Berlin 1948 : en 1948, le pont aérien de Berlin cache les crimes de l'impérialisme allié

Soumis par RévolutionInter... le 10 juillet, 2005 - 17:23.

BERLIN 1948

EN 1948, LE PONT AÉRIEN DE BERLIN CACHE LES CRIMES DE L'IMPÉRIALISME ALLIÉ

A de nombreuses reprises, dans notre presse, nous avons dénoncé les mas­sacres et les crimes des « grandes dé­mocraties » et mis en relief la co-res­ponsabilité des « alliés » et des nazis dans l'holocauste (Revue internationale n° 66 et 89).

Contrairement à ce que la propagande mensongère de la bourgeoisie met en avant – répétant inlassablement que la Seconde Guerre mondiale a été un combat en­tre les « forces du bien », « démocratiques et humanistes », et le « mal absolu », nazi et totalitaire –, celle-ci fut l'affrontement sanglant entre intérêts impérialistes rivaux et antagoni­ques tout aussi barbares et meurtriers les uns que les autres.

Une fois la guerre terminée et l'Allema­gne battue, ce furent encore les tendan­ces naturelles du capitalisme décadent et les nouvelles rivalités impérialistes entre « alliés » de la veille qui imposè­rent un régime de famine et de terreur aux populations européennes et, en premier lieu, à la population allemande. Là-aussi, contrairement à ce que déve­loppe la propagande des bourgeoisies occidentales, cette politique ne fut pas l'apanage du stalinisme.

L'épisode du pont aérien sur Berlin en 1948 marqua une accélération brutale des antagonismes impérialistes entre les blocs qui se sont constitués autour de la Russie stalinienne et des Etats-Unis. Il fut un tournant dans la politique de ces derniers à l'égard de l'Allemagne. Loin d'être l'expression de leur huma­nisme, le pont aérien des occidentaux sur Berlin fut une expression de leur contre-offensive face aux visées impé­rialistes russes. Par la même occasion, il leur permit aussi de masquer la politi­que de terreur, de famine organisée, de déportations massives et d'enfermement dans des camps de travail qu'ils impo­sèrent à la population allemande dans l'immédiat après-guerre.

Il n'est pas surprenant que les vainqueurs démocrates de la deuxième guerre mondiale – les bourgeoisies américaine, britannique et française – aient saisi l'opportunité de cette année pour célébrer le cinquantième anni­versaire du pont aérien de Berlin qui a commencé le 26 juin 1948. Selon leur pro­pagande actuelle, cet événement d'une part prouverait le soi-disant humanisme des grandes "démocraties" occidentales et leur compassion envers une nation défaite; d'au­tre part il aurait été le signal de la résistance contre les menaces du totalitarisme russe. Durant plus d'une année, plus de 2,3 mil­lions de tonnes d'approvisionnement de secours ont été livrés par les 277 728 vols des avions américains et britanniques sur Berlin ouest isolé par le blocus imposé par l'impérialisme russe. La "passion" pour la paix, la liberté et la dignité humaine qui s'était manifestée à travers cet épisode his­torique, continuerait aujourd'hui d'animer les coeurs des impérialistes occidentaux, selon leurs propres médias et politiciens.

Rien n'est aussi éloigné de la vérité ! Que l'on se penche sur l'histoire des cinquante dernières années en général qui multiplie les preuves de leur barbarie sanguinaire ou même sur l'épisode du pont aérien sur Berlin et sa signification réelle ! En réalité, le pont aérien marque essentiellement un change­ment dans la politique impérialiste améri­caine. L'Allemagne ne devait plus être désindustrialisée et transformée en pays agricole, comme cela avait été décidé à la conférence de Postdam en 1945, mais elle devait désormais être reconstruite comme rempart du bloc impérialiste occidental nou­vellement créé contre le bloc de l'Est. Ce changement de la part de l'impérialisme occidental n'était pas motivé par la compas­sion. Au contraire, la raison qui motivait cette réorientation était le poids grandissant de l'hégémonie russe qui menaçait de s'éten­dre à l'Europe de l'ouest du fait du marasme économique et politique que celle-ci con­naissait après les massacres et les destruc­tions en masse de la Seconde Guerre mon­diale. Ainsi le pont aérien, bien que servant à nourrir une partie de la population affa­mée, a été un coup de propagande bien concocté pour faire oublier la misère noire des années précédentes et pour faire accep­ter la nouvelle orientation aux populations ouest-allemandes et ouest-européennes qui allaient alors être prises en otage dans la guerre froide qui commençait. Grâce à ces vols d'approvisionnement "humanitaires" sur Berlin, trois groupes de bombardiers améri­cains B-29 furent envoyés en Europe, pla­çant ainsi les objectifs russes à leur portée...

