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ICConline - 2026

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ICConline - janvier 2026

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Coup de force des États-Unis au Venezuela: Tous les États sont impérialistes! Le capitalisme, c’est la guerre!

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Il aura suffi d’une nuit aux forces spéciales américaines pour enlever Nicolas Maduro en plein cœur de Caracas, et l’incarcérer dans une prison new-yorkaise. Cette impressionnante démonstration de force destinée à décapiter le pouvoir vénézuélien a été l’occasion de nouvelles fanfaronnades de Donald Trump et d’un avertissement au monde : « Aucune nation au monde ne peut accomplir ce que nous avons accompli » !

Derrière Trump et Maduro, la même barbarie capitaliste

Les soutiens de Trump y sont allés de l’habituel numéro de défenseurs de la démocratie : en renversant un dictateur, l’Amérique aurait exporté « la paix, la liberté et la justice pour le grand peuple du Venezuela ».

La bouffonnerie passe mal, cette fois-ci. Car Trump ne s’embarrasse même plus du droit international, cache-sexe mensonger dont les grandes puissances, États-Unis en tête, se sont prévalues jusqu’à présent pour justifier leurs menées impérialistes et imposer leur « ordre » depuis 1945. L’armée américaine est ainsi intervenue en dehors de tout cadre légal sous le prétexte fumeux de lutter contre le narco-terrorisme. Et Trump n’a pas même hésité à lourdement justifier son intervention par les juteux profits que pourrait générer, selon lui, la main-mise américaine sur le pétrole vénézuélien. Trump et sa clique n’ont donc que faire de la démocratie ; ils n’avaient qu’un objectif en tête : renverser un régime peu accommodant, placer le Venezuela sous tutelle et administrer une énorme gifle à ses rivaux, notamment la Russie et surtout la Chine qui est à l’offensive depuis des années et s’implante en Amérique Latine : « La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question » (Trump).

Bien sûr, les soutiens de Maduro, en particulier les forces d’encadrement du capital que sont les partis de la gauche « radicale », ont aussitôt dénoncé une atteinte au droit international et une « agression impérialiste ». Le régime bolivarien ; à la tête d’un pays « non aligné » représenterait, selon eux, un foyer de résistance à « l’impérialisme américain ».

Ce discours est une véritable tartufferie ! Le Venezuela est loin de la petite victime innocente de l’ogre américain. Dans leur confrontation avec les États-Unis, Maduro, et Chavez avant lui, se sont adjoints sans ciller le soutien de la Russie de Poutine et de la République islamique d’Iran, démontrant par là-même que Caracas est, comme tous les pays du monde, aussi faibles soient-ils, un authentique rouage de l’impérialisme, de ses guerres et de ses pillages. Si le Venezuela ne fait clairement pas le poids militairement face au mastodonte américain, ses dirigeants n’ont pas hésité à utiliser tant le pétrole que les cartels comme armes de guerre. En véritable corridor de la cocaïne produite en Colombie, le Venezuela a ainsi largement contribué à la déferlante de drogues chez ses ennemis.

Les partis de gauche peuvent bien vanter le « socialisme du XXIe siècle », les « dirigeants bolivariens » ne sont qu’une clique bourgeoise détestée et corrompue jusqu’à l’os. Chavez et Maduro ont tous deux menés une politique systématique de précarisation du travail et de renforcement de l’exploitation, appauvrissant la population comme jamais et réprimant dans le sang les nombreuses manifestations de colère qui ont émaillé leur règne. Le pays compte des milliers de prisonniers politiques. Les enlèvements, la torture et les exécutions extrajudiciaires sont monnaies courantes. Ce « paradis sur terre » de 28 millions d’habitants compte 8 millions de réfugiés, soit le taux le plus élevé du monde ! Le « terrorisme » de Maduro, c’est d’abord contre la classe ouvrière qu’il l’a exercé !

