Sabotage des lignes SNCF : des actes stériles instrumentalisés par la bourgeoisie contre la classe ouvrière

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De nombreux commentaires ont paru sur nos sites en français et en espagnol suite à la publication de cet article. Nous avons publié un texte de réponse à une partie des questions qui nous sont posées.

 


 En six mois, les lignes ferroviaires de la SNCF ont été touchées à une douzaine de reprises par des actes de sabotage. Chaque fois s'en est suivie la même galère pour les passagers : des heures d'attente en gare ou en pleine voie, suite à la paralysie du trafic.

Début novembre, l'état français prévient : il va frapper fort ! Il exige de la police une enquête rapide et de la justice la plus grande sévérité. Ainsi, le 8 novembre, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, demande que "tous les moyens, notamment de police technique et scientifique, soient mobilisés au service des investigations" et la ministre de la Justice Rachida Dati donne des "instructions de fermeté aux procureurs généraux". Hasard incroyable, à peine 48 heures après ces injonctions ministérielles, la police parvient à mettre la main sur les "coupables", un groupe de dix personnes se réclamant de la mouvance "anarcho-autonome"1 et installé à Tarnac, en Corrèze, au fin fond de la campagne française ! Tout cela pue la manipulation à plein nez ! D'ailleurs, en réalité, ce groupe était sous étroite surveillance depuis des mois. Le journal Le Monde du 11 novembre avoue ainsi : "Ce groupe faisait l'objet d'une surveillance de la sous-direction de la lutte anti-terroriste de la police judiciaire depuis plusieurs mois, sur instructions de Michèle Alliot-Marie. Une enquête préliminaire avait même été ouverte par le parquet de Paris depuis avril." Tout le cirque médiatico-judicaire actuel autour de ces présumés "terroristes" est donc le fruit d'une longue préparation opérée en amont par la bourgeoisie. A la lumière de ces derniers événements, les propos de Michèle Alliot-Marie (encore elle) de février 2008 prennent ainsi tout leur sens : "Depuis plusieurs mois, j'étais encore ministre de la Défense, j'ai souligné les risques d'une résurgence violente de l'extrême gauche radicale".

Il n'y a donc aucun doute à avoir, qu'ils soient réellement coupables ou non des actes dont l'État français les accuse, ces "autonomes" n'ont été en réalité que des marionnettes dans les mains de la bourgeoisie. La vraie question est donc pourquoi ? Pourquoi les avoir laissé faire pendant des mois ? Et pourquoi les arrêter en grande pompe aujourd'hui en les traitant comme les pires des criminels ?

Des actes impuissants contre la domination de la bourgeoisie

Ce petit groupe "d'autonomes" est en train d'être broyé par la machine judiciaire. La bourgeoisie qui cyniquement leur a tendu un piège pendant des mois se jette sur ces proies faciles aujourd'hui comme des hyènes enragées avec tout son arsenal répressif. Ainsi, pour avoir (peut-être) bloqué des trains et mis une belle pagaille, cette poignée d'éléments déclassés (bien que provenant d'un milieu familial aisé, insiste lourdement la propagande pour mieux les discréditer) se retrouvent accusés aujourd'hui "d'actes de terrorisme" et "de recours organisé à la lutte armée" contre l'État, encourant des peines allant jusqu'à 20 ans de prison ! Rien de moins !

Il est possible que ceux qui ont commis ces sabotages pensaient, par ces actes spectaculaires et symboliques, réveiller les consciences et démontrer que le système est finalement vulnérable, etc. Dans une certaine mesure, il y a chez ces éléments l'expression d'un sentiment de révolte brute et désespérée contre l'inhumanité de ce système. Mais en se fourvoyant dans de tels actes stériles qui ne représentent pas plus qu'une piqûre de moustique sur une peau d'éléphant, ces éléments n'ont fait, surtout, que révéler leur propre impuissance. Il s'agit d'éléments déboussolés mus par une révolte avant tout individualiste et qui se livrent à des actions absurdes. Commettre de tels actes ne relève pas seulement de la naïveté mais aussi et surtout de la stupidité. En réalité, de telles actions n'ont aucune chance de réveiller la moindre conscience au sein de la classe ouvrière. Elles ne font que souligner le désespoir impuissant et l'isolement de leurs auteurs. En fait, s'imaginer que de tels actes, émanant par nature d'une infime minorité, pourraient participer de la lutte contre le système d'exploitation relève d'une bonne dose de mégalomanie. De tels actes de sabotage n'ont rien à voir avec les méthodes de lutte de la classe ouvrière. Ces méthodes désespérées sont complètement étrangères et totalement aux antipodes des luttes collectives et solidaires de cette dernière.

Ainsi, si nous dénonçons la répression de l'État bourgeois qui s'abat aujourd'hui sur ces déclassés surveillés et manipulés, nous rejetons aussi sans ambiguïté leurs hypothétiques actes de sabotage.

Des actes toujours utilisés contre la classe ouvrière

En fait, ces éléments n'ont fait que servir ceux-là même contre qui ils croyaient lutter. Quels qu'ils soient, les acteurs de ce sabotage servent effectivement parfaitement les intérêts de la bourgeoisie. C'est pourquoi il y a eu une telle publicité médiatique autour de cette affaire, c'est pourquoi aussi la police a laissé s'enferrer ces éléments durant des mois. La bourgeoisie a manipulé ce petit groupe "d'autonomes" afin de lancer une vaste campagne idéologique cette fois dirigée contre toute la classe ouvrière.

En assimilant aujourd'hui la lutte ouvrière au terrorisme, et en justifiant ainsi que s'abatte sur ceux qui prétendent lutter contre le système capitaliste la plus impitoyable des répressions, elle prépare les esprits à la répression des combats ouvriers futurs. En s'appuyant sur ce bourrage de crâne actuel, elle espère pouvoir réprimer en toute liberté d'éventuelles luttes à venir, au moindre dérapage, au nom du maintien de l'ordre public. Et s'il n'y a pas de dérapages, elle les créera elle-même. Il s'agira ici de la répétition d'un autre grand classique de la bourgeoisie : infiltrer ses agents dans les manifestations pour jouer aux casseurs et justifier l'envoi des forces de l'ordre. Il faut d'ailleurs prêter l'oreille aux propos d'un "expert", vieux maître en coups fourrés de la bourgeoisie italienne qui, au moment où se développent aujourd'hui des luttes en Italie notamment dans les universités2, a livré cette clé dans une interview :

"Président Cossiga, pensez-vous qu'en menaçant d'utiliser la force publique contre les étudiants, Berlusconi ait exagéré ?

Cela dépend, si on pense être le président du conseil d'un État fort, non, il a très bien fait. Mais puisque l'Italie est un État faible et qu'il n'y a pas dans l'opposition le parti de granit qu'est le PCI mais l'évanescent PD, je crains que les faits ne suivent pas les paroles et qu'en conséquence Berlusconi fasse d'autant plus triste figure.

Quels sont les faits qui devraient suivre ?

Maintenant, Maroni (actuel ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Berlusconi, NDLR), devrait faire ce que j'ai fait quand j'étais moi-même ministre de l'intérieur".

C'est-à-dire ?

Laisser faire. Retirer les forces de police de la rue et de l'université, infiltrer le mouvement avec des agents provocateurs prêts à tout, et faire que pendant une dizaine de jours les manifestants dévastent les magasins, incendient des voitures et mettent les villes à feu et à sang".

Et après ?

Après quoi, fort du consensus populaire, le bruit des sirènes des ambulances devrait couvrir celui des autos de la police et des carabiniers".

Dans le sens où... ?

Dans le sens où les forces de l'ordre devraient massacrer les manifestants sans pitié et tous les envoyer à l'hôpital. Ne pas les arrêter pour qu'ensuite les magistrats les remettent tout de suite en liberté, mais les blesser jusqu'au sang et blesser aussi ces enseignants qui les agitent".

Même les enseignants ?

Surtout les enseignants. Pas les vieux, bien sûr, mais les tout jeunes maîtres oui. Se rend-on compte de la gravité de ce qui se passe ? Ce sont les enseignants qui endoctrinent les enfants et les font descendre dans la rue : c'est un comportement criminel !"3.

Tout cela ne fait-il pas étrangement penser aux faux casseurs et vrais provocateurs qui, en novembre 2007, au moment de la lutte des cheminots contre la réforme de leur système de retraite, se sont livrés à des actes similaires de sabotage des voies ferrées permettant de faire passer les cheminots pour des "terroristes" assoiffés de sang et de meurtre alors même qu'une sympathie était née dans les rangs ouvriers pour cette grève4 ?

La bourgeoisie est parfaitement consciente que la perspective est au développement des luttes, que face à la crise économique, la classe ouvrière ne va pas subir les attaques et la paupérisation sans réagir. Cette tendance au retour et au développement de la lutte de classe inquiète tous les gouvernements qui s'y préparent en modernisant et en renforçant particulièrement les appareils de surveillance policière et de répression, en France, en Italie comme partout ailleurs.

Une campagne amalgamant terroristes et révolutionnaires

Mais la perfidie de ce battage orchestré va plus loin encore : elle sert aussi à la bourgeoisie à faire l'amalgame entre les terroristes et les révolutionnaires. Elle vise à assimiler aux "actes terroristes", les paroles et les organisations de tous ceux qui rejettent l'État capitaliste, le parlementarisme bourgeois, l'action syndicale. Terroristes et révolutionnaires sont tous mis dans un même sac baptisé "ultragauche" : "SNCF : le retour de l'ultragauche activiste", "L'ultragauche déraille", "Sabotages SNCF : dix arrestations dans l'ultragauche",... 5 De tels titres se trouvent par dizaines dans la presse ou dans les journaux télévisés6. Et pour couronner le tout, la bourgeoisie insiste lourdement dans cette campagne de calomnies sur les liens internationaux qu'entretiendraient des "terroristes d'ultragauche". En suggérant ainsi la thèse "d'un complot terroriste international", la bourgeoisie cherche à dresser des barrières idéologiques contre le caractère international de la lutte de classe et à distiller la pire défiance envers le caractère tout aussi nécessairement internationaliste des organisations révolutionnaires.

Là aussi, elle justifie ainsi d'éventuelles répressions dans l'avenir. Mais surtout, elle tente de créer dès maintenant une espèce de cordon sanitaire idéologique autour des positions révolutionnaires. Elle agite le terrorisme comme un épouvantail pour décourager les ouvriers de s'approcher de tout individu brandissant dans la rue un journal dont les titres évoquent la révolution (comme c'est le cas, par exemple, de notre journal mensuel Révolution Internationale).7

Voilà l'intérêt de l'amalgame dans une même nébuleuse qualifiée d'"ultra-gauche" entre les positions des révolutionnaires internationalistes soutenant le développement de la solidarité et des luttes ouvrières afin de renverser, à terme, le capitalisme et une "mouvance anarcho-autonome" constituée de révoltés prônant le sabotage et l'action directe individualiste. La bourgeoisie essaye de faire passer pour des terroristes, à criminaliser préventivement, tous ceux qui cherchent à critiquer la domination du capitalisme et à développer le combat contre lui. On instille la défiance envers eux dans le reste de la population et dans la classe ouvrière en particulier. Il est d'ailleurs ici intéressant de voir comment le pouvoir en place, la droite pure et dure de Sarkozy, a à cœur de démarquer par contre cette ultra-gauche honnie de l'extrême gauche, démocratique et respectable. Dans une dépêche du 16 novembre, Michèle Alliot-Marie (toujours elle), tout en estimant l'ultra-gauche en France à 300 personnes, n'oublie pas d'ajouter qu'Olivier Besancenot (le leader actuel de l'extrême gauche) n'est pas de cette espèce, en insistant bien sur le fait que LUI accepte le "débat démocratique". Le message est clair et nous pourrions le sous-titrer ainsi : "Ouvriers, vous qui voulez lutter pour vos conditions de vie, faites attention de ne pas tomber entre les griffes des terroristes de l'ultra-gauche, dirigez-vous plutôt vers des partis responsables comme le NPA". Au passage, ce soutien de la droite révèle la vraie nature de classe (bourgeoise) des organisations d'extrême gauche, ces "premiers opposants à la politique de Sarkozy" !

Le terrorisme ne fait pas partie des méthodes de lutte de la classe ouvrière8. Il est toujours un jouet dans les mains de la classe dominante pour alimenter ses propagandes mensongères et justifier la mise en avant de son arsenal répressif contre son véritable ennemi : le prolétariat.

Non au terrorisme ! 

A bas la terreur de l'État bourgeois !

Vive la lutte unie et solidaire de toute la classe ouvrière !

