La constitution du BIPR : un bluff opportuniste – 2° partie.

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Dans la première partie de cet article, nous avons voulu démontrer que la formation du Bureau International pour le Parti Révolutionnaire par le PCInt (Battaglia Comunista) et la Communist Workers' Organi­sation, n'avait rien de positif pour le mouvement ouvrier. Ceci, non parce que nous nous amusons à jouer les détracteurs, mais pour deux raisons :

- parce que la pratique organisationnelle du BIPR n a aucun fondement solide, comme nous 1'avons vu lors des Conférences Internationales,

- parce que BC/CWO sont loin d'être clairs sur les positions de base du programme communiste - sur la question syndicale en particulier.

Dans cette deuxième partie, nous revenons sur les mêmes thèmes. Sur la question parlementaire, nous verrons que le BIPR a "résolu" les divergences entre BC et la CWO en les "oubliant". Sur la question nationale, nous verrons comment les confusions de BC/CWO ont entraîné une politique de conciliation en­vers le gauchisme nationaliste de l'UCM iranien ([1]

La question du parlementarisme

De même que sur la question syndicale, la pla­teforme de BC de 1982 ne représente ni un change­ment, ni une clarification sur la question parle­mentaire par rapport à celle de 1952 : BC a sim­plement rayé les parties les plus compromettantes. En 1982, comme en 1952, BC écrit : " Depuis le Congrès de Livourne jusqu'à aujourd'hui, le Parti n'a jamais fait sien l'abstentionnisme face aux campagnes électorales comme principe d'orienta­tion de sa propre politique, comme il n'a jamais accepté, ni n'acceptera aujourd'hui, le participationniste systématique et indifférencié. Conformé­ment à sa tradition de classe, le Parti décidera chaque fois du problème de sa participation sui­vant l'intérêt politique de la lutte révolution­naire". (Plateforme de BC, 1952 et 1982).

Mais là où en 1952 BC parlait de "la tactique du Parti (participation à la seule campagne élec­torale avec propagande écrite et orale ; présen­tation de candidatures ; intervention au sein de l'assemblée)" (Plateforme de 1952), aujourd'hui, "étant donné la ligne de développement de la do­mination capitaliste, le Parti reconnaît que la tendance est vers des occasions de plus en plus rares pour que les communistes puissent utiliser le parlement en tant que tribune révolutionnaire" (Plateforme de 1982). Au fond, cette argumenta­tion est aussi profonde que celle de n'importe quel parti bourgeois, qui renonce à briguer un siège par peur de perdre sa caution financière.

Pour une fois, la CWO n'est pas d'accord avec son "organisation soeur" :

" Le parlement est la feuille de vigne derrière laquelle se dissimule la dictature de la bourgeoi­sie. Les véritables organes du pouvoir se trouvent en fait hors du parlement... si bien que le parle­ment n'est même plus le conseil exécutif de la classe dominante, mais simplement un piège à dupes sophistiqué...(...)... Le concept de choix élec­toral est aujourd'hui la plus grande fumisterie qui soit." (Plateforme de la CWO) ([2])

Que la CWO prenne BC pour des dupes, soit. Mais qu'ils ne fassent pas de même avec le reste du milieu révolutionnaire, ni avec la classe ouvrière en général. Voici le BIPR, le summum auto-procla­mé de clarté programmatique et de volonté militan­te, qui contient en son sein deux positions non  seulement différentes, mais parfaitement incompatibles, voire antagoniques. Et pourtant, nous n'a­vons jamais vu même l'ombre d'une confrontation entre ces positions.

Comme nous l'avons déjà remarqué ([3]), la platefor­me du BIPR résout la question, non pas en la "minimisant", mais en ... 1'"oubliant". C'est peut-être ça, la "responsabilité" que nous sommes "en droit d'attendre d'une force sérieuse dirigeante".

