Parasitisme politique : le “C.B.G” fait le travail de la bourgeoisie

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Dans la Revue Internationale n° 82 et dans sa presse territoriale dans 12 pays, le CCI a publié des articles sur son 11e congrès. Ces articles informent le milieu révolutionnaire et la classe ouvrière de la lutte politique qui a eu lieu récemment dans le CCI pour l'établissement d'un fonctionnement marxiste réel à tous les niveaux de notre vie organi­sationnelle. Au centre de ce combat se si­tuait le dépassement de ce que Lénine appe­lait “l'esprit de cercle”. Cela requiert, en particulier, la liquidation des groupements informels basés sur des fidélités personnel­les et sur l'individualisme petit-bourgeois, ce à quoi Rosa Luxemburg se référait comme des “tribus” ou des “clans”. Les articles que nous avons publiés situaient le combat actuel dans la continuité de ceux menés par les marxistes contre les bakouninistes dans la 1ère Internationale, par les bolchéviks contre le menchévisme dans le Parti russe, mais aussi par le CCI tout au long de son histoire. En particulier, nous affirmions la base anti-organisationnelle petite-bourgeoise des différentes ruptures qui ont eu lieu dans l'histoire du CCI, et qui n'étaient ni motivées ni justifiées par des divergences politiques. Elles étaient le résultat de comportements organisationnels non marxistes, non prolé­tariens, de ce que appelait l'anarchisme de l'intelligentsia et de la bohème littéraire.

UN PROBLEME DE TOUT LE MILIEU POLITIQUE PROLETARIEN

Si nous avons rapporté nos débats internes dans notre presse, ce n'est pas par exhibi­tionnisme, mais parce que nous sommes convaincus que les problèmes que nous avons rencontrés ne sont pas du tout spécifi­ques au CCI. Nous sommes convaincus que le CCI n'aurait pu survivre s'il n'avait éradi­queé de ses rangs des concessions à des idées anarchistes sur les questions organisa­tionnelles. Nous voyons que le même danger menace le milieu révolutionnaire dans son ensemble. Le poids des idées et des compor­tements de la petite-bourgeoisie, la résis­tance à la discipline organisationnelle et aux principes collectifs, ont affecté tous les groupes à un niveau plus ou moins élevé. La rupture de la continuité organique avec les organisations révolutionnaires du passé pen­dant les 50 ans de contre-révolution, l'inter­ruption du processus de transmission de l'expérience organisationnelle inappréciable d'une génération marxiste à la suivante, ont rendu les nouvelles générations de militants prolétariens de l'après-68 particulièrement vulnérables à l'influence de la petite-bour­geoisie révoltée (mouvements étudiants, contestataires, etc).

Aussi, notre lutte actuelle n'est pas une af­faire interne au CCI. Les articles sur le con­grès ont pour but la défense de l'ensemble du milieu prolétarien. Ils constituent un ap­pel à tous les groupes marxistes sérieux pour clarifier la conception prolétarienne du fonctionnement et pour faire connaître les leçons de leur lutte contre la désorganisation petite-bourgeoise. Le milieu révolutionnaire comme un tout a besoin d'être beaucoup plus vigilant vis-à-vis de l'intrusion des modes de comportement étrangers au prolétariat. Il a besoin d'organiser consciemment et ouver­tement sa propre défense.

L'ATTAQUE DU PARASITISME CONTRE LE CAMP PROLETARIEN

La première réaction publique à nos articles sur le 11e congrès est venue, non pas du milieu prolétarien, mais d'un groupe qui lui est ouvertement hostile. Sous le titre “Le CCI atteint Waco”, le soi-disant “Communist Bulletin Group” (CBG), dans son 16e et dernier Bulletin n'a pas honte de dénigrer les organisations marxistes, dans la meilleure tradition bourgeoise.

“Salem ou Waco auraient été des lieux ap­propriés pour ce congrès particulier. Alors qu'il serait tentant de railler ou de ridiculi­ser ce congrès-procès truqué où, entre au­tre, Bakounine et Lassale furent dénoncés comme étant `pas nécessairement' des agents de la police et Martov caractérisé "d'anarchiste", le sentiment dominant est une grande tristesse de voir qu'une organi­sation autrefois dynamique et positive en soit réduite à ce triste état.”