CCI, le 17 novembre 2008

 


1 Cette "mouvance autonome" est extrêmement floue : elle a connu un certain succès d'abord en Italie où plusieurs "groupes autonomes" se sont formés au cours des luttes au printemps et à l'automne 1977, souvent sur les débris des groupes staliniens pro-maoïstes ou en rupture avec le "compromis historique" prôné par le PCI et les centrales syndicales. En France, elle s'est également développée à la même époque s'illustrant notamment lors de la lutte "anti-nucléaire" contre la construction de la centrale de Creys-Malville ou lors de l'occupation du quotidien Libération. Cependant, c'est dans le milieu anarchiste que cette mouvance activiste a connu le plus de succès ; non seulement elle prône l'affrontement violent avec la police dans les manifestations de rue mais elle met en avant la théorisation anarchisante des actions de sabotage destinées à servir symboliquement d'exemple et à défier ou perturber les rouages de l'État. Beaucoup dans cette nébuleuse "autonome" n'ont pas clarifié l'ambiguïté de leurs rapports avec les véritables groupes terroristes paramilitaires des années 1970 marqués par le gauchisme et le stalinisme, que ce soit la RAF en Allemagne, les Brigades Rouges en Italie, les GARI en Espagne, les NAPAP ou Action Directe en France, même s'ils rejettent aujourd'hui catégoriquement le recours au meurtre.

2 Pour le contexte de cette interview, voir notre article sur les manifestations actuelles contre les réformes de l'Instruction publique en Italie.

3 Interview de Cossiga par Andrea Cangini du jeudi 23 octobre 2008 : "Il faut les arrêter, le terrorisme part aussi des universités" publié dans Quotidiano Nazionale. L'interview intégrale peut être lue ici.

4 Cette campagne est d'ailleurs internationale comme en témoigne la propagande actuelle des médias envers le film allemand récent sur la "Bande à Baader".

5 Respectivement dans Le Figaro du 14 novembre, sur M6 (chaîne de télévision) le 11 novembre, dans Le Parisien du 11 novembre.

6 En France, le livre de référence définissant "l'ultragauche" est celui de Christophe Bourseiller nommé Histoire générale de l'ultragauche Et en bonne place, dans ce fourre-tout infâme, se trouve la Gauche communiste et donc évidemment le Courant Communiste International. D'ailleurs sur un plateau de télévision sur la 5, un autre "spécialiste de l'ultragauche" a affirmé que le terrorisme actuel des autonomes trouvait ses racines dans le "bordiguisme" des années 1920, qui en tant que Gauche d'Italie constitue une des fractions qui se sont dégagées de la 3e Internationale gangrenée par la contre-révolution stalinienne et dont le CCI revendique l'héritage révolutionnaire.

Pour comprendre pourquoi nous ne faisons absolument pas partie de cette pseudo-"mouvance ultragauche", lire notre article "A propos du livre de Bourseiller 'Histoire générale de l'ultragauche'".

7 A plusieurs reprises, lors d'actions "terroristes" médiatisées, des membres de notre organisation ont eu à répondre à la question (posée par des passants ou des collègues de travail ayant une vague idée de leurs convictions révolutionnaires) : "Est-ce que vous avez quelque chose à voir avec ces attentats ?".

8 Cette position de base, nous l'affichons au dos de chaque numéro de la presse du CCI et nous la rappelons ici : "Le terrorisme n'est en rien un moyen de lutte de la classe ouvrière. Expression de couches sociales sans avenir historique et de la décomposition de la petite bourgeoisie, quand il n'est pas directement l'émanation de la guerre que se livrent en permanence les États, il constitue toujours un terrain privilégié de manipulation de la bourgeoisie. Prônant l'action secrète de petites minorités, il se situe en complète opposition à la violence de classe qui relève de l'action de masse consciente et organisée du prolétariat."

Commentaires

Glissement d'un sujet à l'autre

Un de l'AIT,
Hugues a raison sur tous les points. Et la pirouette que tu pratiques est consternante. En quoi dire que seule une société sans classe peut assurer l'épanouissement de chacun relève de l'art divinatoire ? Il est où le lien logique, là ? Ne parlait-on pas de l'avènement du communisme, jusque là ? Tu dis : "quand tu affirmes que 'le communisme est' c'est au contraire faire oeuvre de divination." Je suis désolé mais si on suit ton raisonnement, on peut aussi balancer ceci : "quand tu affirmes que 'le communisme est', tu manges un cassoulet." Le lien démonstratif est le même, c'est-à-dire, inexistant et fallacieux. Tu le vois, Un de l'AIT, on commence à connaître "par cœur" ta disposition systématique à glisser d'un sujet à l'autre. Et... je suis "modeste," là !

D'ailleurs, au-delà de la pirouette rhétorique, et si, on accepte, avec toi, de changer à nouveau de sujet, peux-tu nous montrer un texte où un marxiste sérieux décrit le communisme, sinon qu'il s'agit d'une société sans classe, et ses conséquences logiques ? Tu as lu quelque part une brochure ou un ouvrage sur l'organisation de la société communiste ? Non ! Parce que nous ne sommes pas des utopistes. Comme l'a admirablement souligné Hugues, le socialisme scientifique est fondé sur une méthode expérimentale, c'est-à-dire sur l'histoire réelle et pas sur les fantasmes anarchistes.

Marxisme et anarchisme

Même si Un de l’AIT, dans un de ces commentaires, dit connaitre par cœur ce qu’il appelle « la langue de bois marxiste léniniste », force est de constater qu’il ne connait rien en ce qui concerne le marxisme tout cours.

Le marxisme n’est certainement pas une affaire de divination. Le marxisme c’est une méthode d’analyse matérialiste scientifique. Une méthode qui analyse la réalité des sociétés de classe et du capitalisme en particulier, à l’épreuve des faits historiques et qui développe cette analyse pour le combat du prolétariat contre la bourgeoise, pour l’avènement du communisme.
C’est tout le contraire d’une analyse intemporelle, en dehors de la prise en compte des rapports de force politique et économique entre les classes. Et c’est justement la question qui est posée ici, c’est-à-dire ce qui différencie le marxisme de l’anarchisme. Pour l’anarchisme tout est valable en tout temps, de tout instant et de toute éternité, du moment que cela réponde à des mots d’ordre tels que « ni dieu, ni maitre », contre le pouvoir, contre l’Etat, contre la religion ! En fait ce sont des positions de principes et qui n’ont rien à voir avec le matérialisme ; des positions qui ne sont pas mises à l’épreuve de l’histoire des sociétés de classe et de la lutte de classe. Et cela aboutit à des affirmations sans démonstration comme nous le montre Un de l’AIT.

Prenons juste un exemple : et bien oui ! La bourgeoisie a été progressiste à un moment de son histoire. Dans la période d’ascendance de son système, elle a permis un développement des forces productives, elle a permis un progrès économique, technologique tout en exploitant une autre classe : le prolétariat. Depuis 80 ans, marqués par l’avènement des guerres mondiales, son modèle économique a cessé de progresser, le capitalisme est en décadence et aujourd’hui la bourgeoisie n’a plus rien à offrir à l’humanité. La crise, la misère et la barbarie à l’échelle mondiale sont amplement là pour le démontrer aujourd’hui.

Hugues - militant du CCI.

devins ...

Tu dis que les marxistes ne sont pas des devins.

Tu es trop modeste.

En effet quand tu affirmes que "le communisme est la seule société qui puisse assurer l'épanouissement de chacun " c'est au contraire faire oeuvre de divination ...

Car qu'est ce qui démontre que c'est LA SEULE ? Rien.

S'agit il d'une loi "naturelle" ? Absolument pas. C'est une croyance (ou si tu préfères une intuition, une volonté, un désir, etc ...)

Et je la respecte (d'autant que je la partage largement :-) )

"Nécessité de" et "nécéssité pour"

Un de l'AIT,

La nécessité d'une société pour le bien de l'humanité n'est pas la nécessité de son avènement. Quand le CCI dit que le communisme est "une nécessité matérielle," ce n'est, bien sûr, pas en soi, comme si, mécaniquement, le communisme devait remplacer le capitalisme. L'idée c'est que le capitalisme est devenu un danger pour l'humanité dont la survie implique l'avènement d'une société sans classe. Autrement dit, le communisme est une nécessité pour le bien de l'humanité mais ne succédera pas nécessairement au capitalisme. Tu interprètes mal l'expression "nécessité" employée par les camarades.

D'ailleurs ta seconde citation le montre bien : "le communisme devient possible historiquement." En effet, les lois dont tu parles mettent à jour la possibilité matérielle du communisme qui est une "nécessité historique" pour le bien de l'humanité, c'est-à-dire que le communisme est la seule société qui puisse assurer l'épanouissement de chacun mais elle n'adviendra pas nécessairement. J'insiste sur le fait que la science marxiste explique le passé à travers des "lois" qui peuvent également mettre à jour des possibilités. Cela ne signifie pas que les marxistes sont des devins.

Bien sur que le Capitalisme

Bien sur que le Capitalisme ne cesse de se réformer, dans le sens où il s'adapte lui même pour toujours être là. Le capitalisme d'aujourd'hui n'a pas la même forme qu'il y a 200 ans. Tout change pour que rien ne change (ou comme diraient les Bouddhistes rien n'est plus constant que le changement).

Or c'est précisément en ce qui me concerne que je ne souhaite pas une énième adaptation (ou réforme) du Capitalisme que je souhaite sa destruction et que j'y oeuvre.

Sinon je ne comprends pas bien quand tu dis : Les marxistes seraient fatalistes s'ils disaient que le communisme est une nécessité à laquelle on ne peut échapper

alors que le CCI nous explique en au moins 15 parties de 5 pages chacunes que "Le communisme n'est pas un bel idéal mais une nécessité matérielle "

http://fr.internationalism.org/rinte68/communisme.htm

En 1871, Marx déclarait prématu­rément que la société bourgeoise s'effondrait ; aujourd'hui, dans les dernières étapes du capitalisme dé­cadent, l'effondrement nous cerne et la nécessité de la révolution communiste n'a jamais été plus grande.

D'ailleurs cet autre article du CCI nous epxlique bien qu'il y a une loi de fatalité historique qu'a mise à jour le marxisme, qui fatalement aboutira au communisme :

Pour le marxisme, par contre, il s'agit d'une éclatante confirmation des lois historiques qu'il a décou­vertes et formulées. Du point de vue du prolétariat révolutionnaire, le capitalisme n'est pas plus éternel que ne l'ont été les anciens modes d'exploitation, le féodalisme ou l'esclavagisme antique par exemple. Le marxisme se distingue justement des théories commu­nistes qui l'ont précédé, par le fait qu'il fonde le projet communiste sur une compréhension de la dy­namique de l'histoire : le commu­nisme devient possible histori­quement parce que le capitalisme crée simultanément les conditions matérielles permettant d'accéder à une véritable société d'abondance, et la classe capable d'entreprendre la révolution communiste : le pro­létariat. Il devient une nécessité historique parce que le capitalisme aboutit à une impasse.

(in "La plus grave crise économique de l'histoire du capitalisme : l'éclatante vérification du marxisme"

http://fr.internationalism.org/rinte69/crise2.htm

Cette "plus grave crise" était celle de 2006 ...Celle d'aujourd'hui doit donc etre la "PLUS GRAVE DES PLUS GRAVES DE CHEZ GRAVE" :-) )

Nous sommes révolutionnaires

Je suis, bien sûr, d'accord avec Hugues. A ce point que je pense qu'il répond brillamment à la remarque de Un de l'AIT. J'ajoute simplement, que la dichotomie communisme ou barbarie ("barbarie" renvoyant à bien "d'autres possibilités" : monde post-apo ou retour à l'esclavagisme, que sais-je encore.) prouve que justement, il n'y a pas de fatalité. Les marxistes seraient fatalistes s'ils disaient que le communisme est une nécessité à laquelle on ne peut échapper. Un choix, jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas une fatalité, sauf pour un sophiste.

Cependant, cette dichotomie, nous la fondons sur l'assurance, issue de la science marxiste, que nous ne pouvons attendre du capitalisme rien d'autre que la barbarie et l'exploitation ; et que seule le prolétariat est en mesure de dépasser ce système. Peut-être penses-tu, un de l'AIT, que le capitalisme peut se réformer de lui-même ? Nous, nous sommes des révolutionnaires...

Sur la méthode marxiste et les conditions matérielles

Dire que « les révolutions ne se font pas pour des raisons de situation matérielle » c’est quelque chose de restrictif et résumer la méthode marxiste aux mêmes conditions matériels c’est faux. Ou alors c’est ce que l’on appelle du matérialisme vulgaire.

Effectivement les conditions matérielles seules ne suffisent pas à expliquer le mouvement de la classe, faisons parler les faits :
En 1929 s’ouvre une crise économique sans précédent, du moins jusqu’à aujourd’hui, et pourtant il n’y a pas de révolution dans les années 30 !
Par contre on ne peut nier que la guerre impérialiste en 1914 soit à l’origine de la vague révolutionnaire dés 1917 en Russie et en Allemagne !
Enfin en 68 les conditions économiques se détériorent pour la première fois depuis la guerre, le chômage commence à repartir, le mécontentement des étudiants et de la classe ouvrière est aussi alimenté par cela !

