14e Congrès du CCI : Rapport sur la crise économique (extraits)

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Le capitalisme est entré dans sa phase de décadence depuis plus de 80 ans. Il survit en plongeant l'humanité dans une spirale de crise ouverte : guerre généralisée - reconstruction - nouvelle crise ([1]). Alors que la stagnation et les convulsions du système durant la première décennie du 20° siècle débouchèrent rapidement dans la terrible boucherie de la première guerre mondiale, alors que la grande dépression de 1929 déboucha en dix ans à la tuerie encore plus sauvage de la seconde guerre mondiale, la crise qui a commencé à la fin des années 1960 n'a pu déboucher dans l'issue organique d'une nouvelle guerre généralisée, parce que le prolétariat n'a pas été défait.

Confronté à cette situation inédite de crise sans issue, le capitalisme mène ce que nous avons nommé une "gestion de la crise". Il a dans ce but recours à l'organe suprême de défense de son système : l'Etat. Si la tendance au capitalisme d'Etat s'est bien développée depuis des dizaines d'années, nous avons pu assister au cours des trente dernières à un perfectionnement et à une sophistication inédits de ses mécanismes d'intervention et de contrôle de l'économie et de la société. Pour accompagner la crise, et faire en sorte que son rythme soit plus lent et moins spectaculaire qu'en 1929, les Etats ont recouru à un endettement astronomique, sans précédent dans l'histoire, et les principales puissances ont collaboré entre elles pour soutenir et organiser le commerce mondial de façon à cc que les pires effets de la crise retombent sur les pays les plus faibles ([2]). Ce mécanisme de survie a cependant permis que les pays centraux, ceux-là même qui sont la clé tant du point de vue de l'affrontement de classes que du maintien de la stabilité globale du capitalisme, vivent une chute lente par paliers successifs, parvenant a donner une impression de maîtrise, d'apparente normalité, quand ce n'est pas de "progrès" ou de "renouveau".

Ces mesures d'accompagnement n'ont cependant pas permis, loin de là, une stabilisation de la situation. Le capital isme est un système mondial depuis le début du 20° siècle, ayant incorporé à l'engrenage de ses rapports de production jusqu'au moindre territoire significatif de la planète. Dans ces conditions, la survie de chaque capital national ou de groupes de capitaux nationaux ne peut se réaliser qu'au détriment non seulement de ses rivaux, mais de l'ensemble du capital global. Au cours des trente dernières années, nous avons assisté à la détérioration progressive du capitalisme dans son ensemble, sa reproduction n'a pu se réaliser que sur des bases toujours plus étroites, le capital mondial s'est appauvri ([3]).

Cet effondrement progressif du capital global s'est manifesté par des convulsions périodiques qui n'ont rien à voir avec les crises cycliques du siècle dernier. Ces convulsions se sont exprimées par des récessions plus ou moins fortes en 1974­-75, 1980-82 et en 1991-93. Mais la récession - la chute officielle des indices de production - n'a pas été son expression majeure, précisément parce que le capitalisme d'Etat tente d'éviter dans la mesure du possible cette manifestation trop classique et évidente de l'effondrement du système. Elle a eu tendance à se manifester sous d'autres formes apparemment plus éloignées de la sphère de la production, mais pour autant ni moins graves ni moins dangereuses. Tourmentes monétaires de la livre sterling en 1967 et du dollar en 1971, brusque explosion inflationniste durant les années 1970, crises successives de la dette et de véritables séismes financiers à partir de la deuxième partie des années 1980 : krach boursier de 1987, mini krach en 1989, crise monétaire du SME en 1992-93, effet Tequila [dévaluation du peso mexicain et chute des bourses latino-américaines] en l994, la crise dite "asiatique" de 1997-9R.

Le 13° congrès du CCI avait analysé les importants dégâts causés par ce dernier épisode de la crise et nous avions repris à notre compte les prévisions très pessimistes des propres experts de la bourgeoisie qui parlaient de récession sinon de dépression.

Cette récession ne s'est cependant pas produite et le capitalisme a de nouveau pu entonner les hymnes triomphalistes sur la "santé de fer" de son économie. poussant la hardiesse jusqu'à envisager l'entrée de la société dans l'ère de la "nouvelle économie". La poussée inflationniste de l'été 2000, dont la portée et les conséquences sont très importantes, a fait baisser le ton à l'euphorie générale. En un peu plus de deux ans, de façon très concentrée et rapide, nous avons pu assister à la chute brutale de 1997-98, au sursaut euphorique entre la deuxième moitié de 1999 et l'été 2000 et à nouveau aux indices de nouvelles convulsions.

Le nouveau millénaire ne va pas plus offrir de solution à la crise que de stabilisation de la situation, sinon tout au contraire une nouvelle phase d'effondrement qui nous fera paraître minimes les souffrances pourtant terribles qu'a causé le système tout au long du siècle qui s'achève.

10 ans de croissance ininterrompue aux Etats-Unis
 

Les adorateurs du système salivent de plaisir à l'évocation de ces "10 ans de croissance sans inflation" ([4]). Dans leurs délires, ils en viennent même à prédire la fin des crises cycliques et la croissance ininterrompue permanente.

