Il y a deux ans déjà, nous avions écrit un article consacré à la dénonciation des agissements du GIGC (ex FICCI) à travers le soutien qu'il avait apporté à une tentative d'usurpation de la Gauche communiste par un aventurier nommé Gaizka[3] dont nous avions exposé la trajectoire. Depuis lors, le GIGC n'a cessé de multiplier les attaques contre le CCI dans le seul but de jeter le discrédit sur notre organisation et susciter la méfiance à son égard.
C'est pourquoi nous avons décidé de publier un ensemble d'article rassemblés dans un "dossier" regroupant les différentes réponses que nous opposons aux calomnies du GIGC visant, pêle-mêle : - le concept de parasitisme politique qui appartient au patrimoine du mouvement ouvrier ; - notre dénonciation de l’aventurisme politique auquel le GIGC apporte son soutien ; - la cohérence révolutionnaire de notre plate-forme ; - notre analyse de la phase actuelle de la décadence du capitalisme, celle de sa décomposition ; notre intervention dans la situation mondiale tant face à la guerre qu'à la lutte de classe ; - ou encore notre position face la mouvance anarchiste à propos de l'internationalisme et de sa trahison. Ces questions sont abordées dans les articles suivants :
Cette série de dénonciations des agissements du GIGC s’imposait afin de ne pas laisser sans réponse des calomnies ou des falsifications de la réalité dont le CCI est la cible de la part de ce groupe parasitaire. Nous aurions évidemment préféré dédier nos forces à d'autres activités plus en prise avec la situation mondiale, mais nous nous retrouvons confrontés à une situation comparable à celle du Conseil général de l'AIT, face à un ennemi intérieur alors constitué par l'Alliance de Bakounine. Aujourd'hui un tel "ennemi intérieur", le GIGC, sévit au sein de la Gauche communiste.
[1] Pas de guerre sauf la guerre de classe. Lire notre article, "No war but the class war à Paris : Un comité qui entraîne les participants dans l’impasse" [6].
[2] Dans l'article Impasse et contradictions du CCI face au "parasitisme", à la TCI et au GIGC [7].
[3] Lire L'aventurier Gaizka a les défenseurs qu'il mérite : les voyous du GIGC [8]. (février 2021)
Notre camarade Antonio nous a quittés ce printemps, à la veille de la tenue du 25e congrès international du CCI. Il était l'un des vieux militants fondateurs de Révolution internationale (RI – section en France du CCI) encore présents dans l'organisation. Le congrès lui a rendu un premier hommage, soulignant notamment "son courage et sa modestie", tant dans sa vie personnelle que militante.
En 1965, comme d'autres étudiants de l'université de Madrid interpellés par le développement des luttes ouvrières dans les Asturies, il commence à se préoccuper de politique dans un contexte où le point de vue de classe doit se frayer un chemin au sein de la confusion ambiante des chants de sirène de "l'opposition démocratique" au régime. Antonio se méfiait alors du PCE (Parti Communiste Espagnol) en raison du stalinisme de celui-ci, mais il a dû aussi apprendre à se méfier du discours de la poignée de groupes trotskystes et maoïstes apparus à cette époque et qui, bien que d'apparence plus ouverte et à "gauche" que le PCE, ne constituaient rien d'autre qu'une version plus radicale de la gauche du capital et tout autant contre-révolutionnaire. Cet intérêt du camarade pour les positions révolutionnaires est à l'origine de son émigration en France, où il arrive à Toulouse en 1967.
Il avait alors des préoccupations culturelles - à cette époque il faisait du théâtre en langue espagnole - qu'il n'abandonnera en fait jamais par la suite, même si elles ont dû souvent s'effacer face à des contraintes familiales ou politiques. Dans l'atmosphère d'effervescence politique de réflexion et discussion d’avant 68, et surtout pendant les évènements, il a alors trouvé des réponses aux questions qu'il se posait. Dans ce contexte, il a su s'inscrire d'amblée dans une véritable perspective internationaliste, intéressé par l'expérience historique du prolétariat en évitant le piège de l'enfermement dans une approche "d'immigré" fixée sur la situation et l'histoire du pays d'origine.
Comme il le dit lui-même, la première discussion en France qui l'a aidé à rompre avec l'atmosphère gauchiste de Madrid a été celle qu'il a eue avec certains des membres fondateurs de Révolution internationale sur la nature impérialiste de la guerre du Viêt Nam, sur la nécessaire défense de l'internationalisme prolétarien et de la solidarité ouvrière, et cela en opposition à l'idée de "guerre révolutionnaire" défendue par les trotskistes et les maoïstes.
Il rencontrera par la suite Marc Chirik (MC) lors d'une réunion en 1968 avec les autres membres fondateurs de Révolution internationale et des "militants" situationnistes. Face à ces derniers, MC défend la nature prolétarienne de la révolution russe de 1917, la réalité de la classe ouvrière en tant que sujet révolutionnaire de l'histoire et la nécessité d'une organisation révolutionnaire. Cette même année, il participe également à la réunion qui approuve la première plate-forme de Révolution internationale, basée sur les principes politiques de l'Internationalisme dont MC a hérité de la Gauche Communiste de France et ensuite transmis.
Il revient en France en 1969 au moment où le noyau initial de Révolution internationale voit ses forces se réduire du fait de certaines démissions mais également parce qu'une majorité de militants toulousains avaient rejoint la capitale.
Bien qu'il ait déclaré postérieurement, "je n'étais pas un militant", en parlant de l'époque de 1968, il reprend pleinement l'activité dans Révolution internationale en 1970, puis participe en 1972 au regroupement avec les Cahiers du communisme de conseils de Marseille et le groupe de Clermont Ferrand, d'où émergera la 2ème plate-forme de RI en tant que groupe politique avec une implantation territoriale à la recherche de contacts internationaux. En 1975, il participe au premier congrès du CCI et restera militant jusqu'à la fin de sa vie. Au moment où le mouvement de lutte de classe dans ce pays est à son apogée et que l'État accélère sa politique de "transition démocratique", la publication "Acción Proletaria (AP)" en Espagne ne peut plus être assurée. Pour y faire face, le CCI décide à son premier congrès international de maintenir la publication régulière d'AP, en produisant le journal en France et l'introduisant ensuite clandestinement dans l'Espagne de la fin du franquisme. Sa collaboration à cette publication est alors particulièrement appréciée en raison de la capacité du camarade à analyser finement les manœuvres démocratiques de la "transition" en Espagne, et à les dénoncer en profondeur. Du fait de sa maitrise de deux langues – il était professeur d'espagnol en France - il devait également, à partir de 1975, s'impliquer dans la production en espagnol de la Revue internationale. Le camarade a toujours su placer l'accomplissement de ces responsabilités dans une perspective internationale et historique.
Afin d'organiser et systématiser l'intervention en langue espagnole et la recherche de contacts dans l'espace hispanophone, le CCI nouvellement constitué prend l'initiative de nommer une Commission de langue espagnole (CLE) avec Antonio en son sein. De ce fait, Antonio participait régulièrement aux voyages en Espagne et aux discussions avec les contacts, apportant sa conviction et son assimilation des positions du CCI. Les camarades qui ont voyagé avec lui ont pu apprécier sa très grande sympathie, sa vaste connaissance encyclopédique mais aussi et surtout son humour. Nous y reviendrons !
Antonio a participé à pratiquement tous les congrès internationaux du CCI faisant alors partie d'équipes de traduction simultanée remarquablement efficaces – à un point tel que des scientifiques ayant été invités à une séance d'un congrès furent impressionnés par la qualité du travail. Mais Ils n'ont pas non plus manqué d'être surpris par les commentaires d'Antonio durant les pauses, destinés à éclairer des camarades des délégations espagnole, mexicaine ou vénézuélienne sur des parties d'intervention mal comprises, …. mais ils furent aussi surpris par l'utilisation du micro par Antonio pour faire des blagues.
Dans les moments difficiles de la lutte de l'organisation contre l'esprit de cercle et pour l'esprit de parti, Antonio a toujours choisi la défense de l'organisation. Bien que doté d'une disposition naturelle à créer des liens d'affinité avec des camarades, il ne s'est cependant jamais laissé emporter aveuglément par "la défense de ses amis" contre les principes organisationnels du CCI. Et lorsque certains d'entre eux ont quitté l'organisation avec des ressentiments à son égard, Antonio a maintenu sa loyauté envers le CCI même si cela pouvait impliquer un éloignement personnel vis-à-vis de ses anciens amis.
Tout en reconnaissant certaines de ses erreurs ou négligences, manques ponctuels d'attention ou d'implication, le camarade les rangeait souvent dans la catégorie de ses "Antonionades". En fait il s'agit là d'une catégorie qui était suffisamment large pour inclure également des sketchs où le camarade se plaisait à faire le "pitre" pour notre distraction à tous.
Ainsi, souvent, à l'occasion de rencontres festives comme en particulier les premiers de l'an, notre camarade savait mettre en scène sa bonne humeur, son humour jamais caustique mais souvent taquin, subtil et amical vis-à-vis de ses camarades. En effet, à son répertoire figurent en très bonne place des sketchs improvisés mettant en scène des proches et des camarades de l'organisation. Au service de son "art" il savait exploiter les subtilités et les pièges des langues française et espagnole - parfois même de l'occitan. Il pouvait ainsi passer des heures à animer des réunions conviviales entre camarades et partager sa bonne humeur.
Mais "l'Antonionade" pouvait également se manifester dans des situations tout à fait différentes qui n'avaient rien de festif et traduisaient une audace particulière de notre camarade.
Ainsi dans les années 1980, lors d'une diffusion par tracts sur les docks à Marseille - citadelle des gardiens cégétistes de l'ordre capitaliste - une équipe de diffusion du CCI se trouve rapidement aux prises avec une patrouille de "gros bras" de la CGT qui veulent nous faire déguerpir. Dans ces moments-là, le but est de tenir le plus longtemps possible en vue de diffuser le plus possible de tracts ce qui n'a rien d'évident en particulier lorsque les entrées se font compte-goutte. Et Antonio de s'esclaffer à la stupeur de tous, "ah mais je ne peux pas renoncer, je suis investi d'un mandat que je suis tenu d'assumer. Il faut que je termine cette diffusion !".
L'effet de sidération ainsi produit dans les rangs de l'escouade syndicale nous a permis de gagner de précieuses minutes de diffusion au terme desquelles le flux de dockers entrant pour prendre le travail nous mettait à l'abri des intimidations.
Néanmoins, sa vie militante n'était pas faite que d'Antonionades, comme en ont témoigné son implication régulière dans la vie de l'organisation ou encore le fait que c'est le même Antonio qu'on retrouve encore dans un épisode de défense d'une manifestation contre les tentatives d' incursion en son sein – mises en échec – par des flics pour y embarquer un jeune qui s'était rendu coupable d'un "bombage" sur un mur.[1]
Dans sa vie professionnelle, certaines "antonionades" sont un pur condensé d'humour, comme l'a rapporté et illustré un de ses collègues de fac venu à ses obsèques et qui par ailleurs soulignait à quel point Antonio respectait ses étudiants : Un jour où les étudiants semblaient ne pas écouter son cours, discutant entre eux dans l’amphi, Antonio ne fit pas de remarque particulière mais s’interrompit. Les étudiants surpris arrêtèrent leurs bavardages se demandant ce qui se passait. Alors Antonio reprit la parole et leur dit : "Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être dans un bar en Espagne. Dans les bars en Espagne, la télé marche en permanence mais personne ne la regarde ni ne l’écoute. Mais si une personne s’avise de l’éteindre, il y a toujours quelqu’un pour dire : qui a éteint la télé ? Aujourd’hui je suis la télé du bar." Quel tact et quelle pédagogie !
Il a d'abord eu une fille qui a toujours soutenu son militantisme et entretenu une sympathie politique avec le CCI. Son deuxième enfant souffre depuis sa naissance d'un handicap physique et intellectuel important. En vue de pouvoir communiquer avec lui, Antonio a appris le langage des signes et a toujours été attentif à ce que le handicap de son fils ne l'éloigne pas de tout et de tous. Et, ensemble, les membres de la famille y sont parvenus! Entre autre, au prix d'un investissement jamais démenti d'Antonio. L'implication de notre camarade envers sa famille a dû encore s'accroître alors que sa compagne est tombée gravement malade. Durant des années, ils ont lutté côté à côte contre un cancer auquel elle a finalement succombé, épuisée par ce combat.
La tension entre les responsabilités personnelles d'Antonio et ses responsabilités militantes a été poussée au maximum à de nombreuses reprises. Comme il l'a dit lui-même, il a été plusieurs fois sur le point d'abandonner la lutte politique mais, finalement, il a gardé sa loyauté envers lui-même, sa famille et l'organisation, orientant sa vie et le soin de sa famille à partir de ce qui était sa passion et sa conviction : le militantisme communiste.
Nous voulons ajouter ici que la vie de ce camarade, qui a réussi à maintenir son militantisme pendant plus d'un demi-siècle (de 1968 à 2023) contre toutes sortes de pressions, constitue un exemple de ce que nous devons transmettre à la nouvelle génération de militants.
Bien qu'il ait été contraint, pendant de longues périodes, de réduire son implication militante, il a pu retrouver ces dernières années la flamme de cette passion en participant à des réunions communes avec des camarades de AP (Espagne), RI (France) et de Rivoluzione Internazionale (Italie), et s'impliquant dans des responsabilités organisationnelles.
Un autre paradoxe de notre camarade ou bien expression de sa très grande modestie ou manque de confiance en lui-même : à plusieurs reprises il a déclaré à des camarades qu'il avait du mal à intérioriser la signification de notre conception consistant à "mettre le militantisme au centre de notre vie". C'est pourtant ce qu'il a réussi à faire tout au long de sa vie !