Ceci pour constater que seule les conditions matérielles ou objectives ne suffisent pas, il existe un autre paramètre déterminant c’est la conscience. S’il n’y pas de révolution dans les années 30 c’est parce que le prolétariat est sortie écrasé, démoralisé de la vague révolutionnaire des années 20. Ses organisations ont-elles aussi été réprimées tant par le stalinisme que la démocratie des pays centraux.
Donc les conditions subjectives sont déterminantes pour le développement de la lutte mais le prolétariat a besoin, aussi et surtout, de deux armes fondamentales c’est son unité et sa conscience, sinon il n’y aura pas de processus révolutionnaire.

Enfin il ne s’agit pas de débattre sur le rôle de la psychologie dans la lutte du prolétariat. La psychologie est une composante au niveau individuel (l’indignation, le coté intolérable face à l’exploitation, la révolte face à l’ennemi de classe) qui peut entrer en ligne de compte dans le processus collective du développement de la conscience.
Mais ce qui doit nous guidé c’est justement la méthode marxiste, c’est un héritage non seulement de Marx mais de tout le travail des organisations révolutionnaires tout au long de l’histoire des mouvements de classe, c’est un héritage de la Gauche Communiste face à la défaite de la révolution russe. Et pour finir c’est cet héritage qui nous permet de dire qu’aujourd’hui que les conditions sont favorables. La crise est là et le prolétariat n’est pas défait, il a su développer des vagues de luttes depuis la fin des années 60 et notamment aujourd’hui depuis le début des années 2000. C’est pourquoi nous disons que la perspective actuelle est aux mouvements de classe, au processus qui va vers la révolution.

Hugues militant du CCI.

Téléologie ?

Juste une remarque. Je commence à lire l'article comme tu nous y invite.

Et dès le départ il ya un truc que je ne comprends pas :

Tu as dit "le marxisme n'est pas téléologique et ne se résume pas à des lois éternelles qui conduiraient inexorablement et fatalement l'histoire. "

Or l'article commence par "Dans la première partie de cette série, nous avons examiné la succession d'événements globales, qui ont marqué l'entrée du capitalisme dans sa phase de déclin au cours de la première partie du 20e siècle et qui ont posé à l'humanité l'alternative historique : avènement d'un mode de production supérieur ou chute dans la barbarie."

Si je comprends bien l'avenir est déjà tout tracé (même si on ne sait pas quand il se produira) : ce sera socialisme ou barbarie. Il n'y a pas d'autre choix. C'est donc bien une loi inexorable et une fatalité qui nous est prédite ici.

Or il y a certainement d'autres possibilités, hybrides (ne serait ce que socialisme ET barbarie ...) ou bien aux quelles nous ne pensons pas aujourd'hui.

La dignité, ridicule ?

je peux tout à fait me tromper, hypothèse que ne j'évacue jamais, mais je ne pense pas mentir (ce qui fait quand même une sacrée différence !)

cependant quand tu dis que la question de la dignité est ridicule, j'ai bien peur que tu loupes le train de la prochaine révolution ...

Les révolutions se font toujours pour la dignité, pas pour remplir la gamelle ... (pour ça il y a le syndicalisme)

Sur la place de la subjectivité dans la science marxiste

Pour une fois, je suis d'accord avec Un de l'AIT ; enfin, partiellement. D'où une remarque : je ne pense pas qu'une lecture de la situation subjective (psychologique ou idéologique) de la classe ouvrière soit incompatible avec une analyse objective de l'époque. Contrairement à ce que dit Un de l'AIT, le marxisme n'est pas téléologique et ne se résume pas à des lois éternelles qui conduiraient inexorablement et fatalement l'histoire. Un de l'AIT ment ou se trompe... ce qui revient au même, car il omet un aspect majeure de la théorie marxiste, celle du rôle fondamental de la conscience, jusque dans le développement des forces productives. Le dernier paragraphe de Un de l'AIT, puisqu'il veut éviter les tons compassés, est une ridicule caricature, cependant déjà développée à l'époque même de Marx, et qui le poussa à déclarer : "je ne suis pas marxiste." Je conseille, sur ce thème, la lecture de l'excellent article : "Quelle méthode scientifique pour comprendre l'ordre social existant ?" Vous le trouverez ici : http://fr.internationalism.org/node/3485. Il répond brillamment à la question de la place de la subjectivité dans notre méthode.
Je ne nie pas que ces questions ont été débattu et sont encore défendues par certains marxistes. Je pense cependant que systématiser le marxiste en le réduisant à une froide mécanique est malhonnête et préjudiciable.
Je précise, enfin, que si je parle, mais je suis très loin d'être le seul, de "subjectivité" plutôt que de "psychologie," c'est pour éviter les glissements vers le psychologisme.

La psychologie n'est pas la psychanalise ...

Salut !

Au moins le ton est moins compassé que celui de tes autres camarades, c'est plus sympa de discuter avec toi ! :-)

Après Mr Météo, on a Mr Freud: la révolution est une affaire de psychologie?! Il en faudrait des divans!!

Tu confonds la psychologie et la psychanalise. Ce n'est pas exactement la même chose ...

Je ne nie pas l'importance de la psychologie, mais cela n'est pas fondamentalement cela qui règle les rapports entre les hommes, entre les classes.

Si nous sommes mus exclusivement par un déterminisme de classe implacable, comment expliques tu alors que - vu le niveau d'exploitation auquel les être humains sont soumis - ils ne se soient pas encore révoltés ? Qu'est ce qui les retient de réaliser le communisme, puisque les conditions objectives sont là ?

Et une fois les classe seront abolies, qui s'occupera des enfants à la maison ? Qui fera à manger ? Peut être qu'il n'y a pas que des rapports de classe entre être humains. Il y a peut être aussi - surtout - des rapports de domination. Comment expliquer la hiérarchie par exemple ? Si ce n'est pas par un conditionnement culturel. La révolution c'est détruire ce conditionnement culturel de l'idéologie dominante. C'est donc un travail psychologique essentiellement.

De même dans les rapports de classe ou les mouvements sociaux. Quel est le facteur déclencheur des grèves ? Prends Mai 68 : comment se fait il que en février Le monde titre "la france s'ennuie" et que trois mois après, tu as le plus grand nombre de grévistes en France, avec les gens qui occupent leur usine et se mettent à se parler ? Effet magique du rapport de classe et d'exploitation ? ou verrou psychologique qui saute dans les esprits et rend possible l'impensable (dans l'idéologie dominante) ?

Le CCI dit justement que notre role est d'oeuvrer à ce que les prolétaires aient confiance dans leur propre force. Avoir confiance en soit, c'est pas psycholgique selon toi ?

Contrairement à ce que nous assène la méthode scientifique marxiste, je postule donc que les révolutions ne se font pas pour des raisons de situation matérielle, mais qu'elles se font pour des questions de dignité, quand un sursaut moral collectif dit "maintenant ça suffit, notre dignité est baffoué, on ne marche plus". Donc effectivement, la révolution est potentiellement possible à tout moment. (ce qui ne veut pas dire qu'elle se produise à tout instant).

Sabotage des lignes SNCF

"Michèle Alliot-Marie (toujours elle), tout en estimant l'ultra-gauche en France à 300 personnes, n'oublie pas d'ajouter qu'Olivier Besancenot (le leader actuel de l'extrême gauche) n'est pas de cette espèce, en insistant bien sur le fait que LUI accepte le "débat démocratique". Le message est clair et nous pourrions le sous-titrer ainsi : "Ouvriers, vous qui voulez lutter pour vos conditions de vie, faites attention de ne pas tomber entre les griffes des terroristes de l'ultra-gauche, dirigez-vous plutôt vers des partis responsables comme le NPA". Au passage, ce soutien de la droite révèle la vraie nature de classe (bourgeoise) des organisations d'extrême gauche, ces "premiers opposants à la politique de Sarkozy" !"

>>>Je suis globalement en accord avec la position du CCI et particulièrement sur le caractère contre-productif et instrumentalisable de telles actions par la classe bourgeoise (qui n'a pas manqué de s'en servir pour promouvoir son appareil répressif).
Cependant, il me semble très excessif et contradictoire que le CCI reprenne à son compte des arguments populistes et pernicieux de MMA à l'encontre du NPA. Certes le NPA accepte de mettre les mains dans le jeux à double tranchant du "débat démocratique parlementaire", ce qui ne fait pas de lui une organisation contre-révolutionnaire. Bien au contraire, je trouve cela plutôt courageux et réaliste. J'entends les positions théoriques du CCI relatives à la nature révolutionnaire ou non des organisations de gauche. Je partage en théorie cette attitude critique, mais la théorie ne suffit pas. Il n'y-a pas de petite contribution à la révolution et tous les fronts doivent être occupés. Y compris celui qui consiste à vouloir modérer de l'intérieur le système capitaliste, et par là, à améliorer l'ordinaire quotidien des prolétaires. C'est très dangereux, je vous le concède, mais en aucun cas disqualifiant et bourgeois. Faudrait-il attendre, immobile, l'"unité de tous les prolétaires" sous la pression d'un fascisme ou d'un autre pour agir, même modestement? Les prolétaires souffrent, quotidiennement, de leur travail, et de leur ignorance, et bien plus encore les sous-prolétaires (précaires, partiels, privés d'emploi, retraités) ce qui justifie toutes les contributions. Du parlementarisme au mouvements et collectifs autonomes ou non. Le prolétaire que je suis ne peut se satisfaire, de postures théoriques, "puristes", et continuer d'être exploité dans l'attente d'une prise de conscience mondiale. La révolution c'est tous les jours avec qui veut bien se bouger. Faire la "fine-bouche", cela est bourgeois et contre-révolutionnaire. Et pour finir de vous estomaquer, j'ajoute que je suis membre du PCF, tendance perso, libertaire, que j'ai bien conscience d'avoir le nez dans le caca, mais que j'assume pleinement mes contradictions, sous la contrainte (du capitalisme).
Bien fraternellement.
Stéphane

science marxiste et psychologie: tentative de réponse à Un de l'

Quitte à me répéter, je n'ai pas bien compris ta réponse sur les conditions de la révolution, parce qu'au fond c'est cela qui nous interresse, une révolution précédée de tout un processus de grèves qui va en s'amplifiant. Développe car jusqu'à preuve du contraire, tu ne peux pas être d'accord avec les marxistes qui posent le problème à partir d'une situation objective, donc matérielle, d'impossibilité du capitalisme à satisfaire les besoins humains, et c'est cette insatisfaction, mais pas seulement, mais véritable dégradation des conditions de vie du prolétariat et de toute l'humanité qui amène de plus en plus de la misère, de la barbarie guerrière. Ce sont de telles conditions qui vont pousser les exploités à réfléchir collectivement et à agir collectivement, dont la dynamique les amène à se poser la question du renversement du capitalisme. Voilà dans les grandes lignes le point de vue des marxistes. Et je ne vois pas clairement ce que pensent les anarchistes, à moins que tu sois incapable de répondre parce que tu n'as pas de réponse puisque la révolution peut se passer à n'importe quel moment, il suffit qu'il y ait quelques nuages gris pour que le "temps se gate".
"Mais c'est à l'oeuvre qu'on reconnait l'ouvrier, et au baratin qu'on reconnait le politicien." Merci pour les phrases toutes faites, ah le bon sens populaire!!Bon soyons sérieux.Tu nous dis :" Il y a un temps pour parler et un temps pour agir": bon je peux comprendre que tu ne puisses pas faire les 2 choses en même temps, que cela t'es très difficile, c'est trop pour toi. Et si tu penses qu'agir c'est plus important, alors n'utilisons plus notre cerveau, mais seulement nos muscles (enfin pour ce qui en ont). Je ne sais pas si tu sais, mais l'être humain en général sait faire les 2; et le prolétariat peut très bien réfléchir et agir, et d'ailleurs il agit d'autant mieux qu'il réfléchit de manière plus intense, plus collective.
Après Mr Météo, on a Mr Freud: la révolution est une affaire de psychologie?! Il en faudrait des divans!!Je ne nie pas l'importance de la psychologie, mais cela n'est pas fondamentalement cela qui règle les rapports entre les hommes, entre les classes. Quel est le processus psychique qui amène l'exploiteur à exploiter et l'exploité d'être exploité? Et qu'entends tu par processus psychique qui amène à la révolution? Je serais bien curieux de connaitre ta conception de "transformation radicales des relations humaines"; moi je pense qu'avant tout, ce qui pourrait transformer ces relations humaines c'est d'abolir le salariat, de détruire le capitalisme, de détruire l'exploitation de l'homme par l'homme, base fondamentale de tous nos maux.
Nos interventions en AG: tu nous réponds "tout le monde en fait" et tu passes en revue tous les groupes; et tu as rien de plus à dire? Tous dans le même sac: platitude de la pensée!!A moins que pour toi, tous sont dans le camp prolétarien? Moi je mets dans le camp prolétarien tous ceux qui appellent à élargir la lutte, et ils ne sont pas nombreux contre ceux qui veulent rester dans la corporation; moi je mets dans le camp tous ceux qui oeuvrent à la discussion la plus large possible avec un comité de grève élu et révocable à tout moment contre ceux qui sabotent les débats, arrivent avec des décisions déjà toutes prêtes,et qui s'auto proclament comité de grève; moi je mets dans le camp prolétarien tous ceux qui oeuvrent pour l'autonomie de la classe contre ceux qui veulent les mettre derrière des partis de gauche et d'extrême gauche et des syndicats. L'action est un combat politique, conscient, collectif et unitaire et non une mécanique corporelle qui se réduit à soulever un bras où se trouve au bout un cocktail molotov à lancer sur les flics.
Au fait, j'ai oublié de te dire, "celui qui agit plus vite que son ombre", le marxisme n'est pas une "science scientifique" mais une METHODE scientifique: c'est à dire on essaie de comprendre l'évolution de la société humaine en fonction de la façon dont les êtrte humains agissent sur la nature et entre eux, quels rapports nouent-ils ? Et pour analyser, on part du point de vue de ceux qui subissent l'exploitation dans leur chair et qui veulent trouver les armes pour transformer la société, sa façon de produire et sa façon de nouer des liens entre les êtres humains. Alors il y a bien sur un aspect objectif, matériel, le système économique et l'aspect subjectif (ce n'est pas psychologique, mais comprendre mieux la société dans laquelle nous vivons) de comment évolue cette conscience de classe, par ce que je ne sais pas si tu t'en rends compte, nous n'avons pas tous la même vision des choses, et on peut voir qu'il y a des gens qui se regroupent autour de tel corps d'idées, tels autres autour d'une même conception...ce qui n'empêche pas, si on est sincère dans nos objectifs, de confronter nos idées pour avancer collectivement.