“Dans la meilleure tradition stalinienne, le CCI a alors procédé à la ré-écriture de l'histoire (comme il l'a fait après la scission de 1985), pour montrer que toutes les diver­gences majeures (...) ont été provoquées non pas par des militants ayant des avis diver­gents sur une question, mais par l'intrusion d'idéologies étrangères dans le corps du CCI.”

“Ce que le CCI ne peut pas saisir c'est que c'est sa propre pratique monolithique qui cause problème. Ce qui s'est sans doute passé au 11e congrès est simplement le triomphe bureaucratique d'un clan sur un autre, une empoignade pour le contrôle des organes centraux, ce qui était largement prévisible après la mort de leur membre fondateur MC.”

Pour le CBG, ce qui s'est passé au congrès du CCI a dû être “deux jours, ou plus, de bataille psychologique. Les lecteurs qui ont quelques connaissances sur les techniques de lavage de cerveaux pratiquées par les sectes religieuses comprendront ce proces­sus. Ceux qui ont eu des lectures sur les tortures mentales infligées à ceux qui con­fessaient d'impossibles "crimes" lors des procès spectacles de Moscou saisiront, de même, ce qui s'est passé.”

Et là, le CBG se cite lui-même dans un texte de 1982, après que ses membres eurent quit­té le CCI :

“Pour chaque militant se posera toujours la question : jusqu'où puis-je aller dans la dis­cussion avant d'être condamné comme une force étrangère, une menace, un petit-bour­geois ? Jusqu'où puis-je aller avant d'être considéré avec suspicion ? Jusqu'où avant d'être un agent de la police ?”

Ces citations parlent d'elles-mêmes. Elles révèlent mieux que tout la vraie nature, non pas du CCI, mais du CBG. Leur message est clair : les organisations révolutionnaires sont comme la mafia. Les “luttes de pouvoir” y ont lieu exactement comme dans la bour­geoisie.

La lutte contre les clans, que tout le 11e congrès a unanimement soutenue, est trans­formée par le CBG, “sans aucun doute”, en une lutte entre clans. Les organes centraux sont inévitablement “monolithiques”, l'identification de la pénétration d'influences non-prolétariennes, tâche primordiale des révolutionnaires, est présentée comme un moyen de briser les “opposants”. Les mé­thodes de clarification des organisations prolétariennes - débat ouvert dans toute l'or­ganisation, publication de ses résultats pour informer la classe ouvrière - deviennent la méthode de “lavage du cerveau” des sectes religieuses.

Ce n'est pas seulement l'ensemble du milieu révolutionnaire d'aujourd'hui qui est attaqué ici. C'est toute l'histoire et les traditions du mouvement ouvrier qui sont insultés.

En réalité, les mensonges et les calomnies du CBG sont tout à fait dans la ligne de la campagne de la bourgeoisie mondiale sur la prétendue mort du communisme et du mar­xisme. Au centre de cette propagande, se trouve une seule idée qui porte en elle le plus grand mensonge de l'histoire : la ri­gueur organisationnelle de Lénine et des bolcheviks conduit nécessairement au stali­nisme. Dans la version du CBG de cette propagande c'est le bolchévisme du CCI qui conduit “nécessairement” à son prétendu “stalinisme”. Evidemment, le CBG ne sait ni ce qu'est le milieu révolutionnaire, ni ce qu'il en est du stalinisme.

Ce qui a provoqué la frénésie petite-bour­geoise du CBG c'est, encore une fois, la fa­çon résolue, indubitable avec laquelle le CCI a affirmé sa fidélité à l'approche organi­sationnelle de Lénine. Nous pouvons rassu­rer tous les éléments parasites : plus la bourgeoisie attaque l'histoire de notre classe, plus nous affirmerons fièrement notre fidéli­té au bolchévisme.

En déversant des ordures sur l'avant-garde prolétarienne, le CBG a démontré une fois de plus qu'il ne fait pas partie du milieu ré­volutionnaire, mais qu'il y est opposé. Le fait que le CCI ait mené le combat organisation­nel le plus important de son histoire ne l'in­téresse pas le moins du monde.

En soi, il n'y a rien de nouveau à ce que les révolutionnaires qui défendent la rigueur or­ganisationnelle contre la petite-bourgeoisie soient attaqués, et même dénigrés. Marx devint l'objet d'une campagne de toute la bourgeoisie à cause de sa résistance à l'Alliance de Bakounine. Lénine a été per­sonnellement insulté à cause de son opposi­tion aux menchéviks en 1903 : pas seule­ment par les réformistes et les opportunistes avérés, mais même par des camarades tels que Trotsky. Mais personne, au sein du mouvement ouvrier, ni Trotsky ni même les réformistes, n'a jamais parlé de la lutte de Marx ou de Lénine dans les termes em­ployés par le CBG . La différence est que la “polémique” du CBG a pour but la destruc­tion du milieu révolutionnaire, pas seule­ment du CCI.

