Le Marxisme : la theorie de la révolution

DEBAT : Lettre de E.

 


 

 

Le marxisme, dans la mesure où il est une connaissance scientifique de la succession des modes et des formes sociales de la production dans le passé, est aussi la prévision des étapes et des caractéristiques fondamentales et indissociables de la succession de l'ultime forme sociale, le communisme à partir de celle où nous vivons. Les formes économiques se transforment selon un processus ininterrompu dans l'histoire de la société humaine. Mais ce processus se traduit sous la forme de périodes de convulsions, de luttes pendant lesquelles l'affrontement politique et armé des classes brise les entraves qui empêchent l'accouchement et le développement accéléré de la nouvelle forme, c'est la période de la lutte pour le pouvoir, dont l'aboutissement est une dictature de la force de demain sur celle d'hier (ou l'inverse jusqu'à une nouvelle crise). Le révisionnisme socialiste de l'avant-dernière guerre avait prétendu effacer la théorie de Marx et d'Engels sur la dictature, et c'est à Lénine que revient le mérite de l'avoir remise sur ses pieds, dans "L'État et la Révolution", où, restaurant complètement le marxisme, il pousse à son terme le devoir théorique de destruction de l'État bourgeois. Lénine, en accord parfait avec la doctrine marxiste, pose ainsi le cadre permettant de distinguer les phases successives de la transition du capitalisme au communisme.

DEBAT : Réponse à E.



Deux idées sous-tendent essentiellement la critique formulée par le camarade E. : la première consiste dans le rejet de l'affirmation que "l'État est une institution conservatrice par excellence" ; la seconde, dans la réaffirmation de l'identité État et dictature du prolétariat au cours de la période de transition, car l'État est toujours l'État de la classe dominante. Voyons donc de plus près le contenu de ces deux arguments.

Problèmes de la période de transition

La prise de pouvoir par la classe ouvrière posa aussitôt une toute nouvelle série de problèmes : comment et par quelles mesures pratiques les ouvriers pouvaient-ils démanteler tout l'appareil du pouvoir bourgeois et améliorer la situation matérielle des travailleurs et des masses laborieuses elles-mêmes ?

Inévitablement, le nouveau pouvoir prolétarien se trouvait dans une situation contradictoire : il était confronté à une résistance totale de la classe bourgeoise vaincue, allant de l'intervention militaire au sabotage ; il était nécessaire de maintenir la production et la distribution sur une base immédiate pour nourrir la population ; et en même temps de prendre toutes les mesures possibles pour transformer toute la base de la société.

Cette question a été abordée dès le début de l'existence du CCI.

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