Tout d'abord OK sur le

Tout d'abord OK sur le principe de confiance et de solidarité afin de se sentir forts pour changer radicalement cette société. CEci dit, je voudrai te demander certaines clarifications notamment quand tu dis: quand le temps se gate, il faut des actes qui démontrent la validité du propos. C'est quoi ce "quand le temps se gate" ?

Tu as besoin d'exemples ? A quoi te sert la science marxiste ? Le capitalisme n'est donc plus en dégénérescence ? :-)

et quels sont "ces actes qui démontrent la validité du propos"?

Très simple : quand il ya une grève dans ta boite, même si elle est appelée par les syndicats de merde, tu fais quoi : tu distribue un tract pour dire "syndicats caca " (ce avec quoi je suis d'accord), voire tu fais une intervention en AG, puis tu passe le piquet pour aller rejoindre ton poste de travail parce que tu ne perds pas ton temps avec des grèves inutiles lancées par des traitres ?

Par ailleurs par acte j'entends "agir". Sachant que "parler" n'est pas agir. Je ne dis pas que c'est inutile, au contraire. Mais c'est à l'oeuvre qu'on reconnait l'ouvrier, et au baratin qu'on reconnait le politicien.

Parler a pour effet de s'adresser aux consciences.

Agir a pour effet d'attaquer le patron dans ses intérêts et de lui infliger des dommages pour qu'il cède (principe de la grève).

En caricaturant, je dirai qu'il y a un temps pour parler (temps de paix) un temps pour agir (temps de guerre). La parlote quand le temps est à l'action, c'est jouer le jeu de l'ennemi ... (cf le texte d'EKS à propos de la grève à Turk Telekom). [je ne dis pas que les AG ne doivent pas être des lieux de parole libre et transversale, au contraire. Mais un mouvement ne peut se réduire uniquement à ces AG et à des cénacles de discussion. Ce qui a fait tombé le CPE ce n'est pas que les AG mais aussi - et surtout - les actions directes qui començaient à se propager ... Idem le mouvement lycéen récemment]


Qu'entends-tu par "tout est affaire de psychologie"? La révolution est une affaire de psychologie ?

Oui. Car c'est une question politique.

C'est quoi la révolution ? Monter des barricades ? Autogérer la société ?

Ou bien une transformation radicale des relations humaines ?


Et si tu veux une discussion sur des pratiques elles mêmes du CCI, nous pourrions le faire à travers notre intervention dans la lutte contre le CPE dont notre site y fait référence, et où nous avions participé à des AG étudiantes où notre principal axe d'intervention a été d'étendre la lutte aux salariés, aux chomeurs. Nous avons reproduit sur notre site un certain nombre d'interventions faites en AG non seulement en 2006 mais aussi en 2007 au moment de la lutte contre la LRU.

Oui, oui, j'ai lu vos textes, je les connais merci. Vous avez fait des interventions en AG, très bien, tout le monde en fait. La LCR, les stals, les autonomes, les anars, le PS, vous. Et après ? On va se coucher, la BA est faite ... Rendez vous à la prochaine AG ?

Certes, tu vas me dire puisque c'est affaire de psychologie, les mots sont importants. C'est vrai. (Napoléon n'a t il pas dit qu'à la fin c'est la plume qui gagne sur l'épée). Mais bon c'est pas à coup de discours lénifiant que le Palais d'hiver est tombé ...

PS :

Personne ne détermine que telle minorité est plus consciente, et il n'y a pas de critère objectif. Le critère est tout à fait du domaine subjectif

Donc le marxisme n'est pas une science ni scientifique. Merci.

Tout d'abord OK sur le

Tout d'abord OK sur le principe de confiance et de solidarité afin de se sentir forts pour changer radicalement cette société. CEci dit, je voudrai te demander certaines clarifications notamment quand tu dis: quand le temps se gate, il faut des actes qui démontrent la validité du propos. C'est quoi ce "quand le temps se gate" ?

Tu as besoin d'exemples ? A quoi te sert la science marxiste ? Le capitalisme n'est donc plus en dégénérescence ? :-)

et quels sont "ces actes qui démontrent la validité du propos"?

Très simple : quand il ya une grève dans ta boite, même si elle est appelée par les syndicats de merde, tu fais quoi : tu distribue un tract pour dire "syndicats caca " (ce avec quoi je suis d'accord), voire tu fais une intervention en AG, puis tu passe le piquet pour aller rejoindre ton poste de travail parce que tu ne perds pas ton temps avec des grèves inutiles lancées par des traitres ?

Par ailleurs par acte j'entends "agir". Sachant que "parler" n'est pas agir. Je ne dis pas que c'est inutile, au contraire. Mais c'est à l'oeuvre qu'on reconnait l'ouvrier, et au baratin qu'on reconnait le politicien.

Parler a pour effet de s'adresser aux consciences.

Agir a pour effet d'attaquer le patron dans ses intérêts et de lui infliger des dommages pour qu'il cède (principe de la grève).

En caricaturant, je dirai qu'il y a un temps pour parler (temps de paix) un temps pour agir (temps de guerre). La parlote quand le temps est à l'action, c'est jouer le jeu de l'ennemi ... (cf le texte d'EKS à propos de la grève à Turk Telekom). [je ne dis pas que les AG ne doivent pas être des lieux de parole libre et transversale, au contraire. Mais un mouvement ne peut se réduire uniquement à ces AG et à des cénacles de discussion. Ce qui a fait tombé le CPE ce n'est pas que les AG mais aussi - et surtout - les actions directes qui començaient à se propager ... Idem le mouvement lycéen récemment]


Qu'entends-tu par "tout est affaire de psychologie"? La révolution est une affaire de psychologie ?

Oui. Car c'est une question politique.

C'est quoi la révolution ? Monter des barricades ? Autogérer la société ?

Ou bien une transformation radicale des relations humaines ?


Et si tu veux une discussion sur des pratiques elles mêmes du CCI, nous pourrions le faire à travers notre intervention dans la lutte contre le CPE dont notre site y fait référence, et où nous avions participé à des AG étudiantes où notre principal axe d'intervention a été d'étendre la lutte aux salariés, aux chomeurs. Nous avons reproduit sur notre site un certain nombre d'interventions faites en AG non seulement en 2006 mais aussi en 2007 au moment de la lutte contre la LRU.

Oui, oui, j'ai lu vos textes, je les connais merci. Vous avez fait des interventions en AG, très bien, tout le monde en fait. La LCR, les stals, les autonomes, les anars, le PS, vous. Et après ? On va se coucher, la BA est faite ... Rendez vous à la prochaine AG ?

Certes, tu vas me dire puisque c'est affaire de psychologie, les mots sont importants. C'est vrai. (Napoléon n'a t il pas dit qu'à la fin c'est la plume qui gagne sur l'épée). Mais bon c'est pas à coup de discours lénifiant que le Palais d'hiver est tombé ...

Sur les "minorités révolutionnaires..."

Je suis entièrement d'accord avec toi Zito, sur la description que tu fais des "minorités révolutionnaires".

D'autre part, j'ai lu sur ce sujet beaucoup de critiques contre le CCI, qui sont, pour ma part, totalement injustifiées.

Je m'intéresse et soutient le CCI depuis le mouvement étudiant contre le CPE. J'ai également assisté à quelques unes de leurs interventions dans les AG étudiantes qui étaient tout à fait pertinentes et allaient dans le sens d'étendre la lutte(Tout le contraire des trotskystes et syndicalistes).

Je ne partage donc pas les critiques que "Un de l'AIT" fait au CCI sur son soit-disant avant-gardisme.

Je trouve également que le débat est important entre révolutionnaires et doit "ouvrir" la discussion.
La façon que tu as "Un de l'AIT", ne va pas dans ce sens, et n'est, pour ma part, pas la bonne.

Salutations fraternelles,

prodigy

Sur l'avant gardisme: répone à Un de l'Ait

Le CCI ne s'est jamais dit "avant garde auto proclamée". Personne ne détermine que telle minorité est plus consciente, et il n'y a pas de critère objectif. Le critère est tout à fait du domaine subjectif, celui de la nécessité pour la classe ouvrière de prendre conscience de se lancer dans la destruction du capitalisme et de construire une autre société. Ce que tu ne peux pas nier c'est le poids de l'idéologie bourgeoise qui pèse très fortement sur la classe ouvrière; ceci dit, pour mille raisons, il arrive que des éléments prennent plus rapidement conscience que d'autre de cette nécessité de transformation de la société. Le processus de conscience est hétérogène, il serait difficile de le nier. Cette minorité n'est pas détentrice de toute la conscience ouvriére, elle est dans la classe ouvrière, et son oeuvre est d'intervenir au sein de sa classe,en participant à ses luttes, pour que la conscience révolutionnaire s'élargisse dans le prolétariat. Pour nous le prolétariat est dans sa nature, la classe révolutionnaire de cette société (je sais que tu ne seras pas d'accord avec cela) du fait que d'une part elle n'a rien à défendre dans cette société (pas d'intérêts économiques à défendre sinon à détruire l'exploitation), elle travaille de manière associée (elle peut être concurrente mais cette concurrence entre salariés, elle le dépasse dans les luttes où elle forge ses liens de solidarité) et elle a un projet historique (son histoire de Babeuf jusqu'à 17 en témoignent). Nous n'avons jamais dit être les seuls minorités révolutionnaires, il y a d'autres groupes qui se situent aussi sur ce terrain comme OPOP au Brésil par exemple, et avec qui nous avons des débats. Tu nous prêtes une vision de l'avant garde qui n'est pas la notre qui se rapproche des staliniens ou des trotskistes. Mais au fait, cette minorité anarchiste, n'est ce pas là aussi une avant garde? Ou alors comment définis tu ce mouvement politique minoritaire? Les idées anarchistes comme celles des communistes d'ailleurs ne sont pas majoritaires chez les exploités.

A Un de l'AIT: OK c'est

A Un de l'AIT: OK c'est vrai, il faut mieux préciser comment tu vois le processus révolutionnaire, et je vais te citer:" La victoire est obtenue quand il y a dissolution du lien moral qui lie l'adversaire (cf. l'insurrection bolchévique, parfaite illustration ... et la fameuse remarque deTrotsky (ou lénine ?) comme quoi le pouvoir était à terre il suffisait de le rammasser). Tout est donc affaire psychologique.

Quel est le rôle des révolutionnaire : faire en sorte que psychologiquement, les révoltés, les révolutionnaires, tous ceux qui veulent un changement radical, se sentent fort, aient confiance dans leur propres capacités et dans la solidarité de leurs compagnons. Or le développement de cette confiance en soit ne peut se construire sur de simples rappels théoriques sur la nocivité des syndicats et des partis. Certes, en temps de paix, cette oeuvre est nécessaire. Mais quand le temps se gâte, elle n'est plus suffisante. Il faut des actes qui démontrent la validité du propos. le CCI ne peut plus se contenter d'être un arbitraire qui attribue bon ou mauvais point. Il faudrait le voir un peu à l'oeuvre aussi de temps en temps ... Qu'on puisse avoir des débats non plus sur de simples questions de réthoriques, mais sur des pratiques elles mêmes. Pour des matérialistes, ça manque de concret ..."
Tout d'abord OK sur le principe de confiance et de solidarité afin de se sentir forts pour changer radicalement cette société. CEci dit, je voudrai te demander certaines clarifications notamment quand tu dis: quand le temps se gate, il faut des actes qui démontrent la validité du propos. C'est quoi ce "quand le temps se gate" ? et quels sont "ces actes qui démontrent la validité du propos"? Qu'entends-tu par "tout est affaire de psychologie"? La révolution est une affaire de psychologie ? Et si tu veux une discussion sur des pratiques elles mêmes du CCI, nous pourrions le faire à travers notre intervention dans la lutte contre le CPE dont notre site y fait référence, et où nous avions participé à des AG étudiantes où notre principal axe d'intervention a été d'étendre la lutte aux salariés, aux chomeurs. Nous avons reproduit sur notre site un certain nombre d'interventions faites en AG non seulement en 2006 mais aussi en 2007 au moment de la lutte contre la LRU. Nous avons aussi publié des interventions faites en Espagne, au Brésil (un tract contre la répression d'une lutte dans les banques), en Belgique etc, etc...Tu vois tu as de quoi dire sur toutes ces interventions. Qu'en penses tu?