LA NATURE DU PARASITISME

Nous allons décevoir le CBG qui déclare que le CCI traite ceux qui sont en désaccord avec lui d'agents de la police. Bien que le CBG soit en “désaccord” avec nous, nous considérons qu'ils ne sont ni des espions ni une organisation bourgeoise. Les gens du CBG n'ont pas une plate-forme politique bourgeoise. Programmatiquement, ils adhè­rent même à certaines positions prolétarien­nes. Ils sont contre les syndicats et le soutien aux luttes de “libération nationale”.

Mais, si leurs positions politiques tendent à leur éviter de rejoindre la bourgeoisie, leur comportement organisationnel leur interdit toute participation dans la vie du prolétariat. Leur activité principale consiste à attaquer les groupes marxistes révolutionnaires. Le Communist Bulletin n° 16 l'illustre parfai­tement. Depuis plusieurs années, le groupe n'a rien publié. L'éditorial du n° 16 nous in­forme : “C'est un secret de polichinelle que depuis au moins deux ans, l'organisation a cessé de fonctionner de façon significative (...) ça n'a de groupe que le nom.”

Le groupe prétend qu'après une telle inacti­vité et une telle insignifiance organisation­nelle, il a tout à coup produit un nouveau “bulletin” dans le but d'informer le monde qu'il avait décidé de... cesser d'exister ! Mais il est clair qu'en réalité, la vraie raison de sa publication était d'attaquer encore une fois le CCI et son congrès. Il est révélateur que le n° 16 ne s'attaque pas à la bourgeoisie : par exemple, il n'y a pas de défense de l'interna­tionalisme prolétarien face à la guerre des Balkans. C'est tout-à-fait dans la lignée des 15 précédents numéros qui étaient aussi es­sentiellement consacrés à calomnier les groupes prolétariens. Et nous sommes sûrs qu'en dépit de leur dissolution annoncée ils continueront à faire de même. En fait, l'abandon de leur prétention à être un groupe politique leur permettra de centrer encore plus exclusivement leur travail nuisible et d'allié objectif de la bourgeoisie sur le déni­grement du camp marxiste.

L'existence de groupes qui, bien que n'étant ni mandatés ni payés par la bourgeoisie, font cependant, de leur plein gré, une partie du travail de la classe dominante, est un phé­nomène hautement significatif. Dans le mouvement marxiste, nous appelons de tels gens des parasites, des vampires vivant sur le dos des forces révolutionnaires. Ils n'atta­quent pas le camp marxiste par allégeance au capital, mais du fait de leur haine aveugle et impuissante du mode de vie de la classe ouvrière, la nature collective et imperson­nelle de cette lutte. De tels éléments petits-bourgeois et déclassés sont motivés par un esprit de vengeance vis-à-vis d'un mouve­ment politique qui ne peut se permettre de faire des concessions à leurs besoins indivi­duels, à leur soif de gloriole, de flatteries et de pompe.

LA TRAJECTOIRE DU “CBG”

Afin de saisir la nature de ce parasitisme (qui n'est pas nouveau dans le mouvement ouvrier) il est nécessaire d'étudier son ori­gine et son développement. Le CBG peut servir d'exemple type. ses origines se situent dans la phase des cercles de la nouvelle gé­nération de révolutionnaires qui se sont dé­veloppés après 1968, donnant naissance à un petit groupe de militants liés par un mélange de fidélités politiques et personnelles. Le groupe informel en question rompît avec la Communist Workers Organisation (CWO) et se rapprocha du CCI vers la fin des années 1970. Dans les discussions à cette époque, nous critiquions le fait qu'ils voulaient entrer dans le CCI “en tant que groupe” plutôt qu'individuellement. Cela présentait le ris­que qu'ils forment une organisation au sein de l'organisation, sur une base non politique, affinitaire et menaçant ainsi l'unité organi­sationnelle prolétarienne. Nous condam­nions aussi le fait que, en quittant la CWO, ils avaient emmené une partie de son maté­riel - en violation des principes révolution­naires.

