Espagne: qu’arrive-t-il au PSOE ?

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Nous publions ci-dessous de larges extraits d’un article de notre section en Espagne, disponible sur notre site en version originale.

PSOE signifie Parti socialiste ouvrier espagnol, mais ce parti n’a plus rien d’ouvrier ni de socialiste. C’est un parti de l’aile gauche du capital. Comme nous le disions lors du mouvement du 15-M (le mouvement des Indignés né le 15 mai 2011) : “PSOE et PP, c’est la même merde” ou “Entre les roses et les mouettes 1 on nous prend pour des gens bêtes”. Nous partageons cet effort de prise de conscience que des milliers de jeunes ouvriers ont exprimé sur les places et dans les rues. Le PSOE est un parti essentiel pour le capital espagnol ; en 40 années de démocratie, il a été plus de la moitié du temps à la tête du gouvernement. Le PSOE est responsable des attaques féroces que les travailleurs ont subies contre leurs conditions de vie pendant le long gouvernement de Felipe Gonzalez (1982-1996) et qui, entre autres souffrances, entraînèrent la destruction d’un million d’emplois. De la même manière, le gouvernement de Zapatero (2004-2011) entama la lourde et cruelle politique de coupes budgétaires sur tous les plans que l’actuel gouvernement [de droite] a poursuivit avec encore plus d’acharnement.

Ces derniers temps, la crise du PSOE est au centre de la scène politique. Il perd des voix à la pelle, ses dirigeants se déchirent dans une bagarre à mort, son Secrétaire général, Pedro Sanchez, a démissionné, ce qui l’a amené à perdre son siège de député… (…)

Avant tout, regardons les faits avec distance historique et internationale

Le PSOE est un parti très expérimenté. Tout au long de son histoire, il a dû affronter de profondes divisions en son sein, qui n’ont pas entravé son unité ni sa capacité à rendre de grands services au capital espagnol. Dans les temps proches, il a pu supporter avec habilité le choc frontal entre Alfonso Guerra et Felipe Gonzalez ou entre Borrell et Almunia. Le PSOE a donc une grande capacité pour gérer ses différentes fractions, autant pour mettre en avant des alternatives différentes pour le capital espagnol et ainsi mystifier le prolétariat que, plus prosaïquement, pour régler des conflits d’intérêt.

Ce savoir-faire du PSOE n’est pas dû à ses mérites particuliers, il le partage avec les autres partis socialistes. Le PS français semblait sur le point de disparaître dans les années 1960 mais, avec Mitterrand, il a su se redresser et conquérir le pouvoir de 1981 à 1995. Entre 2007 et 2011, il a aussi traversé une forte crise qui aurait pu, selon certains, creuser sa tombe, mais en 2012 il a repris le pouvoir avec Hollande.

Dans beaucoup de pays, les partis socialistes constituent la colonne vertébrale de l’État. Ils sont plus capables que d’autres partis de comprendre les intérêts communs de leur capital national et ils sont les plus aptes à contrôler les impulsions particulières de leurs différentes fractions.

Aussi ne doit-on pas négliger tout cela lorsqu’il s’agit d’analyser la fracture la plus récente au sein du PSOE, qui a produit des spectacles lamentables comme celui du Comité fédéral du 1er octobre 2. Nous sommes là face à une crise très grave, sans doute la pire des quarante dernières années, mais il faut aussi tenir compte de la capacité de résistance dont dispose l’appareil socialiste.

La décomposition capitaliste frappe de plein fouet le PSOE

Une des analyses fondamentales que nous défendons et qui concerne toute la société mondiale, est celle de la décomposition du capitalisme. En 1990 nous avons publié les “Thèses sur la décomposition” que nous pensons être toujours pleinement valables. Nous n’allons pas les expliquer ici. Nous insisterons simplement sur le fait que la décomposition est un processus général qui affecte l’ensemble des rapports sociaux capitalistes ainsi que la vie politique au sein de ce système.