Avant gardisme

Dans cette dynamique de grève de masse, les actions des minorités révolutionnaires est de donner une direction politique, pas comme la vision anarchiste, de petits chefs, mais comme des éléments plus avancés de la classe ouvrière qui ont plus clairement conscience des buts généraux du mouvement et des moyens pour y parvenir. En ce sens, les actions minoritaires du type anarchiste, n'ont pas leur place dans une telle dynamique.

Tu m'étonnes, John, que les anarchistes ne veulent aucune place dans ce que tu appelles cette dynamique et qui n'est jamais que le bon vieil avant gardisme ...

"des éléments plus avancés de la classe ouvrière qui ont plus clairement conscience des buts généraux du mouvement et des moyens pour y parvenir"

Ben voyons ...

Mais a part ca le CCI fait confiance dans classe ouvriére : si c'était vrai ce que tu dis, il n'y a pas besoin de es éléments auto proclamés plus clairement conscients.

Qui détermine que telle minortité est plus clairement consciente ? Sur quels critéres objectifs ?

Du grand n'importe quoi ...

Vos conceptions de ce que sont - ou pas - les anarchistes et l'anarchisme, c'est du grand n'importe quoi ... Les stéréotype que vous employez sont tirés des fascicules de formation de l'Ecole des cadres du Komintern, c'est assez amusant en fait ...

Visiblement, il n'y a aucun débat possible. J'arrête de perdre mon temps (des anciens de chez vous m'avaient pourtant prévenu).

Sur la question de ce que vous faites concrétement, ce n'est pas une question piege á la trotskyste. Mais c'est simplement que le preuve du pudding, c'est qu'on le mange. Les colonnes de la revue CCI sont remplies, a chaque numero, d'un pudding plutot consistant mais pour le moment je n'en ai pas vu la couleur pour de bon. C'etait donc une question sincére, pour comprendre, mais j'admire la pirouette réthorique. Bon, ca ne trompe pas grand monde ...

Enfin puisque nous sommes d'accord que la revolution ne sera pas l'oeuvre d'une minorité auto proclamée révolutionnaire, comment pouvez vous continuer á vous revendiquer de la révolution bolchévique ?

Vivien, je vais essayer de

Vivien, je vais essayer de répondre à ta question. En effet, la conception de l'existence et de l'action des minorités est totalement différente entre les anarchistes et les marxistes. Pour les anarchistes, la révolution est une question de désir, elle peut se réaliser à n'importe quel moment, c'est une question d'éducation où une minorité (des révoltés que l'on retrouve dans toutes les couches de la société), qui a entrepris de combattre le capitalisme, doit, par l'exemple (les actes de sabotage, la guérilla urbaine, la pratique de l'autogestion,de l'autoorganisation...), senser montrer la voie révolutionnaire. En ce sens,la question du nombre est essentielle, car plus ce type de pratiques va se généraliser, plus l'Etat va s'affaiblir, et plus la révolution sociale va gagner du terrain. Toute action qui vise l'Etat et ses structures s'intègre, pour eux dans un processus révolutionnaire. Et les actions minoritaires sont légitimes tant que la grande masse n'est pas encore acquise au désir de révolution, elles ont encore valeur d'exemple éducatif, comme peuvent l'être les actions de sabotage à la SNCF durant l'hiver 2007. Entre parenthèse, leur description de l'avant garde qu'ils dénoncent leur va comme un gant. Pour le marxisme, la problématique se situe sur un tout autre terrain: la révolution est une nécessité matérielle, mais elle n'est pas possible à tout moment. Il faut des conditions objectives (la faillite du capitalisme) et subjectives (la capacité de comprendre cette faillite et de dégager une perspective historique). Et ce qui guide l'action des minorités révolutionnaires, c'est l'analyse du rapport de force entre les classes. Leur boussole, c'est le but du communisme, les moyens pour arriver, participer à la construction d'une classe qui doit développer ses capacités intellectuelles et organisatives pour atteindre ce but. Dans les périodes de contre révolution, l'activité des révolutionnaires est de tirer les leçons pour préparer l'avenir, comme l'ont fait les camarades de Bilan; dans les périodes de montée de luttes ouvrières, leur tache est de participer activement aux luttes pour pousser à l'unification la plus large possible des prolétaires. C'est l'approfondissement de la crise qui va faire que la classe va entrer plus massivement en lutte. C'est cette massivité grandissante de la lutte qui va faire que la classe se comprendra comme une force sociale. Dans cette dynamique de grève de masse, les actions des minorités révolutionnaires est de donner une direction politique, pas comme la vision anarchiste, de petits chefs, mais comme des éléments plus avancés de la classe ouvrière qui ont plus clairement conscience des buts généraux du mouvement et des moyens pour y parvenir. En ce sens, les actions minoritaires du type anarchiste, n'ont pas leur place dans une telle dynamique. Voilà donc quelques éléments de réponse qui j'espère amèneront d'autres réflexions et commentaires.

Retour au débat

zito,

Je suis d'accord avec toi. Le coeur de ton analyse est la problématique de l'extension. Et c'est, en effet, l'horizon de tout questionnement sur l'action minoritaire. J'ajoute que le retournement que tu fais sur l'anarchisme est très pertinent. Simplement, je pense que la question, dans cette discussion, est celle de la légitimité d'un mouvement. Qu'est-ce qui fait qu'une action comme celle de la SNCF n'est pas légitime alors que que l'intervention des révolutionnaires, comme tu l'as décrit, possède une véritable légitimité ?

J'ai avancé qu'on ne parle, en fait, pas de la même minorité, c'est-à-dire, que dans les deux cas, les concepts de minorité sont différents (1. Rapport à un ensemble de population arbitraire et 2. Adéquation des moyens aux fins immédiates). Dans le cas du sabotage à la SNCF comme dans celui de l'activité d'une organisation révolutionnaire, on a certes une minorité par rapport à l'ensemble de la population de telle région, de telle pays, etc. Cependant, le sabotage à la SNCF est minoritaire dans un autre sens qui est celui de l'adéquation des moyens aux fins immédiates, c'est-à-dire celui de l'honnêteté, y compris intellectuelle (efficacité réelle de l'action), dans la volonté de développer la conscience.
Qu'en penses-tu ?

Un comble...

Un Autre,

Je pense pourtant avoir répondu à tes objections et à ton copier-coller, à tous tes arguments avec le plus de sérieux possible. Et tu as décrété que je ne répondais pas à la "problématique," sans expliquer pourquoi... Ca me semble pourtant être la base d'une "discusssion constructive". Je ne suis pas contre le débat, même vif. Simplement, j'aime m'enrichir des remarques de mon "prochain", et quand on m'accuse d'être à coté de la plaque, j'aime bien comprendre en quoi. Je te propose donc à nouveau de nous exposer les raisons de ma non-réponse parce que jusque là c'est manifestement toi qui réponds à coté.

Au passage, si tu aimes à ce point la polémique, qu'est-ce donc qui te dérange quand je dis, en le justifiant, que vos méthodes de débats sont mauvaises (défonramtion systématique des propos, glissements d'un sujet à un autre, etc.), que vos problématiques sont sans intérêts (L'idéalisme post-romatique-café-du-commerce de Un de l'AIT, concepts verbeux, etc.) et que vos objections sont staliniennes (Cf. tes précédents messages, le décret de Un de l'AIT annonçant ma "marche arrière," les dissertations sur ma "personnalité," etc.) ?

Je prends la discussion en

Je prends la discussion en route, il y a beaucoup de questions et une réflexion intéressante sur des tas de sujets. Ceci dit, je voudrais tout d'abord dire quelque chose sur le coté polémique que prend cette discussion. C'est certain, le débat entre révolutionnaires peut prendre une tournure assez dure; je ne pense pas que les participants à cette discussion ont pour but de s'attaquer personnellement, le débat est un débat politique qui porte sur un sujet grave, le sort de l'humanité, la perspective révolutionnaire. Nous en sommes tous convaincus et parfois emporté par la passion, on peut éxagérer certains propos. Le CCI a une conception du débat prolétarien où le but est la clarification politique, en ce sens il ne s'agit pas de compter les points, il n'y a pas de rapport de force, mais tenter de se comprendre, de confronter les idées afin de savoir de quoi on parle, quelle signification mettons nous derrière les mots, de se clarifier pour savoir où sont nos accords, où sont nos divergences. Et chacun apprend de l'autre, si on veut rester l'esprit ouvert, rester honnête.
Pour revenir aux sujets qui nous interessent, sur la question majorité/minorité. Je pense que le débat est mal engagé: il ne s'agit pas d'une question d'arithmétique, mais une question politique. En effet, pour le CCI, ce qui nous intéresse c'est le développement de la conscience révolutionnaire au sein de la classe ouvrière. Nous sommes convaincus que c'est la classe ouvrière qui fera la révolution, le communisme, c'est le prolétariat qui le construira: de ce fait on rejette toute action d'une minorité qui tendrait à se substituer à l'action collective de la classe ouvrière, une sorte de minorité agissante ou un parti autoproclamé. L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes. Le chemin qui mène à la révolution sera long et difficile. Pourquoi? Nous sommes matérialistes c'est à dire que nous savons par expérience que le prolétariat se lance à l'assaut du ciel dans certaines conditions: nous avons vu que la guerre peut être un déclencheur, mais les leçons que nous en tirons montrent que ce ne sont pas les meilleures conditions (divisions entre vainqueurs et vaincus, le poids du pacifisme...); Pour nous la meilleure condition c'est la crise historique du capitalisme qui montre sa faillite, et nous sommes en plein dans cette période. C'est dans ce moment que le système montre son incapacité à dépasser ses contadictions, entrainant l'humanité vers des catastrophes faites de misère et de barbarie. Ce sont ceux qui vendent leur force de travail, à qui le capitalisme demande de payer la crise par des licenciements, des baisses de salaire, par un développement de l'exploitation, qui commencent à mener un processus de réflexion. De cette masse de prolétaires, il y a une minorité qui se dégage et qui comprend mieux le combat à mener contre le capitalisme. Le processus de développement de la conscience est un processus hétérogène. Pourquoi? Parce qu'il y a ce poids de l'idéologie bourgeoise qui pèse, l'existence de division matérielle au sein de la classe ouvrière, et de toute autre division d'ailleurs (de race, de sexe, de religion). En période de stabilité économique, le poids des idées de la classe dominante sont très fortes; en période de crise, ce poids s'effrite, de plus en plus de prolétaires tentent de s'en dégager ce qui n'empêche pas bourgeoise de continuer à développer ses mystifications idéologiques. Les minorités, dans ces périodes de crise peuvent rencontrer un impact plus grand. Quel est le role de ces minorités ? C'est de participer le plus largement possible à l'effort que fait la classe pour prendre conscience de son role révolutionnaire et de s'organiser dans ce but. Plus la crise va se développer, plus les ouvriers descendront dans la rue, s'organiseront en Conseils et dans ses luttes les ouvriers prendront conscience de leur force et de leur aptitude à prendre le pouvoir à travers leurs Conseils. Dans ce processus, les révolutionnaires seront un ferment actif pour qu'il aboutisse à la révolution et à l'instauration du communisme, ce n'est pas à eux que revient le pouvoir. Nous voudrions insister dessus, la révolution est une oeubvre collective et non pas le fait d'une minorité qui se réclame communiste ou anarchiste. Le CCI a confiance dans les capacités de la classe ouvrière. En ce sens, la révolution prolétarienne n'est pas une révolution pour un autre mode de gestion économique, mais pour libérer l'homme de l'économie et sont les anarchistes qui ont une vision gestionnaire de la révolution (la fameuse autogestion) et de la lutte de classe (le syndicalisme). Si les marxistes ont étudié l'économie, c'est d'un point de vue critique, c'est pour maitriser ce qui est incompréhensible pour les économistes et la bourgeoisie. La révolution communiste est là pour instaurer d'autres rapports entre les hommes, de fraternité et de solidarité, libéré de la pénurie et de l'exploitation de l'homme par l'homme qui lui est lié. Or avec le capitalisme, potentiellement, l'homme peut être libéré de ce poids matériel pour se consacrer entièrement à sa vie sur terre.Le communisme n'est pas un idéal abstrait qui s'instaurerait à n'importe quel moment, il est une nécessité et une possibilité dès aujourd'hui.
Autre chose: contrairement à ce qu'on nous dit souvent, le CCI est présent à tous les grands moments de la lutte de classe en France (CPE, contre la loi anti LRU dernièrement), mais aussi au niveau international (voir notre site international). C'est faire un mauvais procés à la trotskiste que de nous dire :concrètement qu'est ce que vous faites? Ah mais bien sur nous ne sommes pas des activistes gauchistes qui gesticulent pour donner l'exemple et se lamentent sur ces ouvriers incapables de lutter. Le formidable mouvement en Grèce bat en brêche ce type d'activisme de petits chefaillons.
C'est aussi un mauvais procès que de nous dire vous êtes monolithistes: la dernière revue internationale montre qu'il y a un débat au sein du CCI sur les questions économiques.
C'est aussi un mauvais procès qu'il est fait au CCI soit disant incapable de critiquer le mouvement ouvrier alors que ceux qui font ce genre de critique sont eux mêmes incapables de faire la moindre critique de leur propre courant, se drapant dans leur pureté idéologique.