Au sein du CCI, le groupe essaya de main­tenir son identité informelle séparée, malgré le fait que la pression, au sein d'une organi­sation internationale centralisée, pour sou­mettre chaque partie au tout a été beaucoup plus forte que dans la CWO. Cependant, “l'autonomie” des “amis” qui formeront plus tard le CBG a pu survivre du fait qu'au sein du CCI d'autres regroupements du même type, les restes des cercles à partir desquels le CCI s'était formé, continuaient d'exister. Cela est particulièrement le cas de notre section britannique, World Revolution, que les ex-membres de la CWO ont rejoint, et qui était déjà divisée par l'existence de deux “clans”. Ces clans devinrent rapide­ment un obstacle à l'application pratique des statuts du CCI dans toutes ses parties.

Quand le CCI, aux alentours de cette pé­riode, a été infiltré par un agent de l'Etat, Chénier, membre du parti socialiste français de Mitterrand qui, après son exclusion, du CCI, rejoignit ce parti, la section britannique devint la cible principales de ses manipula­tions. Comme résultat de ces manipulations, et avec la découverte de l'agent Chénier, la moitié de notre section britannique quittaé le CCI. Aucun d'entre eux n'a été exclu, con­trairement aux assertions du CBG. ([1])

Les ex-membres de la CWO, qui démission­nèrent à cette époque, formèrent alors le CBG.

Nous pouvons en tirer les leçons suivantes :

- Bien qu'ils n'aient pas de positions politi­ques particulières les distinguant des au­tres, fondamentalement la même clique est entrée et a quitté à la fois la CWO et le CCI, avant de former le CBG. Cela révèle le refus et l'incapacité de ces gens de s'in­tégrer dans le mouvement ouvrier, de sou­mettre leur identité de petit groupe à quel­que chose de plus grand qu'eux.

- Bien qu'il proclament avoir été exclus du CCI, ou qu'ils ne pouvaient pas y rester à cause de “l'impossibilité de débattre”, en réalité ces gens ont fui le débat politique qui se tenait dans l'organisation. Au nom du “combat contre le sectarisme” ils ont tourné le dos aux deux organisations com­munistes les plus importantes existant en Grande-Bretagne, la CWO et le CCI, mal­gré l'absence de toute divergence politique majeure. C'est la façon dont ils “combattent le sectarisme”.

Le milieu politique ne devrait pas se lais­ser tromper par les phrases vides sur le “monolithisme” et la prétendue “peur du débat” du CCI. Le CCI se situe dans la tradition de la Gauche Italienne et de Bilan, courant qui, pendant la guerre d'Espagne a même refusé d'exclure ou de rompre avec sa minorité qui appelait ouve­rtement à la participation à la guerre im­périaliste dans les milices républicaines, ([2]) parce que la clarification politique doit toujours précéder toute séparation politi­que.

- Ce que le CBG reprochait au CCI, c'était sa méthode prolétarienne rigoureuse dans le débat, par la polémique et la polarisation, où “on appelle un chat un chat” et où les positions petites-bourgeoises ou opportu­nistes sont appelées par leur nom. Une at­mosphère difficilement acceptable pour les cercles et les clans, avec leur double lan­gage et leur fausse diplomatie, leur fidéli­tés et leurs trahisons personnelles. Et qui, certainement, ne plaisait pas aux “copains”, aux lâches petits-bourgeois qui ont fui la confrontation politique et se sont retirés de la vie de la classe.

- Plus grave encore, et pour la deuxième fois, le CBG a participé au vol de matériel de l'organisation en la quittant. Ils l'ont justifié avec la vision du parti marxiste comme étant une société par action : qui­conque investit son temps dans le CCI a le droit de prendre sa part des ressources quand il le quitte. Qui plus est, ils se sont permis de déterminer quelle “part” leur revenait. Il devrait aller sans dire que si de telles méthodes devaient être tolérées, cela signifierait la fin de toute possibilité d'existence pour les organisation marxis­tes. Les principes révolutionnaires sont là remplacés part la loi de la jungle bour­geoise.

- Quand le CCI vint récupérer le matériel volé à l'organisation ces courageux “révolutionnaires” nous menacèrent d'ap­peler la police.