Peu de temps après le décès de sa compagne, Antonio avait eu une alerte cardiaque qu'il avait pris en charge tout seul en allant aux urgences en pleine nuit. Un jour plus tard, il en ressortait avec des artères débouchées et prêtes à reprendre du service. Il s'est en fait avéré qu'il avait d'autres problèmes cardiaques, traités par la suite et non réputés critiques mais néanmoins possiblement à l'origine de son décès subit, peu de temps après. Alors que nous avions insisté auprès de lui pour qu'il nous informe plus régulièrement de son état de santé il nous avait répondu que, dans son village natal, certaines personnes pour dire "je vous tiendrai au courant" se trompaient et disaient "je vous tiendrai à l'écart". Une nouvelle Antonionade ! La dernière.
Même si le camarade avait la préoccupation de ne pas "déranger" les autres il était néanmoins parfaitement conscient – et en avait déjà fait la preuve - de la nécessité sociale et politique de faire appel, à chaque fois que nécessaire, à l'organisation et ses militants. En fait, dans la réalité il nous tenait régulièrement informés de sa santé.
Nous avons cependant tous été surpris de son "départ précipité". Adieu camarade et ami.
Par contre, nous n'avons pas été surpris de la participation nombreuse aux obsèques de notre camarade, notamment d'anciens collègues à lui qui, à cette occasion, ont fait des témoignages touchants, mais non surprenants, concernant notamment le très grand respect d'Antonio pour ses étudiants.
Le CCI organisera dans les prochains mois un hommage politique à notre camarade Antonio. Les camarades désireux d'y participer doivent écrire au CCI et, en retour, la date et le lieu leur seront communiqués.
CCI (08/08/2023)
[1] Pour davantage de détail lire à propos de cet évènement l'article suivant Solidarité avec les lycéens en lutte contre la répression policière (témoignage d'un lecteur) [12]
Le but de cet article n'est pas d’engager un débat sur la validité politique de notre plate-forme -ce à quoi nous sommes évidemment toujours disposés à travers une confrontation honnête de positions divergentes- mais de rétablir la réalité de celle-ci à travers la dénonciation de la démarche du Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC) visant exclusivement à disqualifier nos positions, notamment en les présentant comme étant influencées par le conseillisme. Une telle influence se traduirait chez le CCI par une vision "économiciste", "mécanique", "fataliste", par la sous-estimation des luttes revendicatives, et affectant notre conception du parti et de la conscience de classe, etc.
Au-delà du nécessaire rétablissement de la vérité à propos de nos positions politiques ainsi travesties par le GIGC, nous mettons en évidence comment les moyens et procédés qu'il emploie au service de son entreprise de dénigrement sont totalement étrangers à la méthode du mouvement ouvrier et de la Gauche communiste en particulier.
Le GIGC nous dit que, dès sa constitution, il aurait entrepris, "un processus de clarification sur la plateforme du CCI[1], (…) qu'il avait rejetée comme étant ouvertement conseilliste[2]". Un tel diagnostic politique serait basé sur différentes observations déjà exposées dans certains des textes du GIGC et dont voici un échantillon :
Pour qui connait les positions CCI, ces "critiques" sont grossièrement mensongères, mais tout le monde ne connait pas le CCI ou bien certains seulement à travers la vision qu'en donne la prose du GIGC, ce qui nous contraint de passer en revue l'essentiel de telles déformations basées sur le mensonge à propos des faits, le maquillage et la déformations des positions, la suggestion en lieu et place de la preuve ou de la concrétisation. Une autre d'entre elles consiste également dans l'occultation des développements politiques du CCI venant expliciter les points de notre plateforme[5].
Pour aussi importante que soit la question de la possibilité ou non de l'obtention de réformes par le prolétariat dans la période de décadence du capitalisme, jamais dans notre plateforme le changement de période ne se réduit à cette question mais il est envisagé sous l'angle du développement des contradictions internes du capitalisme (Point 3 de la plateforme -La décadence du capitalisme) et ensuite sous l'angle des implications quant au mode d'organisation du capitalisme (Point-4 -Le capitalisme d'État) et enfin sous celui de la lutte de classe (Point-6 -La lutte du prolétariat dans le capitalisme décadent). C'est dans ce dernier point qu'est traitée la question de la possibilité ou non d'obtention de réformes, laquelle est déterminante pour fonder et comprendre la période de décadence :
En effet, et le GIGC le sait très bien, pour le CCI, la lutte revendicative constitue le socle de granit du développement de la lutte de classe. Cela fait partie, en effet, de l'ADN de notre organisation puisque cette conception était déjà au cœur de la compréhension marxiste du groupe précurseur du CCI, Révolution internationale en France. Ainsi RI nouvelle série n° 9 (Mai-Juin 1974), dans l'article "Comment le prolétariat est la classe révolutionnaire [14]", s'exprime en ces termes : "Le processus à travers lequel la classe ouvrière s’élève à la hauteur de sa tâche historique n’est pas un processus distinct, extérieur à sa lutte économique quotidienne contre le capital. C’est au contraire dans ce conflit et à travers lui que la classe salariée forge les armes de son combat révolutionnaire".
Notre plate-forme ne dément pas une telle position de notre part : "Depuis plus d'un demi-siècle, les ouvriers ont éprouvé de moins en moins d'intérêt à participer à l'activité de ces organisations [les syndicats] devenues corps et âme des organes de l'État capitaliste. Leurs luttes de résistance contre la dégradation de leurs conditions de vie ont tendu à prendre la forme de "grèves sauvages" en dehors et contre les syndicats. Dirigées par les assemblées générales de grévistes et, dans les cas où elles se sont généralisées, coordonnées par des comités de délégués élus et révocables par les assemblées, ces luttes se sont immédiatement situées sur un terrain politique, dans la mesure où elles ont dû se confronter à l'État sous la forme de ses représentants dans l'entreprise : les syndicats". (Point 7 - Les syndicats : organes du prolétariat hier, instruments du capital aujourd'hui)
Et aujourd'hui encore, "L’aggravation inexorable de la crise du capitalisme est un stimulant essentiel à la lutte et à la conscience de classe. La lutte contre les effets de la crise est la base du développement de la force et de l’unité de la classe ouvrière. La crise économique affecte directement l’infrastructure de la société ; elle met donc à nu les causes profondes de toute la barbarie qui pèse sur la société, permettant au prolétariat de prendre conscience de la nécessité de détruire radicalement le système et de ne plus s’illusionner sur les possibilités d’en améliorer certains aspects.
Dans la lutte contre les attaques brutales du capitalisme, et surtout contre l’inflation qui frappe l’ensemble des travailleurs de manière générale et indiscriminée, les travailleurs développeront leur combativité, ils pourront commencer à se reconnaître comme une classe ayant une force, une autonomie et un rôle historique à jouer dans la société. Ce développement politique de la lutte de classe lui donnera la capacité de mettre fin à la guerre en mettant fin au capitalisme." (Le capitalisme mène à la destruction de l'humanité… Seule la révolution mondiale du prolétariat peut y mettre fin [15])
Si nous avons pris autant de place pour réfuter ce mensonge éhonté du GIGC, c'est justement parce qu'il est très préjudiciable à la compréhension – telle que la défend le CCI - du processus de développement de la lutte de classe jusqu'à la révolution.
"Le dernier point, le plus long de toute la plateforme, sur l’organisation des révolutionnaires révèle clairement la contradiction qui a habité le CCI depuis ses débuts entre son approche et ses faiblesses congénitales d’ordre conseilliste et sa volonté de se réapproprier les leçons du mouvement ouvrier et particulièrement de la Gauche communiste. Certes, le parti est mentionné comme tel, formellement, abstraitement, en fait à reculons : 'l’organisation des révolutionnaires dont la forme la plus avancée est le parti (…) ; on peut alors parler de parti pour désigner l’organisation de cette avant-garde (…) ; la nature mondiale et centralisée de la révolution prolétarienne confère au parti...' Mais nulle part le rôle et la fonction du parti en tant qu’avant-garde et direction politiques du prolétariat ne sont évoqués."
Ce qui fonde la nécessité et le rôle de l'organisation révolutionnaire est présent sous forme condensée dans notre plateforme, si bien que toute citation partielle de celle-ci, comme le fait le GIGC, en altère nécessairement le sens. C'est pourquoi nous reproduisons en entier le paragraphe concerné : "L'organisation des révolutionnaires (dont la forme la plus avancée est le parti) est un organe nécessaire que la classe se donne pour le développement de la prise de conscience de son devenir historique et pour l'orientation politique de son combat vers ce devenir. De ce fait l'existence du parti et son activité constituent une condition indispensable pour la victoire finale du prolétariat."
Qu'est-ce que le GIGC a à redire à cette formulation si ce n'est des impressions ? Rien, du vent, … du bluff.
De plus, la plupart des positions défendues dans notre plateforme sont reprises, développées, précisées dans différents articles de notre presse, notamment dans la Revue internationale. C'est le cas en particulier concernant la question de "l'organisation des révolutionnaires" amplement développée dans des textes fondamentaux du CCI et dont le GIGC ne dit pas un mot bien qu'il en connaisse parfaitement l'existence. Quiconque les lit pourra se convaincre de toute l'importance que nous accordons à la question du parti, son rôle, son lien avec la classe ouvrière et le processus menant à sa formation. Nous engageons donc le lecteur à vérifier la validité de notre démenti en consultant les textes suivants :
Loin s'en faut !
Depuis le début, lorsqu'elle sévissait au sein du CCI jusqu'à sa transformation en GIGC, la FICCI proclamait à qui voulait bien l'entendre qu'elle était le meilleur défenseur des positions du CCI, bien meilleur que le "CCI opportuniste" ! Et ne voici pas que le propre GIGC se rend compte qu'en fait la plateforme du CCI était conseilliste ! La fin de la farce et de l'usurpation ? Rien de cela, la mauvaise farce continue avec les farceurs qui se sont adaptés. C'est ainsi qu'ils découvrent que notre plateforme est "basée sur une vision économiciste et fataliste qui est, elle-aussi, cohérente avec sa vision conseilliste qui se révèle de manière manifeste dans ses points sur le parti et la conscience de classe". Ils font valoir des clarifications politiques apportées par leur propre plateforme qui "essaie de fonder la cohérence et l’explication des frontières de classe à partir et autour de la question du parti et de la conscience de classe, et donc de l’histoire de la lutte des classes elle-même". Même si les faussaires du GIGC en étaient réellement convaincus, ce n'est pas cela, pas plus que toutes leurs critiques vides que nous avons réfutées, qui prouvent le conseillisme de notre conception du parti et de la conscience de classe. D'autant moins que la prétendue nouvelle source d'inspiration du GIGC n'est pas, de notre point de vue, la plus adaptée pour en juger : "Nous n’avons rien inventé. Nous avons juste été convaincus de la justesse politique de la démarche de principe des plateformes successives que la Gauche dite d’Italie avait adoptées, en particulier en 1945 et en 1952." [6] [7]
Pour sa part, comme il l'explique dans sa plateforme, le CCI se base sur "le marxisme qui est la seule conception du monde qui se place réellement du point de vue de la classe ouvrière :
Plus précisément, il reproche au CCI une "vision fataliste et mécanique de l’histoire au détriment de la vision dynamique –marxiste– qui place la lutte des classes au centre et comme moteur de l’histoire".
Le GIGC ne disposant de rien de consistant pour fonder ses critiques, il procède par insinuation, à travers des "peut mener à …", quand ce n'est pas carrément la diffamation ouverte, le dénigrement, la calomnies, autant de domaines dans lesquels il excelle depuis qu'il est entré en guerre contre le CCI alors que ses "fondateurs" étaient encore membres de notre organisation.
Par contre, ce que l'histoire nous a appris c'est que lorsque l’opportunisme brandit la critique de "fatalisme" contre les positions de la Gauche c’est pour s'octroyer "souplesse" et "flexibilité" vis-à-vis des principes. C'était la signification des critiques formulées par Trotski à Bilan dans les années 1930 et par le PCInt à Internationalisme dans les années 1940. Ceci étant dit, loin de nous l'idée qu'on pourrait identifier le GIGC à Trotski ou au PCInt. Malgré toutes les critiques que le CCI a formulées à l'encontre de l'opportunisme de Trotski et de celui du PCInt, notre démarche est à l'opposé de celle qui, de quelque manière que ce soit, identifierait, le GIGC à ceux-ci. Ces derniers, malgré leurs faiblesses, faisaient partie du camp prolétarien. En revanche, le GIGC, depuis qu'il a vu le jour sous le nom de FICCI, se comporte objectivement comme un défenseur des intérêts de la bourgeoisie par les dégâts qu'il cause dans le milieu de la Gauche communiste. On retrouve ainsi une telle complaisance du GIGC vis-à-vis des principes à propos de la question syndicale, comme nous le verrons ci-après.
S'il s'agissait seulement de mettre en évidence la "méthode" du GIGC, les illustrations précédentes seraient largement suffisantes. Mais il s'agit également de défendre notre plateforme contre les attaques visant ses différents points, si bien que nous ne pouvons pas nous dispenser de traiter d'autres attaques du GIGC. Ce faisant, nous mettons en évidence comment certaines d'entre elles dissimulent mal une orientation clairement gauchiste.
Cette attaque est destinée à induire l'idée selon laquelle c'est sans conviction que le CCI soutient les Thèses sur la démocratie écrites par Lénine pour le premier congrès de l'Internationale Communiste.
Selon le point 8 de notre plateforme relatif à "La mystification parlementaire et électorale", "dans sa phase de décadence, le Parlement cesse d’être un organe de réformes, comme le dit l’Internationale communiste au 2e congrès".