Cependant la célébration du pont aérien cette année a été relativement discrète malgré une visite spéciale à Berlin du prési­dent américain Clinton. Une explication possible de cette campagne en sourdine autour de cet anniversaire particulier est qu'une célébration plus bruyante pouvait soulever d'inconfortables questions sur la véritable politique des Alliés, notamment les occidentaux, vis à vis du prolétariat alle­mand durant et immédiatement après la seconde guerre mondiale. Elle aurait pu révéler l'énorme hypocrisie des « démocraties » et leurs propres « crimes contre l'humanité ». Elle aurait aussi aidé à faire valoir la Gauche communiste qui, la première et constamment, a dénoncé toutes les manifestations de la barbarie du capita­lisme décadent, que ce soit sous sa forme démocratique, stalinienne ou fasciste.

Le CCI a souvent montré ([1]), aux côtés d'au­tres tendances politiques de la Gauche communiste, comment les crimes de l'impé­rialisme allié durant la seconde guerre mondiale n'étaient pas moins odieux que ceux des impérialismes fascistes. Ils étaient le produit du capitalisme à une certaine étape de son déclin historique. Les bombar­dements massifs des principales villes alle­mandes et japonaises à la fin de la guerre ont montré ce qu'était en réalité la philan­thropie des Alliés : une énorme contrevérité. Les bombardements de tous les centres à haute densité de population en Allemagne n'avaient pas pour objet de détruire des ci­bles militaires, ni même économiques. La dislocation de l'économie allemande à la fin de la guerre n'a pas été achevée par ces bombardements massifs, mais par la des­truction du système de transports ([2]). En fait, ces bombardements avaient pour objec­tif spécifique de décimer et de terroriser la classe ouvrière et d'empêcher qu'un mouve­ment révolutionnaire ne se développe à partir du chaos de la défaite comme ce fut le cas en 1918.

Mais 1945, « année zéro », n'a pas marqué la fin du cauchemar :

« La Conférence de Potsdam de 1945 et l'accord interalliés de mars 1946 ont for­mulé les décisions concrètes [...] de réduire la capacité industrielle allemande à un bas niveau et de donner à la place une plus grande priorité à l'agriculture. Afin d'élimi­ner toute capacité de l'économie allemande de mener une guerre, il fut décidé d'interdire totalement la production par l'Allemagne de produits stratégiques tels que l'aluminium, le caoutchouc et le benzène synthétiques. De plus, l'Allemagne était obligée de réduire sa capacité sidérurgique à 50 % de son niveau de 1929, et l'équipement superflu devait être démantelé et transporté dans les pays vic­torieux à la fois de l'Est et de l'Ouest. » ([3])

Il n'est pas difficile d'imaginer les « décisions concrètes » qui ont été prises par rapport au bien-être de la population :

« A la capitulation de mai 1945, les écoles et les universités étaient fermées, tout comme les stations de radio, les journaux, la Croix Rouge nationale et le courrier. L'Al­lemagne était aussi dépouillée de beaucoup de charbon, de ses territoires de l'Est [comptant pour 25 % de ses terres arables], de ses brevets industriels, de ses bois, de ses réserves d'or, et de la plupart de sa force de travail. Les Alliés pillèrent et détruisirent usines, bureaux, laboratoires et ateliers de l'Allemagne. [...] A partir du 8 mai, date de la capitulation à l'Ouest, les prisonniers allemands et italiens au Canada, aux USA et au Royaume-Uni, qui avaient été nourris conformément à la Convention de Genève, furent soudain soumis à des rations gran­dement réduites. [...]  Les agences de se­cours étrangères furent empêchées d'en­voyer de la nourriture de l'étranger ; les trains de nourriture de la Croix Rouge fu­rent renvoyés en Suisse ; on refusa à tous les gouvernements la permission d'envoyer de la nourriture aux civils allemands ; la production d'engrais fut réduite brusque­ment ; et la nourriture était confisquée la première année, spécialement dans la zone française. La flotte de pêche était maintenue au port alors que les gens mourraient de faim. » ([4])

L'Allemagne était effectivement transformée en un vaste camp de la mort par les puissan­ces occupantes russe, britannique, française et américaine. Les démocraties occidentales capturèrent 73 % de tous les prisonniers allemands dans leurs zones d'occupation. Beaucoup plus d'Allemands moururent après la guerre qu'au cours des batailles, sous les bombardements et dans les camps de con­centration de la guerre. Entre 9 et 13 millions périrent comme résultat de la politique de l'impérialisme allié entre 1945 et 1950. Ce monstrueux génocide eut trois sources principales :

–  d'abord parmi les 13,3 millions d'Alle­mands d'origine qui furent expulsés des régions orientales d'Allemagne, de Polo­gne, de Tchécoslovaquie, de Hongrie, etc., selon les accords de Potsdam ; cette épu­ration ethnique fut si inhumaine que seuls 7,3 millions arrivèrent à destination, der­rière les nouvelles frontières allemandes de l'après-guerre ; le reste « disparut » dans les circonstances les plus horribles ;

–  ensuite, parmi les prisonniers de guerre allemands qui moururent à cause des conditions de famine et de maladie dans les camps alliés – entre 1,5 et 2 millions ;

–  enfin, parmi la population en général qui n'avait que des rations de 1000 calories par jour ne garantissant qu'une lente fa­mine et la maladie – 5,7 millions en moururent.

