Conférence-débat à Marseille sur la Gauche communiste: le Docteur Bourrinet, un faussaire qui se prétend historien

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Le 8 novembre dernier s'est tenue à Marseille une conférence-débat portant sur "Les gauches radicales nées dans les années 20, internationalisme et autonomie prolétarienne".

Avant de faire un compte rendu de cette réunion, nous allons fournir un certain nombre d'éléments sur celui qui donnait la conférence, Philippe Bourrinet, présenté sur l'affiche annonçant la réunion comme "auteur de différents articles et livres sur le mouvement ouvrier révolutionnaire et membre des éditions Smolny" 1. En effet, ces éléments sont nécessaires pour comprendre tant le contenu de l'exposé présenté par Philippe Bourrinet que la discussion qui a suivi.

Paraphrasant Karl Marx dans sa fameuse polémique contre Proudhon 2 nous pourrions écrire :

"Philippe Bourrinet a le malheur d'être singulièrement méconnu. Parmi ceux qui s'intéressent ou se réclament de la Gauche communiste, il passe pour un historien sérieux et honnête. Parmi les historiens, il passe pour un défenseur des idées de la Gauche communiste et un fin connaisseur de la principale organisation de celle-ci, le CCI, dont tout le monde sait qu'il fut membre pendant plus de 15 ans. Nous, en tant que militants du CCI et attachés, de ce fait, à une connaissance sérieuse et honnête de l'histoire (bien que nous ne prétendions pas être des historiens), nous avons voulu protester contre cette double erreur."

En avant-propos de notre protestation contre l'ignorance dont est victime Philippe Bourrinet, nous reviendrons sur quelques épisodes de sa trajectoire politique parce qu'ils permettent de réfuter beaucoup d'idées fausses qui circulent aujourd'hui sur son compte.

Philippe Bourrinet comme militant du CCI

Après un court passage dans les rangs de l'organisation trotskiste Lutte Ouvrière, Philippe Bourrinet est entré au début des années 1970 dans le groupe Révolution internationale qui allait devenir peu après la section en France du CCI. Comme Philippe Bourrinet avait une bonne plume et qu'il avait des connaissances assez étendues, l'organisation lui a rapidement confié la rédaction d'articles pour sa presse, articles signés Chardin. Il a également été nommé dans l'organe central du CCI peu après la fondation de celui-ci, en 1975. Une des raisons de cette nomination était qu'il connaissait plusieurs langues, et notamment la langue allemande.

Philippe Bourrinet ayant commencé des études en histoire, le CCI et lui se sont mis d'accord pour qu'il consacre son mémoire de Maîtrise à une étude sur la Gauche communiste d'Italie qui serait publiée comme brochure de notre organisation. Pour ses travaux, dont lui-même tirait un avantage personnel pour son cursus universitaire, il a bénéficié d'un plein soutien de notre organisation, un soutien matériel mais aussi politique puisque notre camarade Marc Chirik 3, qui avait été membre de la Gauche communiste d'Italie, lui a fourni une grande quantité de documents et d'informations de première main de même que des conseils précieux. Son mémoire, comme c'était prévu, a été publié en livre par notre organisation peu après. Comme ce document était considéré comme un travail du CCI exprimant les analyses politiques de celui-ci, il ne portait pas de signature au même titre que les brochures que nous avions publiées auparavant.

Après la publication de ce livre, nous avons encouragé Philippe Bourrinet à réaliser un travail similaire sur la Gauche communiste germano-hollandaise pour sa thèse de doctorat. Les premiers chapitres de cette étude ont été publiés dans la Revue Internationale du CCI (dans les numéros 45 à 50 et 52). Encore une fois, Philippe Bourrinet a pu s'appuyer sur le soutien politique et matériel du CCI pour ce travail 4. Il a soutenu sa thèse en mars 1988 et nous avons commencé un long travail de mise en forme et de maquettage de son document qui a finalement été imprimé en novembre 1990 alors que Philippe Bourrinet avait quitté le CCI quelques mois auparavant. Pour motiver son départ il n'avait pas évoqué la moindre divergence politique avec notre organisation. Il nous avait simplement dit qu'il n'avait plus envie de militer.

Philippe Bourrinet comme membre de la Société des Gens de Lettres

Deux années plus tard, nous avons reçu à notre boite postale, sans la moindre lettre d'accompagnement, une copie de deux documents 5 surprenants. Le premier, daté du 21/08/1992, était un "Reçu de dépôt de manuscrit par Bourrinet Philippe d'un manuscrit intitulé La Gauche communiste hollandaise 1907-1950". Ce reçu émanait du Département du droit d'auteur de la Société des gens de lettres. L'autre document, daté du 27 juillet 1992, était pour nous plus surprenant encore. Il s'agissait d'un texte dactylographié intitulé "A PROPOS D'EDITIONS ANONYMES Effectuées par le groupe Courant Communiste International (CCI) en France et ailleurs".

Dans ce document on pouvait lire : "Le livre intitulé LA GAUCHE HOLLANDAISE, signé "Courant communiste international", imprimé en novembre 1990 par la "Litografia Libero Nicola, Napoli", et diffusé ensuite en France et Belgique, a été écrit entièrement par Philippe BOURRINET, docteur de l'université de Paris I – Sorbonne (22 mars 1988)". Ce passage était juste. Mais il y avait par ailleurs dans ce texte une série d'allégations contre le CCI, accusé notamment de "piratage", que nous avons voulu éclaircir avec Philippe Bourrinet. Une délégation du CCI l'a donc rencontré dans un café de la Place Clichy à Paris, près de son domicile d'alors. Cette délégation a fait, à son tour, une mise au point, rappelant à Philippe Bourrinet la vérité des faits, mise au point qu'il n'a pas essayé de contredire. Elle lui a demandé pourquoi, d'un seul coup, il faisait un scandale sur le fait que son nom ne figurait pas dans le livre sur la Gauche hollandaise, exigence qu'il n'avait jamais formulée auparavant. Il nous a dit que, pour le poste professionnel qu'il avait en vue, le fait qu'il soit l'auteur de ce document lui serait utile et qu'il souhaitait que, désormais, son nom figure sur les éditions du livre. Dans sa "mise au point", Philippe Bourrinet avait porté des attaques inqualifiables contre le CCI mais nous avons décidé de ne pas lui en tenir rigueur, par exemple en contrariant ses projets professionnels. Nous avons donc décidé d'accéder à sa demande mais, comme la version française avait déjà été imprimée, nous lui avons dit que c'était trop tard pour cette version, ce dont il a convenu. Nous nous sommes engagés à publier cette précision dans les futures éditions de "La Gauche hollandaise" réalisées par nos soins. La délégation a proposé d'insérer dans ces éditions un petit texte contenant les éléments suivants :

  • cet ouvrage a été rédigé par Philippe Bourrinet dans le cadre d'un travail universitaire mais en tant que militant du CCI et à la suite de discussions au sein de cette organisation ;

  • de ce fait, les orientations politiques exprimées dans cet ouvrage sont celles du CCI ;

  • comme Philippe Bourrinet a depuis quitté cette organisation, celle-ci ne saurait désormais être tenue pour responsable des positions politiques que Philippe Bourrinet sera amené à prendre.

Philippe Bourrinet a accepté cette proposition. 6

Pour le CCI, la question était donc réglée et nous ne nous sommes plus intéressés outre-mesure à ce que devenait le Docteur Bourrinet. 7 Ce manque d'attention à son égard était notamment motivé par le fait que ses nouvelles productions littéraires étaient loin d'avoir la qualité et de présenter l'intérêt de ses deux écrits sur la Gauche communiste d'Italie et la Gauche germano-hollandaise. Nous avons évidemment relevé, en navigant sur Internet, le fait que le Docteur Bourrinet avait republié à son compte ces deux documents, avec quelques modifications par rapport au texte original publié par le CCI, des modifications allant dans le sens d'une plus grande proximité avec les positions du conseillisme. C'est ainsi que, dans l'"Avertissement final" de cette nouvelle édition de la Gauche germano-hollandaise, le Docteur Bourrinet écrivait :

"Dans la présente édition transparaissent des défauts inévitables pour un travail accompli dans un cadre universitaire. Transparaît aussi l'engagement de l'auteur dans le groupe mentionné [le CCI], sous la forme de traces d'idéologie s'éloignant d'une rigoureuse analyse marxiste du mouvement et de la théorie révolutionnaire. (…) Dans la mesure du possible, je me suis efforcé d'enlever ou de relativiser des passages qui sentaient trop une polémique anti-“conseilliste”, propre au groupe dont je subissais alors l'influence."