Ces messieurs ne font pas l'effort de comparer ces taux de croissance avec d'autres èpoques du capitalisme, non plus qu'a comprendre sa nature et sa composition. Ils se satisfont aisément de la – croissance -, ils s'en contentent ! Mais face à cette vision immèdiatiste et superficielle, caractéristique de l'idéologie d'un ordre social condamné, nous appliquons quant à nous une vision globale, historique, et pouvons, à partir de là, démontrer la fausseté des arguments basés sur les « 10 ans de croissance ininterrompue des Etats-Unis ».

Pour commencer, si nous examinons les taux de croissance de l'économie américaine depuis 1950, nous constatons que la croissance de cette dernière décennie est la pire de ces 50 dernières années :

 

Taux de croissance moyen du PIB aux Etats-Unis ([5])

Période

1950-64

3,68 %

Période

1965-72

4,23 %

Période

1973-90

3,40 %

Période

1991-99

1,98 %

 

Nos conclusions seront identiques si nous considérons les données des pays les plus industrialisés :

 

Taux de croissance moyen du PIB des principaux pays industrialisés ([6])

 

1960-73

1973-89

1989-99

Japon

9,2%

3,6%

1,8%

Allemagne

4,2%

2,0%

2,2%

France

5,3%

2,4%

1,8%

Italie

5,2%

2,8%

1,5%

GB

3,1 %

2,0%

1,7%

Canada

5,3%

3,4%

1,9 %

 

Les deux tablenux mettent en évidence un déclin graduel mais persistant de l'économie mondiale, qui réduit à néant le triomphalisme des leaders du capitalisme et met en évidence leur tricherie : nous éblouir avec des chiffres sortis de leur contexte historique.

La "croissance américaine" a une histoire qui nous est cachée avec beaucoup de triomphalisme : on ne parle pas de comment s'est faite la relance de l'économie en 1991-92, avec pas moins de 33 baisses des taux d'intérêts, de sorte que l'argent prêté aux banques l'était à un taux en dessous du taux d'inflation ! L'Etat leur offrait en quelque sorte de l'argent ! On ne nous dit pas non plus que cette croissance a commencé à s'essouffler à partir de 1995, avec les multiples crises financières qui ont culminé avec la « grippe asiatique » de 1997-98, stagnant dans la phase 1996-98.

Mais qu'en est-il de la dernière phase de croissance, celle qui succède à la stagnation de 1996-98 ? Ses bases sont encore plus fragiles et destructrices car le moteur de la croissance devient une bulle spéculative sans précédent dans l'histoire. L'investissement en bourse devient le seul investissement rentable, .

Les familles comme les entreprises américaines ont été encouragées dans le mécanisme pervers de l'endettement pour pouvoir spéculer en Bourse et utiliser les titres achetés comme caution pour acheter frénétiquement des biens et des services qui sont le moteur de la croissance. Les fondements de l'investissement authentique se voient ainsi sérieusemcnt ruinés : entreprises et particuliers ont augmenté leur endettement de 300% entre 1997 et 1999. Le taux d'épargne est négatif depuis 1996 (après 53 années de taux positifs) : alors qu'en 1991 il était de + 8,3 %, il était en 1999 de - 2,5%.

La consommation à crédit maintient en vie la flamme de la croissance mais ses effets sont délétères sur la base productive des Etats Unis([7]). Un économiste célèbre, Paul Samuelson, reconnaît que "l'utilisation de la capacité productive de l'industrie nord-américaine n’a cessé de baisser dcpuis le sommet atteint au milieu des années 1980". L'industrie manufacturière perd du poids dans l'ensemble des chiffres annuels de production et a licencié 418 000 travailleurs depuis avril 1998. La balance des paiements américaine subit une dégradation spectaculaire, passant d'un déficit de -2,5% du PIB en 1998 à -4% de nos jours.

Ce type de "croissance" est aux antipodes de la véritable croissance que le capitalisme a expérimenté historiquement. Entre 1865 et 1914, les Etats­-Unis basèrent leur spectaculaire crois­sance économique sur l’augmentation permanente de leur excédent commercial et financier. L'expansion américaine après la seconde guerre mondiale se basait sur la supériorité des exportations de produits et de capitaux. Un 1948 par exemple. les exportations américaines couvraient 180% des importations. Depuis 1971, les Etats Unis commencent à avoir des déficits commerciaux négatifs qui n'ont cessé de croitre.

Alors qu'au 19' siècle la croissance économique des pays centraux du capitalisme s'est basée des exportations de biens et de capitaux qui servaient de bèlier pour incorporer de nouveaux territoires aux rapports de production capitalistes, nous assistons aujourd’hui à une situation aberrante et dangereuse, celle ou les fonds du monde entier accourent - attirès par les cotations élevées du dollar pour soutenir la principale èconomie de la planète. Depuis 1985, le flux des investissements du reste des pays du monde vers les 10 principales économies de la planète est supérieur à celui de celles-ci vers celles-là. Concrètement, ceci signifie que le capitalisme, incapable d'élargir la production dans le monde,concentre tous ses recours pour maintenir à flot les principales métropoles, au prix de la mise en friche du reste du monde, détruisant ainsi ses propres bases de reproduction.