On pourrait nous répondre que le parlementaris­me est une question secondaire. Il est effective­ment vrai, que nous n'aurons probablement jamais le plaisir d'écouter les discours parlementaires d'un "honorable member" de BC ou de la CWO. Mais accepter ce genre d'argument serait escamoter une question de fond. Le principe abstentionniste était une des positions centrales qui distinguait l'aile gauche du Parti socialiste italien autour de Bordiga (laquelle s'intitulait justement "Frac­tion abstentionniste"), des réformistes et oppor­tunistes en tout genre. BC aujourd'hui ne défend même pas cette position initiale de Bordiga, mais celle qu'il a adoptée au sein de l'IC, "par dis­cipline" (c.a.d., l'abstentionnisme par tactique et non par principe).

Quant à la CWO, la légèreté avec laquelle elle renie sa propre déclaration qu’"aucun aspect thé­orique ne doit rester dans 1'ombre aussi bien dans une même organisation qu'entre organisations" (Plateforme de la CWO) ne fait que confirmer que sa position sur la question parlementaire (comme sur tant d'autres) est née de simples observations empiriques.

La position anti-parlementaire doit surgir d'une compréhension profonde de la décadence du capitalisme et de ses implications sur le mode d'orga­nisation de l'Etat bourgeois - le capitalisme d'Etat. Ne pas comprendre la question parlementai­re, c'est se rendre incapable de comprendre les manoeuvres politiques des différentes fractions de la bourgeoisie. Pour celles-ci, le pouvoir par­lementaire est devenu un problème parfaitement se­condaire, par rapport aux besoins de mystification et contrôle social. Pas étonnant donc, que la CWO s'est toujours avouée "incapable de comprendre" nos analyses sur la "gauche dans l'opposition". ([4])

Mais la non compréhension des implications de la décadence capitaliste, et donc des bases maté­rielles de ses propres positions, n'excuse pas la pratique de la CWO sur la question parlementaire. Dans un article paru dans Workers Voice n°19 en novembre 1984 ("Capitalist Elections and Communism") la CWO réussit le tour de force extraordinaire de publier un long article sur le parlementarisme, en citant les positions de la Fraction abstention­niste (c.a.d. la gauche révolutionnaire organisée autour de Bordiga) du Parti socialiste italien, sans dire un mot des positions de "l'organisation soeur", Battaglia Comunista. Cette pratique, qui consiste à"oublier", ou cacher des divergences de principe dans l'intérêt d'une unité de façade, a un non dans le mouvement ouvrier : c'est l'oppor­tunisme. 

La question nationale et la conciliation avec le gauchisme
 

Nous avons déjà vu que, pour le BIPR, la différen­ce entre "stratégie" et "tactique" est la même que celle entre la porte fermée et la fenêtre ouverte. La plateforme du BIPR commence par fermer la porte aux mouvements de libération nationale : "L'ère des libérations nationales, en tant qu'évé­nements progressifs de 1'histoire, par rapport au monde du capitalisme, est depuis longtemps défini­tivement terminée. Il faut donc rejeter sans équi­voque toutes les thèses qui, considérant que le pro­blème national se pose encore dans certaines régions du monde, subordonnent les principes, la stratégie et la tactique du prolétariat à une politique d'alliance avec la bourgeoisie nationale, ou pire avec des blocs impérialistes rivaux" (Revue Communiste n°1, p.7.avril 1984). Aussitôt elle ouvre la fenêtre à la conciliation dans la pratique avec le gau­chisme : "Indépendamment de la possible prise en charge de la revendication de certaines libertés élémentaires dans 1'agitation politique révolutionnaire, la tactique du parti communiste sera tournée vers la destruction de l'Etat pour l'instauration de la dictature du prolétariat" (ibid, p.8, nous soulignons).