La comptabilité exacte de cette barbarie inimaginable reste encore un secret des impérialismes « démocratiques ». Même la bourgeoisie allemande couvre, encore aujou­rd'hui, les faits qui ne peuvent être glanés que par des recherches indépendantes qui mettent en évidence les incohérences dans les chiffres officiels. Par exemple, l'estima­tion du nombre de civils qui périrent dans cette période est calculée, entre autres moyens, à partir de l'énorme manque de population enregistré par recensement de l'Allemagne en 1950. Mais le rôle des dé­mocraties occidentales dans cette campagne d'extermination est devenu plus clair après la chute de l'empire « soviétique » et l'ouver­ture des archives russes. Nombre de pertes dont l'URSS était blâmée par la propagande des occidentaux jusque là se sont révélées être de la responsabilité de ces derniers. Il s'avère, par exemple, que la plus grande partie des prisonniers de guerre sont morts dans les camps tenus par les puissances occidentales. Les décès n'étaient simplement pas enregistrés ou étaient cachés sous d'au­tres rubriques. L'échelle du massacre n'est pas surprenante si on considère les condi­tions qui étaient faites aux prisonniers : ils étaient laissés sans nourriture ou restaient sans abri ; leur nombre se voyait régulière­ment augmenté par les malades renvoyés des hôpitaux ; durant la nuit, ils pouvaient être mitraillés au hasard, pour le sport ; quant au fait de leur fournir de la nourriture, il fut dé­crété « délit capital » pour la population ci­vile (4).

L'ampleur de la famine de la population ci­vile, dont 7,5 millions étaient sans-abri après la guerre, peut être appréciée aussi aux rations qui étaient allouées par les oc­cupants occidentaux. Dans la zone française, où les conditions étaient les pires, la ration officielle en 1947 était de 450 calories par jour, la moitié de la ration de l'infâme camp de concentration de Belsen.

La bourgeoisie occidentale présente encore cette période comme une période de « réajustement » pour la population alle­mande après les inévitables horreurs de la deuxième guerre mondiale. Les privations étaient une conséquence « naturelle » de la dislocation de l'après-guerre. Dans tous les cas, argumente la bourgeoisie, la population allemande méritait un tel traitement pour avoir commencé la guerre et pour paiement des crimes de guerre du régime nazi. Cet argument écœurant est particulièrement hypocrite pour nombre de raisons. Premiè­rement, parce que la destruction complète de l'impérialisme allemand était déjà un but de la guerre pour les Alliés avant même qu'ils aient décidé d'utiliser le « grand alibi » d'Auschwitz pour le justifier. Deuxième­ment, parce que ceux qui ont été directe­ment responsables de l'arrivée au pouvoir du national-socialisme et de ses ambitions im­périalistes – les grands capitalistes alle­mands – sont sortis relativement indemnes de la guerre et de ses conséquences. Même si plusieurs grandes figures furent exécutées à l'issue des procès de Nuremberg, la majori­té des fonctionnaires et des patrons de l'ère nazie fut « recyclée » et occupa les postes dans le nouvel Etat mis en place par les Alliés ([5]). Les prolétaires allemands, qui ont souffert le plus de la politique des Alliés après-guerre, n'avaient pas de responsabilité dans le régime nazi : ils en ont été ses pre­mières victimes. Les bourgeoisies alliées, qui avaient appuyé la répression d'Hitler contre le prolétariat en 1933, châtièrent une génération entière de la classe ouvrière al­lemande durant et après la guerre, non pas pour prendre une revanche sur l'ère d'Hitler, mais pour exorciser le spectre de la révolu­tion allemande qui les hantait depuis l'après-Première Guerre mondiale.

C'est seulement lorsque cet objectif meur­trier fut atteint et que l'impérialisme améri­cain réalisa que l'épuisement de l'Europe après la guerre risquait de mener à la domi­nation de l'impérialisme russe sur tout le continent que la politique de Potsdam fut changée. La reconstruction de l'Europe de l'ouest exigeait la résurrection de l'économie allemande. Alors la richesse des Etats-Unis, grossie en partie par le pillage de l'Allema­gne, pouvait être canalisée vers le plan Mar­shall pour aider à reconstruire le bastion eu­ropéen de ce qui allait devenir le bloc de l'Ouest. Le pont aérien de Berlin en 1948 était le symbole de ce changement de stra­tégie.

