Chômage et misère, le prix que doit payer la classe ouvrière

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Depuis le début des années 2000, la crise du capitalisme s’est profondément aggravée. Et c’est évidemment la classe ouvrière qui en subit les conséquences dramatiques. Dans tous les pays industrialisés, les prix flambent, les accès aux soins se réduisent comme peau de chagrin, les salaires sont gelés, les indemnités permettant aux sans-travail de survivre disparaissent.

Chaque année est pire que la précédente. 2006 et début 2007 ont ainsi vu se multiplier les charrettes de licenciements partout dans le monde. Le secteur de l’automobile, particulièrement mal en point, a détruit des dizaines de milliers d’emplois. Dernière annonce en date, le constructeur Fiat va supprimer 12 300 postes. Mais il n’y a pas que les secteurs traditionnels de l’industrie qui sont aujourd’hui touchés. Signe des temps, les entreprises de pointe virent, elles aussi, à tour de bras. Nous avons tous en tête le plan de restructuration “Power 8” chez Airbus, fleuron de l’économie française et allemande, et ses 10 000 suppressions de postes. Les entreprises de haute technologie ou de communication ne sont pas en reste : 2290 postes en moins chez Nokia-Siemens, 3000 pour l’audiovisuel en Espagne et 9400 chez Microsoft Word. La liste pourrait ainsi être poursuivie pratiquement indéfiniment !

Vers une avalanche de suppressions d’emplois

Mais tout ceci n’est rien en comparaison de la nouvelle tourmente qui s’annonce. L’accélération de la crise économique qui a débuté cet été va entraîner une violente vague d’attaques contre la classe ouvrière.

La crise de l’immobilier aux Etats-Unis risque de jeter à la rue, dès cet automne, près de trois millions d’ouvriers incapables de rembourser des prêts exorbitants et dont les maisons seront tout bonnement réquisitionnées par les banques ! Mais cette crise a des répercussions bien plus larges encore. En effet, à peine la crise financière commencée, les suppressions d’emplois et autres licenciements massifs tombent dru.

Le journal 20 Minutes a ainsi titré : Crise des subprimes: licenciements en masse dans la finance” (le 22/08/2007). Depuis le début août, il y a eu aux Etats-Unis, pays le plus touché actuellement par la crise de l’endettement et du crédit, 21 000 licenciements dans le secteur de la finance et, en particulier, dans les établissements de crédit. La banque d’affaire Sun Trust en a annoncé 2400 et des sociétés de crédit telles que First Magnus Financial, Countrywide ou Capital One, 8640. Au total, depuis le début 2007, les licenciements annoncés dans ce secteur s’élèvent à 87 962, soit le double de l’année précédente. “Nous avons ici une photo de la situation qui montre que les réductions d’effectifs explosent au fur et à mesure que la crise s’aggrave”, a indiqué John Challenger, un spécialiste interrogé par Bloomberg.

Mais le secteur de la finance n’est pas le seul touché. Au contraire, la crise qui s’est déclenchée cet été a déjà des répercussions importantes sur toute l’économie. Toutes les entreprises savent que l’heure de l’austérité a sonné, la consommation des ménages américains va se réduire fortement. Anticipant la récession qui s’annonce, les plans de restructurations se multiplient. Dans l’informatique, Dell va supprimer 8800 postes. La société Monster dont, ironie de l’histoire, le slogan publicitaire affirme à grandes trompettes “Monster.fr Leader mondial de l’emploi sur Internet !!!” se propose aujourd’hui de supprimer à son tour 800 emplois, soit 15 % de ses effectifs mondiaux. Le spécialiste du recrutement champion du licenciement… tout un symbole pour les temps à venir ! L’édition américaine n’est pas en reste, puisque la réduction de ses effectifs sera de 5000 salariés. La crise n’ayant pas de frontière, tous les pays vont être touchés. Unilever le groupe d’agro-alimentaire anglo-néerlandais vient d’annoncer 20 000 licenciements !

La crise financière en court, qui commence déjà à se propager à toute l’économie, va conduire ainsi directement dans les mois à venir à une véritable explosion des licenciements partout dans le monde.

L’explosion des prix alimentaires : le retour de l’inflation

Les prix de l’alimentation de base vont connaître, avec cette crise, une violente augmentation. Il faut s’attendre, au niveau mondial, à des hausses de plus de 10% pour tous les produits de première nécessité ! Le lait, le pain, les céréales, le riz, le blé, les pâtes, tous ces produits indispensables à la vie de tous , vont être ceux qui vont subir les plus grosses augmentations. Par effet de contagion, la viande même de qualité médiocre et les fruits vont suivre.

Si on cumule l’explosion des licenciements qui s’annonce et l’augmentation violente des prix de la nourriture, on se rend compte aisément de ce qui attend la classe ouvrière partout dans le monde dans la période à venir.

Françoise (31 août)