 

La timide récessionde l'après crise asiatique ne s'est pas produite

 

On veut nous faire croire que la secousse de 1997-98 n'était qu'une crise cyclique identique à celles que le capitalisme avait connues au l9° siècle. A cette époque. chaque étape de crise se résolvait dans une nouvelle expansion de la production qui atteignait des niveaux supérieurs à ceux de la période antérieure. De nouveaux marchés           s’ouvraient l'incorporation de nouveaux territoires aux rapports de production capitalistes, créant de nouvelles masses de prolétaires créatrices de plus-value et d'autre part­ apportant de nouveaux acheteurs solvables pour les marchandiscs produites.

Cette issue est actuellement impossible pour le capitalisme : les marchés sont depuis bien longtemps Saturés.

L"`issue" à toute nouvelle chute ne peut donc être dans de nouveaux marchés pour écouler la production et dans de nouvelles masses de prolétaires incorporés au travail salarié, mais au contraire : des mesures d'endettement qui tentent de masquer la chute réelle de la production et de nouvelles vagues de licenciements (présentées comme des restructurations, des privatisations ou des fusions) qui peu à peu assèchent les sources de la plus-value : "Faute de réels débouchés solvables, à travers lesquels pourrait se réaliser la plus-value produite, la production est écoulée en grande partie sur des marchés, fictifs (...) Face à un marché mondial de plus en plus saturé, une progression des chiffres de la production ne peut correspondre qu'à une nouvelle progression des dettes. Une progression encore plus considé­rable que les précédentes. " (Revue internationale n° 59)

Le résultat est que chacune des phases de convulsions suppose une chute plus violente dans l'abîme alors que chaque moment de reprise adoucit la chute, mais toutes se situent dans une dynamique d'effondrement progressif.

Au siècle dernier, le capitalisme se trouvait dans une phase dynamique d'expansion dans laquelle chaque phase de crise préparait de nouvelles périodes de prospérité. C’est exactement l'inverse aujourd'hui, chaque phase de reprise n'est qu'une préparation à de nouvelles et majeures convulsions.

En témoigne que le Japon (2° économie de la planète) reste dans le trou et qu'il a atteint à peine un rachitique 0,3 % de croissance en 1999, avec des perspectives assez pessimistes pour l'an 2000. Ceci en dépit du développement spectaculaire des moyens de crédit de la part de l'Etat japonais : le déficit public en 1999 a atteint 9,2 % du PI B.

 

La nouvelle économie

 

On voit que l'argument de la "grande croissance" américaine ou du "dépas­sement facile de la crise asiatique" ne résistent pas à une analyse un tant soit peu sérieuse. Mais un troisième argument semble avoir plus de consistance : la "révolution de la nouvelle économie" bouleverserait totalement les fondements de la société, de sorte qu'avec Internet disparaîtrait la traditionnelle division de la société en classes, ouvriers et patrons devenant des "partenaires". En outre, le moteur de l'économie ne serait plus l'acquisition de profit mais la consommation et l'information. Finalement, tout ce fatras sur la crise s'évanouirait comme un cauchemar du passé puisque toute l'économie mondiale se régulerait harmonieusement par le biais des transactions commerciales sur le Web. Le seul problème viendrait des "inadaptés" encore englués dans la "vieille économie".

Nous n'allons pas réfuter en détail toutes ces stupides spéculations. L'article éditorial de la Revue internationale n°102 démonte de façon très convaincante ce nouveau mythe que le capitalisme prétend nous faire avaler ([8]).

Nous devons avant tout rappeler l'histoire : combien de fois le capitalisme a-t-il tenté ces dernières 70 années de nous vendre un "modèle" de dévelop­pement économique qui serait la solution définitive ? Dans les années 1930, l'industrialisation soviétique, le New Deal américain, le plan De Man se présentèrent tous comme la solution de la crise de 1929... l'issue réelle fut la seconde guerre mondiale ! Ce fut "l'Etat du bien-être" dans les années 1950, le "développement" dans les années 1960, les diverses "voies vers le socialisme" et le "retour à Keynes" dans les années 1970, les "Reaganomics" et le "modèle japonais" dans les années 1980, les "tigres asiatiques" et la "mondialisation" dans les années 1990, c'est au tour aujourd'hui de la "nouvelle économie". Le vent de la crise les a tous engloutis les uns après les autres. A peine un an après sa naissance, la "nouvelle économie" commence déjà à être vieillie et inopérante.

En second lieu, le bruit a couru que la nouvelle économie basée sur Internet serait la plus grande créatrice d'emplois. C'est une erreur totale. L'article de Battaglia Comunista cité plus haut (note 5) démontre que sur les 20 millions d'emplois créés aux Etats-Unis, un seul million serait lié à Internet. Les autres sont liés à des activités de haute technologie comme promeneurs de chiens, distributeurs de pizzas et d'hamburgers, gardiens d'enfants, etc.