On ne peut pas se contenter de parler de décomposition en général, nous devons aussi nous efforcer de comprendre lesquels de ses effets concrets jouent un rôle dans la situation politique du capital espagnol et plus concrètement du PSOE. Ceci nous amène à approfondir les points no 9 et 10 des “Thèses”, qui mettent en avant “la difficulté croissante de la bourgeoisie à contrôler l’évolution de la situation sur le plan politique”, ce qui se traduit, d’un côté, par un désordre croissant dans la cohésion et le fonctionnement des différents partis bourgeois, tiraillés par des tendances centrifuges et la mise en avant d’intérêts de faction. Et, d’un autre côté, par la difficulté pour piloter correctement les mécanismes électoraux ; plus globalement, de tout le jeu politique que la bourgeoisie n’arrive pas toujours à faire correspondre à ce dont elle a besoin 3.

Le désordre dans l’appareil du PSOE

Le spectacle d’intrigues, de chocs frontaux, de défis et de rebellions en abondance que le PSOE nous offre dernièrement peut s’expliquer en grande partie par trois phénomènes qui donnent une idée de l’impact de la décomposition capitaliste sur les partis bourgeois : la fragmentation des partis secoués par de puissantes tendances centrifuges ; l’assaut du parti par toute sorte d’aventuriers politiques ; l’appel à un “pouvoir de la base” par des politiciens ambitieux qui l’utilisent comme levier dans la lutte fractionnelle contre leurs adversaires.

a) La balkanisation du PSOE

En premier lieu, le PSOE souffre aujourd’hui d’un processus évident de balkanisation, chaque baron régional devient non seulement maître de son fief (échappant ainsi de plus en plus à la discipline imposée par le sommet du parti), mais, en outre, veut se payer le luxe de devenir un agent actif dans la recomposition de la politique nationale.

Ceci est vraiment du jamais vu. Dans les années 1930, face à la prolifération de tendances centrifuges, surtout en Catalogne, le PSOE fut en mesure de mettre en place une cohésion ferme contre ces dernières. Du temps de Gonzalez, les barons régionaux obéissaient avec discipline à ce qui était dicté par l’appareil et au-delà de quelques velléités localistes, il ne leur passait même pas par la tête l’idée de mener une politique propre. C’est ce que Guerra expliquait très graphiquement avec sa sentence : “celui qui bouge n’apparaîtra pas sur la photo”.

C’est Zapatero qui a commencé à jouer avec le feu, en faisant un pacte avec le PSC (le parti en Catalogne) vers le “catalanisme politique” qui n’a fait que nourrir les tendances centrifuges régionales. La direction nationale, avec pas mal de difficultés, réussit cependant à les contenir en remplaçant les petits chefs trop ambitieux comme Chaves (en Andalousie) et Rodriguez Ibarra (Estrémadure) ou en les propulsant vers le haut, comme avec Bono (Castille-La Manche).

Aujourd’hui, chaque fédération régionale du PSOE est entre les mains d’un “baron” qui fait ce qui lui plaît sur son domaine, conditionnant la politique centrale avec des alliances, des chantages et des manœuvres en tout genre. L’emprise de la baronne andalouse (Susana Diaz) et de ses alliés est écrasante et cette mainmise n’est pas menée avec une vision nationale unitaire mais comme une somme d’alliances régionales. (...)

b) Les politiciens “aventuriers”

Un deuxième facteur de dislocation et de désordre est le poids de l’aventurisme politique dans le parti. En général, les partis socialistes sont capables d’élire comme secrétaire général des politiciens obéissant aveuglement aux impératifs de l’appareil, même si, bien entendu, ces élus ont leurs propres aspirations. Mais cela a commencé à changer avec les exemples de Blair en Grande-Bretagne et de Schroeder en Allemagne, des outsiders qui se sont emparés du commandement en imposant leur charisme et en déstabilisant l’appareil en plaçant leurs affidés. Le même phénomène est flagrant du côté de la droite : Trump a échappé au contrôle du parti républicain, soulignant ainsi l’impuissance de ses dirigeants traditionnels.

Ce phénomène s’est aussi manifesté en Espagne avec Zapatero, lequel, aidé par une bande d’inconnus hors du noyau central de la vieille garde, surent le hisser au sommet en écartant Bono, choisi par le parti, lequel n’était pas non plus très fiable à cause de ses propres ambitions localistes.

