La "journée sans les immigrés" est une journée de division de toute la classe ouvrière

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Courant février, un “collectif de citoyens”, nommé “24h sans nous” et créé il y a six mois, appelait à “une journée sans les immigrés” le 1er mars, exhortant ces derniers à “agir” “en cessant de consommer et/ou de travailler”. Le but de cette “journée historique” était “la mise en valeur de l’apport de chacun d’entre nous [immigrés] à la prospérité générale”. Sur le forum de notre site en français, deux camarades ont publié une prise de position dénonçant cette mascarade de lutte qui provoque division et confusion dans la classe ouvrière, “française” ou “immigrée”. Au final, cette «journée sans nous» n’aura rassemblé que 7000 personnes dans tout l’hexagone, signe que la mystification aura eu globalement peu de prise, à l’heure où de plus en plus d’ouvriers, immigrés ou pas, se voient imposer des “journées sans travail” et des mois, des années au chômage.

Cependant, il était juste et nécessaire de faire cette mise au point que nous partageons entièrement et qui se place d’un véritable point de vue de classe.

La prise de position des camarades

Un groupe de personnes autoproclamées a décidé de faire de la journée du premier mars, un jour durant lequel les immigrés et leurs descendants cesseront toute activité (consommation, vente, travail, aller à l’école…) afin de montrer l’importance du travail des immigrants pour l’économie de l’Hexagone.

En lisant bien leur manifeste, on peut en tirer 4 idées essentielles :

1 – C’est un appel à tous les immigrés quel que soit leur statut : patrons ou travailleurs.

2- C’est un appel qui glorifie l’exploitation, et qui ne fait, à aucun moment, allusion aux dures conditions de travail et aux salaires de misères perçus par les immigrés.

3- C’est un appel qui emprisonne les immigrés dans la seule lutte anti-raciste, les rejetant ainsi de tout apport aux vrais débat d’avenir.

4- Aucune allusion aux sans-papier.

Pourquoi les immigrés ne doivent-ils pas participer à cette journée de mascarade ?

Les raisons sont multiples et aucun rapport ne peut les contenir étant donné les contradictions et les amalgames que comporte une telle action.

D’abord, les intérêts des immigrés sont différents selon le statut social qu’ils occupent, c’est pour dire que nous refusons l’alliance entre classe dominante et classe dominée. C’est affirmer que nous refusons la collaboration de classes, c’est pour dire aussi que nous refusons d’être assimiler à ces comiques d’Etat tels Djamal Debouz ou à ces pseudo-représentants de l’immigration telle Fadela Amara. Participer à cette journée, c’est accepter la surexploitation des travailleurs immigrées, avec ou sans papiers, par les patrons immigrés. Nous vous informons qu’un travailleur immigré, qui travaille chez un restaurateur, un vendeur de kebab ou un vendeur de pizza immigré, touche 20 euros pour 16 heures de travail (de 9 heures du matin jusqu’à 1 heure du matin). Un travailleur immigré qui travaille, de 9 heures du matin jusqu’à 22 heures le soir et sept jours sur sept, chez un patron immigré dans un taxiphone touche 450 euros par mois. Un travailleur immigré qui travaille, de 6 heures du matin jusqu’à 20 heures le soir, chez un patron immigré dans le bâtiment touche 60 euros tous les trois jours, de plus ils ne sont même pas déclarés et donc ne bénéficient même pas des avantages reconnus aux salariés par le code du travail (couverture maladie, cotisation retraite, congés payés…). La liste est longue.

Nous devons boycotter ce mouvement afin d’affirmer que nos intérêts sont liés à ceux des travailleurs ‘français’ et non à ceux des patrons immigrés. Que les travailleurs français sont nos frères mais les patrons étrangers sont nos ennemis au même titre que les patrons français. Pour réaffirmer enfin que les prolétaires n’ont pas de patrie.

On peut lire aussi dans le manifeste ceci : “montrer l’importance du travail des immigrants pour l’économie de l’Hexagone.” Voici un groupe de personne stupides (ou escrocs politiques) qui glorifie l’exploitation au lieu de la condamner. Le but recherché est obscur au même titre que l’interlocuteur à qui s’adresse cette action (patronat, Etat, français de base ?). En effet, aucune allusion n’est faite sur les véritables problèmes des immigrés, à savoir ; les salaires minables perçus, les retraites de misère (pour exemple un retraité algérien ayant travaillé 15 ans en France dans le bâtiment touche 100 euros de retraite, de quoi s’acheter une corde pour se pendre).

Boycotter ce mouvement, c’est dire également que nous refusons d’être enfermés dans des débats stériles tels que le racisme et la religion, que les travailleurs immigrés peuvent mener d’autres combats comme participer aux débats sur les questions fondamentales que l’humanité se pose, qu’ils sont parfaitement conscients de la faillite de ce système capitaliste et qu’ils peuvent mener un combat anti-capitaliste sur le terrain de la lutte de classe.

Comme vous pouvez le constater dans le manifeste, aucune allusion aux travailleurs sans-papier, ils n’ont manifesté aucune solidarité avec ces derniers. Mais on les comprend parfaitement, ces personnes autoproclamées cherchent une place au soleil dans le paysage politique français (à l’instar de Fadela Amara, de Rachida Dati, Karim Zeribi…), laissons le temps au temps pour nous apporter la preuve irréfutable.

Selon la mécanique quantique, si on se place au niveau nucléaire c’est-à-dire à l’échelle des particules élémentaires, un caillou et un papillon sont rigoureusement identiques. Cependant, au niveau des macromolécules, le papillon semble infiniment plus structuré et plus ordonné que le caillou. Cet exemple nous permet de saisir la seule différence entre l’inerte et le vivant : l’un est tout simplement plus riche en information que l’autre. Dés lors, nous laissons vos neurones chercher lequel du manifeste de la journée des immigrés ou de la critique présentée ici est le papillon et lequel représente le caillou.

L M / H H

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