En réalité, l'introduction d'Internet dans le commerce, l'information, les finances et les administrations publiques élimine des emplois au lieu d'en créer. Une étude sur les institutions bancaires de la "nouvelle économie" démontre que :

- un réseau de bureaux équipé d'ordi­nateurs sans connexion permanente emploie ([9]) 100 travailleurs ;

- un réseau de bureaux équipé d'ordinateurs connectés en permanence emploie 40 travailleurs ;

- un réseau de banque téléphonique emploie 25 travailleurs ;

- un réseau de banque par Internet emploie 3 travailleurs.

Une autre étude de l'Union européenne met en évidence que le fait de remplir les formulaires administratifs par Internet peut éliminer un tiers des postes de travail de l'administration publique.

Est-ce que l'utilisation d'Internet serait la base pour une expansion de l'économie capitaliste ?

Le cycle du capital a deux phases inséparables : la production de la plus­ value et sa réalisation. Pendant la période de décadence du capitalisme, avec un marché saturé, le réalisation de la plus­ value devient le principal problème. Dans ce cadre, les coûts de commercialisation, de distribution, de financement, qui correspondent précisément à la réalisation de la plus-value prennent des proportions exorbitantes. Les entreprises et les Etats développent un gigantesque appareil de commercialisation, de publicité, de financement, etc., dans le but de tirer jusqu'à la moindre miette du marché existant, de l'étirer au maximum (techniques pour gonfler artificiellement la consommation) et d'être compétitifs face aux rivaux pour leur arracher des segments de marchés.

A ces frais indispensables pour la réalisation de la plus-value viennent s'en ajouter d'autres qui prennent une dimension encore plus énorme : l'armement, le développement de la gigantesque bureaucratie étatique, etc. L'introduction d'Internet cherche à alléger le plus possible l'énorme charge de ces frais, mais sur l'ensemble de l'économie du point de vue du capital global, le marché ne va pas s'étendre, il va souffrir une nouvelle amputation, le nombre d'acheteurs solvables va diminuer.

Loin de mettre en évidence la bonne santé et la progression du capitalisme, l'épisode Internet est la manifestation de la spirale mortelle dans laquelle il est prisonnier : la diminution des marchés solvables force l'augmentation des frais improductifs, et l'endettement. Et ceci crée une autre diminution des marchés solvables, obligeant à faire un pas de plus dans l'endettement et les frais impro-­ductifs... et ainsi de suite !

 

Le nouveau retour inflationniste

 

L'inflation est un phénomène typique de la décadence du capitalisme, dont une des manifestations spectaculaires fut l'Allemagne dans les années 1920, avec une dévaluation du mark qui dépassa les 2000'%. Confronté à la violente flambée inflationniste des années 1970, le capitalisme est parvenu ces vingt dernières années à réduire de façon significative les taux d'inflation dans les pays industrialisés, mais comme nous l'avons mis en évidcnce dans le rapport du 13e Congrès, l'inflation a en réalité été masquée par une très importante réduction des coûts et par une vigilance plus aiguë de la part des banques centrales quant à la quantité d'argent en circulation. Cependant, les causes profondes de l'inflation - l'endettement gigantesque et les frais improductifs qu'exige la survie du système -, loin d'être éradiquées, n'en sont que plus importantes. Les nouvelles pressions inflationnistes qui se produisent depuis le début de l'an 2000 ne sont donc en aucune façon une surprise. En réalité, l'aggravation de la crise qui depuis 1995 apparaît sous la forme de débandades boursières peut provoquer un nouvel épisode grave, sous la forme cette fois d'une poussée inflationniste.

Dans son rapport de juin 2000, l'OCDE alerte sur les risques inflationnistes croissants produits par l'économie américaine, affirmant que "le récent accroissement de la demande domestique est insoutenable, et les pressions inflationnistes se sont faites plus présentes ces derniers temps, alors que le dèficit de la balance commerciale en compte courant à brusquement augmenté jusqu 'à atteindre 4% dit PNB. L'objectif pour les autorités est d'obtenir une réduction ordonnée de la croissance de la demande. "Après être tombée à son niveau le plus bas aux Etats-Unis en 1998 (1,6 `%), l'inflation peut selon la Réserve fédérale américaine atteindre en l'an 2000 4,5 %. Cette tendance se manifeste également en Europe où la moyenne pour la zone Euro est passée d'un 1,3 % en 1998 à une prévision de 2,4 % en l'an 2000, avec des poussées comme en Hollande (estimée à 3,5 %), en Espagne (qui en septembre a déjà atteint 3,6 %) et en Irlande (qui atteint 4,5 %).

L'endettement astronomique, la bulle spéculative, le fossé grandissant entre la production et la consommation, le poids croissant des frais improductifs ressortent à la surface et relativisent la prétendue bonne santé de l'économie.

 

Les conséquences catastrophiques de l'accompagnement de la crise

 

Ainsi donc, l'économie mondiale va rentrer dans une zone de turbulences après à peine deux années de calme.