Difficile

Tu sais c'est difficile d'avoir une discussion constructive avec quelqu'un qui - dès qu'on n'est pas dans son cadre de référence et qu'on est critique sur ce qu'il dit - te lance tout de suite au visage des insultes tels que staliniste ...

Donc en effet, mieux vaux en rester là car les bases de la disucssion contradictoire voire même de la polémique, chose qui fait partie de la tradition du mouvement révolutionnaire, ne sont tout simplement pas réunies.

Un autre, Tu pourrais

Un autre,
Tu pourrais peut-être honnorer ce forum d'un réponse plus constructive ?

On est toujours le stalinien de quelqu'un ...

On est toujours le satlinien de quelqu'un ...

lancer une insulte comme ça, c'est un procédé qu'on pourrait qualifier comment ? Bon, je ne veux pas pourrir ce forum donc Balzac m'appelle itou.

Réponse à "Un troisième"

Un troisième,
Tu dis : "tu déconnectes la notion de minoritaire de toute considération quantitative pour lui conférer une dimension qualitative." Pas vraiment. Je dis que la minorité doit se mesurer par rapport à l'objectif immédiat et pas être déterminer en fonction d'un ensemble arbitraire de population. Autrement dit, je déplace la question de la quantité d'un rapport arbitraire à celui de l'objectif. On est toujours dans une problématique de nombre.

Tu ajoutes : "Ainsi le CCI ne serait pas une organisation (ultra) minoritaire, non parce qu'elle ne représente rien en terme d'effectifs, mais parce qu'elle a raison politiquement ?" Aucunement. On n'est pas dans une problématique de véracité. Pour t'en convaincre, il suffit d'appliquer ma distinction aux pires des fascistes.

Donc, pour plaisanter un peu, on peut être minoritaire (au sens d'un rapport à un ensemble arbitraire de population) et, en même temps, ne pas l'être (au sens d'un rapport des moyens aux fins) et, du coup, pouvoir prétendre à la légitimité. Ainsi, si tu veux bien relire mes interventions à la lumière de ces brefs éclaircissements, tu constateras qu'il n'y a pas de "tour de passe-passe."

Question à "Un autre"

Un autre,
Peux-tu développer sur ma réponse qui n'en serait pas une ? Tu dis que je m'écarte de la problématique. En quoi ? C'est un peu facile de dénoncer sans expliquer... Attitude toute stalinienne, au passage.

Minorité / légitimité

Vivien, on s'est donné le mot comme tu vois :-)

Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans ton argumentation, si tu peux m'éclairer :

"Une telle organisation est en minorité, et même ridicule, lorsque elle annonce vouloir faire immédiatement la Révolution. En revanche, elle a toute légitimité lorsque ses ambitions immédiates consistent à intervenir dans les AG, dans les manifestations, etc."

Tu sembles lier les notions de minorité et de légitimité.

Ainsi, c'est le fait d'être légitime qui ferait qu'une organisation n'est pas minoritaire ?

J'avoue que j'ai du mal à comprendre le tour de passe-passe que tu opères ?

De ce que je comprends tu déconnectes la notion de minoritaire de toute considération quantitative pour lui conférer une dimension qualitative.

Ainsi le CCI ne serait pas une organisation (ultra) minoritaire, non parce qu'elle ne représente rien en terme d'effectifs, mais parce qu'elle a raison politiquement ?

peut on dire pour autant qu'une organisation qui a tout légitimité, puisque ses moyens sont adéquats avec sa fin, est massive (puisque non minoritaire) ?

Tu ne réponds en rien

Vivien, sans vouloir te manquer de respect, tu ne réponds en rien à la problématique posée ...

Par contre tu réussis toujours à retomber sur tes pieds. C'est bien, je suis contente pour toi.

Dès lors toute discussion est impossible ...

Je vais donc me draper dans une attitude toute balzacienne ...

Dérobade

Dérobade ...

Dommage.

Réponse à "Un autre" (suite)

Décidément, je collectionne les bourdes en ce moment. A la relecture, je constate que le message de "Un autre" est un copier-coller qui n'est pas une réponse direct à la discussion présente. Néanmoins, indépendamment de la rhétorique de réponse, l'essence de mon intervention est transparente, à savoir que la question de la minorité se résout en termes d'adéquation des moyens aux objectifs immédiats et pas en termes de rapport aux ensembles arbitraires de populations.

Réponse à "Un autre"

Un autre,
Je suis d'accord avec toi quand tu dis que la question de la minorité se résout, in fine, en terme de quantité. Comme je l'ai dit précédemment, je distingue les actions "minoritaires" des actions "massives" par l'adéquation des moyens aux fins. En d'autres termes, le "minoritaire" ne se mesure pas par opposition à des ensembles arbitraires de population (nombre de personnes dans tel pays, sur tel champ d'action, etc) mais à l'objet de la lutte. Néanmoins, dans ce contexte, tu as raison de soulever le problème du nombre. Par exemple, comment déterminer qu'en vu d'un objectif quelconque x personnes sont minoritaires alors que x+1 ne le sont pas ? Effectivement, souvent les choses sont difficilement déterminables, c'est-à-dire, que ma distinction minoritaire/massif fondée sur l'adéquation des moyens aux fins n'est pas suffisamment précise. Simplement, j'avance deux pistes de réflexion : 1. Il est de nombreux cas où le caractère massif, ou non, d'une lutte apparaît clairement. Typiquement, les actions de sabotages de la SNCF (s'il s'agit d'acte de sabotage) apparaissent pour ce qu'elles sont : minoritaires. 2. La volonté réelle, c'est-à-dire, qui s'en donne raisonnablement les moyens, d'étendre une lutte est aussi le signe de sa légitimité.

Tu poses une seconde question : "les minorités doivent-elles s'incliner en toute circonstance ?" Et tu ajoutes : "Quand la masse se range derrière le fascisme, la minorité a-t-elle tort de se révolter ?" Sauf que, l'air de rien, tu glisses sur le terrain d'une distinction minoritaire/majoritaire fondée sur le rapport quantitatif à un ensemble arbitraire de population. Autrement dit, quand je définis le minoritaire en terme de moyens en vu de fins, tu opères un glissement en définissant le minoritaire par opposition à la majorité de la population. D'où que ton raisonnement ne tient plus car on peut mener des actions massives, selon ma définition, et pourtant être en minorité, selon la tienne.

Tu prends l'exemple de la Révolution qui débute en 1917. Au départ, elle bénéficie, comme tu le sais, d'un caractère international. L'action est éminemment massive avec des millions de grévistes en Allemagne, des comités ouvriers qui se fondent même en France, etc. Pourtant, dans tes termes, le prolétariat en lutte est rigoureusement minoritaire par rapport à l'ensemble de la population mondiale. Simplement, on dit de ce mouvement qu'il est massif parce que les travailleurs ont les moyens de leur fin. Cependant, la situation se renverse et les ouvriers de Russie se trouvent totalement isolés. Ici, je mets carrément les pieds dans le plat : se pose la question de la retraite en bonne ordre ou, à tout le moins, de la dévaluation des prétentions. Pour deux raisons : 1. la conservation authentique de ce que fut cette expérience. 2. les morts inutiles.

De même, est-ce qu'une petite organisation révolutionnaire n'est pas légitime dans ses actions parce qu'elle est en minorité par rapport à l'ensemble de la population ? Là aussi, le problème se résout en terme d'adéquation des moyens aux fins. Une telle organisation est en minorité, et même ridicule, lorsque elle annonce vouloir faire immédiatement la Révolution. En revanche, elle a toute légitimité lorsque ses ambitions immédiates consistent à intervenir dans les AG, dans les manifestations, etc.

Tu vois bien que je ne m'embourbe pas dans une "insoluble contradiction," pourvu que tu veuilles bien discuter sur les termes que j'ai exposé plus haut. Loin de moi, l'idée d'imposer ces prémisses et de les déclarer vrais a priori. Simplement, tu ne peux pas rejeter les conclusions qui en découlent à partir d'une "base logique" différente. Autrement dit, soit nous pensons que la distinction minorité/massif se fonde sur la question de l'adéquation des moyens aux fins, et nous discutons consciemment sur cette base; soit nous ne sommes pas d'accord sur la véracité de ces prémisses et nous débattons sur leur valeur.

En tout cas, je te remercie pour cette intervention intéressante et éclairée. Et je serais très heureux de pouvoir continuer cette discussion, si tu le veux bien.

Fin de "discussion"

Un de l'AIT,
Je vais te laisser à tes pratiques staliniennes, à tes attaques sur ma personne, que tu connais, évidement, parfaitement, et à ta malhonnêteté qui consiste à déformer mes interventions et à répondre systématiquement à coté de la plaque. (j'ajoute ta propension à perler tes réponses en une myriade de commentaires... peut-être pour inonder la page de tes propos ?) Et pour te prouver que je suis d'une infinie gentillesse, je t'avance même ton prochain pamphlet contre moi-même : "Vivien, tu ne réponds pas parce que je suis très fort et que mes arguments sont imparables. Tu te trompes parce que j'ai raison et que tout ce qui ne se rapporte pas à ma glorieuse pensée est monolithique et dogmatique. Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie."
Il y a une phrase, fort méchante en vérité, de Balzac qui dit : "La bêtise a deux manières d'être : elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable." Libre à toi de me l'appliquer. A tout le moins, ça te fera des souvenir de vacances.

Toujours sur minoritaire / massif

je copie / colle une intervention de Wiecha sur la même discussion qui se mène en parallèle sur le forum de la CNT AIT de Caen (http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?t=4402&start=240) et qui apporte une contribution complémentaire :

De toute façon, on en revient toujours à la même question que tu éludes sans arrêt: à partir de combien d'ouvriers, un mouvement est il "minoritaire", à partir de combien de gens en lutte parle-t-on de masse ?

Et ensuite, vient l'autre question: les minorités doivent-elles s'incliner en toute circonstance ? Quand la "masse se range derrière le fascisme, la minorité a-t-elle tort de se révolter ? Pendant la guerre d'Algérie, les communistes qui faisaient le choix au prix de leur vie de refuser l'aligement sur la position coloniale du Parti auraient-ils du ne rien faire, dans la mesure ou les prolétaires français dans leur immense majorité ne faisaient pas grand chose, au moins au début.

Toi, tu me répondras que non, parce que dans ce cas , la minorité représentait en fait la vraie conscience des masses. Et c'est là ou toute l'argumentation communiste repose sur une insoluble contradiction; dans votre théorie, certaines minorités parfois infimes ont, on se sait pourquoi, le statut d'"avant garde " et là peuvent décider à la place de tout le monde, et user des méthodes les plus dégueulasses , si une partie de la masse a agi "au moment inopportun".Et à d'autres moments, les minorités sont "individualistes "

Et c'est d'ailleurs bien ce qui explique que vous ayez été totalement désarmés face à Staline, car vous ne pouviez vous poser qu'en avant garde concurrente, et l'avant garde de l'un est toujours la minorité de l'autre. Quand on a défendu des années la mise au pas des minorités "qui se trompent ", difficile de trouver l'argumentation ensuite quand on se retrouve classé par l'adversaire dans cette catégorie.

Mais bien sûr, c'est la faute de la situation internationale...Contradiction encore de vos théories. D'un côté le messianisme putschiste, le rôle central dans la révolution d'individus visionnaires, et de l'autre, pour expliquer les défaites de ces mêmes individus, le retour au mécanisme marxiste: on n'y pouvait rien, il y avait des éléments objectifs qui de toute façon entraineraient la contre révolution.

L'anarchisme est finalement plus simple mais moins casse gueule: l'auto organisation simultanément locale et fédéraliste comporte certes un risque insupportable pour toutes les avant gardes qui aiment la masse une et indivisible, celui de la non unanimité assumée des désaccords, des stratégies parfois antagonistes. Mais ces principes seuls fondent les accords stratégiques vraiment efficaces, parce qu'ils sont partagés et vécus par tous comme étant de la responsabilité de chacun.

Et c'est aussi ce qui fonde la meilleure des résistances à la répression, car il n'y a pas de tête à éliminer ou à corrompre, et la neutralisation des uns ne signifie pas celle d'une "masse" désemparée.