Ce passage nous apprenait plusieurs choses. D'une part, il avait fallu que le Docteur Bourrinet quitte le CCI pour qu'il accède enfin à "une rigoureuse analyse marxiste du mouvement et de la théorie révolutionnaire". Il oubliait de dire que c'est le groupe Révolution Internationale (future section du CCI en France) qui lui avait appris les fondements du marxisme alors qu'il venait juste de quitter Lutte Ouvrière, une organisation qui n'a rien à voir, même si elle s'en revendique, ni avec le marxisme ni avec le mouvement révolutionnaire. Il apportait aussi de l'eau au moulin à l'idée, propre au "marxisme" universitaire, que l'on peut être "marxiste" tout en restant à l'écart de toute organisation politique menant le combat pour la défense des principes prolétariens. Une idée bien proche du rejet par le conseillisme dégénéré de la nécessité de l'existence d'une telle organisation et qui explique que bien des "marxistes de la chaire" se trouvent des affinités avec le conseillisme. Une réponse que l'on peut opposer à la vision du Docteur Bourrinet nous est donnée par le militant du CCI... Philippe Bourrinet :

"À la différence du “conseillisme” des années 1920 à la Rühle et des années 1930 en Hollande, le courant conseilliste actuel est en rupture avec la tradition de la Gauche communiste, “communiste de conseils”. Il correspond beaucoup plus à une révolte de fractions de la petite bourgeoisie ou d’éléments du prolétariat méfiants à l’égard de toute organisation politique. Le danger conseilliste de demain ne surgira pas d’une défaite de la révolution, comme dans les années 1920 en Allemagne, il surgira au début de la vague révolutionnaire et sera le moment négatif de la prise de conscience du prolétariat." (Procès-verbal d'une journée d'étude tenue par la section en France du CCI en avril 1985 sur le thème "Le danger du conseillisme", p. 19)

"L’ouvriérisme coexiste très, très bien, on peut même dire totalement, avec l’intellectualisme. Et dans ce sens-là, on a vu effectivement une espèce d’anarchisme de type petit-bourgeois, au sens du rejet de toute forme d’autorité et d’organisation, etc., etc. ; un peu la vision de l’intellectuel ouvriériste que condamnait déjà Lénine dans Que Faire ?" (Ibid. p. 32)

Enfin, nous apprenions que si, à cette époque, le militant Philippe Bourrinet a commis des erreurs, c'est qu'il était "sous influence". Docteur Bourrinet, tu es (pour une fois) bien modeste ! 8 Le militant Philippe Bourrinet ne se contentait pas de "subir l'influence du CCI", il était un défenseur déterminé et talentueux des positions et analyses de cette organisation dans son combat contre les dérives conseillistes en son sein. C'est d'ailleurs pour cette raison que le CCI lui avait confié la tâche de rédiger l'article de la Revue Internationale n° 40 qui engageait publiquement ce combat. (Voir "La fonction des organisations révolutionnaires : le danger du conseillisme")

Après que le Docteur Bourrinet ait révisé les deux textes sur la Gauche italienne et la Gauche germano-hollandaise, il en a fait imprimer de nouvelles versions papier qu'il a mises en vente sur Internet. Évidemment, ces textes comportaient un peu plus de matière et moins de coquilles que ceux publiés par le CCI. En outre, ils exprimaient mieux le nouveau positionnement politique du Docteur. Mais ces changements avaient pour lui une valeur considérable : alors que le CCI vendait le livre sur la Gauche hollandaise 12 Euros, le Docteur en demandait 75. De même pour la Gauche italienne, on passait de 8 Euros à 50 Euros (40 euros pour la version en anglais). 9 C'est vrai que les versions vendues par le Docteur avaient une couverture en couleurs ! Dans une lettre célèbre du 18 mars 1872 à son éditeur français du Capital, Marx écrivait : "J’applaudis à votre idée de publier la traduction de Das Kapital en livraisons périodiques. Sous cette forme, l’ouvrage sera plus accessible à la classe ouvrière et, pour moi, cette considération l’emporte sur toute autre." De toute évidence, ce n'est pas ce type de considération qui "l'emporte sur toute autre" chez le Docteur Bourrinet qui, pour sa part, procède comme ces autres "Docteurs", les médecins, inscrits dans le Secteur 2 dont les tarifs, deux fois plus élevés que ceux du Secteur 1, non seulement leur permettent d'arrondir leurs revenus mais aussi les préservent d'une patientèle ouvrière, de "pue-la-sueur", beurk !

Est-ce par pingrerie que le Docteur Bourrinet a fixé à ce niveau exorbitant le prix de ses ouvrages ? Ce n'est pas totalement à exclure car déjà le militant Philippe Bourrinet était connu pour ce trait de caractère au sein du CCI, ce qui provoquait d'ailleurs les moqueries du camarade Marc Chirik, alors trésorier de la section en France. Cela-dit, il est peu probable que la radinerie du Docteur Bourrinet, pour maladive qu'elle soit, l'ait rendu complètement stupide. Même un imbécile peut comprendre qu'à ce prix les ouvrages imprimés sous la responsabilité de ce Docteur ne trouveront pratiquement pas d'acheteur (même en supposant que le CCI, comme le réclame à cors et à cris le Docteur, cesse de diffuser ceux édités par ses soins) 10. En fait, il est très probable que la hauteur vertigineuse des tarifs du Docteur Bourrinet est à l'image de ce qu'il pense de ses œuvres et de lui-même. Brader "à vil prix" ses productions littéraires (qu'il doit probablement considérer comme plus importantes que Das Kapital), c'est minimiser leur valeur, tout cela dans la logique bourgeoise la plus classique et méprisable telle qu'elle s'était déjà exprimée avec son appel à la "Société des gens de lettres". Si ces explications sont à côté de la réalité, nous engageons le Docteur Bourrinet à nous fournir sa propre explication. Nous ne manquerons pas de la publier comme d'ailleurs toute réponse qu'il souhaiterait apporter à cet article.

Le Docteur Bourrinet comme menteur et calomniateur

Cela-dit, la mesquinerie du Docteur Bourrinet et les petites contorsions marquées par la mauvaise foi que nous avons signalées plus haut, ne sont rien à côté des calomnies qu'il avait portées dès 1992 contre notre organisation, des calomnies que nous avions à l'époque décidé de ne pas relever publiquement mais auxquelles il est temps de répondre aujourd'hui car, depuis mars 2012, elles sont venues polluer Internet. En effet, sur le site http://www.left-dis.nl/f/ il y a un lien intitulé "Une mise au point publique (Paris, décembre 91) sur le parasitisme 'instinctif' de la secte 'CCI'. Mars 2012". En cliquant sur ce lien 11, on trouve un fichier Pdf reproduisant les documents reçus par le CCI en 1992 (évoqués plus haut) et sur lesquels nous revenons maintenant.

Dans la "mise au point" du 27 juillet 1992, on peut lire :

"À l'occasion de l'édition de sa thèse de doctorat, et de son précédent mémoire de maîtrise portant sur la Gauche communiste italienne (1926-1945)", effectuée sans l'accord de l'auteur, avec ajouts et retranchements arbitraires de ce groupe, qui croit en posséder la propriété sous prétexte que l'auteur soussigné a été membre dudit CCI, la mise au point suivante s'impose au lecteur :

Ce travail publié anonymement par le CCI en 1991, en français, l'a été sans l'accord, sans les révisions, sans l'avertissement de l'auteur, qui a été mis devant le fait accompli d'un véritable 'piratage'.

[Suit le passage déjà cité plus haut indiquant que Philippe Bourrinet était docteur de l'université Paris I et un autre passage où il donne des précisions sur les circonstances de la soutenance de sa thèse]

Ce livre prolonge celui sur LA GAUCHE COMMUNISTE ITALIENNE 1912-1945, travail de maîtrise du même auteur (Paris I - Sorbonne, 1980, sous la direction de Jacques Droz).