Le vacarme assourdissant des campagnes sur la "bonne santé" du capitalisme et sur la "nouvelle économie" est inversement proportionnel à l'efficacité des politiques d'accompagnement de lacrise. L'escalade dans le triomphalisme occulte la réduction progressive de marge de manoeuvre des Etats. Du point de vue économique, humain et social, le prix à payer pour le prolétariat et l'avenir de l'humanité est extrêmement élevé. Par les guerres (encore localisées) et par les politiques "d'accompagnement de la crise", le capitalisme menace de convertir la planète en un vaste champ de ruines. Trois menaces pèsent essentiellement :

- l'effondrement de l'économie dans toujours plus de pays ;

- le processus graduel de fragilisation et de décomposition de l'économie des pays centraux ;

- l'attaque des conditions de vie de la classe ouvrière.

L'organisation du commerce et des finances mondiales afin que les pays les plus industrialisés exportent les pires effets de la crise sur les pays de la périphérie a transformé le monde en gigantesque friche. Nos camarades mexicains dans Revolucion Mundial ont souligné que « Jusqu'à la fin des années 1960, les pays de la périphérie étaient fondamentalement des exportateurs de matières premières, mais la tendance actuelle est à ce qu'ils en soient de plus en plus importateurs, même des produits de première nécessité. Le Mexique, par exemple, pays du maïs, est aujourd'hui importateur de cette céréale. Ce sont maintenant les pays centraux qui sont exportateurs des produits de base. » Le capitalisme se consacre à tel point à maintenir à flot les pays centraux qu'ils en sont à se disputer les marchés de matières premières, alors qu'histori­quement ils avaient eux-mêmes instauré une division internationale du travail qui laissait la production de ces matières premières aux pays de la périphérie.

Le rapport récent de la Banque mondiale sur l'Afrique donne un panorama effrayant : elle n'atteint qu'un pour cent du PIB mondial et sa participation au commerce international n'atteint pas les 2 %. "Au cours des derniers 30 ans, 1 'Afrique a perdu la moitié de sa part de marchés dans le commerce global, y compris sur le marché traditionnel des matières premières. Si elle n'avait ne serait-ce que maintenu la part qu 'elle avait en 1970, elle encaisserait chaque année 70 000 millions de dollars supplèmentaires." La quantité de routes est inférieure à celle de la Pologne et 16 %seulement sont goudronnées. Moins de 20 % de la population dispose de l'électricité et moins de 50 % accède a l'eau potable. Il n'y a que 10 millions de postes de téléphone pour une population de 300 millions d'habitants. Plus de 20 % de la population adulte est atteinte du sida et on évalue à plus de 25 % le nombre de chômeurs dans les grandes villes. Les guerres touchent 1 africain sur 5. Ces données prennent en compte l'Afrique du Sud et les pays du Maghreb, ils seraient bien plus terrifiants si on les omettait.

Ce développement de la barbarie ne s'explique que par l'avancée irrépressible de la crise du capitalisme. Si le développement du capitalisme en Angleterre au siècle dernier dessinait l'avenir du monde, la tragédie de l'Afrique aujourd'hui annonce l'avenir que le capitalisme réserve à l'humanité s'il n'est pas détruit ([10]).

Mais les dévastations de « l’accompa­gnement de la crise », attaquent toujours plus profondément les infrastructures, le fond même de l'appareil productif des grandes puissances capitalistes dont les structures de base sont toujours plus fragiles et en constante fragilisation.

Les experts bourgeois reconnaissent franchement que le capitalisme occidental est dcvcnu une "société à haut risque". Par cet euphémisme ils voilent la dégradation rapide dont souffrent les moyens de transport (aérien, ferroviaire, routier) comme en témoignent les catastrophes de plus en plus  fréquentes dans le métro ou les chemins de fer, et dont la dernière en date a été la nuort de 150 personnes dans un funiculaire autrichien.

On peut en dire autant des travaux publics. Les réseaux de canalisations, les digues, les mécanismes de prevention souffrent d'un vieillisement sans précédent, conséquence des coupes systématiques et prolongées dans les budgets de sécurité et de maintenance. La conséquence en est les inondations et autres catastrophes qui se multiplient dans des pays comme l’Angleterre, l’Allemagne, la Hollande, alors qu'elles étaient traditionnellement réservées aux pays du Sud économiquement plus attardés.

En ce qui concerne la santé, nous assistons aux Etats-Unis à un taux de mortalité infantile dans les quartiers défavorisés de New York (Harlem et Brooklin), qui dépasse celui de Shanghai ou Moscou. L’espérance de la durée de vie y est descendue à 66 ans. En Grande-Bretagne, l’Association nationale des médecins affirmait dans son rapport publié le 25 novembre 1996 que « des malades des temps de Dickens affectent à nouveau l’Angleterredo. Il s’agit de maladies caractéristiques de la pauvreté, comme le rachitisme ou la tuberculose ».