À ce propos, le GIGC émet le commentaire critique suivant : "les thèses [sur la démocratie bourgeoise écrites par Lénine] ne limitent pas la question à la seule impossibilité de réforme dans la décadence, loin s’en faut : "L’attitude de la 3e Internationale envers le parlementarisme n’est pas déterminée par une nouvelle doctrine, mais par la modification du rôle du parlementarisme même. Dans les conditions actuelles, caractérisées par le déchaînement de l’impérialisme, le Parlement est devenu un instrument de mensonge, de fraude, de violences, de destruction, des actes de brigandage, œuvres de l’impérialisme, les réformes parlementaires (…) ont perdu toute importance pratique pour les masses laborieuses." Comme on le voit, l’IC l’englobe dans une vision et une compréhension beaucoup plus large et au premier plan politique, c’est-à-dire au plan de la lutte des classes entre bourgeoisie et prolétariat dans les conditions définies par la phase impérialiste du capital."[8]
Ce que le GIGC s'empresse de ne pas dire ici c'est que les thèses de Lénine sont reproduites intégralement dans l'article suivant du CCI "La démocratie bourgeoise, c’est la dictature du capital [20]"[9], ce qui réduit à néant la critique d'une prétendue faiblesse de notre position sur cette question et illustre à nouveau la méthode retorse du GIGC. Quant à l'idée que ce point de notre plateforme ne prend pas en compte la fonction du Parlement dans la nouvelle période elle relève de cette démarche, "calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose" (F. Bacon), quelle que soit l'inconsistance de la calomnie. En effet, à propos du Parlement, il est dit dans ce point de notre plateforme : "La seule fonction qu'il puisse assumer, et qui explique son maintien en vie, est une fonction de mystification. Dès lors, prend fin toute possibilité, pour le prolétariat, de l'utiliser de quelque façon que ce soit. En effet, il ne peut conquérir des réformes devenues impossibles à travers un organe qui a perdu toute fonction politique effective. À l'heure où sa tâche fondamentale réside dans la destruction de l'ensemble des institutions étatiques bourgeoises et donc du Parlement, où il se doit d'établir sa propre dictature sur les ruines du suffrage universel et autres vestiges de la société bourgeoise, sa participation aux institutions parlementaires et électorales aboutit, quelles que soient les intentions affirmées par ceux qui la préconisent, à insuffler un semblant de vie à ces institutions moribondes" (point 8 de la plateforme du CCI. La mystification parlementaire et électorale).
Le GIGC écrit : "On peut regretter que ce passage ne rende pas plus explicite le lien entre capitalisme d’État et les besoins de la guerre impérialiste généralisée ce qui tend à réduire le phénomène du capitalisme d’État aux seules nécessités économiques immédiates, alors qu’il est surtout et avant tout une réponse politique contre le prolétariat et pour les besoins de la guerre impérialiste" [10]
Contrairement à ce que prétend le GIGC, ce point de la plateforme du CCI ne réduit en rien le rôle du capitalisme d'État aux "nécessités économiques immédiates", mais prend en compte l'ensemble des contradictions auxquelles le capitalisme est confronté : "Dans la décadence capitaliste, la tendance générale vers le capitalisme d'État est une des caractéristiques dominantes de la vie sociale. Dans cette période, chaque capital national, privé de toute base pour un développement puissant, condamné à une concurrence impérialiste aiguë est contraint de s'organiser de la façon la plus efficace pour, à l'extérieur, affronter économiquement et militairement ses rivaux et, à l'intérieur, faire face à une exacerbation croissante des contradictions sociales. La seule force de la société qui soit capable de prendre en charge l'accomplissement des tâches que cela impose est l'État" (deuxième paragraphe du point 4 de la plateforme intitulé "Le capitalisme d'État"). Le GIGC comptait certainement sur la crédulité des lecteurs de sa prose et sur leur méconnaissance des positions du CCI pour faire passer un mensonge supplémentaire.
Le point 15 de notre plateforme sur "La dictature du prolétariat" réaffirme la nécessité de "la destruction de fond en comble de l’État capitaliste [et de l’usage par le prolétariat de] sa propre violence révolutionnaire de classe" mais, selon le GIGC, ce point "ignore complètement le rôle du parti – le mot parti n’est même pas utilisé une seule fois dans ce point ! – tant dans l’insurrection ouvrière – elle-même ignorée – que dans l’exercice de la dictature elle-même. (…) Certes, le parti est mentionné comme tel, formellement, abstraitement, en fait à reculons : "l’organisation des révolutionnaires dont la forme la plus avancée est le parti (…) ; on peut alors parler de parti pour désigner l’organisation de cette avant-garde (…) ; la nature mondiale et centralisée de la révolution prolétarienne confère au parti..." Mais nulle part le rôle et la fonction du parti en tant qu’avant-garde et direction politiques du prolétariat ne sont évoqués."[11]
En réalité, et contrairement à ces assertions mensongères, CCI ne minimise nullement le rôle fondamental joué par le parti dans le succès de la révolution russe (la seule révolution victorieuse), pas plus qu'il ne minimise le rôle que le futur parti sera amené à jouer dans la prochaine révolution. En attestent les nombreux articles de différentes brochures que nous avons dédiés à cette question et que le GIGC prend soin de passer sous silence alors qu'il en connait parfaitement l'existence. Parmi ces documents rappelons :
- Octobre 1917 début de la révolution mondiale : Les masses ouvrières prennent leur destin en main. Chapitre Le rôle indispensable du parti [21].
- Russie 1917 : La plus grande expérience révolutionnaire de la classe ouvrière. Chapitre : Les conceptions fausses du courant conseilliste sur la nature et le rôle du Parti Bolchevique [22].
Citant notre plateforme : "Les syndicats sont devenus inopérants car "le capitalisme cesse d’être en mesure d’accorder des réformes et des améliorations en faveur de la classe ouvrière", le GIGC commente : "De nouveau, l’explication mécanique et économiciste 'ou bien réformes ou bien impossibilité de réformes' revient pour fonder le fait, juste et que nous partageons, que les syndicats sont devenus "d’authentiques défenseurs du capitalisme, des agences de l’État bourgeois en milieu ouvrier (…) par la tendance inexorable de l’État de la période de décadence à absorber toutes les structures de la société." Du coup, et dans la mesure où le passage des syndicats dans le camp bourgeois aurait été mécaniquement fatal du seul point de vue économique, et non le résultat d’un affrontement de classe conditionné par le passage à la nouvelle période historique, le combat que les minorités communistes ont mené de 1918 jusqu’à, grossièrement, la 2e Guerre mondiale dans les syndicats est négligé et rejeté "[12]
Le GIGC attribue au CCI l'idée que les syndicats sont passés mécaniquement dans le camp de la bourgeoisie. Le CCI utilise le terme "inéluctablement" et non pas le terme "mécaniquement". De plus, le GIGC introduit l'idée que "le passage des syndicats dans le camp de la bourgeoisie a été le produit d'un rapport de forces, entre bourgeoisie et prolétariat, se jouant au sein de ces organes". La seule interprétation possible de ce passage est qu'il aurait existé la possibilité pour la classe ouvrière de maintenir les syndicats en tant qu'arme de sa lutte au moyen d'un combat engagé en leur sein !
Il s'agit ici typiquement de la position opportuniste défendue par l'Internationale communiste dégénérescente et qui a inspiré, et inspire encore aujourd'hui, toutes les variétés de gauchisme. En fait, les seuls combats réellement "inspirants" pour le prolétariat relativement à la question syndicale sont ceux qui ont remis en question cette institution en tant que moyen de la lutte de classe, comme ce fut le cas en particulier durant la révolution en Allemagne. Ce qui est tout à fait cohérent avec l'analyse défendue par le CCI dans le point 7 de sa plate-forme : "En entrant dans sa phase de décadence, le capitalisme cesse d'être en mesure d'accorder des réformes et des améliorations en faveur de la classe ouvrière. Ayant perdu toute possibilité d'exercer leur fonction initiale de défenseurs efficaces des intérêts prolétariens et confrontés à une situation historique où seule l'abolition du salariat, et donc leur propre disparition, est à l'ordre du jour, les syndicats sont devenus, comme condition de leur propre survie, d'authentiques défenseurs du capitalisme, des agences de l'État bourgeois en milieu ouvrier (évolution qui a été fortement favorisée par leur bureaucratisation antérieure et par la tendance inexorable de l'État de la période de décadence à absorber toutes les structures de la société)".
Quels combats auraient-ils permis – selon le GIGC - de conserver, même de façon momentanée, le syndicat en tant qu'instrument de défense de ses intérêts par le prolétariat, durant la période allant de 1918 à la deuxième Guerre mondiale ? Le GIGC n'en évoque qu'un et cela vaut la peine de s'y attarder d'autant plus qu'il s'agit là d'une tentative supplémentaire de brouiller les cartes quant à la position de la Gauche communiste de France sur la question syndicale.
En particulier sur la filiation de la Gauche Communiste, la propre histoire du CCI et notre camarade Marc Chirik.
Le GIGC cite Internationalisme, la revue de la GCF (Gauche Communiste de France) : "Nous devons aussi combattre les tendances qui, partant du fait de l’existence d’une bureaucratie syndicale extrêmement forte, formant une couche réactionnaire avec des intérêts homogènes opposés aux intérêts de classe du prolétariat et à la révolution prolétarienne, affirment que les organisations syndicales sont dépassées en tant qu’instruments de lutte anticapitalistes. La fraction syndicale communiste est formée par tous les militants de l’organisation communiste appartenant au même syndicat" (Résolution sur la question syndicale). Que prouve ce passage par rapport au problème qui nous préoccupe ici, à savoir la nature de classe des syndicats en décadence ? Absolument rien si ce n'est qu'il existait au sein d'Internationalisme des confusions sur la question syndicale. Par contre, on reconnait bien ici la malhonnêteté décomplexée du GIGC quand il occulte aux yeux de ses lecteurs une réalité dérangeante, en l'occurrence le fait qu'il existait une réflexion alors en cours au sein de la GCF à propos de la nature des syndicats et qui se traduira par l'analyse suivante : "Les syndicats sont aujourd'hui complètement intégrés à l'État, ils sont un appendice de l'État avec la fonction de faire accepter, par la classe ouvrière, les mesures d'exploitation et d'aggravation de leurs conditions de misère. Les récents mouvements de grève ont mis en évidence que ce moyen classique de lutte des ouvriers a cessé d'être l'arme exclusive du prolétariat, a perdu sa nature absolue de classe et peut aussi servir de moyen de manœuvre d'une fraction politique capitaliste contre une autre, d'un bloc impérialiste contre un autre et finalement dans l'intérêt général du capitalisme." ("Problèmes actuels du mouvement révolutionnaire international" – Internationalisme n° 18 – Février 1947).
Ainsi, le GIGC salue hypocritement ce qu'il appelle le "CCI historique" pour avoir été enfin capable de comprendre la vraie nature des syndicats : "il faut saluer la capacité du CCI historique pour clairement comprendre que les syndicats sont devenus des organes à part entière de l’État bourgeois et, dans les années 1980 pour le moins, en tirer toutes les implications quant à son intervention dans les luttes réelles de la classe". Hypocritement et mensongèrement car, comme on l'a vu précédemment, c'est à Internationalisme qu'il est revenu d'apporter des clarifications importantes par rapport à Bilan sur la question syndicale ?
Pourquoi ce besoin d'encenser l'intervention du CCI des années 1980 qui était "Loin d’attendre une lutte pure libérée des syndicats par la grâce du Saint Esprit". Pour deux raisons :
1) Cracher sur l'intervention du CCI des années ultérieures implicitement caractérisée par l'attente de "une lutte pure libérée des syndicats par la grâce du Saint Esprit", qui depuis deux décennies "préfère s’adonner au fétiche de l’auto-organisation et de l’assembléisme, au nom des véritables assemblées débarrassées des syndicats, pour masquer son défaitisme".[13] Le mythomane en a rêvé, et c'est devenu réalité sous sa plume haineuse. Le CCI n'a jamais délaissé ni méprisé aucune lutte de la classe ouvrière, et le fait de dénoncer, comme nous l'avons fait, certaines caricatures "d’assemblées générales" convoquées habituellement par les syndicats dans les entreprises n'est en rien synonyme de désertion mais constitue au contraire un moment de dénonciation de l'aboutissement du sabotage et de l'omniprésence syndicales. Contrairement à l'idée que le GIGC tente d'instiller, depuis les luttes des années 1980 le CCI n'a jamais renié la nécessité fondamentale de la lutte de classe, partout où celle-ci s'exprime, quelles que soient ses forces et ses faiblesses. Ce qui, une nouvelle fois, est cohérent avec l'importance que le CCI attribue aux luttes de défense immédiate de la classe ouvrière pour le développement du combat de classe, ce que le GIGC essayait aussi de masquer à travers des critiques frauduleuses que nous avons mises en évidence précédemment.
2) Refaire l'histoire du CCI des années 1980 en lui attribuant des positions qui n'ont jamais été les siennes mais celles du BIPR à l'époque : "il [le CCI] comprit alors pleinement que les groupes communistes d’avant-garde et le parti se devaient d’être au premier rang du combat politique contre les dévoiements et les sabotages syndicaux et gauchistes et pour la direction politique des luttes ouvrières." Seul un mythomane ayant l'aplomb du GIGC est capable de débiter de telles balivernes. Le CCI ne s'est jamais considéré comme étant un parti (ou un parti en miniature) mais comme un groupe politique ayant une "fonction similaire à celle d'une fraction", chargé d'œuvrer à la fondation du futur parti, tout en constituant un pont avec celui-ci. De même il a toujours critiqué la conception des "groupes internationalistes d'usine" du BIPR, considérés comme des courroies de transmission du parti dans la classe ouvrière. Hier comme aujourd'hui, le CCI a toujours lutté pour que la classe ouvrière s'organise en assemblées générales afin de prendre sa lutte en mains et l'étendre, il a toujours combattu l'action des syndicats visant à saboter de telles initiatives de la classe.