Ce mémoire de maîtrise a été publié en 1981 et 1984, anonymement - en français et italien - par le groupe CCI, avec l'accord tacite, et uniquement tacite, de l'auteur."

Commençons par "l'accord tacite, et uniquement tacite" du militant Philippe Bourrinet donné à la publication sans nom d'auteur du travail sur la Gauche communiste italienne. Docteur Bourrinet, espèce de faux-cul, c'est quoi cette embrouille ? Tu étais d'accord ou non que le texte que tu avais rédigé soit publié comme brochure du CCI ? C'est "tacitement" que tu as discuté longuement avec d'autres militants de l'organisation de la maquette et de la couverture de cette brochure, une couverture où, effectivement, il n'y avait pas de nom d'auteur ?

Quant au travail sur la Gauche germano-hollandaise, qui aurait été publié sans l'accord du tout nouveau Docteur Bourrinet, nous te posons cette autre question : Est-ce qu'il n'y avait pas de miroir chez toi te permettant de constater à quel point ton nez s'était allongé après que tu aies écrit une telle chose ? Tu es un fieffé menteur Docteur Bourrinet en prétendant que tu as été "mis devant le fait accompli". Et la preuve de notre accusation, elle nous est fournie par un article publié dans notre Revue Internationale n° 58 (3ème trimestre 1989) 12 et intitulé "Contribution pour une histoire du mouvement révolutionnaire : histoire de la gauche germano-hollandaise". Dans cet article on peut lire : "L'histoire de la gauche communiste internationale depuis le début du siècle, telle que nous avons commencé à la relater dans les brochures sur La Gauche communiste d'Italie, n'est pas seulement un travail d'historien. Ce n'est que d'un point de vue militant, du point de vue de l'engagement dans le combat de la classe ouvrière pour son émancipation que peut être abordée l'histoire du mouvement ouvrier, histoire dont la connaissance, pour la classe ouvrière, n'est pas affaire de savoir, mais d'abord et avant tout une arme de son combat pour les luttes du moment et à venir, par les leçons du passé qu’elle enseigne.

C'est de ce point de vue militant que nous publierons, comme contribution pour une histoire du mouvement révolutionnaire, une brochure sur La gauche communiste germano-hollandaise, qui paraîtra dans le courant de cette année. C'est ce point de vue de comment nous avons abordé cette histoire qui est présenté ci-dessous dans l'introduction à cette brochure."

Mais qui est donc ce militant du CCI, ce salopard, qui justifie ainsi par avance le "piratage" de la thèse du Docteur Bourrinet, qui se rend complice de la manœuvre visant à mettre ce dernier "devant le fait accompli". L'article est signé Ch., c'est-à-dire Chardin, c'est-à-dire le militant... Philippe Bourrinet.

Ainsi, c'est le militant Philippe Bourrinet, probablement "sous influence", qui assume publiquement et par écrit l'ignominie que le CCI s'apprête à commettre à l'encontre du Docteur Bourrinet. Mais au moment où il écrit cet article, il a déjà reçu le titre de Docteur de l'Université Paris I - Sorbonne. En d'autres termes, un des principaux responsables des infamies commises contre le Docteur Bourrinet n'est autre que le Docteur Bourrinet lui-même. Le Docteur Bourrinet serait-il masochiste ? En tout cas, c'est un fieffé menteur, nous persistons et nous signons. Un menteur et un calomniateur méprisable.

Le Docteur Bourrinet comme petit boutiquier menaçant

Mais les agissements écœurants de mars 2012 du Docteur Bourrinet ne s'arrêtent pas à la publication de documents vieux de 20 ans. Il fallait que ce Docteur plonge encore plus dans la bassesse. C'est ainsi que plusieurs militants du CCI ont reçu une lettre recommandée avec accusé de réception datée du 23 mars 2012 et envoyée par le Service juridique de la Société des Gens de Lettres. En voici l'essentiel :

"Nous intervenons au nom de Monsieur Philippe Bourrinet, membre de la Société des Gens de Lettres, au sujet de son mémoire et de sa thèse (…).

Nous sommes très surpris d'apprendre que ces deux ouvrages font régulièrement l'objet de contrefaçon, portant ainsi atteinte à la fois aux droits patrimoniaux et au droit moral de Monsieur Bourrinet.

Nous vous prions donc de cesser immédiatement toute exploitation de ces textes sur les différents sites Internet où ils peuvent se trouver, mais également dans toute édition d'ouvrages.

À défaut, l'auteur se réserve le droit d'agir par toutes les voies de droits qui lui sont offertes."

En d'autres termes, le Docteur Bourrinet se "réserve le droit" d'envoyer un juge aux fesses d'un certain nombre de militants du CCI si ce dernier continue à diffuser les livres sur la Gauche italienne et sur la Gauche germano-hollandaise. Le plus piquant de l'histoire, c'est qu'un des militants de notre organisation qui a reçu cette lettre de menaces est justement un de ceux qui s'est le plus impliqué dans le soutien matériel aux travaux du militant Philippe Bourrinet, notamment en photocopiant à son travail, au risque d'avoir de sérieux ennuis avec son employeur, voire d'être licencié, des centaines et des centaines de pages de documents (épreuves des écrits de Philippe Bourrinet afin qu'ils soient relus par d'autres militants, recueils de différentes publications de la Gauche communiste qui lui avaient été prêtés pour une courte période, exemplaires des mémoires de Maîtrise et de Thèse devant être fournis à l'Université).

Aujourd'hui, le Docteur Bourrinet, avec la lâcheté qui le caractérise, puisqu'il se protège derrière la Société des Gens de Lettres à qui il a raconté des bobards, menace de faire appel à l'État bourgeois pour défendre son "patrimoine" et faire respecter son "droit moral". Et avec ça, il continue de se réclamer de la Gauche communiste et "d'une rigoureuse analyse marxiste du mouvement et de la théorie révolutionnaire". Qu'auraient pensé les militants héroïques de ce courant s'ils avaient su comment le Docteur Bourrinet allait se servir de l'histoire de leur combat, écrite par le militant Philippe Bourrinet, d'une façon aussi mesquine et méprisable ?

Retranché derrière la barrière protectrice du droit bourgeois à laquelle il s'agrippe piteusement, le Docteur Bourrinet a la prétention insensée de s'arroger le droit de faire main basse sur le patrimoine de la Gauche communiste, sur des textes du mouvement ouvrier qui n'appartiennent à personne si ce n'est à la classe ouvrière et dont les organisations prolétariennes sont les dépositaires, les garants politiques et moraux. Ce philistin croit pouvoir se comporter comme le vulgaire capitaliste qui protège son "brevet industriel", en faisant croire que le produit de l'histoire universelle de la classe exploitée est une marchandise qui se réduit à sa misérable individualité et à sa "propriété intellectuelle". Il s'agit d'une pure escroquerie, d'une ridicule OPA hollywoodienne. La classe ouvrière ne secrète pas des individus-militants, mais des organisations révolutionnaires qui sont le produit d'un combat et d'une continuité historique. C'est d'ailleurs ce que rappellent déjà les statuts de l'AIT en 1864 : "Dans sa lutte contre le pouvoir uni des classes possédantes, le prolétariat ne peut agir en tant que classe qu'en se constituant lui-même en parti politique distinct et opposé à tous les anciens partis politiques créés par les classes possédantes" (Art.7a). Les organisations ouvrières défendent des principes qui sont le fruit d'une expérience historique. En ce sens, le travail des militants s'inscrit dans un mouvement qui n'est pas et ne peut pas être leur "propriété personnelle". Visiblement, si cela avait été compris par le militant Philippe Bourrinet, le Docteur Bourrinet l'a complètement oublié. Les statuts du CCI précisent très clairement ce qui autrefois était une évidence morale dans le camp du prolétariat : "tout militant qui quitte le CCI, même au sein d'une scission, restitue à l’organisation la totalité des moyens matériels de celle-ci (argent, matériel technique, stock de publications...)" (souligné par nous).