 

L'attaque aux conditions de vie de la classe ouvrière

 

La dégradation des conditions de vie de la classe ouvrière est le principal indice de l'avancée de la crise. Comme le dit Marx dans le Capital : «la raison ultime de toutes les crises réelles, c'est toujours la pauvreté et la consommation restreinte des masses, face à la tendance de l’économie capitaliste de développer les forces productives, comme si elles n’avaient pour limites que le pouvoir de consommation absolu de la société » (Chap.XVII, La Pléiade) Si l'attaque contre les conditions de vie fut relativement douce dans les années 1970, elle s'est accélérée au cours de ces 20 dernières années ([11]).

Pour soutenir l'endettement, lâcher du lest et éliminer toute activité non rentable afin de pouvoir livrer la bataille féroce de la compétitivité, tous les capitaux nationaux ont fait retomber les pires effets de la crise sur la classe ouvrière : depuis les années 1980, la vie des travailleurs "privilégiés" des pays centraux ne parlons même pas de l'épouvantable situation de leurs frères dans les pays du tiers-momde - est marquée au fer rouge des licenciements massifs, de la transformation du travail fixe en travail précaire, de la multiplication des sous­emplois payés misérablement, de l'allongement de la journée de travail à travers de multiples subterfuges dont la « semaine de 35 heures », de la réduction des retraites et des prestations sociales, L’augmentation vertigineuse des accidents du travail...

Le chômage est le principal et plus sûr indicateur de la crise historique du capitalisme. Consciente de la gravité du problème, la classe dominante des pays industrialisés a développé une politique de couverture politique du chômage, pour la cacher aux yeux des ouvriers et de toute la population. Cette politique, qui condamne à un carrousel tragique une grande masse d'ouvriers (un emploi précaire, quelques mois de chômage, un sous-emploi, un stage de formation, quelques mois de chômage, etc.), et à laquelle s'ajoute la manipulation scandaleuse des statistiques, permet de proclamer aux quatre vents les succès -permanents- de l'éradication du chômage.

Une étude sur le pourcentage de chômeurs compris entre 25 et 55 ans montre des Chiffres plus précis que les pourcentages en statistiques générales du chômage, qui diluent les pourcentages en y mélangeant les jeunes dont beaucoup d'entrc eux poursuivent leurs études (18-­25 ans) et les travailleurs pré-retraités (56-65 ans) :

 

Moyenne de chômage entre 25 et 55 ans (1988-95)

France

11,2 %

Grande Bretagne

13,1 %

Etats-Unis

14,1 %

Allemagne

15,0 %

 

 

 

En Grande-Bretagne, le nombre de familles dont tous les membres se trouvent au chômage a suivi l'évolution suivante ([12]):

1975

 

6,5 %

1985

 

15,1 %

1995

19,1 %

 

La conjoncture plus immédiate des derniers mois montre une vague de licenciements sans précédent dans tous les secteurs productifs, de l'industrie aux entreprises "point.com" en passant par de très anciennes entreprises commerciales comme Marks & Spencer.

 

L'ONU élabore en indice nommé IPH (Indice de la pauvreté humaine). Les chiffrcs pour 1998 concernant le pourcentage de la population en dessous de l'IPH dans les principaux pays industrialisés sont :

Etats-Unis

16,5 %

Grande Bretagne

15,1 %

France

11,9 %

Italie

11,6 %

Allemagne

10,4 %

 

Les salaires connaissent une baisse continue depuis plus de 10 ans. Rien qu'aux Etats-Unis, « les revenus hebdomadaires moyens – corrigés du taux d’inflation -  de 80% entre 1973 et 1995, passant de 315 à 285 dollars par semaine » ([13]). Ces chiffres sont confirmés par les 5années suivantes : entre juillct 1999 et juin 2000, les coûts unitaires du travail sont tombés de 0.8% aux Etats-Unis. Le salaire horaire moyen, qui était de 11,5$ en 1973, est de 10$ en 1999 ([14]). Le niveau d'exploitation augmente implacablement aux Etats­Unis : pour obtenir le même niveau de salaire (en tenant compte de l'inflation), les ouvriers en 1999 doivent travailler 20 % de plus d'heures qu'en 1980.

 

Les limites du capitalisme

 

La politique de survie qu'a suivi le capitalisme a jusqu'à présent permis de maintenir la stabilité des pays centraux au prix cependant d'une aggravation croissante de la situation : « contrairement à 1929, la bourgeoisie dans les trente dernières années n’a pas été surprise ou inactive face à la crise mais à réagi en permanence afin de controler son cours. C’est ce qui donne au déploiement de la crise sa nature trés prolongée et impitoyablement profonde. La crise s'approfondit malgré tous les efforts de la classe dominante... En 1929, il n'existait pas encore un état permanent de surveillance de l'économie, des marchés financiers et des accords commerciaux internationaux, pas de brigades internationales de pompiers pour renflouer les pays en difficulté. Entre 1997 et 1999 au contraire, toutes ces économies d'une importance économique et politique considérable pour le monde capitaliste ont été anéanties malgré l'existence de tous les instruments capitalistes d'Etat » (Résolution sur la situation internationale au 13° congrès du CCI)

Face à cette situation, une méthode erronée, produit du désespoir et de l'immédiatisme, est d'attendre de façon obsessionnelle le moment de la "grande récession", quand la bourgcoisie va perdre le contrôle des événements, de sorte que la crise se manifestera enfin de façon brutale, catastrophique, condamnant de façon irrévocable le mode de production capitaliste.