Comme lors de chaque conflit, la bourgeoisie cherche à nous faire choisir un camp bourgeois contre un autre, à nous enfermer dans une fausse alternative entre nations en guerre. Mais, nulle part, ni aux États-Unis, ni au Venezuela, ni en Ukraine, ni en Russie, ni en Israël, ni en Palestine, aucune faction bourgeoise ne porte le moindre espoir d’un monde plus juste et en paix. Car ce monde, c’est celui d’un capitalisme irrémédiablement en crise, où tous les États, qu’ils soient démocratiques ou autoritaires, populistes ou libéraux, sont en concurrence, tous sont impérialistes et sont des agents actifs de la destruction et du chaos.

Une nouvelle étape dans le chaos est franchie

L’Amérique Latine est un concentré de la barbarie dans laquelle s’enfonce le capitalisme. Misère rampante, trafics en tout genre, corruption à grande échelle, délitement des structures sociales et étatiques… le continent apparaît de plus en plus comme un gigantesque Far West. À travers son opération militaire, Trump y importe la guerre et la promesse d’accélérer considérablement ce chaos.

Aujourd’hui, Trump plastronne, sûr de la toute puissance de son armée : « Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions effectuer une transition sûre, appropriée et judicieuse ». Mais les ennuis ne font que commencer. Loin du scénario « idéal » du coup d’État de 1973 au Chili, Washington n’est plus en mesure de remplacer à sa guise un dirigeant par un autre. Nous ne sommes plus au temps de la guerre froide, lorsque les bourgeoisies se montraient encore disciplinées et soucieuses de préserver les intérêts généraux du capital national dans le cadre de leur bloc militaire.

Désormais, sans l’existence de ces blocs, le chacun-pour-soi et le chaos règnent en maîtres. Les États-Unis ont passé vingt ans à tenter, en vain, d’instaurer un gouvernement stable en Afghanistan, en Irak, en Libye ou en Syrie. Même si Trump n’a « pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain », il en sera de même au Venezuela. Quoi qu’il arrive, l’Administration américaine devra composer avec une bourgeoisie vénézuélienne extrêmement divisée1 et que Maduro avait difficilement réussi à mettre au pas. Ce que risque de récolter Trump, c’est un État impuissant, un pays fracturé, misérable et anarchique, une plaque tournante gangrenée par tous les trafics et le point de départ de nouvelles vagues d’émigration.

Tout cela risque d’ailleurs de déstabiliser le continent entier et d’imposer aux États-Unis une fuite en avant dans les interventions et aventures militaires. La Colombie voisine a déjà déployé ses troupes à la frontière, craignant les conséquences d’une crise humanitaire et des conflits entre cartels. Même le gouvernement américain est conscient de l’instabilité à venir : « Nous sommes prêts à lancer une deuxième attaque plus importante si nécessaire », a lancé Trump. Et son Secrétaire d’État, Marco Rubio, a déjà menacé Cuba avec des propos dignes d’un mafieux de cinéma : « Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet… »

Les conséquences de cette intervention vont même au-delà du seul continent américain. Trump vient de piétiner toutes les instances internationales de régulation destinées à encadrer les rivalités entre nations et de s’essuyer les pieds sur le cadre légal qui avait permis aux États-Unis de s’imposer, par le passé, en gendarme du monde. Trump prend acte de la fin du leadership américain et de l’avènement du chacun-pour-soi : les États-Unis n’ont plus le pouvoir d’imposer un ordre mondial ; au milieu du chaos, seule la force à valeur de Loi.

De fait, l’opération Absolute Resolve n’est pas qu’un coup porté au grand rival chinois, c’est aussi un avertissement aux Européens : alors que Trump a fait part de son intention de faire main basse sur les vastes réserves d’hydrocarbure du Venezuela, les États-Unis n’hésiteront pas à poignarder leurs « alliés » dans le dos si la défense des intérêts stratégiques américains le nécessite. Katie Miller, l’épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a ainsi publié, le jour de l’enlèvement de Maduro, une photo du Groenland aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une légende pour le moins explicite : « bientôt »…

Le capitalisme n’a plus rien à offrir à l’humanité que toujours plus de guerres et de barbarie. La seule force qui peut mettre fin à la guerre capitaliste, c’est la classe ouvrière, parce qu’elle porte en elle une perspective révolutionnaire, celle du renversement du capitalisme. Ce sont les luttes révolutionnaires du prolétariat en Russie et en Allemagne qui ont mis fin à la Première Guerre mondiale ! La paix réelle et définitive, partout, la classe ouvrière devra la conquérir en renversant le capitalisme à l’échelle mondiale. Il lui faudra des années de luttes pour reconquérir son identité de classe et ses armes de combat. Mais il n’y a pas d’autre chemin pour renverser ce système moribond et destructeur !