Les crimes de l'impérialisme sous ses formes fasciste et stalinienne sont bien connus. Quand ceux des impérialismes démocrati­ques seront plus clairs pour la classe ou­vrière mondiale, alors la possibilité de la mission historique du prolétariat sera plus clairement révélée. Il n'est pas étonnant que la bourgeoisie veuille essayer d'assimiler de manière frauduleuse le travail de la Gauche communiste sur cette question aux menson­ges de l'extrême-droite et du « négationnisme ». La bourgeoisie veut ca­cher le fait que le génocide, au lieu d'être une exception aberrante perpétuée par des fous sataniques, a été une règle générale de l'histoire du capitalisme décadent.

Como


[1]Revue internationale n° 83, « Hiroshima, Naga­zaki, ou les mensonges de la bourgeoisie » ; Revue internationale n° 88, « L'anti-fascisme justifie la barbarie » ; Revue internationale n° 89, « La co­responsabilité des alliés et des nazis dans l'holo­causte ».

[2]. Selon « The strategic air war against Germany 1939-45, the official report of the Bristish bombing survey unit » qui vient seulement d'être publié.

[3]. Herman Van der Wee, « Prosperity and upheaval », Pelican 1987.

[4]. James Bacque, « Crimes and mercies, the fate of German civilians under allied occupation 1945-50 », Warner Books.

[5] Voir Tom Bower, « Blind eye to murder ».

On peut commander en ligne - disparition d'une Passagère?

En ce qui concerne l'article cité du New York Review of Books, personnellement je lis la version papier mais on peut commander l'article en ligne ($3) ici:
http://www.nybooks.com/articles/article-preview?article_id=20693
Je suis surpris de ne pas voir de réponse de la Passagère - pourtant j'aimerais bien voir sa réponse aux arguments de fond et notamment sur l'utilisation par la démocratie aujourd'hui des crimes Nazis.

leparigaud, Did you save a

leparigaud,

Did you save a copy of the article in New York Review of Books. It's no longer available.

Van der Lubbe n'était pas un agent nazi

Réponse à la Passagère: non, c'est clair pour moi (et pour le CCI je pense, voir le livre sur la gauche hollandaise à ce propos où il y a une section qui traite justement du cas Van der Lubbe) que VdL n'était pas un agent nazi mais un ouvrier honnête qui a entrepris un acte désespéré. On peut néanmoins se demander s'il n'a pas été manipulé (sans mettre en cause son honneteté personnelle, je répète). Et la Passagère a raison de relever le point parce que j'aurais dû être plus précis.
Par contre ce qui est 100% certain c'est que Hitler a profité du feu du Reichstag pour faire passer les mesures d'exception. C'est un peu comme le 11 septembre: il y en a qui pense que le 11 septembre était organisé par des membres du gouvernement américain - mais que cela soit le cas ou non, il est 100% certain que le gouvernement Bush en a profité pour lancer la guerre en Iraq - l'évènement a fourni un prétexte de rève.
Quant à dire que le grand problème avec cet article c'est qu'il démarre sur un présupposé négationiste, eh bien: je ne suis pas un expert en la matière (je ne me suis jamais trop intéressé aux négationnistes à vrai dire, leurs arguments me semblant trop absurdes) mais à ce que je comprends le fond de leur pensée est de nier que le Shoah ait eu lieu (d'où "nier", "négation"...). Cela le CCI n'a jamais dit ni de près ni de loin. Le Shoah a bien évidemment existé tout comme les goulags et tout le reste. Quant à la "co-responsabilité" dire que les alliés n'étaient pas à Wannsee c'est une évidence mais ne change rien à l'affaire. Les nazis ont organisé l'extermination et les alliés n'ont rien fait pour l'empêcher (voir ici http://fr.internationalism.org/rint/120_holocauste) et surtout aujourd'hui nos démocrates se servent de la Shoah de la manière la plus dégoûtante pour justifier et faire oublier leurs propres crimes (le Rwanda par exemple).
Donc, je remercie la Passagère pour avoir mis les points sur les "i" par rapport à VdL mais j'aimerais quant même qu'elle réponde aux autres arguments aussi...

incendie du reichstag

Oups ! Je n'avais pas lu ton intervention jusqu'au bout avant de répondre.