Voilà donc le vrai visage du Docteur Bourrinet ! S'arroger un butin pour avoir recours à la justice bourgeoise par vengeance personnelle et pour flatter son orgueil blessé. Une telle transgression de l'engagement moral initial, lorsqu'il était militant, n'est pas seulement pitoyable. Il s'agit là d'un comportement totalement étranger au mouvement ouvrier. Une telle démarche légaliste de petit bourgeois revanchard n'a jamais été celle de la Gauche communiste que ce faussaire prétend défendre ! Comment qualifier le Docteur Bourrinet ? Une profusion de termes, tous moins obligeants les uns que les autres, nous vient à l'esprit. Devant une telle abondance de qualificatifs, on ne sait lequel choisir. Aussi, nous préférons dire qu'il est "inqualifiable".

Le Docteur Bourrinet comme calomniateur de notre camarade Marc Chirik

Mais les exploits du Docteur Inqualifiable ne s'arrêtent pas là. Non seulement il fallait qu'il essaie, par les moyens les plus vils, de porter le plus de tort possible à son ancienne organisation, le CCI, mais il fallait qu'il s'attaque également à la mémoire du militant qui a joué un rôle déterminant dans la constitution de celui-ci, notre camarade Marc Chirik, décédé en décembre 1990.

Pour ce faire, il utilise une notice biographique publiée sur son site Internet et qui reprend, en même temps que d'autres notices, celles qui se trouvent à la fin de sa nouvelle version du livre sur la Gauche italienne.

Dans la notice publiée à la fin du livre, il se permet une petite attaque mesquine contre Marc Chirik : "Pour Jean Malaquais, l'ami de toute une vie, il incarnait une certaine figure de 'prophète' politique". Sur le site Internet du Docteur Bourrinet, la phrase s'allonge et constitue une attaque beaucoup plus claire à la réputation de notre camarade : "Pour Jean Malaquais, l’ami de toute une vie, Marc Chirik incarnait une désuète figure de “prophète” politique, cherchant toujours à prouver et à se prouver qu’il ne “s’était jamais trompé”". On reconnaît là le style faux-cul du Docteur Bourrinet. On fait parler "l'ami de toute une vie" pour faire passer une image négative de Marc Chirik, sans préciser que si Malaquais était un bon écrivain et un bon polémiste, et qu'il partageait les positions de la Gauche communiste, il n'avait pas la personnalité d'un militant et qu'il n'avait fondamentalement pas compris ce qu'est le militantisme révolutionnaire. D'ailleurs, à une époque où il habitait à Paris et où il venait parfois à nos réunions publiques, il avait demandé à entrer dans le CCI, mais Marc Chirik n'avait pas eu de mal à convaincre les autres camarades qu'on ne pouvait accepter sa candidature car, souvent, il manifestait un mépris assez hautain envers les militants et envers les activités que nous menions.

Cette petite mesquinerie au sein de la notice biographique sur Marc Chirik publiée par le Docteur Bourrinet est loin d'être le pire. Le pire, c'est un ajout, sous la notice elle-même, où le Docteur reprend à son compte les calomnies les plus basses qui ont circulé contre notre organisation, notamment de la part de ce ramassis de voyous et de mouchards qui s'est donné le titre de "Fraction interne du CCI" :

"Très vite après son décès, dès 1991-1993, le groupe de Marc Chirik fut secoué par de furieuses “guerres des diadoques” ayant pour enjeu la succession des “chefs” à la tête des “masses” du CCI, en fait de dérisoires guerres picrocholines ayant pour scène une “maison d’aliénés”"

Puis, le Docteur Bourrinet fait parler les "adversaires" de notre camarade et de notre organisation pour déverser un tombereau d'ordures sur l'un et l'autre :

"Pour ses adversaires politiques, Marc Chirik restait une figure du passé, rattachée au courant léniniste et trotskyste, dans ses pires aspects, un lointain disciple d’Albert Treint, recourant aux manœuvres de type “zinoviéviste”, et n’hésitant pas, comme en 1981, lors d’une antépénultième scission, à recourir à des “raids tchékistes” contre les “dissidents”, pour “défendre l’organisation”, et “récupérer son matériel”.

Pratiquant un “contrôle monolithique” de “son” organisation, Marc Chirik aurait ainsi contribué à la faire très tôt sombrer sans retour dans une “psychose paranoïaque”. Une sombre réalité qui, pour nombre d’anciens militants, aurait déchiqueté l’organisation “chiriquienne”, dont les travers les plus visibles étaient : une malhonnêteté politique érigée en impératif catégorique, des “techniques policières de harassement”, une atmosphère soigneusement cultivée de paranoïa ultra-sectaire utilisant ad nauseam la “théorie des complots”, préconisant comme résolution des différends politiques une prophylaxie d’éradication du “parasitisme” des organismes “ennemis”.

Au final :

a) un retour triomphant (et assumé) du “refoulé” stalinien dans la “praxis” ;

b) un attachement de couverture aux “acquis du freudisme”, où “lutte entre prolétariat et bourgeoisie” côtoie la “lutte éternelle entre Éros et Thanatos”, ainsi que celle entre “le bien” et “le mal”, le bien étant la “morale prolétarienne” dont le CCI serait le dépositaire à travers ses “organes centraux” ;

c) un attachement quasi religieux au darwinisme, comme méthode de “sélection” des espèces politiques les mieux “adaptées”, sous couvert d’un développement de l’“instinct social”, dont le CCI serait l’ultime incarnation ;

d) sous le manteau “vertueux” de la “morale prolétarienne”, le triomphe en coulisses de l’immoralisme politique, “éternel retour” du “catéchisme de Netchaïev”, où tout est permis pour détruire l’adversaire politique".

Comme on peut le constater, les accusations rapportées par le Docteur Bourrinet ne concernent pas seulement celles ayant visé Marc Chirik ou le CCI du temps où il était parmi nous, mais aussi des accusations bien postérieures à son décès. Par exemple, le CCI n'a jamais discuté du darwinisme ou publié d'articles sur ce thème du vivant de Marc Chirik. Ce n'est qu'à partir de 2009, soit près de 20 ans après la mort de notre camarade, que cette question a été abordée dans nos discussions internes et dans notre presse. En fait, le Docteur Bourrinet veut "faire d'une pierre deux coups" : démolir Marc Chirik et démolir l'organisation dont il a été le principal fondateur, le CCI.

A la vérité, ce véritable "inventaire à la Prévert" nous donne un concentré de la "méthode Bourrinet". Pour respecter formellement les règles de l'historien, il fait suivre sa notice d'une bibliographie au sein de laquelle on trouve effectivement les origines de ces insanités. Mais cette bibliographie est tellement abondante, qu'elle noie les références des publications qui profèrent ces calomnies. De plus, il est particulièrement difficile, même pour un "spécialiste", d'accéder à nombre de textes référencés ce qui fait que la plupart des lecteurs ne se donneront pas la peine d'aller chercher "qui a dit quoi". Et c'est justement ça qui est important. Si dans une notice biographique de Trotski on insérait un paragraphe sur ce que disaient de lui ses "adversaires politiques" et que, parmi les accusations, il y avait celle qu'il était "un agent de Hitler", il est clair que le simple fait que l'on sache que cette accusation avait été portée par le procureur Vychinski lors des "Procès de Moscou" suffirait à lui enlever toute vraisemblance. Nous n'allons évidemment pas accabler le lecteur avec une réfutation systématique de toutes les calomnies proférées contre Marc Chirik et contre le CCI par les publications ou articles dont le Docteur donne la référence et qu'il colporte complaisamment. Disons simplement qu'elles émanent principalement d'ancien membres du CCI qui, pour différentes raisons, ressassement une haine tenace contre notre organisation. Certains d’entre eux étaient resté marqués par des visions anarchisantes qui les ont conduits, en fin de compte, à souscrire à la formule "Lénine=Staline". D’autres ont eu le sentiment que l’organisation ne les considérait pas à leur juste valeur ou bien n’ont pas supporté certaines critiques ce qui les a conduits à faire de leur orgueil blessé une cause plus importante à défendre que les positions communistes. D'autres, se sont distingués par des comportements de voyous en même temps qu’ils étaient prêts à faire appel à la police lorsque des équipes du CCI se sont présentés chez eux pour récupérer le matériel qu'ils avaient dérobé à l'organisation. D'autres enfin (ou les mêmes) continuent encore à défendre l'élément trouble Chénier, exclu en 1981, et qui a très rapidement fait carrière dans le parti socialiste alors au pouvoir.