EG, 4 janvier 2026

 

 

 

1 D’ailleurs, les États-Unis n’ont pas caché que l’opération Absolute Resolve avait été permise grâce à des complicités au plus haut niveau de l’État.

Géographique: 

  • Vénézuela [1]
  • Etats-Unis [2]

Personnages: 

  • Donald Trump [3]
  • Nicolas Maduro [4]

Récent et en cours: 

  • Socialisme du XXIe siècle [5]
  • Absolute Resolve [6]
  • Enlèvement de Nicolas Maduro [7]

Rubrique: 

Derrière les actes terroristes, un capitalisme en putréfaction

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Le 14 décembre dernier, sur le sable de Bondi Beach, en Australie, deux hommes armés, un père et son fils, ont utilisé deux fusils d’assaut, détenus légalement, pour ouvrir le feu sur un grand rassemblement marquant le début de la fête juive d’Hanoukka. Quinze personnes ont été tuées par les deux hommes, dont une fillette de 10 ans et un vieillard qui avait survécu à l'Holocauste. L'aîné des deux tireurs avait fait l'objet d'une enquête de la police australienne pour ses liens avec l'État islamique en 2019. Des dizaines d'autres personnes ont été blessées. Comme c'est désormais habituel dans ces manifestations de l'horreur capitaliste, des individus ont fait preuve d'un grand courage et d'un grand honneur en essayant de protéger leurs semblables et, comme c'est également habituel dans ces cas-là, les forces de l’ordre étaient impuissantes. La première réaction du gouvernement australien, par la voix du Premier ministre Anthony Albanese et de ses collaborateurs, a été de défendre leur État et sa «démocratie», tout en promettant de renforcer encore les mesures de sécurité et de répression qui pèseront avant tout sur la classe ouvrière. Ce dernier massacre d'innocents survient dix ans après la fusillade de Charlie Hebdo à Paris, la fusillade de masse au Bataclan à Paris, l'attentat à la bombe de l'aéroport de Bruxelles il y a neuf ans et, il y a huit ans, l'attentat à la bombe de la Manchester Arena pendant un concert, perpétré par un individu dont la famille djihadiste libyenne basée à Manchester travaillait pour le MI6. Au cours de ces quatre événements, tous étroitement liés aux intérêts impérialistes, plus de 200 personnes de tous âges ont été tuées et des milliers d'autres blessées par des engins explosifs sur lesquels était inscrit «à qui de droit». Le massacre de civils, qui a toujours été une caractéristique des systèmes oppressifs, atteint sans cesse de nouveaux sommets révoltants sous le capitalisme, qui se débat dans sa propre décomposition. Et au milieu de tout cela, les dirigeants ne peuvent qu'offrir leurs «condoléances» hypocrites et vides de sens aux victimes de leur propre système, tout en promettant de fliquer davantage les populations.

La décomposition du capitalisme, système pourrissant sur pied, s'accompagne d'une augmentation de tous les niveaux de violence aveugle, d'atrocités en tous genre, au premier rang desquels celle des États dans le renforcement de la terreur destinée au maintien de leur domination et de la défense de leurs intérêts impérialistes, que ce soit par la violence sociale exacerbée jusqu’au cœur des grandes puissances capitaliste, la guerre ou du terrorisme. Grandissant dans et entourés par cette putréfaction mondiale, la santé mentale des plus fragiles ne peut qu'être affectée et souvent déformée par les forces du désespoir, par l'absence d'avenir et de perspectives que le capitalisme maintient et généralise à travers le monde. Ainsi, les attaques aveugles explosent un peu partout : contre les écoliers et les étudiants, contre de simples passants… Elles sont en augmentation partout, devenues courantes et banales, tout comme les attaques des élèves contre les enseignants : «La société se fragmente et se désintègre. Le chômage, la misère, les problèmes de logement, de travail et de santé sont omniprésents. Partout, les guerres se multiplient. Partout, la planète part à vau-l'eau. Partout, l'angoisse de ne voir aucun avenir.»[1] Les jeunes sont particulièrement touchés par cette barbarie croissante. Ils se retrouvent désorientés, confus et psychologiquement affectés par la morbidité et la destruction qui les entourent.