J'ai la berlue ou tu as bien écrit :

Cela vaut la peine de rappeler (par exemple) que Hitler n’a eu que 33% des voix dans les dernières élections libres et qu’il ne prend le pouvoir qu’après la provocation vraisemblablement organisée par les Nazis de l’incendie du Reichstag qui contraint Hindenburg à passer le Reichstagsbrandverordnung supprimant les libertés individuelles et ouvrant la chasse aux communistes et aux militants ouvriers

Je suis sur le site du CCI ou sur le site du PCF ???

Van der Lubbe ça te parle ???

(au passage une des rares organisations à lui avoir apporté un soutien à l'époque c'était la CGT-SR, "ancetre" de la CNT-AIT ...)

Pour leparigaud : le grand

Pour leparigaud :

le grand problème avec cet article c'est qu'il démarre sur un présupposé négationiste :

"dans notre presse, nous avons ...mis en relief la co-res­ponsabilité des « alliés » et des nazis dans l'holocauste"

Coresponsabilité dans l'holocauste ???

Il y avait un représentant de l'URSS, un autre des USA et un de la Grande Bretagne à la conférence de Wansee ???

Tout le texte est ensuite construit pour faire passer cette idée ... La non assistance à humains en dangers des gouvernements alliés envers les juifs et les tziganes n'en fait pas pour autant des co-responsables ... En disant qu'ils sont co-responsables de ce massacre là (ils en ont bien d'autres qu'on peut leur imputer directement ...) on tient un discours négationniste.

Le nazisme est-il unique? Réponse à la Passagère clandestine

La critique de la "passagère clandestine" est intéressante à plus d'un titre au point où je ne propose pas de répondre à tous les points qui s'y trouvent - il faudrait un article en soi pour les traiter.
Prenons donc seulement un point: la question du génocide et de la spécificité du régime nazi.
Avant de commencer mettons au moins deux points bien au clair: le CCI n'a jamais ni de prêt ni de loin cautionné une quelconque des thèses des "négationnistes". Le CCI n’a rien à voir non plus avec le prétendu "marxisme" des staliniens du Parti soi-disant Communiste et réellement franco-Français. Donc, éviter les amalgames.
Bon voilà, donc, afin d'écarter toute querelle inutile sur les mots je serais prêt à accepter que le terme "génocide" appliqué à la politique alliée après la 2GM n'est pas correcte dans le sens strictement "dictionnaire" ou loi internationale du terme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Génocide): les alliés effectivement ne prévoyaient pas une extermination systématique du peuple allemand comparable à celui du peuple juif par les nazis. Par contre, ce qui est largement attesté par cet article - et nié par personne, ce n'est absolument pas une thèse "négationniste" - c'est que les alliés occidentaux et soviétiques ont participé dans voire organisé un gigantesque campagne de ce qu'on appelle pudiquement aujourd'hui de "l'épuration ethnique" qui a touché quelques 13 à 14 millions de personnes dans des conditions effroyables. Ceci était d'ailleurs conforme au plan initial concocté par les alliés occidentaux et surtout par les américains (Plan Morgenthau: http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Morgenthau) qui prévoyait la destruction de toute industrie allemande et la transformation de l'Allemagne en pays agricole et arriéré. Le plan a fini par être abandonné non pas par tendresse envers les allemands mais parce que cela risquait d'ouvrir la porte à une dangereuse agitation sociale qui ferait le jeu de l'union soviétique et parce que cela allait coûter très cher.
Il est vrai aussi que le régime nazi comporte une certaine spécificité assez unique dans l'histoire du capitalisme: un pouvoir - dans un pays avancé - qui se base ouvertement sur une idéologie non seulement rétrograde et réactionnaire mais réellement pathologique; une idéologie qui plonge ses racines dans la perversion de l'obscurantisme la plus crasse d'un passé disparu (on peut revenir sur les fondements matériels du nazisme ultérieurement).
Mais je pose la question: est-ce que le nazisme est vraiment pire que le stalinisme, qui a tué trois fois plus d'êtres humains (dans les 20 millions) au nom de la cause la plus noble de l'humanité - la société sans classes?
Et voici une autre question: d'où vient la belle unanimité (de gauche à droite) qu'on trouve dans la société aujourd'hui pour dire que le nazisme est LE crime de tous les crimes? Comment se fait-il que notre cher président bien-aimé (qui par ailleurs veut augmenter les quotas d’expulsions et de rafles parmi les sans-papiers) vienne de lancer son plan grotesque et indécent de faire "parrainer" tous les enfants morts dans la Shoah par des écoliers français?
N'est-ce pas que la "folie" nazi se trouve sous d'autres formes à travers toute l'histoire du capitalisme décadent y compris depuis la grande victoire de la "démocratie" lors de la deuxième GM et que la bourgeoisie voudrait bien nous cacher cela? Si on jette un coup d’œil non exhaustif sur l’histoire du 20e siècle on peut trouver par exemple :
- Trois millions de vietnamiens tués pendant la guerre du Vietnam.
- Peut-être cinq millions de morts (personne ne saurait faire le calcul exact aujourd’hui) pendant la "Grand Bond en avant" et la "Révolution culturelle" de Mao Zedong.
- La génocide des Tutsis au Rwanda (génocide avec des machettes c’est vrai, mais le Rwanda n’est pas un pays industrialisé), dans laquelle la France si démocratique et rattachée au droits de l’homme a joué un rôle certain.
- Les épurations ethniques dans les différentes régions de l’ex-Yougoslavie (ce qui nous a donné des "mini-génocides" comme Szrebrenizca où l’armée de Radic a tué 7.000 hommes et garçons Bosniaques pour le seul fait d’être des bosniaques). Là aussi les grandes puissances démocratiques occidentales ainsi que la Russie sont complices.
- Les massacres perpétrés par les Khmers Rouges (1,7 millions de victimes), un autre régime pathologique.
Je pourrais continuer mais vous voyez ce que je veux dire. Est-ce que cet article n’a pas raison dans le fond de dire que le nazisme n’est pas une spécificité unique de l’histoire mais tout simplement un point dans une continuité qui comprend les épurations ethniques pratiquées à grande échelle depuis 1945 (les allemands après 1945, mais aussi la répartition de l’Inde en 1947, l’Yougoslavie, la Tchétchénie et j’en passe…) et qui va jusqu’aux camps d’extermination. Le nazisme est une forme particulièrement morbide du capitalisme décadent. Le but de tous les discours officiels sur les horreurs (réels) du nazisme est surtout de nous faire oublier les horreurs et les crimes de la société capitaliste dans son ensemble, de "relativiser" en quelque sorte les crimes du stalinisme et des grandes démocraties en faisant passer le nazisme pour quelque chose d’unique et surtout sans rapport aucun avec le système capitaliste dans lequel nous vivons. De nous faire croire enfin que nous pouvons avoir un avenir dans le capitalisme alors que la réalité c’est que si nous n’y mettons pas fin les horreurs et les massacres ne sont pas derrière nous mais devant…
Voilà, c’est déjà très long comme contribution mais les commentaires de notre "Passagère" méritent qu’on y passe du temps.
J’aimerais néanmoins lui poser cette question: comment toi tu comprends le nazisme? D’où vient-il et quelles en sont les causes? Quelle est sa nature?
Enfin un dernier point. Je ne peux que constater que les censeurs de cet article n’apportent pas beaucoup d’argumentation factuelle. Cela vaut la peine de rappeler (par exemple) que Hitler n’a eu que 33% des voix dans les dernières élections libres et qu’il ne prend le pouvoir qu’après la provocation vraisemblablement organisée par les Nazis de l’incendie du Reichstag qui contraint Hindenburg à passer le Reichstagsbrandverordnung supprimant les libertés individuelles et ouvrant la chasse aux communistes et aux militants ouvriers (ce qui ressemble fort à un coup d’Etat: http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_von_Hindenburg); rappelons aussi que quasiment jusqu’à la guerre il existait des quartiers ouvriers en Allemagne où les Nazis ne s’aventuraient qu’armés et en bande.