- Les membres du futur CBG étaient les principaux collaborateurs de l'agent provo­cateur Chénier au sein de l'organisation, et ses principaux défenseurs après son ex­clusion. C'est ce qui est derrière les allu­sions à la soit-disant attitude du CCI d'éti­queter ses “dissidents” comme agents de la police. Les CCI est, selon les mensonges du CBG, supposé avoir dénoncé Chénier parce qu'il était en désaccord avec la ma­jorité du CCI sur l'analyse des élections françaises de 1981. Une telle accusation à l'aveuglette est tout autant un crime contre les organisations révolutionnaires que d'envoyer la police contre elles. Dans une telle situation, les révolutionnaires qui sont en désaccord avec un jugement de l'organi­sation et en particulier le militant accusé lui-même, n'ont pas seulement le droit mais le devoir de faire objection à cela s'ils le jugent nécessaire ou illégitime, et même de demander qu'un tribunal d'honneur, avec la participation d'autres groupes révo­lutionnaires, reconsidère une telle accusa­tion. Dans le mouvement ouvrier du passé il aurait été impensable de suggérer qu'une organisation ouvrière soulève de telles ac­cusations contre un individu pour tout autre motif que sa défense contre l'Etat. De telles accusations ne peuvent que détruire la confiance dans l'organisation et ses or­ganes centraux, une confiance indispensable pour la défense contre les infiltrations de l'Etat.

UNE HAINE AVEUGLE ET IMPUISSANTE

C'est cette résistance jusqu'au bout des élé­ments anarchistes petits-bourgeois et déclas­sés contre leur intégration et leur subordi­nation à la grande mission historique et mondiale du prolétariat, bien qu'il y ait de la sympathie pour certaines de ses positions politiques, qui conduit au parasitisme, à la haine ouverte et au sabotage politique du mouvement marxiste.

La réalité sordide et corrosive du CBG lui-même montre le mensonge de ses déclara­tions selon lesquelles il a quitté le CCI “afin de pouvoir discuter”. Là encore, nous lais­serons les parasites parler d'eux-mêmes. D'abord leur abandon de toute fidélité au prolétariat commence à être théorisée ouve­rtement. “Une vision très sombre de la na­ture de la période a commencé à s'expri­mer”, nous disent-ils ; “des éléments au sein du CBG se demandent si la classe pourra maintenant émerger APRES TOUT ?”.

En face du “difficile débat” voilà comment le CBG, ce géant “anti-monolithique”, se “débrouille” avec les “divergences”.

“Nous étions mal armés pour affronter ces questions. Il y avait un silence plus ou moins assourdissant en réponse ... le débat ne tournait pas vraiment en eau de boudin parce qu'il restait largement ignoré. C'était profondément malsain pour l'organisation. Le CBG se flattait d'être ouvert à toute dis­cussion au sein du mouvement révolution­naire, mais là c'était un de ses propres dé­bats, sur un sujet au coeur même de son existence, qui lui bouchait les oreilles et lui fermait la bouche.”

Il est donc tout-à-fait logique que, à la fin de sa croisade contre la conception marxiste de la rigueur organisationnelle et méthodologi­que comme préalable à tout réel débat, le CBG “découvre” que l'organisation elle-même bloque le débat :

“Afin de permettre au débat d'avoir lieu ... nous avons décidé de mettre fin à la vie du CBG.”

L'organisation comme entrave au débat ! Vive l'anarchisme ! Vive le liquidationnisme organisationnel ! Imaginez la gratitude de la classe dominante face à la propagation de tels “principes” au nom du “marxisme” !

LE PARASITISME : FER DE LANCE CONTRE LES FORCES PROLETARIENNES

Bien que la domination de classe de la bour­geoisie ne soit, pour le moment, certaine­ment pas menacée, les aspects essentiels de la situation mondiale actuelle l'obligent à être particulièrement vigilante dans la dé­fense de ses intérêts. L'approfondissement inexorable de sa crise économique, le déve­loppement des tensions impérialistes et la résistance d'une génération d'ouvriers qui n'a pas encore subi de défaite décisive contien­nent la perspective d'une déstabilisation dramatique de la société bourgeoise. Tout cela impose à la bourgeoisie la tâche histo­rique et mondiale de détruire l'avant-garde marxiste révolutionnaire du prolétariat. Aussi insignifiant qu'apparaisse le camp marxiste aujourd'hui, la classe dominante est déjà obligée d'essayer sérieusement d'y se­mer la confusion et de l'affaiblir.