Le GIGC revendique sa contribution à "la revendication et la défense du combat contre le conseillisme dans les années 1980 que le CCI avait mené alors"[14]. Il n'est pas impossible qu'à l'époque certains des militants qui allaient devenir des voyous de la FICCI y aient participé. Par contre il est aussi affirmé que le CCI aurait "rejeté ce [combat] depuis lors."[15]. Pourquoi un tel mensonge du GIGC ? Possiblement pour se faire mousser auprès de la TCI dont le prédécesseur, le BIPR, avait justifié son sabotage des conférences de la Gauche communiste des années 1970 par le prétendu "conseillisme" du CCI.
Le GIGC est incapable de prouver dans les faits ce prétendu renoncement du CCI au combat contre le conseillisme mais il nous donne une explication au "renoncement" en question. La cause se trouve donc, selon lui, dans "la rupture organique entre la Gauche communiste de France et le CCI" : "la rupture organique avec les fractions de la Gauche communiste issues de l’Internationale Communiste (IC), dans son cas d’avec la Gauche communiste de France (GCF) et plus largement avec la Gauche dite italienne, ne put être comblée par la seule présence de Marc Chirik, membre de la fraction italienne à partir de 1938, puis de la GCF"[16]. Cette rupture organique a effectivement constitué un lourd handicap que la présence de notre camarade Marc Chirik a heureusement permis de réduire, notamment à travers le combat contre le conseillisme, plus précisément le centrisme vis-à-vis du conseillisme en notre sein. La clarification et l'homogénéisation qui se sont opérées dans notre organisation à cette occasion ont permis au CCI de s'armer face au danger du conseillisme dont l'influence dans une partie de la jeunesse a participé à la difficile politisation de celle-ci. Il est par contre un domaine où la seule présence de notre camarade MC ne pouvait suffire à surmonter des faiblesses liées à la rupture de la continuité organique, c'est celui du militantisme révolutionnaire qui ne peut faire l'économie de la pratique, même si, également sur ce plan, notre camarade MC a fait le maximum pour transmettre les enseignements de sa propre expérience. Une telle faiblesse au sein du CCI s'est notamment traduite par des attitudes, des démarches relevant de l'esprit de cercle justement critiqué par Lénine au 2e congrès du POSDR et auquel il oppose l'esprit de parti. Mais pire que l'esprit de cercle se trouve le pourrissement de celui-ci dans le clanisme nihiliste, et à la dégénérescence de celui-ci dans la pire variété de parasitisme, prompt à tenter d'infliger le maximum de dommages à l'organisation lorsque celle-ci se défend contre les agissements et comportements de voyous. La FICCI, mère du GIGC, fut la pire incarnation de cette démarche au sein du CCI.
Nous ne dénions pas la capacité d'une discussion avec d'autres groupes prolétariens d'être à même de participer à la clarification en notre sein. Mais ici il s'agit d'une nouvelle invention du GIGC totalement impossible d'un point de vue chronologique.
Dans un article récent adressé à la TCI[17], le GIGC évoque un "débat contradictoire que le PCInt-Battaglia Comunista et le CCI avaient développé à la fin des années 1970 autour de la question du cours historique" (…) Le CCI y aurait alors reconnu, selon le GIGC, "la justesse de la critique de BC à sa position de cours à la révolution", laquelle "faisait de la révolution une voie tout ouverte et inéluctable". Mémoire d'éléphant ou affabulation de la part des membres du GIGC ? Il n'est pas dit où et à quelle occasion cela est arrivé. Pour donner plus de consistance à cette "histoire", le GIGC ajoute cependant : "ce fut grâce à cette critique dont le CCI aurait alors reconnu la justesse, qu’il avait précisé – changé – sa position et défini le "cours" comme "vers des affrontements massifs de classe décisifs".
Il nous faut, encore une fois, rétablir la vérité face aux mensonges du GIGC. C'est vrai que dans notre texte sur Le cours historique [23] adopté par le 2e Congrès du CCI en 1977 nous parlions de "cours à la révolution" mais, déjà dans ce document de base, le CCI, en aucune façon, ne "faisait de la révolution une voie tout ouverte et inéluctable" puisqu'il y est écrit : "Notre perspective ne prévoit pas l'inéluctabilité de la révolution. Nous ne sommes pas des charlatans et nous savons trop bien, à l'inverse de certains révolutionnaires fatalistes, que la révolution communiste n'est pas 'aussi certaine que si elle avait déjà eu lieu'. Mais, quelle que soit l'issue définitive de ces combats, que la bourgeoisie essaiera d'échelonner afin d'infliger à la classe une série de défaites partielles préludes à sa défaite définitive, le capitalisme ne peut plus, d'ores et déjà, imposer sa propre réponse à la crise de ses rapports de production sans s'affronter directement au prolétariat." Et c'est justement pour qu'il n'y ait pas la moindre ambigüité que, au début des années 1980, nous avons remplacé la formule "cours à la révolution" par "cours aux affrontements de classe décisifs". Nous n'avons connaissance d'aucune polémique sur ce thème entre le CCI et BC avant que nous ayons modifié notre formulation. Il est parfaitement exact qu'il y a eu une critique par BC/CWO de notre analyse intitulée "le CCI et le cours historique : une méthode erronée". Mais elle a eu lieu en 1987, soit plusieurs années après et il ne peut donc pas s'agir de la "critique constructive reconnue comme telle pas le CCI". D'ailleurs, la critique du BIPR à l'analyse du CCI ne portait pas sur la façon dont il fallait qualifier le cours historique mais sur la notion même de cours historique.[18]
On pourrait se poser la question de l'intérêt du GIGC à revisiter l'histoire de la sorte. La réponse à la question s'esquisse lorsqu'il ajoute : "une grande partie des critiques que Battaglia Comunista avait portées à l’époque étaient justes, nous en reprenons le concept et, nous l’espérons, la méthode qui doit l’accompagner, celle que les camarades de la TCI ont toujours jugée et cataloguée comme idéaliste"[19]. Le GIGC exprime donc son accord avec la TCI et rend hommage à sa méthode. Si le GIGC n'avait pas été un groupe parasite de la pire espèce nous l'aurions interpellé sur son revirement de position alors qu'à l'époque des faits, il critiquait encore avec le CCI le matérialisme vulgaire de la TCI. Aujourd'hui il lui lèche les bottes de façon éhontée.
Et c'est là le sens profond de son entreprise de démolissage de la plateforme du CCI. Il s'agit de renforcer son attitude de flagornerie de la TCI afin de s'attirer encore plus les bonnes grâces de celle-ci. C'est pour le GIGC une question existentielle : pour s'assurer une légitimité et pour être blanchi de ses mensonges et de ses crapuleries, il lui faut la caution d'une organisation historique de la Gauche communiste. Dès la formation de la FICCI, celle-ci a déclaré que le BIPR constituait désormais la force décisive pour la constitution du futur parti mondial du prolétariat. Puis elle a rejeté l'analyse de la période actuelle comme celle de la décomposition du capitalisme ainsi que l'analyse du phénomène du parasitisme politique, deux analyses que ses membres avaient partagées pendant plus d'une décennie mais que rejetait le BIPR (et continue de rejeter la TCI). Aujourd'hui, il faut au GIGC raviver la flamme de son idylle avec la TCI (notamment après une petite brouille avec cette organisation[20]) et pour ce faire quoi de mieux que de reprendre à son compte la critique du BIPR sur le prétendu "conseillisme du CCI", de "découvrir" les grands apports du BIPR et du PCInt à sa propre clarification sur la question du parti et, dernièrement, accueillir avec enthousiasme l'initiative de la TCI en faveur des comités NWBCW.[21]
CCI (08 / 08/ 2023)
[Retour à la série : Le parasitisme politique n'est pas un mythe, le GIGC en est une dangereuse expression [24]]
[1] "Prise de position sur la plateforme du Courant Communiste International [25]". Révolution ou guerre n° 18. Mai 2021.
[2] "Réponse à la Tendance Communiste Internationaliste sur nos "Thèses sur la signification et les conséquences de la guerre en Ukraine [26]"", Révolution ou Guerre n° 22. Septembre 2022
[3] "Premiers commentaires et débats autour de notre plateforme politique [27]". Révolution ou Guerre n° 20. Février 22. Cette brillante caractérisation est le produit d'un "travail" de relecture critique de la plateforme du CCI exposé dans l'article "Prise de position sur la plateforme du Courant Communiste International [28]". Révolution ou Guerre n° 18. Nous reviendrons prochainement en détail sur ce "travail".
[4] "Prise de position sur la plateforme du Courant Communiste International [28]" Révolution ou guerre n° 18. Ironie : à l'appui de ce jugement, le GIGC cite la lettre d'Engel à Joseph Bloch du 22 septembre 1890 : "La situation économique est la base, mais les divers éléments de la superstructure : les formes politiques de la lutte de classe et ses résultats (…), les formes juridiques, et même les reflets de toutes ces luttes réelles dans le cerveau des participants (…) exercent également leur action sur le cours des luttes historiques et, dans beaucoup de cas, en déterminent de façon prépondérante la forme" C'est une citation que le CCI a pleinement reprise à son compte et utilisée à plusieurs reprises, notamment contre la vision matérialiste vulgaire partagée par les courants issus du Partito Comunista Internazionalista (PCInt) fondé en 1945 (le courant "bordiguiste" et le courant représenté aujourd'hui par la Tendance Communiste Internationaliste). Mais le GIGC se garde bien de faire une telle critique à la TCI puisque, à l'égard de celle-ci, son attitude permanente a consisté dans le léchage de bottes.
[5] À ce propos, nos positions de base – présentes au dos de toute nos publications - mettent en avant que "Le CCI se réclame ainsi des apports successifs (…) des fractions de gauche qui se sont se sont dégagées dans les années 1920-30 de la IIIe Internationale lors de sa dégénérescence, en particulier les gauches allemande, hollandaise et italienne." Le GIGC commente ce passage de la sorte : "Nous verrons qu’à l’arrivée, l’esprit de synthèse a laissé peu de place à la gauche italienne et beaucoup à la germano-hollandaise." C'est un mensonge éhonté. Dès sa fondation, le CCI s'est explicitement revendiqué de sa filiation politique avec la Gauche Communiste de France (GCF) qui, elle-même, tout en reprenant à son compte certaines positions de la Gauche germano-hollandaise, se revendiquait fondamentalement de la Fraction de Gauche italienne. C'est ce que nous rappelions à la fin des années 1990 dans la présentation de notre brochure La Gauche communiste de France [29] : "… il importe de souligner que l’étude des efforts visant à la constitution d’un courant de la Gauche communiste en France met clairement en relief la participation de premier plan de la Gauche communiste italienne à ces efforts ainsi que la méthode qui était la sienne. Nous ne saurions trop insister sur la méthode défendue, durant cette période, par la Gauche italienne (…) … alors que la Fraction italienne elle-même, épuisée, a abandonné le combat qu’elle avait mené pendant près de 18 ans en prononçant son autodissolution en mai 1945, c’est la Fraction française de la Gauche communiste, fondée en décembre 1944 et rebaptisée par la suite Gauche communiste de France, qui a repris le flambeau politique de la Fraction italienne." Et, à aucun moment, le CCI ne s'est départi de cette filiation politique. Ainsi, dans notre article publié trois décennies après la fondation du CCI (Les trente ans du CCI : s'approprier le passé pour construire l'avenir [30]), nous écrivions : "Si nous nous revendiquons des apports des différentes fractions de gauche de l'IC, nous nous rattachons plus particulièrement, pour ce qui concerne la question de la construction de l'organisation, aux conceptions de la Fraction de gauche du Parti communiste d'Italie, notamment comme elles se sont exprimées dans la revue Bilan au cours des années 30." De même, dans notre article de 2006, "La Gauche Communiste et la continuité du marxisme" [31], :nous mettions très clairement en évidence la contribution fondamentale de la Gauche communiste d'Italie à la définition politique du CCI : "les contributions théoriques faites par la Gauche communiste d'Italie – qui plus tard engloba des fractions en Belgique, en France et au Mexique – furent immenses et tout à fait irremplaçables. Dans son analyse de la dégénérescence de la révolution russe – qui ne remit jamais en question le caractère prolétarien de 1917 ; dans ses recherches sur les problèmes de la future période de transition ; dans ses travaux sur la crise économique et les fondements de la décadence du capitalisme ; dans sa dénonciation de la position de l’Internationale communiste de soutien aux luttes de "libération nationale" ; dans son élaboration de la théorie du parti et de la fraction ; dans ses polémiques sans relâche, mais fraternelles, avec d’autres courants politiques prolétariens ; en cela et dans beaucoup d’autres domaines, la Gauche italienne a sans aucun doute rempli la tâche qu'elle s'était assignée de développer les bases programmatiques pour les organisations prolétariennes du futur".
[6] Premiers commentaires et débats autour de notre plateforme politique [27]. Révolution ou Guerre n° 20. Février 22. Cette "brillante" caractérisation est le produit d'un "travail" de relecture critique de la plateforme du CCI exposé dans l'article "Prise de position sur la plateforme du Courant Communiste International [28]" - Révolution ou Guerre n°18.