Une autre critique de cet article

je reposte inci une autre critique de cet article, dans un débat sur le forum de l'AIT de caen à son sujet :

http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?p=28888#28888

Je ne sais pas si le terme négationniste est le plus approprié pour ce texte, il ne faut galvauder des concepts à la légère.

Cela dit il fait effectivement des amalgames et des raccourcis douteux et son vocabulaire n'a rien d'innocent, surtout en ce moment.

L'emploi du terme génocide concernant les souffrances infligées à la population allemande est inacceptable. Un génocide suppose la volonté de détruire totalement un groupe ethnique, un génocide n'est pas seulement un massacre de masse. Il est bien évident que les Alliés n'avaient pas l'intention de détruire totalement le peuple allemand.

Et c'est bien ce qui fait la spécificité du régime nazi et de l'extermination des Juifs et des Tsiganes: le moment ou la volonté d'extermination prime même sur les intérêts capitalistes qu'intègrent les régimes fascistes. L'exemple le plus flagrant c'est la priorité donnée dans les derniers moments de la guerre aux convois qui partent vers les chambres à gaz aux trains d'armement pour le front.

Et c'est bien une des dérives dangereuses des héritiers du marxisme, ou du moins de ceux qui tiennent l'oeuvre de Marx à l'égal de la Bible ou d'une prophétie: le nazisme ne peut être expliqué à la seule lumière de la loi de la plus value et de la guerre économique.

