Premier congres d'Internationalisme (Belgique)

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La tache première de tout congrès consiste à tirer le bilan de l'activité de l'organisation et à se doter de perspectives pour l'année à venir. Cette préoccupation a pris une importance particulière au cours du premier Congrès d'Internationalisme, section du CCI en Belgique. Rappelons-nous qu'il y a un peu plus d'un an, lors de son congrès de fondation, ce fut de trois groupes (le JLC, le RRS et le VRS), dépassant avec l'aide du CCI leurs confusions antérieures, que naquit la section en Belgique. Trois groupes qu'avait fait surgir la reprise de la lutte prolétarienne, et qui, au cours de plusieurs années de recherche 1aborieuse, tombant souvent dans le piège des idéologies bourgeoises, furent petit à petit gagnés aux positions de classe. A l'époque, cet évènement fut salué par le CCI comme un pas important dans son renforcement, non pas tant pour la nouvelle section en elle-même, que pour l'expérience positive qu'avait constitué l'unification de trois groupes isolés sur la base du programme prolétarien ; celle-ci étant la manifestation de la compréhension croissante, chez les éléments révolutionnaires, de la nécessité de l'unité mondiale. Vaincre les préjugés localistes et réaliser une centralisation effective de la section, surmonter les divisions linguistiques, assumer la publication d'une revue en deux langues (français et néerlandais), s'intégrer dans le travail de l'ensemble du CCI, assimiler les expériences des autres sections et enfin assurer une formation accélérée des militants pour se hisser à la compréhension théorique générale du Courant : telles furent quelques unes des tâches qu'Internationalisme a dû mener à bien au cours de l'année écoulée. L'importance de la synthèse d'un tel travail ne peut être sous-estimée, car c'est seulement l'assimilation complète des difficultés rencontrées au cours des pas précédents qui permet d'accomplir le pas suivant avec assurance.

Après avoir analysé la situation économique et politique aux niveaux international et national ([1]), le congrès a concrétisé la nouvelle étape que s'apprête à franchir la section dans son développement et son renforcement par l'adoption de ses perspectives politiques pour l’année à venir. L'aspect le plus important de ­celles-ci est sans conteste la décision de publier bientôt Internationalisme mensuellement, en deux langues. Cette augmentation de la fréquence de parution de la revue est le reflet de la multiplication des problèmes qui commencent à se poser à la classe au cours de sa lutte et auxquels l'organisation des révolutionnaires se doit de répondre pour remplir sa fonction au sein du prolétariat. Avec l’approfondissement de la crise et l'exacerbation saccadée de la lutte de classe, les révolutionnaires sont poussés à intervenir de plus en plus intensément, non seulement pour faire face aux besoins immédiats de la lutte, mais encore pour se préparer de façon continue et progressive aux explosions révolutionnaires futures qui germent aujourd'hui dans le sol fertile des luttes quotidiennes.

C'est encore pour se préparer au futur qu'une deuxième tâche d'un congrès consiste à se prononcer sur des questions générales qui ne se posent pas directement dans la pratique, mais qui ne manqueront pas de surgir dans le cours ultérieur de la lutte. Tout comme le second congrès de Révolution Internationale, le premier congrès d’Internationalisme s'est penché sur le problème de la période de transition qui s'étend entre le capitalisme et le communisme achevé. Il s'agit là par excellence d'un problème qui nécessite une réflexion préparatoire. Car, lorsque le prolétariat se soulèvera tout entier contre la bourgeoisie, lorsqu'il balaiera de fond en comble l'Etat bourgeois, dans ce bouillonnement fiévreux qu'est la révolution, les révolutionnaires n'auront jamais trop réfléchi, trop tiré les leçons des expériences passées pour faire face à la nécessité immédiate de l'organisation du pouvoir prolétarien. C'est parce que la dialectique interne des luttes de la classe ouvrière entraîne aujourd'hui celles-ci vers la révolution, c'est parce que chaque lutte porte en filigrane le contenu de la révolution, donc du communisme, que le CCI estime indispensable de prendre position, au cours de son prochain congrès international, sur les grandes lignes des rapports politiques qui existeront dans la période de transition.

L'adoption par le premier congrès d'Internationalisme d'une résolution sur ce sujet s'inscrit donc dans le cadre de la discussion internationale qui prépare le second congrès international.

Et, si la résolution présentée au congrès de Révolution Internationale (publiée dans la Revue Internationale n°8) fut également acceptée par le congrès d'Internationalisme, les discussions n'en furent pas moins controversées et très fructueuses. Le débat fondamental, qui porte sur la nature de l'Etat dans la période de transition, a déjà trouvé une expression dans la Revue Internationale n°6 ; il s'est encore considérablement enrichi d’arguments au cours de la discussion du congrès.

Enfin, le premier congrès d'Internationalisme fut l'occasion de présenter deux textes importants : les thèses sur la lutte de classe en Belgique et les thèses sur la filiation des groupes communistes en Belgique ([2]). Ce congrès fut un moment important de la vie de la section en Belgique, en quelque sorte l'étape qui marquait la tenue de sa constitution effective et le dépassement de ses premières expériences, pour entrer dans une phase d'affirmation politique. Or il est capital de comprendre d'où nous venons pour mieux cerner où nous allons. Ces textes furent ainsi, pour la jeune section en Belgique, un moyen de renouer avec le passé de la classe et de mieux se comprendre comme un maillon de la chaîne qui relie, à travers l'histoire, toutes les luttes et toutes les expressions politi­ques de la classe.

 

M.L.

[1] Nous ne reprenons pas ces points ici puisque des textes complets sur la situation internationale, émanant du second congrès de Révolution Internationale ont été publiés dans la Revue Internationale n°8, tandis qu'une résolution sur la situation en Belgique a été publiée dans Internationalisme n°8.

[2] Ces textes seront publiés ultérieurement dans la presse du CCI.