Il ne s'agit pas ici d'exclure toute possibilité de récession. En 1999-2000, le capitalisme est à peine parvenu à respirer une goulée d'oxygène, en utilisant des doses extrêmement risquées des mêmes recettes qui avaient conduit à la chute fracassante de 1997-98, ce qui indique que des convulsions bien plus graves se dessinent dans un horizon assez proche. Cependant, la gravité de la crise ne se mesure pas avec les indices de chutes de production mais bien d'un point de vue historique et global, par l'aggravation de ses contradictions, la réduction progressive de ses marges de manoeuvre et surtout par la détérioration des conditions de vie de la classe ouvrière.

Dans sa critique de la position de Trotsky selon laquelle, dans la phase de décadence du capitalisme, « les forces productives de l'humanité ont cessé de croître », notre brochure La décadence du capitalisme répond que " tout changement social est le résultat d’un approfondissement réel et prolongé de la collision entre rapports de production et développement des forces productives. Si nous nous situons dans l'hypothèse d'un blocage délinitif et permanent de ce développement, seul un rétrécissement `absolu' de 1'enveloppe que constituent les rapports de production existants pourrait expliquer un mouve­ment net d'approfondissement de cette contradiction. Or on peut constater que le mouvement qui se produit généralernent au cours des différentes décadences de l'histoire (capitalisme y compris) tend plutôt vers un élar­gissement de l'enveloppe jusqu'à ses dernières limites que vers un rétré­cissement. Sous l'égide de 1'Etat et sous la pression des nécessités économiques, sociales, la carapace se tend en se dépouillant de tout ce qui petit s'avérer superflu aux rapports de production en n'étant pas strictement nécessaire à la survie du système. Le système se renforce mais dans ses dernières limites. "

Comprendre pourquoi le capitalisme tente de "gérer sa crise" en pratiquant une politique de survie qui consiste à en diminuer les effets dans les pays centraux fait partie intégrante de l'analyse marxiste de la décadence des moyens de production. L'Empire romain n'en avait-il pas fait autant en se repliant à Byzance en abandonnant de vastes territoires sous la pression des invasions barbares ? Le despotisme des rois féodaux ne répondit ­il pas de la même manière face aux progrès des rapports de production capitalistes ?

"L'affranchis,yement des esclaves sous le Bas Empire romain, celui des serfs à la fin du Moyen Age, les libertés, mêmc parcellaires que la royauté en déclin doit accorder aux nouvelles villes bourgeoises, le renforcement du pouvoir central de la Couronne, l'élimination de la noblesse d'épée au profil d'une 'noblesse de robe', centralisée, réduite et soumise directement au roi, de même que des phénomènes capitalistes tels que les tentatives de planification, les efforts pour tenter d'alléger le poids des frontiéres économiques nationales, la tendance au remplacement des bourgeois parasitaires par des `managers' effï­caces, salariés du capital, les politiques de tvpe `New Deal ' et les manipulations permanentes de certains des mécanismes de la loi de la valeur sont tous autant de témoignages de cette tendance à l'élargissement de l'enveloppe juridique par le dépouillement des rapports de production. Il n’y a pas d'arrêt du mouvement dialectique au lendemain de l'apogée d'une société. Ce mouvement se transforme alors qualitativement mais il ne cesse pas. L'intensification des contradictions inhérentes à l'ancienne société se poursuit nécessairement et pour cela, il faut bien que le développement des forces emprisonnées existe, même si ce n'est que sous sa forme la plus ralentie. " (idem)

La situation des trente dernières années répond pleinement à ce cadre d'analyse. Après plus de 50 ans de survie parmi de grands cataclysmes, le capitalisme a dû impérativement se concentrer sur la gestion politique de la crise, dans le but d'éviter un effondrement brutal dans ses centres névralgiques, qui aurait été catastrophique tant face aux contra­dictions accumulées pendant plus de 50 ans de survie que face à à la nécessité de s'affronter à un prolétariat non défait.

Dans son combat contre le déterminisme économiste régnant dans le milieu de l'Opposition de gauche, Bilan stigmatise la déformation grossière du marxisme qui consiste à affirmer que "le mécanisme productif représente non seulement la source de la formation des classes mais détermine automatiquement l'action et la politique des classes et des hommes qui les constituent - le problème serait ainsi simplifie : tant les hommes que les classes ne seraient plus que des maionnettes animées par les forces productives " (Bilan n° 5, "Les principes, armes de la révolution"). En réalité, "s'il est parfaitement exact que le mécanisme économique donne lieu à la formation des classes, il est totalement faux de croire que le mécanisme économique les pousse directement à prendre la voie qui mènera à leur disparition. " (idem) Pour cette raison, « 1'action des classes n'est possible qu 'en fonction d'une intelligence historique du rôle et des moyens nécessaires à leur triomphe. Les classes sont tributaires du mécanisine éconnomique pour naître et pour mourir, mais pour vaincre... elles doivent être capables de se donner une configuration politique et organique sans laquelle, même si elles ont été élues par  l'évolution des forces productives, elles risquent d'être longtemps maintenues prisonnières de l'ancienne classe qui, de son côté, emprisonnera pour résister le cours même de l'évolution économique. » (idem)