Si le Docteur Bourrinet rapporte certaines accusations dont le caractère invraisemblable et délirant est évident, ce n'est probablement pas qu'il pense qu'elles puissent être prises pour argent comptant par les lecteurs mais parce qu'elles permettent d'instiller l'idée qu'il "n'y a pas de fumée sans feu", que "même si c'est exagéré, il doit y avoir quelque chose de vrai derrière". "Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose !"

Un dernier mot à propos de cet ajout. Parmi les nombreux militants de la Gauche communiste dont le Docteur Bourrinet a écrit la notice biographique, notre camarade Marc Chirik fait figure de privilégié. En effet, il est le seul qui ait droit à un ajout de ce type, le seul dont on peut connaître non seulement les détails de sa vie militante mais aussi le détail des accusations dont il a fait l'objet. Sans pour cela, évidemment, qu'on puisse trouver la moindre référence de tous les textes (articles, interventions sur les forums, etc.) qui réfutent ces accusations. Tout cela, évidemment, au nom d'un travail "sérieux" et "honnête" d'historien ! 13

Nous pouvons donc revenir sur l'idée suivant laquelle le Docteur Bourrinet serait "un historien sérieux et honnête". Il nous faut, comme disait Marx, "protester" contre une telle idée. Le Docteur, dans l'article qu'il avait écrit en 1989 pour la presse de notre organisation annonçant la prochaine publication par le CCI de la Gauche germano-hollandaise, faisait référence à un certain nombre d'historiens sérieux et honnêtes du mouvement ouvrier : Franz Mehring, Léon Trotski, qui tous deux étaient des militants révolutionnaires, mais aussi George Haupt, qui pourtant "était loin d'être révolutionnaire" suivant les mots du Docteur Bourrinet :

"Il vaut la peine, à ce propos, de citer l'historien Georges Haupt, disparu en 1980, qui s'est fait connaître par la probité de ses travaux sur la 2e et la 3e Internationales :

“À l'aide de falsifications inouïes, foulant aux pieds et méprisant les réalités historiques les plus élémentaires, le stalinisme a méthodiquement gommé, mutilé, remodelé le champ du passé pour le remplacer par sa propre représentation, ses mythes, son autoglorification. (…)”"

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas "la probité" qui caractérise le Docteur Bourrinet. Comme on l'a vu, il n'hésite pas à proférer des mensonges énormes quand ça l'arrange, quand les réalités historiques ne lui permettent pas d'étayer son "autoglorification". Le Docteur Bourrinet a pu, quand il était militant du CCI, faire un travail intéressant, important et honnête. Depuis, il est possible que certaines études qu'il a produites soient, faute d'être particulièrement importantes ou intéressantes, conformes à cette "probité". Mais ce qui est sûr, c'est que sa probité s'envole lorsque les sujets qu'il traite sont trop près de ses obsessions haineuses : le militant Marc Chirik et le Courant communiste international. Après tout, certain "historiens" staliniens ont pu faire d'excellentes études sur la Commune de Paris, mais il ne fallait pas attendre d'eux qu'ils en fassent autant à propos de l'histoire des partis "Communistes".

Concernant les autres idées fausses à propos du Docteur Bourrinet suivant lesquelles il serait "un défenseur des idées de la Gauche communiste et un fin connaisseur de la principale organisation de celle-ci, le CCI", là aussi ce qui précède a démontré que nous étions bien loin de la vérité. Comme fin connaisseur du CCI, il y a mieux : soit il croit sur parole les insanités délirantes proférées par les "adversaires politiques" de Marc Chirik et du CCI, et alors ses "connaissances" sont dignes du magazine Closer ou du journal Minute, soit il n'y croit pas, et son cas est encore pire. Quant à la défense des idées de la Gauche communiste, il n'y a rien à attendre de quelqu'un dont la préoccupation obsessionnelle est la défense de... ses droits d'auteur, et qui, pour cela, menace de faire intervenir l'État bourgeois : quand on prétend défendre certaines idées, l'exigence élémentaire est de ne pas se comporter en contradiction totale avec ces idées. Il n'y a rien à attendre de quelqu'un qui, dévoré par la haine, couvre (ou laisse couvrir) d'immondices Marc Chirik, un des très rares militants de la Gauche communiste (sinon le seul) à avoir, contrairement à la majorité des autres militants de ce courant qui sont restés cramponnés à leurs positions initiales, réussi à s'approprier les apports essentiels, tant de la Gauche italienne que de la Gauche germano-hollandaise, et de les avoir défendus jusqu'à son dernier souffle.

Pour le Docteur Bourrinet, les idées de la Gauche communiste sont un simple fonds de commerce hérité du temps où il était un militant de ce courant et qu'il essaie, cahin-caha, de faire fructifier au service de son besoin de reconnaissance sociale officielle (faute de pouvoir le faire au service de son portefeuille).

Le Docteur Bourrinet comme petit bourgeois démocrate

Pour dernière preuve de cette affirmation, il vaut la peine de prendre connaissance de la notice biographique consacrée à Lafif Lakhdar, décédé en juillet 2013, sur le site Controverses qui se présente comme "Forum pour la Gauche Communiste Internationaliste", une notice signée par Ph. B. (le Docteur Bourrinet himself) 14. Dans le chapeau de la notice, Lafif Lakhdar est présenté comme "intellectuel arabe, écrivain, philosophe et rationaliste, militant en Algérie au Moyen-Orient et en France. Surnommé le “Spinoza arabe”". Dans la notice elle-même, nous apprenons que, "Avec le philosophe Mohammed Arkoun (1928-2010), il avait participé depuis 2009 au programme Aladin de l’UNESCO, un “programme éducatif et culturel” lancé sous le patronage de l’UNESCO, de Jacques Chirac et de Simone Veil". Nous y apprenons aussi que "En octobre 2004, il a corédigé, avec de nombreux écrivains arabes libéraux un Manifeste publié sur Internet (www.elaph.com ; www.metransparent.com) demandant à l’ONU d’établir un tribunal international visant à poursuivre les terroristes, organisations ou institutions incitant au terrorisme." Franchement, on a beaucoup de mal à comprendre ce que cette biographie vient faire sur un "Forum pour la Gauche Communiste Internationaliste" et pourquoi elle est rédigée par quelqu'un qui se réclame de cette même Gauche communiste. Tel qu'il apparaît dans ces lignes, Lafif Lakhdar était probablement un homme plein de bonnes intentions et qui ne manquait pas d'un certain courage face aux menaces des islamistes fanatiques, mais qui situait son action totalement dans le cadre du monde bourgeois "démocratique" et en défense des illusions grâce auxquelles la bourgeoisie perpétue sa domination. Quelqu'un qui, de près ou de loin, a à voir avec la Gauche communiste, s'interdirait absolument de demander à l'ONU, ce "repaire de brigands" (suivant le terme de Lénine à propos de la Société des Nations), "d’établir un tribunal international visant à poursuivre les terroristes". C'est comme si, face aux attentats terroristes, on demandait à l'État bourgeois de renforcer son arsenal judiciaire et policier. 15 D'ailleurs, parmi les hauts faits de Lafif Lakhdar, il en est un que le Docteur Bourrinet ne mentionne pas (oubli ou dissimulation volontaire ?) : une lettre ouverte du 16 novembre 2008 au nouveau président des États-Unis Barack Obama, lui suggérant de "changer le monde en cent jours en scellant la réconciliation judéo-arabe" 16. Cette lettre contient les passages suivants :

"Résoudre ce conflit ou ce mélange du religieux et du politique de façon explosive serait une agréable surprise de votre part aux peuples de la région et du monde. Il s’ensuivra sans doute un impact psychologique salutaire pour toutes les autres crises, y compris pour la crise financière mondiale.

Comment y parvenir ? (...)

Envoyez une délégation américaine pour la paix ayant à sa tête le Président Clinton et le premier ministre israélien démissionnaire Ehud Olmert 17, composée du prince Talal Ben-Abdul Al-Aziz, représentant symbolique de l’initiative de paix arabe, de Walid Khalid et Shibli Talham, représentants du peuple palestinien.

Et quelle solution ?

