Ils parlent de paix pour mieux préparer la guerre

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  • Le capitalisme c'est la guerre, Guerre au capitalisme


Au nom de la "liberté des peuples", un déluge de bombes et de feu s'abat depuis plusieurs semaines sur les populations civiles d'Afghanistan, obligeant des dizaines de milliers d'êtres humains, hommes, femmes, enfants, vieillards à fuir l'horreur, à s'entasser comme du bétail dans les camps de réfugiés aux frontières du Pakistan, dans l'espoir d'échapper à une mort effroyable. Ce qui les attend, au bout du voyage, ce sont les épidémies, le froid et la faim qui vont les condamner à une mort lente, non moins effroyable.

Voilà encore une fois mis à nu le vrai visage des expéditions "humanitaires" des grandes puissances dont la barbarie n'a vraiment rien à envier à celle des petits gangsters impérialistes du réseau Ben Laden.

Ceux qui déchaînent aujourd'hui le fer et le feu prétendent encore une fois défendre la loi. Leur loi, c'est celle du capitalisme mondial qui consiste depuis près d'un siècle à faire la guerre au nom de la paix, avec des moyens "propres", "efficaces", et bien "ciblés". Il s'agirait de démanteler le réseau terroriste sans toucher à la population civile. Pour preuve, en même temps que l'aviation américaine et britannique largue ses bombes, des sacs de vivres sont parachutés à l'aveuglette pour donner à cette guerre un visage "humain" et "civilisé". Quand on sait que ces vivres sont réquisitionnées par les militaires talibans et qu'elles sont revendues au marché noir, on mesure tout le mépris des grandes puissances pour les populations civiles. Quant à l'aide humanitaire" des organisations caritatives et autres ONG, elle ne peut être acheminée à cause, nous dit-on, des... difficultés du relief ou de la fermeture des frontières entre l'Afghanistan et le Pakistan. Aujourd'hui, alors que l'offensive américaine et britannique s'intensifie jour après jour, après plus de trois semaines de bombardements intensifs, on nous annonce encore que le terroriste Ben Laden est... "incapturable" !

Jamais le cynisme et l'hypocrisie de la "civilisation" bourgeoise n'avaient atteint un tel degré !
Cette guerre apparaît aujourd'hui lointaine, exotique, presque irréelle. Alors que la phase terrestre de l'opération "Liberté Immuable" a déjà commencé depuis plusieurs semaines, les médias restent très discrets sur la réalité des massacres. Pas de sang, pas de morts, pas d'image de combats. On nous parle de quelques "dommages collatéraux", mais la guerre du Golfe nous a appris ce que cela signifiait : comme toujours, ce sont les civils qui sont les principales victimes, et en grand nombre, des "frappes chirurgicales" et des "bombes intelligentes". La bourgeoisie occidentale, au nom du "secret défense", a organisé un tel black out de la réalité du bain de sang que la guerre est aujourd'hui banalisée, noyée au milieu des autres catastrophes "accidentelles", comme celle de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, ou celle du tunnel du Gothard en Suisse.

Mais surtout, ce qui fait aujourd'hui la Une de l'actualité, c'est tout le barouf organisé autour du bioterrorisme. Chaque jour, on nous annonce de nouveaux cas d'anthrax, de nouvelles alertes à la mystérieuse "poudre blanche", pour nous faire oublier le pilonnage des villes d'Afghanistan soumises au terrorisme meurtrier des Etats-Unis et de leurs complices européens. Cette campagne hypermédiatisée n'a pas d'autre objectif que de terroriser la classe ouvrière d'Europe et d'Amérique, de lui faire croire qu'elle est quotidiennement attaquée, menacée sur ses lieux de travail par les méthodes sournoises des réseaux terroristes. Etant la principale victime de ces "faits de guerre", elle n'aurait donc pas d'autre choix que d'apporter son soutien à cette guerre "juste" contre le terrorisme.

Voilà comment la bourgeoisie et ses médias aux ordres s'efforcent aujourd'hui de brouiller la conscience des prolétaires : en cherchant à leur faire croire que cette guerre est aussi la leur. Au lendemain du terrible attentat du World Trate Center, ne nous a-t-elle pas dit que nous devions tous "nous sentir américains" ?

Prolétaires, cette guerre n'est pas la nôtre ! C'est celle à laquelle se livrent tous les requins impérialistes, petits et grands, pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Ceux qui nous exploitent, nous licencient, nous plongent dans une misère croissante sont les mêmes que ceux qui bombardent, ou soutiennent les massacres. Les Bush, Blair, Chirac, Schröder et consorts appartiennent à la même classe d'assassins que Ben Laden. Et c'est toujours sur le dos des exploités et des populations civiles prises en otage que se font leurs sordides règlements de compte. Le capitalisme mondial est le seul responsable du terrorisme et de la folie meurtrière dans laquelle s'enfonce toujours plus l'humanité.

Prolétaires, ne nous faisons aucune illusion ! Le capitalisme, asphyxié par une crise économique insurmontable, ne peut que continuer à mettre la planète à feu et à sang. La prétendue "bonne volonté" des grands de ce monde ne pourra jamais stopper la spirale infernale de la barbarie guerrière. Les opérations de police des Etats-Unis et de leurs alliés européens ne peuvent que continuer à se multiplier. Après la guerre du Golfe de 1991 censée libérer le peuple irakien du "boucher de Bagdad", on a eu droit à la croisade anti-Milosévic au Kosovo. Aujourd'hui, l'homme à abattre, c'est "l'incapturable" Ben Laden. Et on peut être sûr qu'une fois cette guerre terminée, une autre plus meurtrière encore sera en préparation sous un autre prétexte.

Le "nouvel ordre mondial", cette "ère de paix" que le vieux Bush nous avait promise au lendemain de l'effondrement du bloc de l'Est, n'est qu'un pur mensonge. La paix est impossible dans le capitalisme.

La seule issue, la seule perspective d'avenir pour l'espèce humaine, c'est la destruction de ce système avant qu'il ne détruise toute la planète morceau par morceau. Et cette perspective, seule la classe exploitée, qui est la première et principale victime de la guerre, la détient entre ses mains. Pour cela, elle doit refuser de faire cause commune avec ses propres exploiteurs et de s'en remettre aux lois barbares des gouvernements qui prétendent la protéger du terrorisme. Elle doit au contraire rester sur son propre terrain de classe, développer ses luttes contre la dégradation de ses conditions de vie, ne pas se laisser intimider et paralyser par la terreur que la bourgeoisie cherche à semer dans ses rangs, que ce soit par le renforcement du quadrillage policier de toute la vie sociale son couvert de plan "Vigipirate", ou la psychose des attentats renforcée par la campagne sur la maladie du charbon.

  • Prolétaires,
    à la guerre impérialiste des exploiteurs et des massacreurs,
    opposons la lutte de classe !
Camille (27 octobre)
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