[7] Ce changement de position est pour le moins cocasse de la part de ceux qui se sont prétendus être les "meilleurs défenseurs des positions du CCI" alors qu'ils tentaient de le saborder de l'intérieur. D'ailleurs, il faudrait qu'ils précisent à quelle plateforme de 1945 ils se référent. Celle qui avait été adoptée par la conférence de 1945-46 par le PCInt avait été rédigée par Bordiga, qui n'était même pas membre du Partito, un document qui a fait l'objet de très sévères critiques de la part du PCInt en 1974 puisqu'il affirme que ce document avait été accepté en 1945 "comme une contribution tout à fait personnelle pour le débat du congrès futur" et "reconnu comme incompatible avec les fermes prises de position adoptées désormais par le parti sur des problèmes plus importants, et [que] (…) le document a toujours été considéré comme une contribution au débat et pas comme une plate-forme de fait". Le problème c'est qu'il avait été adopté à l'unanimité (y inclus donc par Damen, principal animateur du PCInt jusqu'à sa mort en octobre 1979) et qu'il avait été publié à l'extérieur comme base d'adhésion au Partito. Peut-être les faussaires du GIGC font-ils référence au document rédigé en 1944 par Damen et considéré comme un "schéma de programme". Ils doivent donc endosser des formulations comme "notre parti, qui ne sous-estime pas l'influence des autres partis de masse, se fait le défenseur du front unique", une politique de l'Internationale communiste lors de sa dérive opportuniste et qui avait été combattue par la Gauche italienne dès le début des années 1920. Pour le lecteur qui souhaiterait s'informer plus sur la vie du PCInt durant les années 1940, nous fournissons une référence critique à celle-ci publiée dans la revue Internationalisme, publication de la Gauche communiste de France, Le deuxième congrès du parti communiste internationaliste (Internationalisme n°36, juillet 1948) [32] ; de même que des références de polémiques écrites par le CCI : Polémique : à l'origine du CCI et du BIPR, I - La fraction italienne et la gauche communiste de France [33] ; Polémique : à l'origine du CCI et du BIPR, II : la formation du Partito Comunista Internazionalista [34].
[9] Revue internationale n° 100.
[14] "Réponse à la Tendance Communiste Internationaliste sur nos "Thèses sur la signification et les conséquences de la guerre en Ukraine [26]"" Révolution ou Guerre n° 22. Septembre 2022
[15] "Réponse à la Tendance Communiste Internationaliste sur nos "Thèses sur la signification et les conséquences de la guerre en Ukraine [26]"" Révolution ou Guerre n° 22. Septembre 2022
[16] Prise de position sur la plateforme du Courant Communiste International [36] Révolution ou guerre n° 18
[17] Prise de position de la TCI sur les thèses (TCI) [37] / Dans l’attente d’une réponse de notre part. Révolution ou Guerre n° 21
[18] Le CCI a répondu à cette critique renvoyant la CWO à un manque total de méthode pour aborder ce genre de question. Lire à ce propos Polémique avec le BIPR [38] sur La méthode marxiste et l'appel du CCI sur la guerre en ex-Yougoslavie.
[19] Prise de position de la TCI sur les thèses (TCI) [37] / Dans l’attente d’une réponse de notre part. Révolution ou Guerre n° 21.
[20] Le GIGC constatant que, malgré son opportunisme, il avait moins de succès que la TCI auprès des nouveaux éléments qui s'approchent de la Gauche communiste, il ne pouvait s'empêcher de tancer la TCI : "de nouvelles forces communistes ont émergé dont Nuevo Curso est l’expression et un facteur, mettant ainsi directement les groupes historiques de la Gauche communiste partidiste devant leur responsabilité historique face à cette nouvelle dynamique et devant laquelle la Tendance Communiste Internationaliste, principale organisation de ce camp, a commencé par s’enfermer dans une attitude, ou des réflexes, relativement sectaire à notre endroit et immédiatiste quant à ces nouvelles forces" ou encore "la TCI pourtant liée organiquement avec le PC d’Italie et la Gauche communiste d’Italie, subit le poids d’un relatif informalisme, du personnalisme et de l’individualisme, et donc de l’esprit de cercle". Ces citations reproduites dans notre articles L'aventurier Gaizka a les défenseurs qu'il mérite : les voyous du GIGC [8] sont extraites du Rapport d’activités de la 2e Réunion générale du GIGC. Révolution ou Guerre n°12.
[21] Et il faut constater que la TCI n'est pas insensible aux campagnes de séduction du GIGC. Depuis la formation de la FICCI, en 2001, l'ancêtre de la TCI, le BIPR, a fait preuve d'une grande bienveillance à son égard ; une attitude qui, globalement, ne s'est pas démentie pendant deux décennies et qui s'est manifestée encore récemment lorsque la TCI s'est appuyée, pour l'organisation d'une réunion publique à Paris du regroupement NWBCW, sur deux membres fondateurs de la FICCI, Juan et Olivier, exclus du CCI en 2003 pour mouchardage. Faut-il rappeler à la TCI la fable d'ésope intitulée Le corbeau et le renard : "Un corbeau, ayant volé un morceau de viande, s’était perché sur un arbre. Un renard l’aperçut, et, voulant se rendre maître de la viande, se posta devant lui et loua ses proportions élégantes et sa beauté, ajoutant que nul n’était mieux fait que lui pour être le roi des oiseaux, et qu’il le serait devenu sûrement, s’il avait de la voix. Le corbeau, voulant lui montrer que la voix non plus ne lui manquait pas, lâcha la viande et poussa de grands cris. Le renard se précipita et, saisissant le morceau, dit : 'Ô corbeau, si tu avais aussi du jugement, il ne te manquerait rien pour devenir le roi des oiseaux.' Cette fable est une leçon pour les sots."
Le marxisme et l'histoire de la Première internationale attestent de la validité du concept de parasitisme pour caractériser des comportements destructifs - au sein des organisations politiques du prolétariat - totalement étrangers aux méthodes de la classe ouvrière.
Comme nous le mettons en évidence dans nos thèses sur le parasitisme[1] -auxquelles sont empruntés beaucoup des développements ci-après- le parasitisme est historiquement apparu en réponse à la fondation de la Première Internationale, qu'Engels décrivait comme "le moyen de progressivement dissoudre et absorber toutes les différentes petites sectes". (Engels, Lettre à Florence Kelly Vischnevetsky, 3 février 1886). L'AIT était en effet un instrument obligeant les différentes composantes du mouvement ouvrier à s'engager dans un processus collectif et public de clarification, et à se soumettre à une discipline unifiée, impersonnelle, prolétarienne, organisationnelle. En effet, "Ayant tiré les leçons des révolutions de 1848, le prolétariat n'acceptait plus d'être dirigé par l'aile radicale de la bourgeoisie et luttait à présent pour établir sa propre autonomie de classe. Mais celle-ci requérait qu'au sein même de ses rangs le prolétariat surmontât les conceptions et les théories organisationnelles de la petite bourgeoisie, de la bohème et des éléments déclassés qui y subsistaient et avaient encore une influence importante".[2]
Or, l’avancée de la lutte du prolétariat avait besoin de ce mouvement impliquant la dissolution et l'absorption à l'échelle internationale de toutes les particularités et autonomies programmatiques et organisationnelles non prolétariennes. C'est d'abord en résistance à ce mouvement que le parasitisme a déclaré sa guerre au mouvement révolutionnaire. C’est l’AIT qui, la première, a été confrontée à cette menace contre le mouvement prolétarien, qui l’a identifiée et combattue. C’est elle, à commencer par Marx et Engels, qui caractérisait comme parasites ces éléments politisés qui, tout en prétendant adhérer au programme et aux organisations du prolétariat, concentrent leurs efforts sur le combat, non pas contre la classe dominante, mais contre les organisations de la classe révolutionnaire. L'essence de leur activité est, en effet, de dénigrer et de manœuvrer contre le camp communiste, tout en prétendant lui appartenir et le servir. C'est ce que synthétise cette phrase du rapport sur l'Alliance[3] au congrès de la Haye rédigé par Engels : "Pour la première fois dans l'histoire de la lutte de classe, nous sommes confrontés à une conspiration secrète au cœur de la classe ouvrière, et destinée à saboter non le régime d'exploitation existant, mais l'Association elle-même qui représente l'ennemi le plus acharné de ce régime." Quant au remède préconisé, il est sans ambigüité : "Il est grand temps, une fois pour toutes, de mettre fin aux luttes internes quotidiennement provoquées dans notre Association par la présence de ce corps parasite." (Engels, "Le Conseil général à tous les membres de l'Internationale", avertissement contre l'Alliance de Bakounine[4]).
Comme ce fut le cas de l'Alliance dans l’AIT, ce n'est que dans les périodes où le mouvement ouvrier passe d'un stade d'immaturité fondamentale vers un niveau qualitativement supérieur, spécifiquement communiste, que le parasitisme devient son principal opposant. Dans la période actuelle, cette immaturité n’est pas le produit de la jeunesse du mouvement ouvrier dans son ensemble, comme au temps de l’AIT, mais avant tout le résultat des 50 ans de contre-révolution qui ont suivi la défaite de la vague révolutionnaire de 1917-23. Aujourd'hui, c'est cette rupture de la continuité organique avec les traditions des générations passées de révolutionnaires qui explique, avant tout, le poids des réflexes et des comportements anti-organisationnels petit-bourgeois parmi beaucoup d’éléments qui se réclament du marxisme et de la Gauche communiste.
Le parasitisme cible des éléments en recherche vers des positions de classe qui ont du mal à faire la différence entre les véritables organisations révolutionnaires et les courants parasites. C'est ainsi qu'il faut comprendre que, depuis les années 1990 et surtout les années 2000, l'action du parasitisme se soit amplifiée en devenant plus destructrice. Nous sommes actuellement confrontés à de multiples regroupements informels, agissant souvent dans l'ombre, prétendant appartenir au camp de la Gauche communiste, mais qui dédient leurs énergies à combattre les organisations marxistes existantes plutôt que le régime bourgeois. Comme à l'époque de Marx et Engels, cette vague parasitaire réactionnaire a pour fonction de saboter le développement du débat ouvert et de la clarification prolétarienne, et d'empêcher l'établissement de règles de conduite liant tous les membres du camp prolétarien.
Elle a significativement été alimentée par toutes les ruptures qui ont eu lieu dans l'histoire du CCI. Ni motivées ni justifiées par des divergences politiques, celles-ci ont été le résultat de comportements organisationnels non marxistes, non prolétariens, comme l'avaient été ceux de Bakounine dans l'AIT et des mencheviks dans le POSDR en 1903 qui exprimaient la résistance à la discipline organisationnelle et aux principes collectifs.
Face à la classe ouvrière et au milieu politique prolétarien, le CCI n'a jamais caché les difficultés qu'il rencontrait. C'est ainsi qu'au début des années 1980, il s'exprimait en ces termes : "la mise en évidence par les organisations révolutionnaires de leurs problèmes et discussions internes constituent un plat de choix pour toutes les tentatives de dénigrement dont celles-ci font l'objet de la part de leurs adversaires. C'est le cas aussi et particulièrement pour le CCI. Certes, ce n'est pas dans la presse bourgeoise que l'on trouve des manifestations de jubilation lorsque nous faisons état des difficultés que notre organisation peut rencontrer aujourd'hui. Celle-ci est encore trop modeste en taille et en influence parmi les masses ouvrières pour que les officines de propagande bourgeoise aient intérêt à parler d'elle pour essayer de la discréditer. Il est préférable pour la bourgeoisie de faire un mur de silence autour des positions et de l'existence des organisations révolutionnaires. C'est pour cela que le travail de dénigrement de celles-ci et de sabotage de leur intervention est pris en charge par toute une série de groupes et d'éléments parasitaires dont la fonction est d'éloigner des positions de classe les éléments qui s'approchent de celles-ci, de les dégoûter de toute participation au travail difficile de développement d'un milieu politique prolétarien." (résolution adoptée par le 5e Congrès international du CCI, Revue internationale n° 35)
L'ensemble des groupes communistes a été confronté aux méfaits du parasitisme, mais il revient au CCI, parce que c'est aujourd'hui l'organisation la plus importante du milieu prolétarien, et également la plus rigoureuse en termes de respects des principes et des statuts, de faire l'objet d'une attention toute particulière de la part de la mouvance parasitaire. Dans cette dernière on trouvait, et on trouve encore pour certains, des groupes constitués et tous issus du CCI tels le "Groupe Communiste Internationaliste" (GCI) et ses scissions (comme "Contre le Courant"), le défunt "Communist Bulletin Group" (CBG) ou l'ex-"Fraction Externe du CCI" ou encore la "Fraction Interne du CCI" qui a muté quelques années plus tard en "Groupe International de la Gauche Communiste" (GIGC) qui ont tous été constitués de scissions du CCI.
Mais le parasitisme ne se limite pas à de tels groupes. Il est aussi véhiculé par des éléments inorganisés, ou qui se retrouvent de temps à autre dans des cercles de discussion éphémères, dont la préoccupation principale consiste à faire circuler toutes sortes de commérages à propos de notre organisation. Ces éléments sont souvent d'anciens militants qui, cédant à la pression de l'idéologie petite-bourgeoise, n'ont pas eu la force de maintenir leur engagement dans l'organisation, qui ont été frustrés que celle-ci n'ait pas "reconnu leurs mérites" à la hauteur de l'idée qu'ils s'en faisaient eux-mêmes ou qui n'ont pas supporté les critiques dont ils ont été l'objet. Il s'agit également d'anciens sympathisants que l'organisation n'a pas voulu intégrer parce qu'elle jugeait qu'ils n'avaient pas la clarté suffisante ou qui ont renoncé à s'engager par crainte de perdre leur "individualité" dans un cadre collectif (c'est le cas, par exemple du défunt "collectif Alptraum" au Mexique ou de "Kamunist Kranti" en Inde). Dans tous les cas, il s'agit d'éléments dont la frustration résultant de leur propre manque de courage, de leur veulerie et de leur impuissance s'est convertie en une hostilité systématique envers l'organisation. Ces éléments sont évidemment absolument incapables de construire quoi que ce soit. En revanche, ils sont souvent très efficaces, avec leur petite agitation et leurs bavardages de concierges pour discréditer et détruire ce que l'organisation tente de construire.