On ne peut formuler avec une plus grande clarté la substance des problèmes posés par le cours actuel de la crise historique du capitalisme. Notre tâche n'est pas d'attendre la dépression apocalyptique mais de développer une analyse méthodique de l'aggravation constante de la crise en montrant l'échec cumulatif de toutes les mesures d'accompagnement que le capitalisme présente comme des modèles de dépassement de la crise et d'évolution vers des jours radieux". Tout cela en vue de l'essentiel : le développement de la lutte et surtout de la conscience du prolétariat, le fossoyeur de la société capitaliste et l'artisan de l'action de l'humanité pour construire une nouvelle société.

C’est pour cela que la Résolution du précédent congrès affirma clairement qu'il n'existe pas dans l'évolution du capitalisme "un point de non-retour économique au-delà duquel le systéme serait voué à disparaître irrévocablement, ni qu'il y aurait une limite théorique définie au montant des dettes (principale drogue du capitalisme à l'agonie) que le systême pourrait s'administrer sans rendre sa propre existence impossible. En fait, le capitalisme à déjà dépassé ses limites économiques avec l'entrée dans sa phase de décadence. Depuis lors, le capitalisme a seulement réussi à survivre par une manipulation croissante des lois du capitalisme : une tache que seul I'Etat peut effectuer.

En réalité, les limites de l’existence du capitalisme économiques mais fondalement politiques. Le dénouement de la crise historique du capitalisme dépend de l'évolution du rapport de forces entre les classes :

- soit le prolétariat développe sa lutte jusqu’à la mise en place de sa dictature révolutionnaire mondiale

- soit le capitalisme, à travers sa tendance organique vers la guerre, plonge l'humanité dans la barbarie et la destruction définitive. »



[1] Lire dans la Revue internationale n° 101 les articles : « vers où le capitalisme entraine le monde » et « le siècle le plus barbare de l’histoire ».         .

[2] Dans cc cadre (le coopération face aux petits gangsters, les grands se sont cependant livré, à une bataille enragée pour augmenter chacun sa part du gâteau de l'économie mondiale, sur le dos de leurs rivaux.

[3] "la société capitaliste dans l’époque impérialiste s’assimile à un édifice où les matériaux nécessaires à la construction des étages supérieurs sont arrachés aux étages inférieurs et aux propres fondations. Plus la construction dans les hauteurs est frénétiques et plus sont fragilisées les bases qui soutiennent l’édifice. Plus ses sommets semblent imposants et plus fragile et vacillant sont ses ciments " (lntcrnationalisme n°2, "Rapport sur la situation internationale )

 

[4] Le chiffre rond (10 ans) est faux ; en réalité, il s'agit de 33 trimcstrcs dc croissance (c'est-à-dirc 8 an, et un trimestre). Les commentaires chantant les louanges de "l’exceptionnalité" de ce cycle de croissance oublient intentionnellement que dans les années 60 se produisit un cyclc plus long (35 trimestres).

[5] Données prises dans un article de Battaglia Communista sur la nouvelle économie, Prometeo n° I  2000.

[6] Source : ONU. Commission économique pour  l'Europe.

[7] Dans cette croissance maladive ont aussi leur poids les dépenses eu armement aux Etats-Unis) qui aprés avoir atteint leur apogée en 1985 - époque de la fameuse Guerre dcs Etoilcs deReagan -, avec 312 000 millions de $ et avoir baissé depuis 1990 jusqu'au niveau annuel de 255 000 millions de $ en 1997, ont à nouveau augmenté en 2000 jusqu'à atteindre 274 000 millions de$ (chiffres donnés  par Révolution internationale n° 305).

 

[8] Prometeo du mois de juin 2000 contient aussi un article contre le mythe de la Nouvelle économie qui apporte de solides arguments contre cette mystification.

[9] Indice 100 pour le réseau de bureau équipés d'ordinateurs sans connexion permanente.

[10] Contre cette explication, la classe dominante oppose d'autres visions, celles des mouvements de Prague ou dc Seattle : rejeter la responsabilité sur une certaine forme de capitalisme (le libéralisme et la globalisation) et revendiquer une "répartition plus juste", la "remise de la dette", pour accréditer l'idée que le capitalisme est en bonne santé, qu'il serait possible de le faire évoluer progressivement, que des "réformes" seraient possibles s'il "renonçait" à ces "politiques erronées— mises en avant par l'OMC, le F M I et autres "méchants".

[11] C.f. n° 96 et 98 de la Revue internationale, série « 30 années de crise ouverte du capitalisme ».

[12] Source : I.ondon School of  Economics, étude publiée en janvier 1997.

[13] Chiffres extraits d’un livre de J. Gray, auteur d’un livre intitulé Falso amanecer et qui prétend être une critique de la globalisation.

[14] Chiffres, donnés par l'article précité de Battaglia Communista dans Prometeo.