Cette ambiguïté ne nous surprend pas, puisque BC en particulier n'a jamais été capable de mener sa critique de la position de l'IC sur la question nationale jusqu'au bout. Dans ses interventions à la 2ème Conférence Internationale (novembre 1978), BC parle "de la nécessité de dénoncer le caractère des soi -disant luttes de libération nationale, comme supports à une politique impérialiste", mais enchaî­ne tout de suite : " si le mouvement national ne se pose pas le problème de la révolution communiste , il est nécessairement et inévitablement victime de la domination impérialiste" (2ème Conférence,vol. 2, p. 62). Avec ce petit "si", BC s'arrête à mi-chemin. Ce "si" traduit l'incapacité de BC de comprendre que le "mouvement national" ne peut jamais se poser "le problème de la révolution communiste". Seule la lutte prolétarienne indépendante, sur le terrain de la défense des intérêts de classe, peut se poser ce problème. Tant que le prolétariat lutte sur le ter­rain national, il est voué à l'échec, puisque,dans la période du capitalisme décadent, toutes les frac­tions de la bourgeoisie sont unies contre la classe ouvrière, y inclus les fractions soi -disant "anti-impérialistes". Et dès que le prolétariat lutte sur son terrain, il se heurte au nationalisme de la bourgeoisie.

Ce n'est que sur son terrain, de la lutte de classe internationale, et donc anti-national que le prolétariat peut donner une direction aux lut­tes des masses pauvres des pays sous-développés. Et si l'issue de la lutte de la classe ouvrière dans ces pays sera effectivement déterminée par celle dans le coeur industriel du capital, ceci n'enlève rien de sa responsabilité en tant que fraction du prolétariat mondial, et donc des ré­volutionnaires au sein de cette fraction. Parce que BC ne l'a pas compris, parce qu'elle est res­tée incapable de pousser sa critique des posi­tions de l'IC jusqu'au bout, elle finit par affir­mer qu'il faut "dresser les mouvements de libéra­tion nationale en révolution prolétarienne" (2ème Conférence, vol 2, p.62.novenbre 78), qu'il faut "travailler dans le sens de la rupture de classe dans le mouvement et non en le jugeant du dehors. Cette rupture, maintenant, signifie la création d'un pôle de référence en lien avec le mouvement" (ibid, p. 63, nous soulignons). Pas étonnant que quand l'UCM affirme : "Nous rejetons l'idée que les mouvements  (de libération, nationale, NDLR) sont incapables de s'attaquer au capitalisme de façon révolutionnaire. Nous disons que ces mou­vements ont failli parce que la bourgeoisie en avait la direction... il est possible pour les com­munistes d'en prendre la direction"   (4ème  Con­férence, septembre 1982, p.19), ils ajoutent : "Nous sommes d'accord avec la manière de BC de po­ser la question".

C'est sans doute le désir de "créer un pôle de référence en lien avec le mouvement" qui a amené BC et la CWO à inviter l'UCM à la même Conférence de la Gauche Communiste. Quant à la nature de l'UCM, nous n'aurions que peu de chose à ajouter à la dénonciation du PC d'Iran (formé par l'UCM et Komala) dans la Revue Communiste n°1. Cet article, nous montre, "que le PC d'Iran a les mêmes concep­tions capitalistes d'Etat que la gauche européenne" et qu'il "n'a de communiste que le nom". Mais que le BIPR écrive ces mots en 1984 nous fait penser à l'amant qui se rend compte que sa bien-aimée est religieuse.... quand elle se sauve avec le curé. Le BIPR veut nous faire croire que ce Programme date de 1983, et n'existait pas "quand nous polé­miquions avec eux (l'UCM) ; c.a.d. avant que l'UCM n'accepte le Programme du PC d'Iran (ibid). Rien n'est moins vrai. Le Programme a été publié en an­glais en mai 1982, et une "note" rajoutée par Komala montre que les deux organisations ont tenu des discussions de fusion à partir de 1981. Cinq mois plus tard, l'UCM, qui se revendique explicitement du "Programme du PC d'Iran" est "sérieusement sé­lectionné" pour "commencer le processus de clari­fication des tâches du parti" (4ème Conférence). . En plus, avec quelle gentillesse, quelle circons­pection, quelle "compréhension" BC et la CVO ré­pondent-ils à l'UCM !