On se limitera ici aux groupes suivants : le Communist Bulletin Group (CBG), la Fraction Externe du CCI (FECCI) et la Fraction Interne du CCI (FICCI).
C.1 Le Communist Bulletin Group (CBG)
La lutte contre les clans, que le 11e congrès du CCI avait unanimement soutenue, est transformée par le CBG en une lutte entre clans. Les organes centraux sont inévitablement "monolithiques", l'identification de la pénétration d'influences non-prolétariennes, tâche primordiale des révolutionnaires, est présentée comme un moyen de briser les "opposants". Les méthodes de clarification des organisations prolétariennes - débat ouvert dans toute l'organisation, publication de ses résultats pour informer la classe ouvrière - deviennent la méthode de "lavage du cerveau" des sectes religieuses.
Ce n'est pas seulement le CCI qui est concerné :
"ce n'est pas seulement l'ensemble du milieu révolutionnaire d'aujourd'hui qui est ainsi attaqué ici. C'est toute l'histoire et les traditions du mouvement ouvrier qui sont insultées.
En réalité, les mensonges et les calomnies du CBG sont tout-à-fait dans la ligne de la campagne de la bourgeoisie mondiale sur la prétendue mort du communisme et du marxisme. Au centre de cette propagande, se trouve une seule idée qui porte en elle le plus grand mensonge de l'histoire : la rigueur organisationnelle de Lénine et des bolcheviks conduit nécessairement au stalinisme. Dans la version du CBG de cette propagande, c'est le bolchévisme du CCI qui conduit "nécessairement" à son prétendu “stalinisme”. Évidemment, le CBG ne sait ni ce qu'est le milieu révolutionnaire, ni ce qu'il en est du stalinisme". (Parasitisme politique : le "C.B.G" fait le travail de la bourgeoisie [40]; Revue Internationale n° 83.
C.2 La Fraction Externe du CCI
Dans un article de notre Revue internationale nous écrivions en 1986 :
"Le milieu politique prolétarien, déjà fortement marqué par le poids du sectarisme, comme le CCI l'a souvent mis en évidence et déploré, vient de "s'enrichir" d'une nouvelle secte. Il vient en effet de paraître le n° 1 d'une nouvelle publication intitulée Perspective Internationaliste, organe de la "Fraction Externe du CCI" qui "revendique la continuité du cadre programmatique élaboré par le CCI". Ce groupe est composé des camarades appartenant à la "tendance" qui s'était formée dans notre organisation et qui l'a quittée lors de son 6ème Congrès[5] pour "défendre la plate-forme du CCI". Nous avons déjà rencontré et mis en évidence beaucoup de formes de sectarisme parmi les révolutionnaires d'aujourd'hui, mais la création d'un CCI-bis ayant les mêmes positions programmatiques que le CCI constitue un sommet en ce domaine, un sommet jamais atteint jusqu'à présent. De même, ce qui peut être considéré comme un sommet, c'est la quantité de calomnies que Perspective Internationaliste déverse sur le CCI ; il n'y a guère que le Communist Bulletin Group (formé également d'ex-membres du CCI) qui soit allé aussi loin dans ce domaine. Dès sa création, ce nouveau groupe se place donc sur un terrain que seuls des voyous politiques (qui s'étaient distingués en volant du matériel et des fonds du CCI) avaient par le passé exploité avec autant de ferveur). Même si les membres de la "Fraction" ne se sont nullement rendus responsables de tels actes, on peut dire que leur sectarisme et leur prédilection pour l'insulte gratuite augurent mal de l'évolution future de ce groupe et de sa capacité d'être une contribution à l'effort de prise de conscience du prolétariat. En effet, les petits jeux de la FECCI ne traduisent qu'une chose : une irresponsabilité totale face aux tâches qui incombent aujourd'hui aux révolutionnaires, une désertion du combat militant." (La "fraction externe du CCI" (polémique) [41], Revue Internationale no 45 [42].
C.3 La Fraction Interne du CCI (2001), qui mutera en GIGC (Groupe Internationaliste de la Gauche Communiste) en 2013, constitue sans conteste un pas supplémentaire dans l'ignominie, justifiant ainsi qu'on y dédie une partie importante de ce texte.
Nous rapportons ici une partie de la chaine des évènements ayant conduit à la formation de la FICCI (Fraction interne du CCI), cristallisation dans le CCI d'un corps étranger, en citant un communiqué à nos lecteurs faisant état des agissements, au sein de notre organisation et à l'extérieur de celle-ci, de membres de notre organisation :
"ce qui a posé problème, c'est que, sous le prétexte de (…) désaccords, un certain nombre de militants de la section en France ont mené (…) une politique de violation permanente de nos règles organisationnelles. Sur la base d'une réaction "d'amour propre blessé", ils se sont lancés à corps perdu dans des attitudes anarchisantes de violation des décisions du Congrès, de dénigrement et de calomnies, de mauvaise foi, de mensonges. Après plusieurs manquements organisationnels, dont certains d'une extrême gravité, qui ont nécessité des réactions fermes de l'organisation, ces camarades ont secrètement tenu des réunions pendant le mois d'août 2001 (…) Le procès-verbal d'une des réunions de cette tendance secrète est parvenu à l'organisation, contre la volonté de ses participants. Il a permis que soit clairement mis en évidence, au sein de l'organisation, le fait que ces camarades, en toute conscience de la gravité de leurs actes, étaient en train de fomenter un complot contre l'organisation, faisant ainsi la preuve d'une déloyauté totale envers le CCI, laquelle s'est exprimée en particulier à travers : l'établissement d'une stratégie pour tromper l'organisation et faire passer sa propre politique ; une démarche putschiste/gauchiste posant les problèmes politiques confrontés en terme de "récupération des moyens de fonctionnement" ; l'établissement de liens conférant "une solidarité de fer" entre les participants et contre les organes centraux, tournant ainsi clairement le dos à la discipline librement consentie au sein d'une organisation politique prolétarienne." (Communiqué à nos lecteurs - Une attaque parasitaire visant à discréditer le CCI [43], 21 mars 2002)
Dès sa constitution, la FICCI, s'est toujours présentée comme le meilleur défenseur de la plate-forme et des positions du CCI, à l'exception toutefois de "l'analyse de la phase ultime de la décadence, celle de la décomposition", et des "thèses sur le parasitisme politique". La première exception visait à être plus en phase avec les autres groupes du MPP qui ne partageaient pas l'analyse de la décomposition. La seconde lui permettait de réfuter plus facilement le fait qu'à son tour elle constituait elle-même un regroupement parasitaire, alors même que ses membres étaient jusque-là des défenseurs convaincus de la nécessité du combat contre le parasitisme.
Les membres de la FICCI se placèrent eux-mêmes et délibérément en dehors de notre organisation comme conséquence des comportements suivants :
Finalement les membres de la FICCI furent exclus de notre organisation, non pour ces comportements pourtant intolérables mais pour leurs activités d'indicateurs avec, à leur actif, plusieurs actes de mouchardage. C'est ainsi, notamment, qu'ils publièrent, sur leur site Internet, la date à laquelle devait se tenir une Conférence du CCI au Mexique en présence de militants venus d'autres pays. Cet acte répugnant de la FICCI consistant à faciliter le travail des forces de répression de l'État bourgeois contre les militants révolutionnaires est d'autant plus ignoble que les membres de la FICCI savaient pertinemment que certains de nos camarades au Mexique avaient déjà, dans le passé, été directement victimes de la répression et que certains avaient été contraints de fuir leur pays d'origine.
Mais les comportements de mouchards des membres de la FICCI ne se résument pas à cet épisode. Avant et après leur exclusion du CCI, ils ont systématisé leur travail d'espionnage de notre organisation et rendu compte régulièrement, dans leurs bulletins, des résultats ainsi obtenus (Voir en particulier les bulletins de la FICCI n° 14, 18 et 19).
Leur sordide récolte d'informations est tout à fait significative de la manière dont ces gens concevaient leur "travail de fraction" (commérages, rapports de police). En effet, l'exhibition de telles informations s'adresse également à l'ensemble du CCI, en vue de mettre la pression sur ses militants en leur faisant comprendre qu'ils sont "sous surveillance", que rien de leurs faits et gestes n'échappera à la vigilance de la "Fraction interne".
Ce n'est pas parce qu'il émane de cerveaux malades de persécuteurs obsessionnels qu'il ne faut pas prendre au sérieux un tel travail de flicage de notre organisation et plus particulièrement de certains de ses membres.
Pour conclure sur les comportements policiers de la FICCI, il vaut la peine de signaler la publication par celle-ci d'un texte de 118 pages intitulé "L'Histoire du Secrétariat international du CCI". Ce texte, d'après son sous-titre, prétend raconter "Comment l'opportunisme s'est imposé dans les organes centraux avant de contaminer et entamer la destruction de l'ensemble de l'organisation...". Cet écrit illustre, encore une fois, le caractère policier de la démarche de la FICCI. En effet, il explique la prétendue "évolution opportuniste" du CCI par les "intrigues" d'un certain nombre de personnages malfaisants, en particulier la "compagne du chef" (présentée comme un agent de l'État exerçant son emprise sur le "chef"). C'est comme si la dégénérescence et la trahison du parti bolchevique avaient été le résultat de l'action du mégalomane Staline et non la conséquence de l'échec de la révolution mondiale et de l'isolement de la révolution en Russie. Ce texte relève de la plus pure conception policière de l'histoire laquelle a toujours été combattue par le marxisme.
Mais le caractère policier le plus odieux de ce texte, c'est bien le fait qu'il divulgue de nombreux détails sur le fonctionnement interne de notre organisation et qui sont pain bénit pour les services de police.
Faute d'avoir pu convaincre les militants du CCI de la nécessité d'exclure le "chef" et la "compagne du chef", ce groupuscule parasitaire s'est donné comme objectif d'entraîner derrière ses calomnies les autres groupes de la Gauche communiste afin d'établir un cordon sanitaire autour du CCI et le discréditer (voir ci-après les épisodes de la "réunion publique du BIPR à Paris" et du "Circulo"). En fait ce sont tous les lieux d'intervention du CCI (permanences, réunions publiques, …) que la FICCI ciblait, alors que nous en avions interdit l'accès à ses membres du fait même de leur activité de mouchardage[7]. Alors que nous faisions appliquer notre décision de les écarter de tels lieux, nous avons dû certaines fois faire face à des menaces (dont celle proférée à haute voix de trancher la gorge à l'un de nos camarades) et agressions de ces voyous.
La FICCI se présente comme "le véritable continuateur du CCI" qui aurait connu une dégénérescence "opportuniste" et "stalinienne". Elle déclare poursuivre le travail, abandonné à ses dires par le CCI, de défense dans la classe ouvrière des "véritables positions de cette organisation" lesquelles seraient menacées par le développement de l'opportunisme en son sein affectant, en premier lieu, la question du fonctionnement. On a vu dans la pratique de ce groupe sa propre conception du respect des statuts et même des règles de comportement les plus élémentaires du mouvement ouvrier : "s'asseoir dessus", les piétiner avec fureur.
La méthode, consistant à "suggérer" en évitant le problème politique de fond, faisant appel au "bon sens populaire", aux méthodes de la chasse aux sorcières pratiquées au Moyen-âge
C'est ainsi que le CCI a été la cible de nombreuses autres accusations de la part de la FICCI, non évoquées jusqu'ici, et dont voici un tout petit échantillon : le CCI serait aujourd'hui frappé du stigmate "d'un éloignement progressif du marxisme et d'une tendance de plus en plus affirmée à mettre en avant (et à défendre) des valeurs bourgeoises et petites bourgeoises en vogue (le "jeunisme", le féminisme et surtout la "non-violence")" ; le CCI "ferait le jeu de la répression".
Le BIPR[8] a été la cible d'une manœuvre osée de la part du la FICCI consistant à organiser, au bénéfice de ce groupe, une réunion publique à Paris, le 2 octobre 2004. En fait, il s'agissait d'une réunion publique conçue pour être au service de la réputation de la FICCI, au détriment de celle du BIPR et en vue de porter une attaque contre le CCI.
L'annonce de cette réunion par le BIPR indiquait que son thème était la guerre en Irak. Par contre, l'annonce qu'en fit la FICCI soulignait toute l'importance de sa propre démarche : "Sur notre suggestion et avec notre soutien politique et matériel, le BIPR va organiser une réunion publique à Paris (RP qui, nous l'espérons, ne sera pas la dernière) à laquelle nous appelons tous nos lecteurs à participer". Ce qu'il ressort de cet appel c'est que, sans la FICCI, cette organisation de la Gauche communiste, qui existe à l'échelle internationale et qui est connue depuis des décennies, n'aurait pas pu prendre l'initiative et organiser la réunion publique !
En fait, ce groupe parasite a utilisé le BIPR comme un "homme de paille" pour sa propre publicité en vue de l'obtention d'un certificat de respectabilité, de reconnaissance de son appartenance à la Gauche communiste. Et la voyoucratie décomplexée n'a pas hésité à utiliser le carnet d'adresse des contacts du CCI (qu'elle avait dérobée avant son départ de l'organisation) pour diffuser son appel à cette réunion publique.
