationaliste inoculé par tous ceux qui, au nom d'une prétendue "juste cause", appellent les prolétaires à soutenir un camp belligérant contre un autre.

Parmi ceux-là, et à côté des organisations de l'extrême-gauche trotskiste, on trouve des prétendus "révolutionnaires" du milieu anarchiste, tel le groupe "Alternative Libertaire" qui vient aujourd'hui apporter sa petite contribution à la mystification nationaliste et à l'embrigadement de la classe ouvrière derrière les drapeaux de la bourgeoisie palestinienne.

Danone, Marks & Spencer, ... La Gauche "soutient" les ouvriers licenciés comme la corde soutient le pendu


 

Avec une précipitation des plus suspectes, toutes les composantes de la gauche plurielle se sont empressées de lancer des protestations "de principe" dès l'annonce, coup sur coup, des licenciements et fermetures de sites chez Marks & Spencer et chez Danone. Dame ! Le gouvernement voulait surtout ne pas avoir l'air d'être complice des licencieurs et tâchait de sauvegarder son image de soi-disant défenseur de la justice sociale contre les "abus" du patronat, du "libéralisme" et autres "multinationales". On se rappelle qu'il y a deux ans, au moment des licenciements chez Michelin, la prétention de la gauche à faire croire que son gouvernement serait au service de la défense des conditions d'existence des prolétaires contre les attaques capitalistes, avait eu un peu de mal à être crédible, après que Jospin ait lancé que "il ne faut pas tout attendre de l'Etat". Il avait alors fallu tous les efforts de la "gauche de la gauche" pour redonner un peu de crédibilité au mythe d'un Etat "au dessus des classes", dont le rôle serait de rendre justice aux salariés contre leurs patrons "abusifs". En octobre 1999, le PC et les gauchistes de la LCR et de LO se fendaient d'une belle manifestation sur le thème de "l'interdiction des licenciements aux entreprises qui font des bénéfices", manifestation qui n'était qu'un plébiscite à la gauche plurielle au gouvernement, et le tout avait débouché sur l'annonce par la ministre Aubry d'un "plan de modernisation sociale", grâce auquel les patrons licencieurs allaient voir ce qu'ils allaient voir. On a vu en effet ... les licenciements continuer à tomber un peu partout. 

Contre les attaques c'est tous unis qu'il faut lutter


 
Si le mois de mars a été celui des élections municipales, celui d'avril a montré quels étaient la préocupation principale des prolétaires et leur véritable centre d'intérêt : la défense de leurs conditions de vie et de travail contre la violence des attaques capitalistes. Les journées d'action syndicales organisées en janvier puis, au lendemain des élections municipales, dès la fin mars n'ont pas suffi à enrayer la montée de la combativité. Comme la presse bourgeoise l'a souligné à plusieurs reprises, c'est le "réveil du social" qui est de plus en plus clairement au coeur de l'actualité. Finis les discours sur le "tout-va-bien" ouvrant un avenir radieux au capitalisme et aux ouvriers, enfoncés les bla-bla affirmant que les problèmes sociaux ne concernaient que quelques "exclus de la croissance" et balayés encore les mensonges sur la fin de la classe ouvrière : le développement actuel de ses luttes, en dépit de leurs limites, vient porter un coup brutal à toute cette propagande mensongère.

Réfugiés de l'East Sea : l'ignoble hypocrisie de la bourgeoisie française

Le vraquier aux cales chargées de pauvres hères entassés comme du bétail depuis plus d'une semaine s'était à peine échoué sur la Côte d'Azur, que le cri du coeur du très humaniste parti socialiste français ne s'est pas fait attendre : "on n'en veut pas !".

Attaques sur les retraites: patronat, gouvernement, syndicats, tous complices !

Et rebelote ! L'agitation qui oppose le MEDEF aux syndicats sur les modalités du financement des retraites complémentaires dans le secteur privé a un goût de déjà vu. On se rappelle il y a quelques mois des négociations sur l'assurance-chômage qui ont donné lieu au Plan d'Aide au Retour à l'Emploi (PARE).

Les problèmes de la situation en France (Bilan n° 22 ; août-septembre 1935)

Les émeutes de Brest et de Toulon[1] contiennent, pour peu qu'on les analyse sérieusement, tous les éléments propres à l'évolution politique de la France. On y retrouve d'une part l'élan désespéré des travailleurs voulant échapper à l'étau des compressions capitalistes, d'autre part les forces sociales du capitalisme laissant d'abord s'abattre la répression féroce et meurtrière de la bourgeoisie pour s'attaquer à leur tour au cerveau de l'ouvrier.

POLEMIQUE : Les révolutionnaires face aux émeutes de la faim

Quelle signification revêtent, pour la classe ouvrière, les “émeutes de la faim”, ces révoltes des populations les plus misérables et marginalisées des pays sous-développés et qui ont vu leur nombre augmenter au cours des dernières années : Algérie (1988); Venezuela, Argentine, Nigeria, Jordanie (1989) ; Côte d’ivoire, Gabon (1990) pour ne citer que les plus Importantes ? Quelle doit être l’attitude de l’avant-garde révolutionnaire à leur égard ?

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