Et comme d'habitude, lorsque la réalité ne correspond pas la Parole du maitre, alors on ignore la réalité.Par exemple, le Parti Communiste Français se battra comme un beau diable dans les années 50 pour que le décompte des victimes juives et tsiganes ne soit pas fait à part et pour que demeure uniquement la notion de "déportés,", incluant toutes les victimes du nazisme, qu'elles l'aient été pour leurs combats ou pour leur appartenance décrétée aux races inférieures.

Cette "ignorance volontaire ", qui devient vite de l'aveuglement criminel apparait aussi dans l'analyse du nazisme, phénomène dont les prolétaires n'auraient été que les victimes, et jamais les complices actifs, ou simplement consentantes. L'innocence du prolétariat , autre manière d'en faire une masse irresponsable dont l'action doit juste être dirigée par une bonne avant garde pour éviter le pire. Re lecture de l'histoire: il ne s'agit pas de dire que le prolétariat allemand "méritait" une "punition ", mais le nazisme n'est pas arrivé par un coup d'Etat. Il ne s'agit pas de désigner des coupables mais bien de rendre chacun responsable de ses actes.Des allemands ont résisté , chacun à leur manière , s'ils avaient été plus nombreux, le sort du monde en eut été changé et parce qu'ils ne l'ont pas été, les choses sont ce qu'elles sont.

Nier la responsabilité des prolétaires, c'est aussi nier leur force de résistance et de transformation du monde.

Et ce n'est pas qu'une relecture de l'histoire: aujourd'hui, à propos du vote Sarkozy, je vois pas mal de théories sur les machines à vote qui auraient été truquées, sur la manipulation des médias qui ont toute leur part de vérité. Mais les rafles se font au vu et au su de tous, chacun est amené à collaborer ou pas, à dénoncer ou pas, à protéger ou pas, à faire ou à ne pas faire. Et chacun de nos choix à un sens justement parce que les bourreaux ne peuvent rien sans chacun d'entre nous.

Et les prolétaires français qui ont choisi de mettre Sarkozy au pouvoir, souffrent de la même manière que les prolos comme nous qui le combattons. Mais leur souffrance ne diminue pas leur responsabilité, comme elle ne nous empêche pas de combattre.

La vieille taupe referait elle son apparition au CCI ?

J'avais pas bien lu l'article. Il ya des passages qu'on s'attendrait plsu à lire dans les Annales d'Histoire Révisionniste que dans la presse du CCI :

La comptabilité exacte de cette barbarie inimaginable reste encore un secret des impérialismes « démocratiques ».. Par exemple, l'estima­tion du nombre de civils qui périrent dans cette période est calculée, entre autres moyens, à partir de l'énorme manque de population enregistré par recensement de l'Allemagne en 1950. Mais le rôle des dé­mocraties occidentales dans cette campagne d'extermination est devenu plus clair après la chute de l'empire « soviétique » et l'ouver­ture des Même la bourgeoisie allemande couvre, encore aujou­rd'hui, les faits qui ne peuvent être glanés que par des recherches indépendantes qui mettent en évidence les incohérences dans les chiffres officiels archives russes. Nombre de pertes dont l'URSS était blâmée par la propagande des occidentaux jusque là se sont révélées être de la responsabilité de ces derniers.

Barbarie inimaginable ? Ben pourtant le CCIne cesse de tartiner à longueur de pages depusi des dizaines d'années là dessus, donc en quoi est elle "inimaginable" ? Au contraire, tous les jours, la bourgeoisie nous démontre ses capacités infines en matière d'imagination macabre ... Mais l'utilisation de ce mot fait peut être un renvoi au cime "impensable" de la Shoah ? Il s'agit d'atténuer ce qui est une spécificité nazie ... (la conclusion est d'ailleurs éloquente à ce sujet).

Même la bourgeoisie allemande couvre, encore aujou­rd'hui, les faits qui ne peuvent être glanés que par des recherches indépendantes qui mettent en évidence les incohérences dans les chiffres officiels => on est en pleine théorie du complot ! Heureusement, seuls des historiens indépendants (tiens ... vocable connu là encore ...) mettent en évidence les incohérences des chiffres du décompte macabre. Là encore, méthode connue ... Quel besoin de faire ce genre de décompte pour démontrer que la capitalisme est une horreur ? Le CCI a t il besoin de cet exemple vieux de 60 ans pour dénoncer les méfaits capitalistes, visibles tous les jours ? En allant sur ce terrain, en croyant attaquer le capitalisme, ne serton pas en fait d'autres forces, qui sont pourtant nos ennemies aussi ?

campagne d'extermination : Yalta / Wannsee, même combat ? faut pas déconner quand même !