"Nous sommes globalement en accord avec 1'inter­vention du SUCM (sur les "révolutions bourgeoises démocratiques", NDLR)" (BC). "Le programme de l'UCM semble être celui dé la dictature prolétarienne" (encore BC). " Le terme "révolution démo­cratique" prête à confusion" (CWO) ; "Nous pensons que c'est une idée (la "révolution ininterrompue") qui a été dépassée"(BC). Même en 1984, le BIPR n'est pas encore prêt à dénoncer le PC d'Iran pour ce qu'il est - une fraction ultra-radicale de la bourgeoisie nationaliste. Non, pour le BIPR, "le PC d'Iran et les éléments qui gravitent dans son orbite" sont encore des "interlocuteurs", tandis que la participation à la guerre impérialiste n'est que "les graves erreurs pratiques auxquelles peut conduire une ligne politique manquant de cohérence sur le plan historique" (Revue Communiste n°2) .

BC et la CWO feraient mieux de se réapproprier dans la pratique, et non pas de façon platonique contre à présent, les mots de Lénine : "celui qui parle aujourd'hui de "dictature révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie" n'est plus dans le coup et, par voie de conséquence,il est de fait dans le camp de la petite bourgeoisie, contre la lutte de classe prolétarienne" ("Thèses d'Avril") ; "On ne jure plus à notre époque que par 1'interna­tionalisme. Jusqu'aux chauvins jusqu'au-boutistes, jusqu'à MM. Plékhanov et Potressov, jusqu'à Kerenski, qui se disent internationalistes. Le parti du pro­létariat a le devoir d'autant plus impérieux d'op­poser avec une clarté, une précision, une netteté absolues, l'internationalisme en actions à 1'inter­nationalisme en paroles" (Lénine : "Les tâches du prolétariat dans Notre Révolution" ).

Voilà où mène le désir de BC et la CWO d'être "en lien avec le mouvement" : faire des "Conféren­ces" avec une organisation bourgeoise qui partici­pe à la guerre impérialiste. Eh lien avec le mouve­ment d'accord - mais quel mouvement ?

L'attitude, le comportement pratique, de la CWO et BC, et maintenant du BIPR, ne sont pas nouveaux dans le mouvement ouvrier. C'est celui du "centre" qui hésite entre les social-chauvins et les vérita­bles internationalistes.. .Le "centre" est pour "l'unité", le centre est l'adversaire de la "scis­sion" (ce que la CWO "deuxième série" ([5]) appelle aujourd'hui notre "sectarisme" envers l'UCM) ; "Le "centre", c'est le règne de la phrase petite-bourgeoise bornée de bonnes intentions (et à résonance "ultra-marxiste" ! NDLR), de l'internatio­nalisme en paroles, de l'opportunisme pusillanime et de la complaisance pour les social-chauvins en fait" (Lénine, op. cit). Si aujourd'hui, le gau­chisme en tout genre, la bouche pleine d'interna­tionalisme "en paroles", a pris la place du social-chauvinisme ouvert, le comportement centriste dé­noncé par Lénine reste le même. 

L'émergence des forces communistes 

Si BC et la CWO ont tant de mal à "opposer 1'in­ternationalisme en actions à 1'internationalisme en paroles", c'est aussi parce qu'ils sont sérieu­sement affaiblis par leur vision invraisemblable du surgissement des groupes révolutionnaires, en particulier dans les pays sous-développés. Ainsi, dans RP 21, 1984 ("The Situation in Iran and the tasks of Communists"), la CWO nous explique qu'il n'y a que trois possibilités pour "le développement d'une clarification politique" :

"1) La formation d'une avant-garde communiste est sans importance dans ces régions puisque leurs prolétaires sont sans importance pour la révolution. Nous rejetons cette conception comme frisant le chauvinisme. ..(...)...