A l'époque de la 1re Internationale, la bour­geoisie se chargea elle-même de la tâche de dénigrer publiquement l'organisation des ré­volutionnaires. Toute la presse de la bour­geoisie calomniait l'Association Internationale des Travailleurs et son Conseil Général, opposant au prétendu “centralisme dictatorial” de Marx les charmes de son propre passé progressiste et révolutionnaire.

Aujourd'hui, au contraire, la bourgeoisie des puissances dominantes n'a pas intérêt à atti­rer l'attention sur les organisations révolu­tionnaires qui sont, pour le moment, si mi­noritaires que même leurs noms sont en gé­néral inconnus des ouvriers. De plus, une at­taque directe de l'Etat contre eux, que ce soit par ses médias ou par ses organes de ré­pression, pourrait provoquer un réflexe de solidarité au sein d'une minorité politique­ment significative d'ouvriers à la conscience de classe plus élevée. Dans cette situation, la bourgeoisie préfère garder un profil bas et laisser le travail de dénigrement aux parasi­tes politiques. Ces parasites, sans le vouloir ni même sans s'en rendre compte, sont inté­grés dans la stratégie anti-prolétarienne de la classe dominante. La bourgeoisie sait très bien que le meilleur moyen, en même temps que le plus efficace, pour détruire le camp révolutionnaire c'est de l'intérieur, en déni­grant, démoralisant et divisant celui-ci. Les parasites accomplissent cette tâche sans même qu'on leur ait demandé. En présentant les groupes marxistes comme staliniens, comme des sectes bourgeoises dominées par les luttes de pouvoir, à l'image de la bour­geoisie elle-même, comme historiquement insignifiants, ils soutiennent l'offensive du capital contre le prolétariat. En détruisant la réputation du milieu, le parasitisme ne con­tribue pas seulement aux attaques des forces prolétariennes d'aujourd'hui - il prépare le terrain pour la répression politique effective du camp marxiste dans l'avenir. Si la bour­geoisie reste à l'arrière-plan aujourd'hui afin de permettre au parasitisme de faire son sale boulot, c'est avec l'intention de sortir de l'ombre demain pour décapiter l'avant-garde révolutionnaire.

L'incapacité de la plupart des groupes révo­lutionnaires de reconnaître le caractère réel des groupes parasites est l'une des plus grandes faiblesses du milieu aujourd'hui. Le CCI est déterminé à assumer ses responsa­bilités en combattant cette faiblesse. Il est grand temps pour les groupes sérieux du milieu politique prolétarien, pour le milieu comme un tout, d'organiser sa propre dé­fense contre les éléments les plus pourris de la petite-bourgeoisie revancharde. Au lieu de flirter avec de tels groupes de façon op­portuniste, il est de la responsabilité du mi­lieu de mener une lutte sans merci et impla­cable contre le parasitisme politique. La formation du futur parti de classe, le succès de la lutte libératrice du prolétariat, dépen­dront à un degré non négligeable de notre capacité à mener ce combat à bonne fin.

KR.



[1]. Contrairement à ce que dit le CBG, de toute l'histoire du CCI, un seul individu a été exclu de notre organisation, Chénier, que nous avons dénoncé dans notre presse comme individu “ trouble et louche ”. Il fallait donc des faits exceptionnels et des arguments sérieux et graves pour prendre une telle décision lourde de conséquences. Indépendamment de son attitude de double langage, de duplicité, de manoeuvres et de création d'une organisation dans l'organisation, Chénier a été et demeure un agent de l'Etat bourgeois : il est aujourd'hui responsable du "secteur social" pour le compte de la Mairie et du Parti socialiste d'une grande ville freançaise, dans des quartiers “ à risques ”, et ce travail sert directement à contrôler d'éventuelles révoltes de jeunes sans travail. Il a été aussi, depuis son exclusion du CCI, un défenseur des syndicats, d'abord à la CGT, d'où il a été exclu, avant d'entrer à la CFDT. Voilà quel aventurier bourgeois préfère encore aujourd'hui défendre le CBG pour, par contre, traîner dans la boue les organisations révolutionnaires dont le CCI ! Mais enfin, on a les amis que l'on mérite ! Nous, nous préférons choisir nos ennemis. Il y a, en effet, une frontière de classe entre le CBG qui patauge avec Chénier dans le marigot pestilentiel des hommes de main “ troubles et louches ” de la bourgeoisie, et le milieu politique prolétarien dont fait pleinement partie le CCI.

 

[2]. Voir La Gauche communiste d'Italie.