Nombre de pertes dont l'URSS était blâmée par la propagande des occidentaux jusque là se sont révélées être de la responsabilité de ces derniers : le CCI volant à la rescousse de l'URSS ... On croit rêver !

Franchement cet article vous déshonnore. Quelle déception !

attention au relativisme ...

Oui, bien sur ...

Mais il y a quand même une spécificité intrinsèque au nazisme (le racisme institutionnel) que ne partagent pas les autres systèmes politiques. Parler d'holocauste iméprialiste ne me parait pas approprié. Boucherie, massacre ce que tu veux. Quant à qualifier de génocide les morts des prisonniers allemands, c'est un peu fort de café. (sion va dans ce sens, les révolutionnaires du GILAN qui se sont soulevés pour proclamerla république soviétique de Perse en 1921, et que les bolchéviques ont laissés crevés comme des rats sur l'autel de leur réconciliation avec l'impérialisme britannique, ont été victime d'un génocide dont Lénine et les bolchéviques sont la cause ...)

Ne me fait pas le procès de l'anti-fascisme comme dernier rempart dela bourgeoisie, tu te tromperais de cible.

Cependant à tout relativiser au nom de la dénonciaton-du-grand-mensonge-antifasciste-qui-empeche-la-révolution, on se trouve vite en compagnie de gens peut fréquentables du styles négationnistes ...

D'ailleurs, si tous les systèmes se valaient, pourquoi les membres fondateurs du CCI se sont ils barrés au Vénézuela dans les années post 2 GM ? C'est bien qu'il y avait des régimes où il était plus facile d'avoir une certaine activité politique que d'autre, non ?

Les morts atroces dans les camps à l'Ouest

Sensibilisé sur la question par le commentaire de Frédéric je suis tombé sur un article dans le "New York Review of Books" (25/10/2007) qui parle d'un livre récemment publié: "The Brutal History of the Allied Occupation". Ce livre aussi cite le chiffre d'entre 13 et 16 millions d'allemands expulsés de chez eux après la guerre dans une énorme opération d'épuration ethnique. Un député au parlement britannique est cité, qui compare l'exode à un "Belsen rampant". 11 million de soldats allemands étaient capturés, dont 7,3 million par les alliés occidentaux. Quelque 1,5 millions des capturés par les sovétiques sont disparus à jamais. Mais l'article cite aussi 40.000 prisonniers allemands morts de froid et de faim dans des camps américains rien qu'au printemps 1945.
Le livre cite aussi des camps d'interrogation américains et britanniques, où les méthodes ressemblaient fortement à celles des Nazis et des Staliniens. Les conditions à Bad Nenndorf (camp britannique) étaient si mauvaises que Hector McNeill, ministre d'Etat au Foreign Office, "avertit que si jamais on voulait lancer des accusations contre les méthodes employées par la police politique en Europe de l'Est, il suffira de dire 'Bad Nenndorf' pour que nous nous trouvions sans réplique".
L'article cite aussi Günter Grass qui dit dans sa récente autobiographie "dès le moment que je me suis trouvé derrière les barbelés, j'avais faim".
On pourrait continuer... mais l'intérêt de l'article et de ce commentaire n'est pas de "prouver" que les "Alliés" occidentaux étaient "pire" ou "aussi mauvais" que les Staliniens. De telles comparaisons sont tout simplement morbides. Par contre nous avons le devoir de déchirer la voile de mensonges qui entoure la deuxième guerre mondiale, et de la montrer pour ce qu'elle était: non pas une guerre glorieuse pour la liberté et la démocratie mais une abominable holocauste impérialiste qui engloutit des dizaines de millions d'êtres humains de chaque côté, une guerre vraiment à l'image du capitalisme.
Rappelons enfin qu'après 1945 la guerre a recommencé, mais entre le bloc soviétique et le bloc américain. Cette guerre a aussi compté des millions de victimes notamment dans les guerres de Corée et de Vietnam.

Les source sont indiqués me paraît-il?

Les sources sont indiquées dans l'article... en aurais-tu d'autres? Si tu penses que ces chiffres sont "absurdes" alors il faut apporter des arguments. Et évidemment c'est vrai que toute la population civile à l'Ouest aussi continuaient longtemps de souffrir de la pénurie - la fin du rationnement en GB en 1952 est exacte par exemple.

Vérifiez vos chiffres avant

Vérifiez vos chiffres avant de les mettre dans un article et parlez à des témoins de cette époque, les prisonniers de guerres à l'Ouest étaient nettement mieux nourries que ce de l'Armée Rouge et ce chiffre de millions de victimes est une absurdité.

Rappellez aussi que c'est l'ensemble de l'Europe qui était ravagé et atteind par la faim, le Royaume Uni n'a abolit la carte de rationnement qu'en 1952.

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