Et cela vient de se répéter avec Pedro Sanchez. Celui-ci n’était pas du tout connu, pas seulement sur la scène politique, mais même au sein de son propre parti. Sanchez réussit à se présenter au secrétariat général du PSOE comme un “homme de paille” pour Susana Diaz et la vieille garde. Dans une espèce de jeu de coquins, tous ont cru qu’il allait être facilement manipulable. Mais dès qu’il a pris les rênes, il a commencé à jouer ses propres cartes, en déclenchant des tensions autant au niveau des leaders régionaux que du noyau central.

Le fait que, d’abord Zapatero et Sanchez par la suite, arrivent à s’imposer contre l’appareil par des coups de main habiles, de façon improvisée et sans la moindre orientation politique propre (si ce n’est celle de se maintenir au pouvoir à tout prix) est révélateur du degré de fracture et de désorientation qui règne au sein des partis socialistes. Autant l’incapacité de l’appareil lui-même que le poids de ces arrivistes portent tous deux la marque de la décomposition.

c) La démagogie du “pouvoir de la base”

Sanchez a introduit un troisième élément de perturbation de la politique et d’organisation du parti.

Malgré son anarchie apparente (il y a toujours des “familles” et des “tendances” qui se chamaillent), le PSOE (comme la plupart des partis socialistes) a fonctionné comme un engrenage bien huilé depuis le sommet jusqu’au groupement local le plus éloigné. Sanchez a mis en place un précédent très dangereux qui pourrait avoir des conséquences bien fâcheuses. Pendant deux ans, il s’est consacré à un travail presque clandestin de visites aux regroupements de base de tout le territoire national, de telle sorte que cette “mobilisation de la base” a été le fondement de son pouvoir au sein du parti et le moyen qu’il a employé à répétition pour faire du chantage à ses rivaux. Le problème c’est qu’une telle structure de pouvoir est très dangereuse parce qu’elle modifie en profondeur l’équilibre d’un appareil qui impose une subordination rigoureuse du syndicat (UGT) et des regroupements locaux aux impératifs du centre. Avec Sanchez, ce sont trois structures de pouvoir qui mettent en péril de tous les côtés la fragile cohésion du parti : le groupe de la vieille garde (Gonzalez et Rubalcaba), les baronnies régionales (avec Diaz à leur tête) et “le pouvoir de la base”, nouveau facteur d’anarchie.

Qu’est-ce que tout cela montre ? L’expression au sein du PSOE de phénomènes de plus en plus généralisés dans la société : le chacun pour soi, la prédominance de l’intérêt particulier sur l’intérêt général, l’enfermement endogamique dans des particularismes locaux, raciaux, de bande, etc. Cela se concrétise dans les partis politiques bourgeois par la rupture de la soumission aveugle aux impératifs du centre. Une telle tendance rend difficile pour les partis leur travail de gestion et de défense de l’intérêt national du capital, en semant encore plus de chaos et de désordre dans la vie politique et sociale.

Des réponses à l’usure du PSOE qui aggravent les problèmes

Le PSOE, comme l’ensemble des partis socialistes, a souffert d’une profonde usure. La cause en est l’engagement sans faille de ce parti dans l’application des mesures anti-ouvrières brutales dont nous avons parlé plus haut. Le mouvement du 15-M montra une prise de conscience de ce fait, en dénonçant le PSOE comme parti “du régime” complément indispensable du PP. Le PSOE a perdu des milliers de voix et cette saignée est particulièrement forte dans les villes : il a perdu 55% du vote urbain. Chez les jeunes aussi, lors des dernières élections, il est arrivé à peine à obtenir le vote de 4% des nouveaux électeurs. Un deuxième facteur de cette usure est le fait que les socialistes, malgré leur souplesse, sont trop reliés aux politiques keynésiennes classiques, ce qu’on pourrait appeler la “deuxième phase historique de capitalisme d’État” (1930-80) 4, caractérisée par le protectionnisme du marché national et les politiques “sociales”. Le passage, depuis les années 1980, à ce qu’on peut appeler “troisième phase du capitalisme d’État”, qui se définit, d’une façon schématique, par la “libéralisation” et la “globalisation”, les a pris à contre-pied et cela a été difficile pour eux de justifier la suite implacable des attaques que ces orientations impliquent en psalmodiant des discours truffés de mesures de “politique sociale ou sociétale”. Cela les a piégés dans un dilemme avec une solution plus que difficile qui leur a fait perdre de leur influence. D’un autre côté, les socialistes ne peuvent pas renoncer au contrôle de la classe ouvrière (étant responsables des syndicats les plus importants), ce qui les oblige à maintenir un discours de “politique sociale” en lien avec le keynésianisme. Et ce sont, en même temps, des partis de gouvernement, indispensables dans le bipartisme des pays démocratiques. Ils risquent de manquer de cohérence dans leur discours, autant pour gouverner que pour être dans l’opposition.