Bien sûr que ceux qui se vivent comme "révolutionnaires " sont des acteurs sociaux: notre différence, c'est de ne pas nous mettre au dessus des autres, d'accepter d'être soumis au même titre que n'importe quel membre de la "masse" à un processus de réflexion et de décision collective ou nous défendrons nos propositions à égalité avec les autres.

Et effectivement, nous n'imposerons jamais aux "masses " d'entrer de force dans l'"armée révolutionnaire ", comme le firent les vôtres, et d'obéir aveuglément à des "généraux " issus de l'avant garde.

Il est évident que ce type de principes a parfois beaucoup couté au mouvement face aux stratégies avant gardistes qui s'appuient sur le respect d'une hiérarchie quelle qu'elle soit. Il est évident que ne pas prendre le pouvoir quand on le peut, ce fut parfois vous le laisser.

Mais ce choix là, si nos compagnons l'ont payé lourdement au niveau individuel, collectivement l'Histoire leur a donné raison, car la prise du pouvoir n' a jamais conduit à autre chose qu'à la contre révolution. Et si nous n'avons pas "gagné", au moins n'avons nous pas la responsabilité collective et individuelle de tous ces massacres commis au nom du pouvoir d'une avant garde ou d'une autre. Du moins n'avons nous pas à multiplier les contorsions idéologique pour expliquer comment la "partie la plus consciente " du prolétariat a pu contribuer à la mise en place des structures de la dictature et en être victimes ensuite, du moins n'avons nous pas à en rejeter la responsabilité sur les "masses internationales ", qui ont bon dos.

complément

a la relecture, juste pour qu'il n'y ait pas de méprise, quand je dis :

Quel est le rôle des révolutionnaire : faire en sorte que psychologiquement, les révoltés, les révolutionnaires, tous ceux qui veulent un changement radical, se sentent fort

je ne veux pas dire que les révolutionnaires doivent être une avant garde ...

Je pense au contraire que notre rôle est aussi de participer à étendre le désir de révolte et de révolution à tout le monde. (éduquer pour révolter disaient les premiers anarchosyndicalistes). Quand je dis "tous ceux qui veulent un changement radical", je vise à m'englober dans un collectif qui - je le souhaite - rassemble un maximum de personne.

Cependant j'ai la faiblesse de penser que la révolution ne se fera pas avec les contre révolutionnaires (quelque soit leur classe d'origine ...).

Ultra minoritaire

Ceci étant dit, pour clarifier encore plus :

si tu comprends l'ultra-minoritaire comme une inadéquation des moyens aux fins, alors le mouvement de 68 n'est pas ultra-minoritaire.

Le 13 mai, peut être.

Mais ce n'est pas de cette date dont je te parlais.

Je te parlais du mouvement à la date 22 mars. Voir du 21 mars (pour que tu ne penses pas que je parle ici de l'organisation "Mouvement du 22 mars").

le 21 mars, à Nanterre, sont ils massifs ou ultra minoritaires les gauchistes, l'extrême gauche, bref tout ce qui - de près ou de loin - est à l'origine de l'action du 22 mars, qui donnera ensuite son nom au Mouvement du même nom, et ensuite - par effet boule de neige - aboutira au déclenchement de Mai 68 ?

Le pavé lancé dans le camion de flic devant la Sorbonne lors du conseil de discipline de Cohn bendit et co, élément déclencheur de tout le reste, action ultra-minoritaire ou décision massive d'AG ?

Bien sur, tu t'abstiens de répondre à ces questions, car elles remettent en cause toute ta doxa, qui frise l'éffondrement.

Sauf à considérer, effectivement, la question non pas sous l'angle objectivement ultra-minoritaire ou massive, mais sous l'angle "capacité d'extension" ou pas.

Et si tu te places alors sous l'approche de la capacité d'extension, qu'est ce qui fait qu'un pavé dans un camion de flic à un moment donné peut mettre tout le pays en grève générale et à un autre moment tomber dans l'indifférence la plus totale ? (cf. par exemple ce qui se passe en grèce en ce moment : ce n'est pas la première bavure des flics grecs. Alors pourquoi maintenant cette réaction ?). Parce que à ce moment là l'action - pour autant minoritaire qu'elle soit - entre en phase avec la subjectivité générale qui ne désapprouve pas, voir même approuve. Ce qui veut dire qu'elle frappe positivement la psychologie de la plupart.

Si tu considères, comme moi, que nous sommes effectivement en guerre sociale, alors tu te dois d'étudier la science de la guerre. Or il ne s'agit pas d'une science "dure" (comme les maths ou la physique) mais d'une science humaine, c'est à dire psychologiques. dans la guerre, le facteur humain est déterminant : on ne peut pas gagner une guerre si on n'a pas le moral. une armée plus faible au contraire peut vaincre si elle est psychologiquement plus forte (cf. Sun tzu).

La victoire est obtenue quand il y a dissolution du lien moral qui lie l'adversaire (cf. l'insurrection bolchévique, parfaite illustration ... et la fameuse remarque deTrotsky (ou lénine ?) comme quoi le pouvoir était à terre il suffisait de le rammasser). Tout est donc affaire psychologique.

Quel est le rôle des révolutionnaire : faire en sorte que psychologiquement, les révoltés, les révolutionnaires, tous ceux qui veulent un changement radical, se sentent fort, aient confiance dans leur propres capacités et dans la solidarité de leurs compagnons. Or le développement de cette confiance en soit ne peut se construire sur de simples rappels théoriques sur la nocivité des syndicats et des partis. Certes, en temps de paix, cette oeuvre est nécessaire. Mais quand le temps se gâte, elle n'est plus suffisante. Il faut des actes qui démontrent la validité du propos. le CCI ne peut plus se contenter d'être un arbitraire qui attribue bon ou mauvais point. Il faudrait le voir un peu à l'oeuvre aussi de temps en temps ... Qu'on puisse avoir des débats non plus sur de simples questions de réthoriques, mais sur des pratiques elles mêmes. Pour des matérialistes, ça manque de concret ...

Enfin, je conclurai par cette définition de la stratégie, empruntée au Général Beauffre, et que je t'invite à méditer car elle est terriblement d'actualité :

La stratégie est l'art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leurs conflits

hommage et felicitations a une grande dame du parti

Au milieu de toutes ces discutions fortes interessantes, je veux rendre un hommage à cette grande dame qui est Danielle De March Ronco

Félicitations à notre ancienne vice presidente du parlement européén, ME DANIELLE DE MARCH RONCO, pour son oeuvre "les mots de flammes".
Passage de la politique à la poetique réussie pour cet hommage à son mari militant, journaliste à l'huma,qui a par ses articles nous à sensibliser et mobiliser pour la fin de la guerre au viet nam

Merci a Sudarenes pour l'edition de ce roman qui est une excellente idée cadeau

En bonne voie !

Salut !

Je comprends que tu es tiraillé, placé face à tes contradictions c'est normal que ta réaction soit "violente". Je n'en t'en veut donc pas.

(quant à te taxer de malhonnête, je ne l'ai jamais pensé. Je pense au contraire que tu as l'honnêteté du "dévot", sur des ses convictions, quand bine même elles seraient ancrées dans des présupposés complètement faux).

J'écarte ton exemple sur Octobre parce que je ne l'ai, sans ironie aucune, pas compris.

je m'en doute bien. Et parce que tu ne le comprends pas, tu décrètes que c'est "inintelligible" et donc sans intérêt ...

C'est là le propre de toute pensée dogmatique : nier ce qu'on ne comprends pas, ce qui ne rentre pas dans le cadre de référence / de lecture.

C'est ça qui est le propre de toute pensée autoritaire, dont le stalinisme fut un des "brillants" exemple.

Rompre avec cette façon de penser, se débarrasser de ses oeillères pour voir qu'il existe d'autres modes de pensée au delà du cadre, c'est forcément une rupture brutale, un déchirement intérieur même.

Je pense que tu es sincère dans cette volonté de débat (et j'espère de réévaluation (sans parler de remise en cause) de ta croyance dans les théories marxistes). Or ce processus ne peut qu'être douloureux : on ne sort pas d'années de monolithisme et d'isolement sans y perdre un petit peu quelque chose ...

Quant à la dialectique moyens / fins / ultraminoritaire / massif, je crois que celui qui produit le contre sens, c'est toi. A mon avis, cela viens surtout d'un manque cruel d'expérience de terrain, de ce qu'est une lutte, de sa dynamique générale. la situation est radicalement différente quand on est confronté à la réalité (cf les articles du CCI d'avril 78 ou celui d'EKS sur la grève à Turk Telekom). Il ne s'agit plus là de réthorique pour parler de positions abstraites, mais de faits réels et concrets. j'ai la faiblesse de croire que c'est toujours - au final - la réalité qui l'emporte sur la théorie. Et que comme le disait ce bon vieux Engels, la preuve du pudding, c'est qu'on le mange. Le fait que - de tous temps, en tout lieux - les révoltes et révolutions communistes aient toujours été accompagnées d'actes de sabotage me rends assez serein pour l'avenir. La réalité tranchera.

Compagnon, des nuages noirs se lèvent à l'horizon ... Libre à toi de les voir ... ou pas ...

Orthographe...

Je suis désolé. J'ai encore laissé passer des fautes d'orthographes. Il va peut-être falloir que je relise mes productions avant de les poster sur le site. Je corrige les grosses bourdes : "dans lesquelles tu tombes," "discrédit psychologique" et "ont tout de suite cherché." Excusez moi encore.

Sur la méthode et réponse à la question de l'ultra-minorité

Un de l'AIT,
Un débat constructif se doit d'éviter deux écuelles dans lesquelles tu tombent : 1. les lectures pseudo-psychologisantes qui, l'air de rien, essayent de décrédibiliser l'interlocuteur sur un terrain qui n'est pas celui des arguments, et 2. la désinformation honteuse qui, ici, s'illustre par cette phrase : "tu fais marche arrière dans tes positions." Mais où ? Dans notre précédente discussion ? Dans laquelle je me suis constamment efforcé de te ramener sur le terrain de ta distinction inintelligible parce que tu glissais systématiquement vers d'autres sujets pour éviter de répondre à mes objections. Peut-être dans cette discussion-ci, alors ? Mais clarifier un propos ce n'est pas reculer. Ce n'est certainement pas moi qui ait introduit la dichotomie minorité/majorité. Pour moi, les choses étaient parfaitement limpides dès ma réponse à Wolmar qui ne perd en rien sa validité à l'aune de la clarification que j'ai fait ensuite. Tu dis : "je note quand même avec satisfaction que tu ne parles plus d’actions minoritaires/majoritaires." Mais ce n'est pas moi qui ait introduit cette distinction... c'est toi. Tout juste ai-je commis l'erreur d'être trop jargonnant et tu me reproches de reculer sur la fausse lecture que TU as fait de mon intervention ! Autrement dit, tu interprètes mon propos faussement en introduisant des concepts qui n'y sont pas, et quand je le clarifie, tu m'accuses de reculer sur la lecture erronée que tu as produites. Tu trouves ça honnêtes ?

Ce genre d'accusation et les tentatives de discrédits psychologique, Un de l'AIT, relèvent d'une attitude de voyou digne des méthodes staliniennes. Tu trouves que j'exagère ? Peut-être... mais comme le dit si bien Royale : "il y a des colères justes." Et pour te parler sincèrement, je trouve ces méthodes indignes et dégueulasses. Tu vas sans doute te répandre en m'accusant de victimisation mais je te demande alors ceci : donnes moi un seul exemple de manœuvre rhétorique, démontres nous que j'ai été une seule fois malhonnête dans mes propos; alors j'accepterai l'idée que je me victimise. J'ai parfois été dur dans mes réponses mais je n'ai jamais intellectuellement manqué de respect à tes arguments, en ce que j'y ai toujours répondu rationnellement et avec le plus de clarté possible.

En espérant que cette polémique soit close, je reprends le fil de notre échange précédent. Je précise à nouveau que lorsque je parlais, dans ma réponse à Wolmar, d'actions "minoritaires," c'était déjà en termes d'adéquation des moyens aux fins. J'admets ne pas avoir été suffisamment explicite mais je pense que la chose est claire, à présent. Tu dis partager cette lecture. Je m'en réjouis. Sauf que les exemples que tu soumets te fonds revenir sur le terrain de la dichotomie minoritaire/majoritaire. En effet, si tu comprends l'ultra-minoritaire comme une inadéquation des moyens aux fins, alors le mouvement de 68 n'est pas ultra-minoritaire. Les prolétaires en présence avaient effectivement les moyens de leurs ambitions, à travers notamment l'extension. Il est à ce titre remarquable, comme tu le soulignes très justement, de voir comment les étudiants ont tout de suite cherchés à étendre la lutte sur un terrain de classe. Comme je l'ai dis dans mon précédent commentaire, la légitimité d'un mouvement se mesure dans "sa capacité à s'étendre." Je pense que sur ce point, les clarifications précédentes nous mettent d'accord.

