Quelles leçons pour les luttes futures ? - (Tract diffusé en janvier 1996)
Novembre-décembre 1995 : il n'y avait pas eu depuis longtemps une telle mobilisation de la classe ouvrière en France. Et pourtant, malgré les centaines de milliers de grévistes, les millions de manifestants, le gouvernement a réussi à faire passer ses principales attaques contre les travailleurs, à commencer par le plan Juppé sur
Avec les syndicats, le combat de classe est impuissant
Dans une touchante "unité", “jamais vue depuis les années 70" (selon l’Humanité du 25/9), tous les syndicats montent aujourd’hui au créneau pour dénoncer l’austérité rocardienne, annoncent journée d’action sur journée d’action, qui dans les Finances, qui à la Sécurité Sociale ou encore dans toute la Fonction Publique et viennent nous dire, comme la CGT à la Sécu, que “plus que jamais l’heure est à l’action”.
Une implication claire et décidée dans la lutte.
Sur la base d'un suivi sérieux, "pointu", de l'évolution de la situation en France, le CCI avait mis en avant depuis des mois le développement des potentialités pour un mouvement massif de riposte de la classe ouvrière aux attaques de la bourgeoisie. Cette analyse qu'il développe en permanence dans sa presse depuis le début de l'année 88 se trouve confirmée au printemps par une série de luttes à Chausson, à la Snecma, à Michelin (malgré le contexte défavorable des campagnes électorales à répétition), et au mois de juin à St Nazaire (malgré le facteur défavorable constitué par la proximité des congés annuels). Durant ces luttes, en particulier celle de la Snecma, il met également en évidence la stratégie de la bourgeoisie visant à isoler et enfermer chaque lutte dans l'entreprise ou la corporation. Il met également en relief cette tendance de la bourgeoisie, initiée lors de la grève des cheminots durant l'hiver 86/87, confirmée ensuite dans la grève des instituteurs peu après, à utiliser les coordinations au premier rang de ses forces d'encadrement pour posséder les ouvriers de leur lutte. Il démontre alors comment celles-ci, animés par les gauchistes et des syndicalistes de base, ont fondamentalement le même rôle d'enfermement et d'isolement des luttes que les syndicats; comment pour assumer leur sale besogne, elles tendent à s'appuyer et développer les faiblesses corporatistes existant au sein de la classe ouvrière. C'est ainsi en particulier que le CCI avait énoncé le rôle de la coordination inter-Snecma dans le conflit de cette entreprise, ainsi que celui des gauchistes de L.O. et de la L.C.R. en son sein.
Les motions : une pratique à développer dans les assemblées générales.
L'intervention d’un Comité de lutte
La période que nous vivons aujourd'hui voit, ici et là, au sein de la classe ouvrière, l'émergence de comités de lutte. Ce phénomène a commencé à se développer, en France au début de 1988 ‑au lendemain de la grande lutte à la SNCF. Depuis lors, plusieurs comités regroupant des ouvriers combatifs se sont formés dans différents secteurs (PTT, EDF, Enseignement, Santé, Sécurité Sociale, etc..) voire même, et de plus en plus, sur une base inter-sectorielle.
Comment étendre la lutte
La compréhension grandit dans les rangs ouvriers que pour gagner, pour être forts, il nous faut être le plus nombreux possible dans la lutte, il faut que la lutte s'élargisse toujours plus, il faut qu'elle soit capable d'opposer à la bourgeoisie et son État un front ouvrier massif, solidaire et uni.
Bilan de la lutte de classe depuis 1988
- L'unification
des luttes ne peut être l'œuvre que des travailleurs eux-mêmes
Au
moment où se termine l'année 88, tous les médias bourgeois se plaisent à
célébrer cette année comme marquée d'une pierre blanche : elle aurait été
"l'année du début du retour de la prospérité", "l'année de la
paix" et autres foutaises. Pour la classe ouvrière, pour qui 88 a signifié
la continuation de l'austérité, des licenciements, du chômage massif, il n'y a
pas de quoi se réjouir. Au contraire, alors que les sombres perspectives d'une
nouvelle accélération de la crise, longtemps écartées par la classe dominante
et étouffées dans les médias à la faveur des préparatifs électoraux aux USA,
refont surface, il est clair pour la classe ouvrière que les années qui
s'ouvrent vont être celles d'une nouvelle aggravation de ses conditions
d'existence, d'une nouvelle accélération des attaques anti-ouvrières dans tous
les pays.
Moins que jamais, dans la période qui s'ouvre, la
classe ouvrière ne pourra faire l'économie de la lutte. Au contraire, Il va lui
falloir poursuivre et développer, encore plus massivement et avec plus de
détermination, la bataille pour la défense de ses conditions de vie, contre ce
système porteur d'une misère toujours plus profonde et générale. C'est pourquoi
il lui faut par contre tirer le bilan de ce que 88 a apporté de son point de
vue de classe à elle, c'est-à-dire sur le plan du développement de ses combats
et du renforcement de ses armes de résistance à la misère capitaliste.
1b) Une manoeuvre d'ampleur de la bourgeoisie contre l'ensemble de la classe ouvrière
NON à la dispersion organisée ;
OUI à l'unité
des luttes ouvrières
OUVRIERS,
C'est à un véritable travail de sape de votre combativité et de déboussolement que se livrent depuis plusieurs semaines contre vous l'ensemble de la gauche et en particulier, ces derniers temps, la CGT. Malgré cela votre colère reste intacte et elle est plus que jamais légitime.