D’abord, l’application des paramètres de M. Clinton, qui a donné aux juifs ce qui leur avait manqué depuis la destruction du Temple en 586 avant J.-C., et aux Palestiniens ce qu’ils n’avaient jamais connu de toute leur histoire : un État indépendant. Ensuite, l’application de la “recommandation” faite par Ehud Olmert à son successeur, laquelle accorde aux Palestiniens l’essentiel de leurs revendications..."

Et la lettre se conclut ainsi :

"Président Barack Obama, on dit de vous que vous n’avez guère d’expérience ; en résolvant pendant les cent premiers jours de votre administration un conflit vieux d’un siècle, qui a provoqué cinq guerres et deux intifada sanglantes, vous démontreriez au monde que vous êtes un leader compétent et responsable, faisant ainsi un cadeau aux plus de 80% de la population mondiale qui ont prié pour votre succès et tant fêté votre victoire". Plus Gauche communiste que ça, tu meurs !

Sur le site Controverses, la notice sur Lafif Lakhdar rédigée par le Docteur Bourrinet est publiée dans la rubrique "Internationalistes". C'est qui un internationaliste ? C'est quelqu'un qui non seulement dénonce le chauvinisme et la barbarie guerrière mais qui défend avec détermination la seule perspective qui puisse mettre fin à cette dernière : le renversement du système capitaliste par la révolution prolétarienne mondiale. Et cette défense passe nécessairement par la dénonciation intransigeante de toutes les illusions pacifiste et démocratiques, de toutes les forces politiques de la bourgeoisie qui les véhiculent, aussi "démocratiques", "éclairées" et bien intentionnées qu'elles soient. Celui qui n'a pas compris cela se situe non pas sur un terrain prolétarien et communiste, mais sur un terrain bourgeois ou petit-bourgeois. De toute évidence, notre éminent Docteur (de même d'ailleurs que les responsables de Controverses), ne sait pas faire la différence entre un humaniste démocrate bourgeois et un internationaliste, c'est-à-dire un révolutionnaire. Et cela parce que le point de vue du Docteur Bourrinet n'est pas celui du prolétariat mais celui de la petite bourgeoisie. C'est déjà ce qui ressortait du récit que nous avons fait plus haut des comportements du Docteur depuis qu'il a quitté le CCI, mais la notice sur Lafif Lakhdar le confirme de façon on ne peut plus éclairante.

En réalité, la recherche fiévreuse de reconnaissance sociale officielle du Docteur Bourrinet, sa revendication de ses "droits d'auteur" auprès des institutions bourgeoises, sa défense de ses "droits patrimoniaux" y compris en faisant appel aux organes de l'État, sa mesquinerie, sa mauvaise foi, son recours au mensonge, sa lâcheté et enfin la haine qu'il porte à l'organisation et aux militants grâce à qui il a pu acquérir les moyens de rédiger ses deux livres, tous ces comportement méprisables du Docteur Bourrinet depuis 1992 ne sont pas seulement l'expression de traits de sa personnalité. Ils sont aussi et bien plus encore l'expression de son appartenance idéologique à la catégorie sociale qui concentre le plus tous ces travers moraux, la petite bourgeoisie.

Comme on va le voir, la conférence débat animée par le Docteur Bourrinet a constitué une claire illustration de ce que nous avons dit à propos de ce personnage.

Une conférence débat significative

Le Docteur Bourrinet a d’abord prononcé un long et soporifique discours introductif. La somnolence qui a envahi l'assistance (y compris le présidium) ne résultait pas seulement du charisme du Docteur Bourrinet comparable à celui d'une huître. Bien plus fondamentalement, c'était la conséquence d'un discours sans âme ni esprit de combat, qui a permis au présidium de déduire de tout ce fatras indigeste que : "le passé, c'est le passé" et "les questions se posent autrement aujourd'hui".

Suite logique de cela, ont alors été invoquées par les participants des problématiques "nouvelles" comme "la question des prisons", celle des "précaires," etc. Bref, le discours du Docteur Bourrinet a eu pour unique effet de faire passer la tradition de la Gauche communiste pour une chose sans intérêt pour le présent et pour l'avenir, issue d'une période révolue et dont parlent certains livres poussiéreux tout justes bons à traîner sur les étagères des bibliothèques à la disposition des chercheurs universitaires.

En d'autres termes, l'exposé du Docteur Bourrinet a constitué une confirmation de ce que l'ensemble de son comportement antérieur permettait déjà de constater : désormais, pour notre Docteur, l'histoire de la Gauche communiste est devenue une simple discipline académique et n'a plus rien à voir avec ce qu'en écrivait le militant Philippe Bourrinet sous le nom de Chardin :

"(...) d'abord et avant tout une arme du combat [de la classe ouvrière] pour les luttes du moment et à venir, par les leçons du passé qu’elle enseigne." (Revue Internationale n° 58, Ibid.)

Mais ce n’est pas tout ! Le Docteur Bourrinet ne s’est pas contenté d’endormir l’assistance, il a aussi glissé dans son histoire à dormir debout un certain nombre de falsifications historiques, ce qui, évidemment, est cohérent avec sa propension, qu'on a déjà vue, à "arranger" l'histoire à sa guise.

Il a ainsi décrit séparément les différentes Gauches communistes (d'Italie, d'Allemagne et de Hollande) comme si elles avaient existé de façon isolées, sans aucune interaction l'une sur l'autre. La vérité est toute autre ! C'est vrai qu'en 1926, la Gauche italienne avait opposé un refus à la proposition que lui avait faite Karl Korsch, animateur d'un regroupement en Allemagne autour de la revue Kommunistische Politik, de faire une déclaration commune des différents courants de gauche (Lettre de Bordiga à Karl Korsch du 28 octobre 1926). Mais la Fraction de gauche du Parti communiste d’Italie qui a publié Prometeo en italien à partir de 1929 puis Bilan en français à partir de 1933, non seulement a eu la ferme volonté de confronter ses positions avec celles des autres courants de gauche, principalement l’Opposition de gauche inspirée par Trotski et la Gauche germano-hollandaise, mais a repris à son compte certaines des positions de ce dernier courant. Ainsi, par exemple, l’analyse des luttes de libération nationale, telle qu’elle avait été élaborée avant 1914 par Rosa Luxemburg au sein de la social-démocratie allemande et polonaise, puis reprise par la Gauche allemande, fut intégrée dans les positions de Bilan à la fin des années 1930.

Plus fort encore : cet "expert" en Gauche communiste s'est même payé le luxe de ne pas évoquer une seule fois la Gauche Communiste de France (GCF). Comme sur les photos truquées du temps de Staline, où les présents disparaissaient au gré de chaque réécriture de l'histoire officielle, notre tribun, évoquant les Gauches germano-hollandaise et italienne, a "oublié" de mentionner ce groupe né à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1944 ! Et pour cause : la GCF (dont la publication s’appelait Internationalisme) se distingue justement par son profond travail de synthèse des principales Gauches des différents pays, dans la droite ligne de Bilan. En s’inspirant des avancées théoriques de Bilan, mais plus encore de sa vision d’un marxisme vivant et non dogmatique, ouvert sur toutes les expressions prolétariennes à l’échelle internationale, la GCF a permis à ce petit groupe des années 1930 de ne pas sombrer dans l’oubli et de devenir au contraire une sorte de pont entre le meilleur des traditions du mouvement ouvrier du passé et l’avenir du combat prolétarien. Autrement dit, quand le Docteur Bourrinet efface la GCF du tableau noir de l’Histoire, il fait disparaître du même coup, d'une certaine façon, Bilan, il casse la continuité historique entre les différents groupes révolutionnaires et brise la transmission de la si précieuse expérience de nos illustres prédécesseurs. En un mot : il désarme le prolétariat face à l’ennemi de classe.

Tout cela, le Docteur Bourrinet le fait délibérément. Il connaît parfaitement l’existence de la GCF et sa place dans l’histoire. Il ne s’agit pas d’un oubli malheureux ou d’une simple méconnaissance mais d’une volonté de cacher volontairement une vérité historique qui le dérange, le fait que la GCF ait apporté une contribution de premier plan à la pensée de la Gauche communiste.

Pourquoi ? La réponse est simple : tout simplement par haine du CCI, c'est-à-dire la seule organisation qui se réclame explicitement de la GCF, et par haine du militant qui a joué un rôle décisif dans la formation du CCI et qui fut le principal animateur de la GCF, Marc Chirik.