(...) Le PSOE occupe deux espaces difficilement compatibles. C’est un parti avec des responsabilités gouvernementales, mais, en même temps, il doit ‘‘être la voix de ceux qui n’en ont pas”. S’il renonce à celle-ci et se consacre exclusivement à la gestion gouvernementale en apparaissant comme le canal des intérêts économiques du capital, il se place sur un terrain où la droite gagnera toujours. Mais si, pour défendre son deuxième espace, qui est vital pour lui, il essaye d’ouvrir les portes à certaines rengaines populistes du genre de celles utilisées par Podemos, avec un certain succès 5, il va à l’encontre de l’intérêt général de la bourgeoisie espagnole qui cherche à barrer le plus possible le passage aux populismes qui frappent aujourd’hui des pays centraux comme le Royaume-Uni ou les États-Unis. Iglesias, leader de Podemos, et sa suite ont une habilité certaine dans le maniement des thèmes populistes, mais il n’est pas évident que ce soit le cas pour Sanchez et les siens, ce qui l’amène à créer des problèmes graves au sein du PSOE.

L’échec de l’opération de ravalement du bipartisme

Pendant plus d’un demi-siècle, les principales démocraties ont organisé la tendance au parti unique, qui est le propre du capitalisme d’État, par le biais du bipartisme, en tenant les commandes à tour de rôle, avec un parti penchant vers la droite et l’autre vers la gauche.

Le mécanisme bipartite est très usé un peu partout. Ce n’est pas le lieu ici de faire une analyse des causes de cette usure, mais ce qui est certain c’est que, ces dernières années, la bourgeoisie espagnole a mis en route une opération politique pour affronter la crise du bipartisme. Un facteur qui sans doute a influencé cette mise en route est la prise de conscience que le 15-M a exprimée et qui avait amené à une critique très dure du PSOE.

Cette opération politique consistait à faire émerger, à partir de pratiquement rien, deux partis, l’un à droite, Ciudadanos, et l’autre à gauche, Podemos 6, appelés à renouveler l’appareil politique, peut-être en servant d’aiguillon aux deux de toujours, peut-être pour les remplacer s’il le fallait. Mais l’opération n’a pas eu le succès escompté et est en train de causer des ravages importants. Ceci met en évidence le fait que les manœuvres d’ingénierie politique et électorale ne sont pas si faciles que cela en ces temps de décomposition.

Les élections de décembre 2015 n’ont pas produit l’option souhaitée. Il a fallu les répéter en juin 2016. Celles-ci n’ont pas produit non plus le résultat qu’on en attendait et, qui plus est, elles menaçaient d’affaiblir tous les partis, excepté le PP, un parti que pourtant on essayait de “reformer” en se débarrassant du fardeau d’une corruption qui a atteint des niveaux infamants. Au contraire, si on avait continué à répéter les élections, le PP aurait pu obtenir une écrasante majorité absolue.

En fait, le ravage le plus important a été la crise du PSOE. Le résultat électoral de juin a mis uniquement sur ses épaules la responsabilité “d’assurer la gouvernabilité du pays” en livrant le pouvoir au PP. Cela signifie lancer un missile sur un PSOE déjà très affaibli pour toutes les raisons que nous avons mis en avant.

(…) La “rénovation du bipartisme” est en train de finir en fiasco pour le capital espagnol. Elle a fini par poser un sérieux problème au sein de PSOE. Le problème du bipartisme s’est même aggravé, de sorte que sa prétendue rénovation n’a pas servi à endiguer un populisme qui, probablement, tôt ou tard, va en tirer bénéfice.

Il est difficile de savoir comment vont répondre à cet échec le capital espagnol et le PSOE lui-même. Il ne s’agit pas pour nous de faire de prédictions ou des spéculations hasardeuses, mais de partager l’analyse que nous venons d’exposer pour aider à comprendre la situation. Ceci dit, il nous parait nécessaire de rappeler que la bourgeoisie n’est pas seulement victime des effets de la décomposition, mais qu’elle est aussi capable d’y opposer des contre-tendances. Comme nous les disions au début de cet article, l’expérience accumulée par le PSOE en est une.