En 2004, le CCI était entré en relation politique avec un petit groupe en recherche en Argentine, le NCI (Nucleo comunista internacional). Fin juillet 2004, un membre du NCI, Monsieur B. tenta une manœuvre audacieuse : il demanda l’intégration immédiate du groupe au CCI. Il imposa cette exigence malgré la résistance des autres camarades du NCI qui, même s’ils se donnaient aussi comme objectif l’adhésion au CCI, ressentaient la nécessité de réaliser préalablement tout un travail en profondeur de clarification et d’assimilation, le militantisme communiste ne pouvant se baser que sur de solides convictions. Le CCI rejeta cette exigence conformément à notre politique s'opposant aux intégrations précipitées et immatures qui peuvent contenir le risque de la destruction de militants et sont nocives pour l’organisation.
Parallèlement à cela, une alliance s'était nouée entre la FICCI et l'aventurier B, certainement à l'initiative de B, au service d'une manœuvre contre le CCI utilisant, à son insu, le NCI. La manœuvre consistait à faire circuler au sein du milieu politique prolétarien une dénonciation du CCI et de ses "méthodes nauséabondes" qui semblait émaner indirectement du NCI, puisque cette dénonciation était signée d'un mystérieux et fictif "Circulo de comunistas internacionalistas" (soit "CCI" en abrégé !), animé par le citoyen B et qui, selon lui, était supposé constituer le "dépassement politique" du NCI. Ces calomnies furent véhiculées au moyen d'un tract du "Circulo" diffusé par la FICCI à l'occasion de la réunion publique à Paris du BIPR du 2 octobre 2004. Elles furent également mises en ligne en différentes langues sur le site du BIPR. En plus de cibler directement le CCI, le tract en question prenait la défense de la FICCI remettant totalement en cause une prise de position du NCI du 22 mai 2004 qui avait dénoncé ce groupe.
La manière dont le citoyen B a été amené à élaborer sa manœuvre est typique d'un aventurier, de ses ambitions et de son absence totale de scrupules et de préoccupation pour la cause du prolétariat. Le recours aux services d'un aventurier, par la FICCI, pour satisfaire sa haine du CCI et tenter de mettre en place, par le dénigrement public, l'isolement politique de notre organisation, est digne des personnages minables et méprisables qui peuplent le monde mesquin de la petite et de la grande bourgeoisie.
Le GIGC ayant eu en sa possession des bulletins internes du CCI, à travers un moyen que nous ignorions, il a fait toute une publicité tapageuse autour de cet évènement, voyant en celui-ci la preuve d'une crise du CCI. Le message que ces mouchards patentés cherchaient alors à faire passer était très clair : "il y a une "taupe" dans le CCI qui travaille main dans la main avec l’ex-FICCI !". C’était clairement un travail policier n’ayant pas d’autre objectif que de semer la suspicion généralisée, le trouble et la zizanie au sein de notre organisation. Ce sont ces mêmes méthodes qu’avait utilisées le Guépéou, la police politique de Staline, pour détruire de l’intérieur le mouvement trotskiste des années 1930. Ce sont ces mêmes méthodes qu’avaient déjà utilisées les membres de l’ex-FICCI (et notamment deux d’entre eux, Juan et Jonas, membres fondateurs du "GIGC") lorsqu’ils faisaient des voyages "spéciaux" dans plusieurs sections du CCI en 2001 pour organiser des réunions secrètes et faire circuler des rumeurs suivant lesquelles l’une de nos camarades (la "femme du chef du CCI", suivant leur expression) serait un "flic".
Le CCI avait dénoncé une tentative de falsification des origines réelles de la Gauche communiste émanant d'un blog nommé Nuevo Curso et orchestrée par un aventurier, Gaizka, dont l'objectif n'est nullement de contribuer à clarifier et défendre les positions de ce courant mais de se "faire un nom" dans le milieu politique prolétarien. Cette attaque contre le courant historique de la Gauche communiste vise à transformer celle-ci en une mouvance aux contours flous, amputée des principes prolétariens rigoureux ayant présidé à sa formation, ce qui constitue un obstacle à la transmission aux futures générations de révolutionnaires des acquis du combat des fractions de gauche contre l'opportunisme et la dégénérescence des partis de l'Internationale communiste.
Quant à l'aventurier Gaizka, nous avons fourni à son sujet une quantité importante d'informations, à ce jour non réfutées, concernant les relations de ce Monsieur dans le monde des personnalités de la politique bourgeoise (de gauche surtout mais également de droite). C'est un comportement et un trait de personnalité qu'il partage avec des aventuriers - même s'il est loin, évidemment, d'avoir l'envergure de ces personnages - plus connus dans l'histoire comme Ferdinand Lassalle et Jean Baptiste von Schweitzer qui avaient opéré au sein du mouvement ouvrier en Allemagne au 19e siècle,.
C'est avec beaucoup d'enthousiasme, et de flagornerie, que le GIGC avait salué l'entrée sur la scène politique du blog Nuevo Curso : "L’ensemble des positions qu’il défend sont très clairement de classe et se situent dans le cadre programmatique de la Gauche communiste (…)". De plus, dès lors que notre organisation avait donné suffisamment d'informations aux lecteurs permettant de caractériser Gaizka (le principal animateur de Nuevo Curso) comme un aventurier présentant la particularité d'avoir entretenu, en 1992-94, des relations avec le plus important parti de la bourgeoisie en Espagne à cette époque, le PSOE, il n'y avait plus de doute permis concernant le sens de la démarche de Nuevo Curso visant à dénaturer la Gauche communiste. Pourtant, ce ne sont pas ces informations accessibles à tous (et démenties par personne, nous le répétons) qui ont empêché le GIGC de voler au secours de l'aventurier Gaizka, face à la dénonciation que nous en avons faite : "nous devons souligner qu’à ce jour, nous n’avons constaté aucune provocation, manœuvre, dénigrement, calomnie ou rumeur, lancée par les membres de Nuevo Curso, même à titre individuel, ni aucune politique de destruction contre d’autres groupes ou militants révolutionnaires".[10]
Il est au plus haut point révélateur que, pour écarter toute suspicion d'aventurisme à propos de la personne de Gaizka, l'animateur du GIGC prenne comme critère un ensemble de traits politiques qui le caractérisent lui-même au premier chef, mais pas nécessairement particulièrement Gaizka : provocateur, manœuvrier, dénigreur, calomniateur, destructeur de réputation, …. Quant à Gaizka, bien qu'il ne soit pas de l'envergure d'un Lassalle ou d'un Schweitzer, il "essaie de jouer dans la cour des grands" et il est même parvenu à se faire reconnaître d'un certain nombre d'entre eux grâce à certaines de ses capacités intellectuelles, à défaut de traiter d'égal à égal avec les plus grands comme c'était le cas de Lassalle avec Bismarck. [11]
À sa petite échelle, Gaizka s'imaginait pourvoir jouer un rôle en tant que représentant d'une branche de la Gauche communiste (la Gauche communiste espagnole), inventée de toute pièce par lui-même. La grande ambition de "monsieur GIGC", pour sa part, est de couvrir d'ordures le CCI.
Pour illustrer notre analyse du phénomène du parasitisme politique, nous nous sommes principalement appuyés sur l'exemple du GIGC (anciennement FICCI). Le fait que cette organisation constitue une sorte de caricature de parasitisme nous a permis à la fois de dénoncer à nouveau sa crapulerie et sa malfaisance mais aussi de faire mieux ressortir les traits majeurs qui caractérisent ce phénomène et qu'on retrouve dans d'autres groupes ou éléments qui inscrivent leur activité dans une démarche parasitaire, même si c'est de façon moins évidente et plus subtile. Ainsi, le GIGC-FICCI est, à notre connaissance, le seul groupe qui ait adopté de façon délibérée une attitude de mouchard, d'agent conscient de la répression capitaliste. Cependant, en adoptant cette attitude d'agent conscient (même si non rétribué) de l'État bourgeois, ce groupe ne fait qu'exprimer de la façon la plus extrême l'essence et la fonction du parasitisme politique (et qui avaient été déjà analysées, comme on l'a vu, par Marx et Engels) : mener, au nom de la défense du programme prolétarien, un combat déterminé contre les véritables organisations de la classe ouvrière. Et cela, évidemment, pour le plus grand bénéfice de son ennemie mortelle, la bourgeoisie. Et si certains groupes s'abstiennent des outrances du GIGC, préférant pratiquer un parasitisme "soft", plus subtil, cela ne les rend pas moins dangereux, bien au contraire.
De la même façon que les véritables organisations du prolétariat ne pourront assumer, comme l'a démontré toute l'histoire du mouvement ouvrier, le rôle que celui-ci leur a confié qu'en menant un combat déterminé contre la gangrène opportuniste, elles ne pourront être à la hauteur de leur responsabilité qu'en menant un combat aussi déterminé contre la plaie du parasitisme. Cela, Marx et Engels l'avaient pleinement compris à partir de la fin des années 1860, et notamment lors du Congrès de La Haye de la Première Internationale en 1872 même si, par la suite, un grand nombre de marxiste, qui pourtant menaient le combat contre l'opportunisme, tel Franz Mehring, n'ont pas compris le sens et l'importance du combat contre l'Alliance de Bakounine. C'est probablement une des raisons (à côté de la naïveté et des glissements opportunistes) pour lesquelles la question du parasitisme n'est pas comprise dans le milieu politique prolétarien. Mais il ne saurait être question de faire des faiblesses du mouvement ouvrier un argument pour refuser de voir et affronter les dangers qui menacent le combat historique de notre classe. C'est pleinement que nous nous réclamons de l'esprit de cette phrase d'Engels citée au début de l'article : "Il est grand temps, une fois pour toutes, de mettre fin aux luttes internes quotidiennement provoquées dans notre Association par la présence de ce corps parasite."
CCI 07-08-23
[Retour à la série : Le parasitisme politique n'est pas un mythe, le GIGC en est une dangereuse expression [24]]
[1] Construction de l'organisation des révolutionnaires : thèses sur le parasitisme [44]. Revue internationale n° 94
[2] Questions d'organisation, III : le congrès de La Haye de 1872 : la lutte contre le parasitisme politique. [45] Revue internationale n° 87.
[3] "Alliance de la démocratie socialiste", fondée par Bakounine qui allait trouver un terrain fertile dans des secteurs importants de l'Internationale du fait des faiblesses qui pesaient encore sur elle et qui résultaient de l'immaturité politique du prolétariat à cette époque, un prolétariat qui ne s'était pas encore totalement dégagé des vestiges de l'étape précédente de son développement, et notamment des mouvements sectaires.
[4] "Avant de rejoindre l'AIT, Bakounine a expliqué à ses disciples pourquoi l'AIT n'était pas une organisation révolutionnaire : les proudhoniens étaient devenus réformistes, les blanquistes avaient vieilli, et les allemands et le Conseil général que soi-disant ceux-ci dominaient, étaient "autoritaires". Selon Bakounine, ce qui manquait avant tout, c'était la "volonté" révolutionnaire. C'est ça que l'Alliance voulait assurer en passant par-dessus le programme et les statuts et en trompant ses membres.
Pour Bakounine, l'organisation que le prolétariat avait forgée, qu'il avait construite au cours d'années de travail acharné, ne valait rien. Ce qui était tout pour lui, c'étaient les sectes conspiratrices qu'il avait lui-même créées et contrôlées. Ce n'est pas l'organisation de classe qui l'intéressait, mais son propre statut personnel et sa réputation, sa "liberté" anarchiste ou ce qu'on appelle aujourd'hui "réalisation de soi". Pour Bakounine et ses semblables, le mouvement ouvrier n'était rien d'autre que le véhicule de la réalisation de leur individu et de leurs projets individualistes." Questions d'organisation, I : la première internationale et la lutte contre le sectarisme [46]." Revue internationale n° 87.
[5] La Revue Internationale n°44, dans l'article consacré au 6ème Congrès du CCI, rend compte du départ de ces camarades et de leur constitution en "Fraction". Le lecteur pourra s'y reporter, ainsi qu'aux articles publiés dans les Revues n°40 à 43 reflétant l'évolution du débat au sein du CCI.
[6] Les éléments d'information publiés ci-après sont un résumé d'une partie d'un article, L'aventurier Gaizka a les défenseurs qu'il mérite : les voyous du GIGC [47], rendant compte de façon plus détaillée des nuisances de ce groupe parasite.
[8] BIPR : Bureau International pour le Parti Révolutionnaire. Groupe fondé en 1984 par le le Partito comunista internazionalista (Battaglia comunista) et la Communist Worker's Organisation (CWO). Depuis 2009, ce groupe a changé de nom pour devenir la Tendance Communiste Internationaliste (TCI).
[9] Lire notre articles L'aventurier Gaizka a les défenseurs qu'il mérite : les voyous du GIGC [49]. (février 2021)
[10] Nouvelle attaque du CCI contre le camp prolétarien international [50] (1er février 2020)
Le 13 juillet, le Parlement adopte définitivement le projet de « loi de programmation militaire » (LPM) qui prévoit, pour 2024-2030, un budget colossal de 413 milliards d’Euros, en hausse de 40 % par rapport à 2019-2025. Tout le beau monde des élus s’est félicité de l’esprit démocratique qui a régné dans les débats. Lecornu, ministre de la Défense, devait apporter comme cadeau à Macron pour le 14 juillet, l’accord largement majoritaire des députés et des sénateurs, y inclus du Parti socialiste… sauf des écologistes, qui se sont abstenus, de LFI et du PCF qui ont voté contre. Quiconque aurait pu penser que tous ces partis, qui prétendent défendre les ouvriers, se seraient élevés contre un tel budget qui va nécessiter des attaques brutales contre la classe ouvrière. Que nenni ! Ce qu’ils remettent en cause, ce n’est pas la loi elle-même, son budget faramineux, mais les choix du gouvernement.