Les États ne se soucient nullement des victimes et exploitent cyniquement les actes violents qui se produisent chez eux ou dans d'autres États. Ainsi, le boucher Netanyahu instrumentalise l’attaque en Australie en fustigeant le Premier ministre Albanese, affirmant que ce dernier «a laissé la maladie de l'antisémitisme se propager« en raison de son soutien à un État palestinien. Pour sa part, Albanese propose «un moment d'unité nationale», tout en préconisant de nouvelles mesures qui renforcent encore la machine répressive de l'État. La classe dirigeante lance généralement des campagnes idéologiques massives au moment de ces atrocités, attisant les divisions raciales et mettant en œuvre des mesures qui n’ont jamais permis de protéger la population, mais à accroître son contrôle totalitaire sur la société et se donner davantage de moyens pour réprimer la classe ouvrière. Et en Occident en particulier, la bourgeoisie la plus expérimentée utilise ces atrocités, non pas pour s'attaquer à leurs causes profondes, car elles échappent à son contrôle, mais pour défendre le mensonge de l'État démocratique.

Les effets de la décomposition, la violence, les destructions, l'irrationalité et l'absurdité du capitalisme resteront une menace mortelle pour l'humanité et un danger constant pour la classe ouvrière et sa lutte. Tant que le capitalisme existera, ces menaces ne feront que devenir plus manifestes et plus graves. Il y a eu des moments importants dans l'histoire qui montrent que seule la lutte de la classe ouvrière (et de la classe ouvrière seule) peut repousser la barbarie et les attaques de la classe dirigeante et ouvrir une perspective pour l'avenir de l'humanité : la révolution communiste. En 1905, en Russie, les travailleurs ont défendu les Juifs contre les pogroms déclenchés par le régime tsariste pour contrer la vague révolutionnaire ; en 1941, aux Pays-Bas, au plus fort de la guerre mondiale et de la contre-révolution, les travailleurs d'Amsterdam ont mené des grèves entravant autant que possible les mesures antijuives des nazis qui travaillaient en collaboration avec les autorités néerlandaises; en Hongrie, en 1956, lorsque les travailleurs sont descendus dans la rue pour s'opposer à la répression sanglante de la bourgeoisie à Poznan en Pologne, en France en 1968, lorsque les jeunes travailleurs ont manifesté leur solidarité avec les étudiants en se joignant à eux lorsqu'ils étaient attaqués par la police. Qu'il s'agisse d'une attaque terroriste ou d'un individu psychologiquement perturbé, la classe ouvrière ne peut pas faire grand-chose pour empêcher de tels événements, qui ne peuvent que se multiplier avec la décomposition du capitalisme. En s'impliquant dans les campagnes de la classe dirigeante autour de tels événements, elle ne peut que renier les principes de son combat. Ce que la classe ouvrière peut et doit faire, comme elle a commencé à l’exprimer avec force et vigueur en 2022, c'est développer sa propre lutte contre ce système pourri, car c'est dans cette lutte que réside sa force politique et la possibilité d’affirmer la perspective d'un avenir qui peut dépasser les horreurs du capitalisme.

Baboon, 24 décembre 2025


[1] Lire notre article « Assassinat dans les établissements scolaires : Derrière les actes monstrueux, une société monstrueuse ! [8] ».

Géographique: 

  • Australasie [9]

Conscience et organisation: 

  • Courant Communiste International [10]

Rubrique: 

L'atrocité de Bondi Beach

URL source:https://fr.internationalism.org/content/11709/icconline-2026

Liens
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