2) ...un parti communiste émergera spontanément de la lutte de classe dans ces régions. C'est à di­re, sans contact organique avec la gauche commu­niste... le prolétariat créera une avant-garde di­rectement  qui formulera une vision globale du com­munisme à partir de sa propre existence. Une tel­le vision est une folie spontanéiste...

3)...certains courants et individus commencent à mettre en question les bases du gauchisme et se mettent à critiquer leurs propres positions...".

La première "possibilité" est soi -disant la po­sition du CCI, ce qui permet à la CWO de nous dé­noncer pour "euro-chauvinisme". Encore une fois, la CWO est passée maître dans la polémique de la calomnie voilée: aucun de nos textes n'est cité pour soutenir cette accusation ridicule, et les soi-di­sant propos d'un de nos militants (cités dans le même article) ont dû être recueillis un jour où la CWO avait oublié de se laver les oreilles. Il nous suffit ici de rappeler, que si nous menons depuis dix ans, un travail de contact et de discussion en Amérique latine, en Australie, en Inde, au Japon, dans les pays de l'Est...ce n'est certainement pas parce que nous estimons "les prolétaires de ces pays" comme "sans importance pour la révolution".

La deuxième position est également censée être la nôtre. Disons d'abord que cette vision du parti qui surgit sur une base nationale, et non pas internationale dès le départ, n'est pas celle du CCI mais de BC (la contradiction n'a jamais gêné la CWO !). Mais en plus, il est évident que le surgissement de groupes basés sur les positions de classe ne peut qu'être le fruit d'une lutte achar­née contre l'idéologie dominante, d'autant plus dans les pays sous-développés où les militants doivent affronter tout le poids du nationalisme ambiant, et de la situation très minoritaire du prolétariat. La survie de ces groupes dépend donc de leur capacité à porter les leçons de la lutte des ouvriers contre "leur" bourgeoisie soi-disant "anti-impérialiste" au niveau théorique et militant, en nouant des liens avec les organisations politi­ques les plus avancées du prolétariat mondial, au coeur du monde capitaliste en Europe.

La troisième position - celle du BIPR - revient à ceci : chercher le surgissement de groupes prolétariens au sein même de la classe ennemie, parmi les organisations gauchistes dont la fonction est précisément de dévoyer, trompé, et massacrer la classe ouvrière, au nom même du "socialisme". Le BIPR montre ainsi qu'il ne comprend rien au mouve­ment dialectique des groupes politiques. Si les organisations prolétariennes subissent constamment l'influence de l'idéologie dominante - ce qui peut éventuellement les corrompre à un tel point qu'elles passent au camp de la bourgeoisie – l’inverse n'est pas vrai. Les organisations bourgeoises, du fait même qu'elles appartiennent à la classe domi­nante ne subissent aucune "pression idéologique" du prolétariat et on n'a jamais vu une organisa­tion gauchiste passer en tant que telle du côté de la classe ouvrière.

De plus les perspectives du BIPR sont fondées sur une supposition fausse : que ces groupes (tel l'UCM) dans la mouvance maoïste surgissent de fa­çon isolée, chacun dans son propre pays. La réa­lité est tout autre, et démontre la naïveté du BIPR. Dans les faits, ces groupes vivent autant dans les pays d'émigration que dans leur pays "d'origine", surtout dans les milieux d'exilés très fortement infiltrés par le gauchisme "europé­en" classique. Une lecture rapide de leur presse nous révèle, par exemple, "Bolshevik Message" (de l'UCM) qui publie une lettre de salutations de la part de l'ancien "El Oumami" ([6]) ou le groupe ma­oïste "Proletarian Enancipation" (de l'Inde) qui publie - sans un mot de critique - le "Programme du PC d'Iran". Le combat que nous menons   contre ces organisations est le même que celui que nous menons contre le gauchisme des pays développés et...tant pis pour "l'euro-chauvinisme".