Le prolétariat et le danger du populisme

L’usure du bipartisme est en partie due au développement de la lutte de classe depuis 1968. Cependant, l’incapacité du prolétariat pour avancer dans la politisation de sa lutte a engendré l’un des thèmes le plus importants que le populisme de droite utilise : l’idée d’une caste politique, corrompue et qui ne jouerait que pour ses propres intérêts. Voilà une vision superficielle qui n’a rien de prolétarien et qui est radicalement réactionnaire.

D’abord parce qu’une telle idée n’analyse pas ce qui se passe en termes historiques et globaux, mais sous le prisme mesquin d’une sociologie de groupes isolés, considérés en tant que tels : la “classe politique”, “l’oligarchie financière”, les “immigrants”… Une telle absolutisation démoniaque des catégories sociales abstraites s’est déjà vue dans le fascisme et le stalinisme, expressions extrêmes de la dégénérescence de la pensée capitaliste.

Ensuite, parce qu’elle n’en recherche pas les causes dans les rapports sociaux de production : elle ne recherche que des coupables en personnalisant et en fabriquant des boucs émissaires. Et c’est ainsi que le chômage et la misère seraient dus à cette caste politique et à ces sinistres financiers, et aux émigrants et autres minorités “indésirables”.

Enfin, une telle analyse ne met pas en cause, bien au contraire, l’intérêt de la nation et de l’État, mais fait tout pour les défendre avec encore plus de ferveur patriotarde contre ces forces obscures “d’en haut” et “d’en bas”.

Ces postulats idéologiques, sont certes gênants pour la politique globale de la bourgeoisie, mais sont surtout extrêmement nuisibles pour le prolétariat. La première racine de la crise du bipartisme a été prolétarienne, mais dans le contexte de la décomposition elle possède un élément dominant réactionnaire et très dangereux pour le prolétariat. Ce ne sera que lorsque celui-ci commencera à mettre en avant son alternative, qu’il pourra se greffer à nouveau sur cette racine initiale en la développant.

C.Mir, 9 novembre 2016

 

1 La rose est le symbole du PSOE et la mouette celui du PP (parti de droite).

2 Lors de ce comité, Pedro Sanchez, mis en minorité, a quitté la tête du Parti socialiste espagnol [NdT].

3 Dans les pays à démocratie consolidée, les secteurs dominants du capital national arrivent, en général, à faire que le “vote citoyen” décide ce qu’ils veulent. Tout cela est le fait d’une manipulation très sophistiquée et parfaitement organisée par les enquêtes et sondages divers, par le découpage variable des districts électoraux, les scandales sortis à propos, les déclarations des uns et des autres, les interventions “opportunes” des “prescripteurs” de ce qu’on appelle “l’opinion publique”, etc. Ceci, qu’on nomme le “jeu politicien”, devient de plus en plus difficile à manipuler de la part de la bourgeoisie : les résultats du Brexit au Royaume-Uni en sont un exemple éloquent.

4 Dans sa décadence, le capitalisme survit grâce à l’intervention omniprésente de l’État, aussi bien dans sa forme dite “libérale” (qui combine la bureaucratie étatique avec la grande bourgeoisie classique) que sous la forme totalement étatisée (celle qu’on nomme, avec ce grand mensonge du siècle, “socialisme” quand ce n’est pas… “communisme”). Voir le point IV de notre plateforme : https ://fr.internationalism.org/plateforme

5 Il nous parait important de clarifier le fait que Podemos n’est pas un parti populiste. C’est un parti avec une indéniable responsabilité capitaliste qui sait utiliser certains thèmes du populisme pour sa politique globale.

6 Podemos a été fondé en 2014 en s’appuyant sur la structure squelettique d’un groupuscule gauchiste (Izquierda Anticapitalista, Gauche anticapitaliste) et quelques restes rancis et dispersés du 15-M. En un temps record de deux ans, Podemos a obtenu 70 députés. De son côté, Ciudadanos a été propulsé depuis sa structure limitée à la Catalogne à un développement partout en Espagne en une année à peine.