Quelles critiques portent-ils au gouvernement ? Le groupe écologiste au Sénat, dans son communiqué de presse du 29 juin, « salue les progrès du texte lors de son examen parlementaire, notamment en matière de contrôle parlementaire sur l’exécution de la LPM et surtout sur le contrôle des exportations d’armes de la France. Il est parfaitement conscient du besoin impérieux de reconstituer nos stocks stratégiques pour continuer à aider l’Ukraine et ne conteste pas l’effort qu’engage la Nation en faveur de sa Défense ». Au moins, c’est très clair ! ! Par contre, les sénateurs écologistes auraient souhaité que les plus aisés contribuent plus à l’effort de guerre et que les moyens humains et capacitaires des forces conventionnelles, en particulier de l’armée de terre, soient renforcés. Et pour rajouter un vernis écologiste, les sénateurs demandent à Macron que les mêmes efforts budgétaires soient aussi faits pour assurer la sécurité climatique. Oui pour la guerre, mais… de manière écologique !
Pour le PCF, il faut se libérer de l’OTAN pour se consacrer exclusivement à la défense de la nation et tous les territoires d’outre-mer. Pour ce parti stalinien, il faut une armée forte afin de « sécuriser nos zones économiques exclusives », c’est-à-dire défendre l’impérialisme français face aux autres nations impérialistes. « C’est la raison pour laquelle toutes les dépenses permettant à nos armées de disposer des meilleurs matériels, à la pointe des nouvelles technologies et à nos soldats d’être bien équipés, bien formés, mieux entraînés et mieux rémunérés sont pleinement justifiées. Face au contexte de guerre et de tensions internationales, il fallait augmenter le budget des armées, mais certainement pas le doubler ! » Appréciez la nuance : « il fallait augmenter le budget des armées mais certainement pas le doubler ».
Sur son site où est publiée sa vision de la LPM, LFI emboîte le pas du PCF, en soutenant le principe d’une défense « souveraine » et « indépendante », hors de l’OTAN et de l’Europe, avec la nationalisation des principaux secteurs industriels au service du militaire, avec, cerise sur le gâteau : la suppression du SNU pour la création d’une conscription citoyenne obligatoire socle d’une « Garde nationale citoyenne », d’une durée de 9 mois. Quel est le projet de LFI ? Des jeunes, de 18/25 ans, rémunérés au SMIC, qui auront une formation militaire initiale au maniement des armes et aux manœuvres et des formations ponctuelles dans d’autres secteurs régaliens (aux côtés des effectifs professionnels de la police, gendarmerie, sécurité civile, pompiers, agents des eaux et forêts, premiers secours). Cette période de formation militaire pourrait être prolongée sur la base du volontariat, dans la limite des besoins des armées et des autres secteurs accueillant les recrues ; comporterait un volet d’éducation civique et de formation aux enjeux géopolitiques. Selon LFI, il s’agit pour cette jeunesse de connaître quelles zones de l’impérialisme français défendre. Cette conscription constituera le socle d’une « Garde nationale » renouvelée, ouverte sur la base du volontariat à chaque jeune ayant effectué son service. Elle remplacera le dispositif actuel des réserves de l’armée, de la police et de la gendarmerie, majoritairement composées d’anciens professionnels et donc coupées de la nation. Plus fort que Macron et son SNU ! Embrigadement général de la jeunesse pour défendre la nation et pour en faire des flics !
Et la NUPES peut compter sur le soutien des trotskistes. Des lambertistes du POI (Parti ouvrier indépendant, courant de la FI depuis sa création en 2017) jusqu’à Lutte ouvrière (de manière « critique »), en passant par le Nouveau parti anticapitaliste et la Tendance marxiste internationale, les trotskistes sont un soutien indéfectible de la NUPES et de son programme de militarisation de la société et d’embrigadement du prolétariat. De véritables sergents recruteurs pour les guerres impérialistes.
Depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine, toutes les nations capitalistes ont augmenté considérablement leur budget militaire. Les tensions impérialistes sont arrivées à un tel degré que le risque accru de guerre devient de plus en plus palpable, avec en toile de fond une concurrence exacerbée et un développement débridé du chacun pour soi. Tous les États capitalistes sont pris dans cet engrenage infernal, tous les partis bourgeois sont prêts à défendre leurs intérêts par les armes. Pas seulement les fractions de droite, mais aussi celles de gauche et d’extrême gauche comme l’histoire nous l’a appris. La NUPES, avec le PS en son sein qui a voté la LPM, et leurs larbins d’extrême gauche, sont pleinement impliqués dans la défense du capitalisme comme ils l’ont été dans le passé. Pour donner quelques exemples :
– En 1914, les sociales démocraties européennes ont appelé les ouvriers à s’entre-massacrer dans la première grande boucherie mondiale ;
– A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, le Front populaire et son homologue corollaire, le Frente popular en Espagne, ont enrôlé le prolétariat dans la lutte contre l’antifascisme en 1936 puis dans la deuxième grande boucherie mondiale, avec le soutien des trotskistes et des anarchistes ;
– le démocrate Roosevelt, quelques années après, a entraîné les États-Unis dans cette même boucherie ;
– les staliniens, avec leurs alliés trotskistes et certains anarchistes, ont été les ardents défenseurs du capitalisme à la sauce « coq gaulois » à travers la Résistance et lors de la Libération de Paris, en août 1944, leurs milices hurlant : « à chacun son boche » ;
– c’est un ministre cdu Parti communiste qui envoie l’aviation massacrer des milliers d’algériens à Sétif, en 1945, au moment de la commémoration de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dans d’autres localités d’Algérie, des milliers de nationalistes furent sommairement exécutés par les ministres de gauche sous le gouvernement de De Gaulle ;
– durant la période de la guerre froide, les partis socialistes européens se préparaient à affronter le bloc adverse à travers la défense de la politique atlantiste, alors que dans le même temps, les États-Unis, avec à leur tête les démocrates, perpétraient des massacres au Vietnam en enrôlant la jeunesse américaine ;
– dans les années 1990, ce sont les partis socialistes (Mitterrand, Tony Blair) qui, sous le diktat des États-Unis, se sont vautrés dans la barbarie de la première guerre du Golfe contre l’Irak ;
– et les trotskistes ont aussi leur part de défenseurs des brigands impérialistes, dans les différentes « luttes de libération nationales » au nom de la défense de l’URSS contre le grand méchant américain, et aujourd’hui encore en défense soit de l’Ukraine pour le NPA ou de la Russie pour Lutte ouvrière.
La classe ouvrière ne doit pas se faire d’illusion sur la NUPES et ses acolytes trotskistes. Ce sont des partis bourgeois, des défenseurs de l’ordre capitaliste et de l’impérialisme. Dans les luttes que le prolétariat mène sur son propre terrain pour défendre ses conditions de vie, et qu’il sera obligé de développer dans les semaines, les mois et les années à venir, du fait qu’il va subir des attaques de plus en plus violentes, il lui faudra démasquer tous ces partis qui se prétendent être ses défenseurs alors qu’ils sont ses pires ennemis toujours au service de l’État.
André, 25 juillet 2023
Révolution Internationale, section en France du Courant Communiste International, organise une permanence en ligne le vendredi 1er septembre à partir de 20H00.
Ces permanences sont des lieux de débat ouverts à tous ceux qui souhaitent rencontrer et discuter avec le CCI. Nous invitons vivement tous nos lecteurs et tous nos sympathisants à venir y débattre afin de poursuivre la réflexion sur les enjeux de la situation et confronter les points de vue. N'hésitez pas à nous faire part des questions que vous souhaiteriez aborder.
Les lecteurs qui souhaitent participer aux permanences en ligne peuvent adresser un message sur notre adresse électronique ([email protected] [63]) ou dans la rubrique “nous contacter [64]” de notre site internet, en signalant quelles questions ils voudraient aborder afin de nous permettre d’organiser au mieux les débat.
Les modalités techniques pour se connecter à la permanence seront communiquées ultérieurement.
Liens
[1] https://fr.internationalism.org/content/10914/attaquer-cci-raison-detre-du-gigc
[2] https://fr.internationalism.org/content/11084/fondements-marxistes-notion-parasitisme-politique-et-combat-contre-ce-fleau
[3] https://fr.internationalism.org/content/11083/pseudo-critique-plateforme-du-cci-gigc-simulacre-danalyse-discrediter-cci-et-sa
[4] https://fr.internationalism.org/content/11323/defense-plateforme-du-cci-nouveaux-mensonges-du-gigc
[5] https://fr.internationalism.org/content/11390/face-aux-mensonges-et-embrouilles-du-gigc-defense-lintervention-du-cci-face-a-guerre
[6] https://fr.internationalism.org/content/10907/comite-qui-entraine-participants-limpasse
[7] http://www.igcl.org/Impasse-et-contradictions-du-CCI
[8] https://fr.internationalism.org/content/10408/laventurier-gaizka-a-defenseurs-quil-merite-voyous-du-gigc#_ftn1
[9] https://fr.internationalism.org/tag/vie-du-cci/defense-lorganisation
[10] https://fr.internationalism.org/tag/personnages/gaizka
[11] https://fr.internationalism.org/tag/courants-politiques/aventurisme-parasitisme-politiques
[12] https://fr.internationalism.org/icconline/2010/solidarite_avec_les_lyceens_en_lutte_contre_la_repression_policiere.html
[13] https://fr.internationalism.org/tag/personnages/antonio
[14] https://fr.internationalism.org/booktree/2860
[15] https://fr.internationalism.org/content/10874/capitalisme-mene-a-destruction-lhumanite-seule-revolution-mondiale-du-proletariat-peut
[16] https://fr.internationalism.org/rinte2/orga.htm
[17] https://fr.internationalism.org/french/rinte33/structure_et_fonctionnement_organisation_revolutionnaire.htm
[18] https://fr.internationalism.org/rinte35/orga.htm
[19] https://fr.internationalism.org/revue-internationale/201601/9305/rapport-role-du-cci-tant-fraction
[20] https://fr.internationalism.org/french/rint/100_democratie
[21] https://fr.internationalism.org/revorusse/chap2.htm
[22] https://fr.internationalism.org/french/brochures/conseillisme_parti_bolchevik.htm
[23] https://fr.internationalism.org/rinte18/cours.htm
[24] https://fr.internationalism.org/content/11085/parasitisme_politique_nest_pas_mythe_gigc_dangereuse_expression
[25] http://igcl.org/Prise-de-position-sur-la-671
[26] http://www.igcl.org/Reponse-a-la-Tendance-Communiste-802
[27] http://www.igcl.org/Premiers-commentaires-et-debats
[28] http://www.igcl.org/Prise-de-position-sur-la-671
[29] https://fr.internationalism.org/gcf/prsentation#_ftnref2
[30] https://fr.internationalism.org/rint/123_30ans
[31] https://fr.internationalism.org/icconline/1998/gauche-communiste
[32] https://fr.internationalism.org/rinte36/pci.htm
[33] https://fr.internationalism.org/rinte90/bipr.htm
[34] https://fr.internationalism.org/rinte91/bipr.htm
[35] http://www.igcl.org/Prise-de-position-sur-la-671#nh12
[36] http://www.igcl.org/Prise-de-position-sur-la-671#nh3
[37] http://www.igcl.org/Prise-de-position-de-la-TCI-sur
[38] https://fr.internationalism.org/french/rint/99_bipr
[39] https://fr.internationalism.org/tag/courants-politiques/ficci-gigcigcl
[40] https://fr.internationalism.org/rinte83/cbg.htm
[41] https://fr.internationalism.org/rinte45/fecci.htm
[42] https://fr.internationalism.org/content/revue-internationale-no-45-2e-trimestre-1986
[43] https://fr.internationalism.org/cci2002/Ficci.htm
[44] https://fr.internationalism.org/rinte94/parasitisme.htm
[45] https://fr.internationalism.org/rinte87/parasitisme.htm
[46] https://fr.internationalism.org/rinte84/organisation.htm
[47] https://fr.internationalism.org/content/10408/laventurier-gaizka-a-defenseurs-quil-merite-voyous-du-gigc#_ftn2
[48] https://fr.internationalism.org/ri338/rp.html
[49] https://fr.internationalism.org/content/10408/laventurier-gaizka-a-defenseurs-quil-merite-voyous-du-gigc
[50] https://igcl.org/Nouvelle-attaque-du-CCI-contre-le
[51] https://fr.internationalism.org/content/9996/lassalle-et-schweitzer-lutte-contre-aventuriers-politiques-mouvement-ouvrier
[52] https://fr.internationalism.org/tag/histoire-du-mouvement-ouvrier/lassociation-internationale-des-travailleurs
[53] https://fr.internationalism.org/tag/conscience-et-organisation/premiere-internationale
[54] https://fr.internationalism.org/tag/personnages/citoyen-b
[55] https://fr.internationalism.org/tag/personnages/ferdinand-lassalle
[56] https://fr.internationalism.org/tag/situations-territoriales/vie-bourgeoisie-france
[57] https://fr.internationalism.org/tag/recent-et-cours/lfi
[58] https://fr.internationalism.org/tag/recent-et-cours/nupes
[59] https://fr.internationalism.org/tag/courants-politiques/stalinisme
[60] https://fr.internationalism.org/tag/courants-politiques/gauchisme
[61] https://fr.internationalism.org/tag/courants-politiques/trotskysme
[62] https://fr.internationalism.org/tag/courants-politiques/anarchisme-officiel
[63] mailto:[email protected]
[64] https://fr.internationalism.org/contact
[65] https://fr.internationalism.org/tag/vie-du-cci/permanences