Cette haine du Docteur Bourrinet, nous avions pu la constater dans les différents écrits de ce personnage mais lors de cette réunion publique elle s'est exprimée ouvertement et aux yeux de toute l'assistance.

Ainsi, lorsque la délégation du CCI présente à la réunion a voulu interpeller le Docteur Bourrinet sur ses falsifications et sur sa "défenses des droits d'auteur", il a lancé sur un ton hystérique, que tous les participants ont pu constater, une série d'attaques rageuses contre notre organisation : "vous êtes des escrocs, des terroristes ; vous avez contraint beaucoup de militants du CCI à démissionner en les étouffant", c'est-à-dire les calomnies des "adversaires politiques de Marc Chirik" qu'il rapportait de façon "objective" dans la notice biographique qu'il a consacrée à notre camarade.

Jusqu'à présent, pour répandre son venin, notre Docteur s'abritait derrière des organismes officiels, des notices biographiques "arrangées" ou des "mises au point" sur Internet. Cette fois-ci, c'est en public, et devant quatre militants du CCI, qu'il a osé se "lâcher". Un tel changement d'attitude mérite explication.

Comme on l’a vu, le Docteur Bourrinet est le prototype du petit-bourgeois : couard, malhonnête et peu enclin à assumer en pleine lumière tout son fiel, sauf quand il sent gonfler le souffle de la rumeur et entend monter des cris haineux contre le CCI. Alors s'empare de lui le "courage" enivrant d'assumer lui aussi les pires calomnies et les plus basses menaces contre notre organisation. Il en va ainsi de toutes les logiques d'appel aux pogroms depuis des siècles : chaque participant apporte sa désolante contribution selon ses propres motivations, différentes mais toutes minables et empreintes de haine. Presque à chaque fois, ce type de dynamique barbare est initié par un ou des excitateurs, professionnels ou amateurs – peu importe. Voilà précisément dans quoi notre Docteur a plongé. Après avoir lu la prose anti-CCI de l'officine policière nommée GIGC 18 dans laquelle s'agite l’excitateur Juan, il s'est ragaillardi et semble répondre à cet appel crapuleux au déchaînement de haine.

Le 28 avril 2014, la GIGC 19 a publié un article relevant du pire travail des agents provocateurs de la police. Ce texte calomnieux ayant pour titre : "Une nouvelle (ultime ?) crise interne dans le CCI !" 20, annonçait de manière ironique et jubilatoire la disparition du CCI... dépêche qui se révéla être "grandement exagérée." 21 Mais la seule idée, même infondée, d'un CCI affaibli, presque agonisant, a galvanisé tous ceux qui n'ont qu'une seule et obsédante espérance, nous savoir morts et enterrés. C’est donc parmi ces "courageux" que nous avons retrouvé le Docteur Bourrinet, tout agité à l'idée d'apporter lui aussi sa voix aux aboiements de la meute contre le CCI. Mais même alors, cet encouragement de type policier du GIGC n’était pas suffisant. Il lui fallait la présence physique d’un acolyte, présence encourageante et protectrice, celle d'un "costaud", petit esprit mais gros biceps, et surtout doté d'une mentalité de voyou prêt à toutes les vilenies et toutes les lâchetés contre le CCI, le dénommé Pédoncule 22, qui ne manqua pas de rassurer et motiver notre Docteur lors de la conférence de Marseille. Le pedigree de cet individu, coutumier des querelles de petite frappe, est édifiant : il a par le passé bousculé brutalement une de nos ex-camarades en la projetant contre un mur ; il a agressé un autre membre de l'organisation et a tenté de sortir un couteau à cran d'arrêt qu'il portait toujours sur lui. Et il a déjà froidement menacé un de nos camarades de lui "trancher la gorge". 23

L'association entre le Docteur et le voyou (qui aurait pu faire le sujet d'un film à la française, avec Jean-Louis Trintignant et Depardieu dans les rôles-titre), pour paradoxale qu'elle soit, n'est pas faite pour nous surprendre. Le rapprochement entre la petite bourgeoisie intellectuelle et le lumpen ne date pas d'hier et, en général, il se fait face à l'ennemi commun, le prolétariat révolutionnaire. En 1871, la plupart des écrivains français (à l'exception notable d'Arthur Rimbaud, Jules Vallès et Victor Hugo) s'étaient retrouvée aux côtés des voyous parisiens dans leur soutien aux massacreurs versaillais de la Commune 24 ; les premiers avec leur plume, les seconds "sur le tas" par le mouchardage et les assassinats. En 1919, les "honorables" dirigeants de la Social-démocratie d'Allemagne avaient fait appel au lumpen regroupé dans les "corps francs" pour assassiner des milliers d'ouvriers en même temps que Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, deux des figures les plus lumineuses de la révolution prolétarienne. Aujourd'hui, le petit-bourgeois Bourrinet, Docteur de l'Université Paris I-Sorbonne, copine avec le candidat égorgeur Pédoncule, et c'est normal. C'est dans l'ordre des choses. Ils ont la même obsession : la haine du CCI ; la même volonté : que disparaisse le CCI, c'est-à-dire la principale organisation défendant les positions de la Gauche communiste à l'échelle internationale.

Pour notre part, nous continuerons à diffuser les deux livres sur La Gauche communiste d'Italie et La Gauche hollandaise, que cela plaise ou non au Docteur Bourrinet. Et nous encourageons nos lecteurs à lire ces ouvrages rédigés par Philippe Bourrinet, comme militant du CCI, et qui n'ont nullement perdu de leur valeur parce que ce militant, après que l'Université lui ait décerné le titre de Docteur, a trahi la cause qu'il avait embrassée dans sa jeunesse. Cela-dit, nous ne renoncerons pas à dénoncer les infamies commises par ce docteur, ses mensonges, ses calomnies et ses tentatives minables de faire appel aux institutions bourgeoises pour menacer nos militants et assouvir sa haine. Mais qu'il se rassure, nous n'enverrons pas de commando pour lui "trancher la gorge". Nous laissons ce genre d'intentions à son garde du corps, le nommé Pédoncule.

L'histoire du mouvement ouvrier est riche en exemples de militants qui, après qu'ils aient défendu les positions révolutionnaires du prolétariat, ont changé de camps en capitulant devant l'idéologie bourgeoise et en se mettant au service de la classe dominante. Mussolini, un des chefs de file de la gauche du Parti socialiste d'Italie avant la Première Guerre mondiale est devenu ce que l'on sait. Plekhanov, celui qui a fait connaître le marxisme en Russie et qui a combattu vigoureusement le révisionnisme de Bernstein à la fin du 19e siècle, s'est converti en 1914 en social-chauvin patenté. Kautsky, le "pape" du marxisme dans la 2e Internationale, compagnon d'armes et ami de Rosa Luxemburg jusqu'en 1906, a mis sa plume à partir de 1914 au service du soutien de fait à la guerre impérialiste et de la condamnation de la révolution de 1917 en Russie, tout en continuant à se réclamer formellement du marxisme jusqu'à sa mort, en 1938.

Aujourd'hui, le Docteur Bourrinet continue de se réclamer formellement de la Gauche communiste et des positions de ce courant. Mais c'est une escroquerie, comme était une escroquerie le "marxisme" de Kautsky. La Gauche communiste, ce n'était pas seulement des positions politiques. C'était une loyauté aux principes prolétariens, le refus de toute compromission, une volonté de combat pour la révolution, un courage immense, c'est-à-dire des qualités dont le Docteur Bourrinet est totalement dépourvu aujourd'hui. Oui il faut lire les livres sur la Gauche communiste d'Italie et la Gauche communiste germano-hollandaise, non pas comme "propriété intellectuelle" du Docteur Bourrinet, mais avec l'état d'esprit affiché par le militant Philippe Bourrinet il y a un quart de siècle : "Ce n'est que d'un point de vue militant, du point de vue de l'engagement dans le combat de la classe ouvrière pour son émancipation que peut être abordée l'histoire du mouvement ouvrier" (Revue Internationale n° 58, Ibid.).

