Les élections sont un piège pour la classe ouvrière

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Les législatives après les présidentielles en France... : tout le battage médiatique comme chaque nouvelle campagne électorale témoigne de la préoccupation, présente de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, que le plus grand nombre possible d’électeurs accomplissent leur “devoir de citoyen”.

Quelle en est la raison ?

Mobilisation électorale = démobilisation de la classe ouvrière

Les arguments avancés par les formations politiques ou candidats en lice pour convaincre les électeurs de leur accorder leur suffrage se ramènent en général à ceci : les élections constituent un moment pendant lequel les “citoyens” seraient confrontés à un choix dont dépendrait l’évolution de la société et, par conséquent, leurs conditions de vie future. Grâce à la démocratie, chaque citoyen disposerait ainsi de la possibilité de participer aux grands choix sociaux.

Or, dans la réalité, il n’en est rien puisque la société est divisée en classes sociales aux intérêts parfaitement antagoniques ! L’une d’elles, la bourgeoisie, exerce sa domination sur l’ensemble de la société à travers la possession des richesses et, grâce à son Etat, sur toute l’institution démocratique, sur les médias, etc. Elle peut ainsi imposer au quotidien son ordre, ses idées, sa propagande aux exploités en général et à la classe ouvrière en particulier. Cette dernière est la seule classe qui, par ses luttes, est capable de remettre en question l’hégémonie de la bourgeoisie et de son système d’exploitation.

Dans ces conditions, il est parfaitement illusoire de penser qu’il soit possible de transformer l’Etat, l’institution démocratique, etc., pour les mettre au service de la grande majorité dans une société sans exploitation. C’est pourquoi tous les partis qui briguent les suffrages des exploités en prétendant défendre leurs intérêts ou améliorer leur sort participent d’entretenir cette illusion. De même l’alternative “gauche-droite” n’est en réalité qu’un faux choix destiné à masquer que, derrière les bavardages électoraux ou parlementaires, seule la bourgeoisie a réellement le pouvoir.

Le suffrage universel représente un pilier de la domination bourgeoise sur la société. Tout comme l’ensemble des institutions démocratiques, il représente en effet la principale légitimité de l’exercice du pouvoir par la classe dominante. Même si la crise économique sape continuellement les bases de la domination bourgeoise et mine son emprise idéologique sur les exploités, met à nu les mensonges continuellement martelés, la classe dominante n’en devient que plus déterminée, plus acharnée à utiliser tous les moyens à sa disposition pour conserver son pouvoir. Pour éviter que son système ne soit directement mis en cause et pour masquer la faillite de son mode de production, celle-ci n’a de cesse, entre autres, de développer des campagnes de mystification électorales. Face à l’angoisse de l’avenir, à la peur du chômage, au ras-le-bol de l’austérité et de la précarité qui sont au cœur des préoccupations ouvrières actuelles, notamment parmi les nouvelles générations, la bourgeoisie utilise et exploite au maximum ses échéances électorales afin de pourrir la réflexion des ouvriers sur ces questions, en exploitant les illusions, encore très fortes au sein du prolétariat, envers la démocratie et le jeu électoral.

L’avenir de l’humanité ne passe pas par le bulletin de vote mais par la lutte de classe. Cependant, le refus de participer au cirque électoral ne s’impose pas de manière évidente au prolétariat du fait que cette mystification est étroitement liée à ce qui constitue le cœur de l’idéologie de la classe dominante, la démocratie. Toute la vie sociale dans le capitalisme est organisée par la bourgeoisie autour du mythe de l’Etat “démocratique”. Ce mythe est fondé sur l’idée mensongère suivant laquelle tous les citoyens sont “égaux” et “libres” de “choisir” par leur vote, les représentants politiques qu’ils désirent et le parlement est présenté comme le reflet de la “volonté populaire”. Le piège de la démocratie parlementaire est d’instiller chez chacun le principe soi-disant égalitaire, un individu = un vote, niant par là même, la division de la société en classes.

Et un constat que chaque prolétaire peut faire de sa propre expérience de participation à la mascarade électorale, c’est que, quel que soit le résultat des élections, que la gauche ou la droite l’emporte, c’est finalement toujours la même politique anti-ouvrière qui est menée.

Finalement cela veut dire que l’Etat “démocratique” parvient à conduire sa politique indépendamment des élections qui sont organisées.

En fin de compte, ce que cherche à faire la bourgeoisie, c’est à remplacer la lutte de classe, l’éliminer au profit du vote, et remplacer la classe ouvrière par une notion fourre-tout de “peuple” qui choisit “librement” ce que la classe dominante a déjà choisi pour lui.

Lors des consultations électorales, la propagande essentielle de la classe dominante se résume à : “Votez ce que vous voulez, mais surtout votez”.

Loin de constituer une arme pour le prolétariat, la “liberté électorale” constitue le fondement même du désarmement de la classe ouvrière.

D’après l’introduction
à notre brochure Les élections : un piège pour la classe ouvrière