Il est certain que les organisations surgies de la classe ouvrière en Europe, là où la classe est la plus expérimentée organisationnellement et po­litiquement ont une responsabilité énorme envers les groupes prolétariens des pays sous-dévelop­pés, qui se battent souvent dans des conditions pénibles de répression physique et de pression de l'idéologie nationaliste ambiante. Mais ce n'est pas en escamotant la séparation de classe entre le gauchisme et le communisme qu'elles la rempliront; un exemple éclatant de ce genre d'escamotage nous est fourni par la publication côte à côte (dans "Proletarian Emancipation") d'un article de la CWO sur la conscience de classe, et du "Programme du PC d'Iran".

Conclusion

Nous ne sommes pas contre le regroupement des révolutionnaires : le travail que nous menons de­puis la naissance du CCI est là pour le prouver. Mais nous sommes opposés aux regroupements super­ficiels qui passent par l'opportunisme envers leurs propres désaccords, et par le centrisme et la conciliation envers les positions bourgeoises. L'histoire de "Programma Communista" a montré que de tels regroupements finissent inévitablement par perdre, et non pas gagner, des forces au camp prolétarien. C'est pourquoi nous appelons BC et la CWO à passer au crible d'une critique sans merci leurs positions et leur pratique actuelles afin qu'ils puissent véritablement contribuer au tra­vail qui doit mener au Parti mondial du proléta­riat.

Arnold

 

[1] Ce n'est pas le but de cet article de démontrer en détail la nature bourgeoise du "Unity of Communist Militants" ou de ses groupes de sympathisants à l'étranger (SUCM). (Voir nos articles dans WR n°57 et 60. Il suffit de dire que le programme initial de 1'UCM est essentiellement le même que celui du PC d'Iran (qui "n'a de communiste que le nom" selon le BIPR), et que Komala -avec qui l'UCM a publié le programme du PC d'Iran en mai 1982 - est une organisation maoiste, alliée militaire du Parti Démocrate Kurde, et dont les camps d'entraînement se situent en Irak. L'UCM et Komala sont donc des participants directs à la guerre impérialiste Iran/Irak.

[2] Soit dit en passant, nous partageons entièrement cette vision du parlement "démocratique" bourgeois

[3] Voir l'article dans la Revue Internationale n°40 (1er trimestre 1985).

[4] Sans entrer dans le détail, notre analyse de " La gauche dans l'opposition" se base :

- sur le fait que, dans le capitalisme décadent, il n'existe plus de "fraction progressiste" de la bourgeoisie - quelles que soient ses querelles internes, toute la classe dominante est unie contre la classe ouvrière (voir Revue Internationale n° 31 et 39);

- sur le fait que, au sein de l'appareil capitaliste d'Etat, 1a fonction essentielle de ses fractions de gauche est de dévoyer la lutte prolétarienne.

Sur cette base, nous considérons que la bourgeoisie, depuis 1'ouverture de la deuxième vague de lutte de classe en 1978, a sciemment adopté la politique du maintien dans l'opposition de ses partis de gauche, afin d'éviter qu'ils soient discrédités aux yeux des ouvriers par l'austérité qu'ils seraient obli­gés d'appliquer au gouvernement (voir aussi Revue Internationale n°18).

[5] Dans "Revolutionary Perspectives"n°20, la CWO est si gonflée par sa"méthode plus dialectique... qui voit les événements dans leur contexte historique, en tant que processus plein de contradictions, et non pas de façon abstraite, formelle", qu'ils ont décidé d'appeler la revue "Revolutionary Perspec­tive". Second Séries . Avec RP 21, la mention "Second Séries"  a déjà disparu de la revue, apparem­ment, la dialectique a fait long feu chez la CWO.

[6] "El-Oumami",  anciennement un organe de Programme Communiste,  fut fondé sur des positions franche­ment nationalistes arabes après une scission du PCI en France.