Courant Communiste International (15/01/2015)

 

1 Le collectif Smolny est une maison d'édition spécialisée dans la publication d'ouvrages du mouvement ouvrier, tout spécialement de la Gauche communiste. À son propos, lire notre article : "Les éditions Smolny participent à la récupération démocratique de Rosa Luxemburg"

2 "M. Proudhon a le malheur d'être singulièrement méconnu en Europe. En France, il a le droit d'être mauvais économiste, parce qu'il passe pour être bon philosophe allemand. En Allemagne, il a le droit d'être mauvais philosophe, parce qu'il passe pour être économiste français des plus forts. Nous, en notre qualité d'Allemand et d'économiste à la fois, nous avons voulu protester contre cette double erreur." (Misère de la philosophie)

3 Voir notre article biographique publié dans les numéros 65 et 66 de la Revue Internationale.

4 Ce soutien matériel comportait entre autres le remboursement d'une bonne partie des dépenses liées aux recherches de documents, notamment l'achat de microfiches auprès des fonds documentaires comme l'Institut international d'Histoire sociale d'Amsterdam.

5Certains documents cités dans ce texte sont joints en annexe et peuvent être visualisés en cliquant sur les liens qui y font référence, comme ici le texte « deux documents ».

6 La version en Anglais de la Gauche hollandaise (The Dutch and German Communist Left), publiée en 2001, contient l'avertissement suivant :

"This book, which first appeared in French in 1990, is published under the responsibility of the ICC. It was written by Philippe Bourrinet in the context of his work for his university doctorate, but it was prepared and discussed by the ICC when the author was one of its militants. For this reason it was conceived and published as the collective work of the ICC, without an author's signature and with his total agreement.

Philippe Bourrinet has not been in the ICC since April 1990, and he has since published editions of this book under his own name, with the addition of certain 'corrections' linked to the evolution of his political positions.

For its part, the ICC fully intends to continue its policy of publishing this book. It should be clear that our organization cannot be held responsible for any additional or divergent political positions that Philippe Bourrinet might integrate into the editions produced under his own responsibility."

7 C'est comme cela que nous allons désigner Philippe Bourrinet dans la suite de cet article. Le besoin de reconnaissance sociale officielle qui le tenaille ne pourra qu'en être satisfait.

8 Et nous pourrions ajouter "bien faux-cul", mais ça, c'est une habitude et non une exception.

9 On peut trouver ces indications à l'adresse http://left-dis.nl/f/livre.htm. Au cas où ce lien deviendrait inactif (on ne sait jamais!), nous avons évidemment conservé une copie d'écran de ce qui apparaissait encore le 15 janvier 2015.

10 Le CCI avait décidé de mettre en vente sur le site Amazon.co.uk la version en anglais des deux livres sur la Gauche italienne et sur la Gauche germano-hollandaise afin de leur donner une diffusion plus importante. En octobre 2009, nous avons reçu une lettre de ce site nous informant qu’il avait retiré de la vente ces ouvrages suite à la réception d’une lettre du Docteur Bourrinet et qu’il ne reprendrait leur vente que si nous parvenions à un accord avec ce dernier. Dans la lettre à Amazon du 7 octobre 2009, signée "Docteur Philippe Bourrinet, historien", on pouvait lire : "Ma propriété intellectuelle a été violée par deux articles sur le site Amazon.co.uk. Cela concerne la vente commerciale sur votre site web de deux de mes livres (mon nom a disparu) par le soi-disant “Courant communiste international” qui, de façon claire, commet des actes de piratage intellectuel [suit le nom des livres]. Ces deux livres ont été publiés (version électronique et papier) sous mon propre nom sur mon site multilingue aux Pays-Bas (…) Ils sont depuis longtemps (1989) protégés par la loi sur la propriété intellectuelle. (…) Je suis le véritable propriétaire des deux livres mentionnés et autorisé à agir – ensemble avec la SDGL à Paris – en faveur des droits décrits ci-dessus." Le CCI a adressé une lettre au Docteur Bourrinet le 24 octobre 2009. Dans cette lettre nous écrivions : "Nous devons dire que nous avons été assez surpris, premièrement du fait que tu as ressenti le besoin d’écrire à Amazon à ce sujet, et deuxièmement que tu ne nous aies pas fait part de tes intentions au préalable. En effet, nous pensions que la question de la ‘propriété intellectuelle’ des deux livres sur la Gauche italienne et la Gauche hollandaise/allemande avait déjà été réglée entre nous, à l’amiable, lors d’une rencontre au début des années 1990. (…) En tout état de cause, nous ne voulons pas que ce problème de ‘propriété intellectuelle’ ne vienne entraver la diffusion de ces histoires et de ces idées. Si tu le souhaites, nous sommes tout à fait disposés à faire apparaître le même avertissement cité ci-dessus [voir note 5] (ou une variante qui te conviendra), sur le site Amazon (nous pouvons également y faire figurer ton nom en tant qu’auteur) et sur notre propre site." Nous n’avons jamais reçu de réponse à cette lettre. Peut-être aurions-nous dû proposer en plus au Docteur de lui verser des droits d’auteur sur la vente de ces livres. Il faut quand même signaler que les versions en anglais des deux livres diffusées par le Docteur Bourrinet reprennent (à part les modifications qu’il a introduites depuis qu’il a quitté le CCI) les traductions réalisées par les militants de notre organisation. Mais nous tenons à le rassurer : nous n’allons pas lui réclamer des droits de traduction.

13 Ces attaques crapuleuses contre la mémoire de notre camarade Marc Chirik sont proprement répugnantes. Auprès de la plupart des militants de la Gauche communiste du passé, Marc Chirik jouissait d'une grande estime malgré les désaccords qu'ils pouvaient avoir avec lui et même les critiques qu'il avait pu leur adresser. La profondeur et la rigueur de sa pensée, son dévouement à la cause révolutionnaire, sa force de caractère en même temps que l'estime et l'affection qu'il portait à ces militants qui avaient su résister à la contre-révolution, tous ces traits de sa personnalité politique forçaient le respect. Franchement, quand on lit les insanités déversées sur son compte par de petits cafards qui se réclament de la Gauche communiste, tout cela parce que leur orgueil a été égratigné ou parce que leurs "droits d'auteur" ont été ignorés, on ne peut qu'avoir envie de vomir. Face à ce type de campagne de dénigrement on ne peut pas ne pas penser à la campagne dont a été victime Trotski à partir du milieu des années 1920, avant même son exclusion du Parti bolchevique, de la part de la camarilla stalinienne, une campagne vigoureusement dénoncée par Bordiga, le principal animateur de la Gauche communiste italienne à cette époque, malgré les désaccords qu'il avait par ailleurs avec Trotski. Les cloportes serviles qui, par lâcheté ou arrivisme, se sont rangés dans le sillage de Staline : voilà le modèle dont s'inspirent les dénigreurs actuels de Marc Chirik.

15 Que le Docteur Bourrinet ne trouve rien à redire face à une telle démarche n’est pas fait pour surprendre de la part de quelqu’un qui menace d’envoyer la justice bourgeoise contre des militants révolutionnaires.

17 Ehud Olmert : proche d'Ariel Sharon (le responsable des massacres de Sabra et Chatila en septembre 1982), il est premier ministre d'Israël de janvier 2006 à mars 2009 et responsable de l'attaque israélienne contre le Liban de juillet 2006 qui fait plus de 1200 victimes civiles. En septembre 2009, il est jugé pour "fraude", "abus de confiance" et "dissimulation de revenus frauduleux". En septembre 2012, il est condamné à un an de prison avec sursis.

18 Le "Groupe International de la Gauche communiste" (GIGC) est né en octobre 2013. Il est constitué de la fusion de deux éléments du groupe Klasbatalo de Montréal et d’éléments de l’ex-prétendue "Fraction Interne" du CCI (FICCI) qui ont été exclus du CCI en 2003 pour leurs comportements de mouchards.

21 C'est ainsi qu'en réponse à cette attaque aussi infâme que ridicule nous avons répondu dans notre article "Conférence internationale extraordinaire du CCI : la "nouvelle" de notre disparition est grandement exagérée !".

22 Membre, comme le Docteur Bourrinet, du Collectif Smolny. Il a également été membre, pendant plusieurs années, de de ce groupe de mouchards et de voyous nommé FICCI.

24 Voir Paul Lidsky, "Les écrivains contre la Commune", La Découverte Poche, Paris 2010