J'écarte ton exemple sur Octobre parce que je ne l'ai, sans ironie aucune, pas compris. J'en viens donc à celui de la SNCF, où tu produis un contre-sens. Le sabotage n'est pas en soi une fin, c'est un moyen pour un objectif tactique immédiat, celui de bloquer des trains; et c'est un moyen effectivement ultra-minoritaire par opposition au moyen massif qui consiste à bloquer physiquement les rames. D'où que ton raisonnement s'écroule et que les méthodes employés ne sont pas légitimes.

Ca progresse ...

Cher Vivien,

Je comprends bien que le ton que tu emploies est un système de défense pour essayer de masquer le fait que tu fais marche arrière dans tes positions. C'est humain. Je ne t'en veux donc pas.

En ce qui concerne le fait de reconnaître mes erreurs, je l'ai fait dans un message précédent en reconnaissant que j'avais employé une expression en contradiction avec ce que j'exprimais, signe que l'oeuvre révolutionnaire de changement culturel que j'appelais de mes voeux était un travail de tout instant, et qui commençait par soi.(cf un de mes messages précédents sur ce forum en réponse à la contradiction que tu soulevais justement « C'est un effort quotidien, un travail sur soi de tous les instants comme tu le démontres en effet en relevant la contradiction très parlante de ma précédente intervention. »… Visiblement tu n’as pas lu ceci. Mais c’est un phénomène connu en psychologie qu’on ne lit que ce qu’on veut lire, surtout quand on a des a priori et des œillères …)

Puisque j'ai répondu à ta question, quand tu auras le temps essaies de réflechir à la mienne : la révolution est elle simplement un changement du régime de propriété des moyens de production, ou bien est elle plutôt une rupture culturelle globale contre la domination ?

Je note quand même avec satisfaction que tu ne parles plus d’actions « minoritaires » / « majoritaires » mais d’actions massives. C’est un grand progrès …

Si dix personnes suffisent à prendre d'assaut une boulangerie, elles ne le sont pas quand il s'agit d'un parlement national.

Merci de confirmer ce que j’ai dit … Le problème ne se pose pas en effet en terme de représentativité mais en terme d’adéquation moyens / objectifs. Ca progresse ...

La démonstration est strictement topique et vise l'évidence du propos. Elle est abstraite des conditions réelles de lutte qui la relativisent, parfois considérablement.

Evidement ! On a vu des actions massives être en fait contre révolutionnaire, et des actions ultra minoritaires être dans un processus révolutionnaire.

Par exemple, il me semble que le CCI reconnaît que Mai 68 a été un moment important dans l’histoire du mouvement révolutionnaire. Or, sauf à être d’une mauvaise foi indigne, il est indéniable que les éléments déclencheurs de Mai 68 ont été le fait d’actions ultra minoritaires … Le Comité du 22 mars et les étudiants qui gravitaient autour de l’agitation nanterienne était loin d’être un mouvement massif, sur Nanterre même donc ne parlons pas des étudiants franciliens ni français … Ces actions ultra minoritaires n'ont pas empêche l'extension du mouvement ... (ce qui explique d'ailleurs le ridicule de la manif rituelle de rentrée des gauchistes étudiants qui a perduré jusqu'à peu, ceux ci espérant recréer le même processus, sans prendre en compte la globalité des aspects ...)

Ce qui est important en fait ce n’est pas tant est ce que l’action est minoritaire / majoritaire, massive ou ultra minoritaire. Ce qui est important c’est plutôt : « est ce que l’action porte en soit la possibilité de son dépassement au dela du cadre de ceux qui la pratiquent » ? Est ce que la pratique peut être reprise, étendue, diffusée par d’autres ?

Par exemple, tu prends un coup d’Etat organisé par une organisation politique hiérarchisée et militairement structurée (l’insurrection d’octobre par exemple). Il n’y avait pas de possibilité de débordement du cadre et d’auto appropriation par les travailleurs eux même du mouvement : l’insurrection a été celle du Parti Bolchévique, et il n’était pas possible d’agir en dehors de ce cadre.

Tu prends encore disons l’exemple des supposés sabotages de la SNCF : ils ne sont pas pratiquables par tout le monde, ils nécessitent une technicité assez élevé (comme toute insurrection militaire d’ailleurs …), des outils spécifiques etc … (ce que la police sait puisque elle les cherche … et ne les a pas trouvé …). En ce sens, ils sont affaires de spécialistes, d’experts. Le glissement vers l’avant garde menace alors sérieusement. Et c’est pourquoi, au delà d’utilisation ponctuelle dans le cadre de conflits donnés, ils ne sauraient tenir lieu d’alfa et d’omaga de la lutte révolutionnaire. (sinon ce serait la réduire à de simples aspects tacticiens … alors que ce qui compte c’est surtout la stratégie… Ce sur quoi nous sommes en fait d’accord sur le fond, si tu prends le temps de te plonger dans une bassine d’eau froide puis de respirer un grand coup :-) ). En tout état de cause, les techniques de sabotages sont utiles pour appuyer la lutte, en nuisant au profit patronal (cf. le texte du CCI Turc, EKS, appuyant le sabotage et les saboteurs dans le cadre de la grève de Turk Telekom), mais il est évident que ce ne sont pas des instruments de propagande en soit … (ce que j’ai déjà dit par ailleurs).

Pasteur a dit que pour qu'il y ait maladie il fallait que soient présents simultanément le terrain et le facteur. Les révolutionnaires se doivent de travailleur sur ces deux aspects, et sans les opposer , sous peine de mouliner dans le vide et de brasser de l'air.

L'insurection qui vient

J'ai trouvé le Pdf du livre (hélas, je n'ai vraiment pas le temps, ni eu le temps, de le lire)
http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf

Orthographe

Désolé pour la bourde : "moyens mis en jeux"...

Suite

Et 3. Mon propos n'engage bien sur pas la question du succès d'une lutte.

Sur l'acion minoritaire

Un de l'AIT,

L'expérience de la malhonnêteté intellectuelle et de la mauvaise foi que tu as manifesté, jusqu'au ridicule, lors de notre précédente discussion, m'oblige à enjamber l'ensemble des considérations verbeuses et niaises de tes messages. Il est sans doute inutile de démontrer le vide de beaucoup de tes interventions puisque tu es trop arrogant pour admettre tes erreurs et, qu'au fond, personne ne prend jamais au sérieux les sottises d'un disque rayé. Tes stratégies d'évitement des questions difficiles, tes manœuvres systématiques d'omissions des arguments qui te dérangent et ta propension à changer de sujet quand tu perds pied ne sont pas les conditions d'un débat rigoureux et constructif. Loin de moi l'idée d'être méprisant. Simplement, je te pense suffisamment intelligent pour éviter d'être aussi décevant. Je reste donc disponible, sous ses conditions, pour engager des discussions sur les thèmes que tu affectionnes et qui restent néanmoins intéressant.

Ceci pour justifier mes réponses sur les seuls aspects concrets de tes interventions, à savoir, ici, ton questionnement sur la nature de l'action minoritaire.

D'emblée, j'admets une erreur : à l'expression "minoritaire," il faut effectivement préférer "ultra-minoritaire." Qu'est-ce à dire ? La légitimité d'un mouvement de lutte se mesure à son honnêteté, c'est-à-dire à l'adéquation des objectifs immédiats au moyens misent en jeux, et à sa capacité à s'étendre. Or les sabotages à la SNCF (indépendamment des responsabilités) ne sont ni honnêtes ni extensibles, parce qu'ils sont cachés; et ils le sont parce que, précisément, ils sont ultra-minoritaires. Donc, je distingue les actions "ultra-minoritaires" des actions "massives" (minoritaire ou pas, du point de vu que tu as développé.) par l'adéquation des moyens aux fins. Autrement dit, "l'ultra-minoritaire" ne se mesure pas par opposition à des ensembles arbitraires de populations, comme tu le proposes, mais à l'objet de lutte.

Prenons, pour illustrer mon intervention, l'hypothèse suivante : des travailleurs veulent prendre d'assaut un bâtiment quelconque. Soit, ils sont suffisamment nombreux et forts pour annoncer ouvertement leur objectif et ainsi étendre le mouvement lors de la lutte même; soit ils ne le sont pas et agissent secrètement. Les second, je les appelle "ultra-minoritaires". Tu vois bien que la question n'est pas celle de la comparaison à d'autres ensembles de population mais à l'adéquation des moyens à une fin. Si dix personnes suffisent à prendre d'assaut une boulangerie, elles ne le sont pas quand il s'agit d'un parlement national.

Je termine en répondant à plusieurs objections possible :
1. L'hypothèse que j'ai pris n'a pas valeur de preuve mais d'illustration de la démonstration qui la précède. Elle est donc susceptible d'erreurs qui n'entament cependant pas la validité de la preuve.
2. La démonstration est strictement topique et vise l'évidence du propos. Elle est abstraite des conditions réelles de lutte qui la relativisent, parfois considérablement.

A propos d'un livre

1) Est-ce que la lecture, même massive, de "L'insurrection qui vient" favorise l'émergence d'une conscience politique ? J'y réponds par une nouvelle question : est-ce que, toutes proportions gardées, le petit livre rouge de Mao, qui pourtant fut lu massivement – c'est peu dire – contribua au renforcement de la lutte des classes ?

On pourrait dire la même chose du Manifeste du parti communiste ou du Capital de marx ...

Nous avions eu des débats assez vifs il y a plus d'un an avec les gens de cette mouvance en leur faisant remarquer sur le fond qu'il manquait le second tome ("qu'est ce qui vient après l'insurrection ?") et sur la forme que vendre des bouquins à la FNAC quand on s'appelait Comité Invisible c'était pas crédible ... A l'époque un compagnon leur avait dit qu'ils forgeaient les propres moyens de leur future répression ...

2) Sur la notion de minoritaire,

à partir de quand n'est on plus minoritaire ?

Cette notion minoritaire renvoie celle de majoritaire ... N'y a t il pas là un glissement dans la représentativité ?

Ne serait valable qu'une action non minoritaire, c'est à dire représentative d'un nombre conséquent de prolétaires ?
Et non minoritaire par rapport à qui : à tous les humains ? A tous les individus qui vivent sur un territoire donné, sans distinction de classe ? à tous les individus qui composent la classe en entier ? à tous les prolétaires qui sont en lutte ?

Si tu regardes bien, le CPE par exemple, était un mouvement très minoritaire si tu te places du point de vue de l'ensemble des étudiants.

De même, les grévistes dans un boite sont souvent minoritaires. Doivent ils pour autant ne pas rentrer en mouvement ?

Et au sein des grévistes tous ne sont pas sur la même longueur d'onde. Certains sont la participation des syndicats, et ils sont même souvent majoritaires. Est ce que pour autant les minoritaires, voire ultra minoritaires, qui défendent l'auto organisation doivent fermer leur gueule en se soumettant à la majorité ?

Vous vous condamnez à l'impuissance camarades ...

Minoritaire

1) La solidarité ne peut simplement s'expédier en deux mots, pour la forme, au milieu d'un texte de 3 pages pour enfoncer ...

La solidarité c'est avant tout des actes.

le premier est de ne pas porter d'accusation quand on n'a pas de preuve ...

2)C'est dommage que tu n'aies rien à rajouter, car c'est là que le débat devient intéressant.

En fait la question qui se pose est la suivante : "en quoi consiste le processus révolutionnaire" ?

Faire la révolution est ce simplement reprendre possession de l'appareil de production, mais au profit d'une autre classe que celle actuellement dominante (logique binaire de balancier).

Ou bien faire la révolution est ce élaborer collectivement une nouvelle culture, humaine ? Dans ce cas, on dépasse le cadre économiste de la lutte des classes, l'objectif étant l'émancipation du genre humain en entier. Ce travail d'élaboration d'un nouveau paradigme impose de fait une rupture radicale avec tout ce qui sous tend l'actuel sysètme, c'est à dire avec la domination. Il s'agit alors d'inventer quelque chose d'autre, qui ne doivent rien au monde actuel, qui en soit totalement affranchis (ce que j'appelle l'indépendance) notammenet au niveau de ses valeurs intrinsèques.

Je me place dans cette seconde optique. Et c'est pour ça que le marxisme ne peut être un mouvement émancipateur : il repose sur les mêmes valeurs que le système auquel il n'appelle finalement qu'à se substituer en en épousant la forme.

Réponse à Un de l'AIT

Un de l'AIT,
Je ne vais pas répondre sur le fond de tes interventions car les camarades ont suffisamment répétés des arguments que tu ne prends jamais en compte. Simplement, je tiens à rappeler à chacun tes propos sur la nécessité d'échapper dans les débats à la logique binaire : "C'est sur que cette indépendance d'esprit est un exercice très difficile, car il nous faut essayer d'entrevoir ce qui n'est pas "pensable" ni concevable dans les canons de l'idéologie dominante. Accepter ce qui passe pour des paradoxes, remettre en cause notre éducation, tout le système de formatage idéologique auquel nous sommes continuellement soumis. C'est un effort quotidien, un travail sur soi de tous les instants [...]." Comme je n'ai rien à ajouter à cette brillante démonstration, je souligne que réduire des actes de sabotages minoritaires à ce qu'ils sont, c'est-à-dire, des actions stériles, n'implique pas l'absence de solidarité envers des hommes que la machine judiciaire broient.