Prises de position depuis le Pérou : le massacre de Bagua est une manifestation du pourrissement du capital !

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Des voix prolétariennes se sont élevées contre le massacre de Bagua 1. Les camarades du Noyau Prolétarien du Pérou (également nommé Cercle scientifique d'analyse sociale) nous ont envoyé une prise de position dénonçant le brutal massacre d’indigènes perpétré par l’Etat péruvien dans un conflit lié à l’expropriation de terres d’anciennes communautés amazoniennes sous le prétexte « d’apporter le progrès », d’implanter de nouvelles exploitations à grande échelle pour extraire les hypothétiques ressources naturelles de cette région.

Dans le même temps, nous avons reçu, sous la forme de commentaire sur notre site, un tract signé d’un groupe de Lima se réclamant de l'anarchisme, « Jeunes Prolétaires », qui contient également des positions très valables.

Ces deux tracts ne sont pas qu’une simple prise de position ; ils ont été activement diffusés dans la manifestation qui a eu lieu le 11 juin dernier à Lima contre cette répression.

Nous saluons chaleureusement ces deux initiatives. Nous apprécions beaucoup le courage et l’engagement prolétarien que cela exprime. Face à des événements comme le massacre de Bagua, il est nécessaire que se fassent entendre des voix qui expriment des analyses et qui montrent des perspectives prolétariennes clairement opposées aux visions nationalistes, en défense du capitalisme d’Etat ou de l’inter-classisme comme au nom de la « citoyenneté » ainsi que de la « lutte pour la démocratie », que mettent en avant Ollanta2, les syndicats et tous les adorateurs du « Socialisme du XXIe siècle », cette grande escroquerie montée par Chavez et ses disciples.

Nous publions ci-dessous une nouvelle prise de position internationaliste provenant également de camarades du Pérou qui rejoint les deux précédentes et contient la même vision internationaliste. 3

Le point commun de ces trois documents réside dans le fait qu’ils abordent les événements du point de vue du prolétariat :

  • Comment développer la lutte ? Comment manifester sa solidarité envers les victimes du massacre ?
  • Comment maintenir l’autonomie de classe des prolétaires ?
  • Comment dénoncer non seulement la répression barbare du gouvernement mais aussi les pièges et les fausses orientations des partis d’opposition ?

Ce qu’ont en commun les trois documents c’est, en définitive, la défense des positions internationalistes et prolétariennes et en même temps la dénonciation des positions nationalistes, capitalistes d’Etat, interclassistes, etc., qui amènent avec elles la division, la dislocation et, en fin de compte, la défaite du prolétariat avec, pour finir, celle de l’ensemble de l’humanité.

Ce cadre commun est le plus important et c’est ce qui unit tous les internationalistes.

Ceci étant dit, il existe un thème qui est posé dans les trois textes et qui, à notre avis, devrait être objet d’un débat du plus grand intérêt.

Ce thème nous pourrions le résumer de la façon suivante : quelle attitude doit adopter le prolétariat face aux luttes des autres couches sociales non exploiteuses mais dont la condition sociale n’est pas prolétarienne ?

Ce problème s’est posé de façon brûlante dans la Russie de 1917 dans laquelle il y avait à peine 3 ou 4 millions de prolétaires immergés dans une masse hétérogène de 100 millions de paysans. Le prolétariat avait réussi à rallier à son combat ce gigantesque secteur social. Nous pensons qu’il a réussi à le faire à partir de son propre terrain de classe : la lutte pour en finir avec la guerre impérialiste, la révolution mondiale, la lutte pour réclamer tout le pouvoir aux soviets ou conseils ouvriers. Ceci étant dit, face aux revendications paysannes, il y avait eu un débat très large, tant dans les rangs bolcheviques que dans le mouvement révolutionnaire international, débat dans lequel ressortait notamment la position critique adoptée par Rosa Luxembourg vis-à-vis de la politique bolchevique envers la paysannerie .

Nous pensons qu’il serait très important de reprendre ce débat pour qu’il nous aide à nous orienter dans la situation actuelle qui ne se déroule cependant pas dans le même contexte. Par exemple, le poids de l’agriculture s’est considérablement réduit durant les 40 dernières années dans la majorité des pays, notamment en Amérique latine où, alors qu’au début des années 1960 la population paysanne représentait plus de la moitié de la population totale, elle atteint aujourd’hui à peine 20 %.

Les paysans ont été arrachés à leurs communautés ancestrales dans la montagne ou dans les forêts par la voracité de l’expansion capitaliste. Cela s’est réalisé à travers l’introduction de la production marchande, principalement à travers le rôle de l’Etat, au moyen d’une brutale pression fiscale comme à travers le développement du mouvement coopératif 4, les contraignant à abandonner le travail de la terre qui avait l’inconvénient de l’archaïsme, de l’isolement et de la pauvreté endémique mais qui offrait l’avantage de préserver encore un certain équilibre économique et communautaire.

Et cela, pour quelle perspective ? Soit celle de l’émigration vers l’Europe et l’Amérique du Nord, soit la fuite désespérée vers les grandes villes qui se sont vues inondées de terribles ceintures de misère dans lesquelles s’entassent des millions de personnes dans des conditions de survie épouvantables.

Ce problème nous devons l’aborder au moyen du débat en nous posant des questions telles que :

  • Est-ce que le processus de dépeuplement qui continue à se développer dans les zones agraires spoliées par l’aiguisement de la crise capitaliste pourrait s’arrêter ?
  • Est-ce qu’il y aurait des revendications qui garantiraient une stabilité minima à ces communautés ?
  • Sur quel terrain et sur quelles bases la solidarité du prolétariat peut elle s’exprimer ?
CCI (23 juillet 2009)

 

 

Prise de position depuis le Pérou :

Bagua est une manifestation du pourrissement du capital !

Le capitalisme nous confronte actuellement aux pires moments de son existence et les évènements de Bagua en sont une tragique expression. Quand le capitalisme s’exprime à travers des faits comme ceux de Bagua avec à leur suite des rivières de sang partout, on a là un symptôme de plus qui manifeste qu’il traverse son pire moment historique de décadence. Cette décomposition de la société est la caractéristique la plus importante et la plus saillante de cette décadence capitaliste.

Bagua est une manifestation qui montre que le capitalisme traverse actuellement ce processus d’effondrement et les scènes de tuerie et de barbarie en sont les conséquences permanentes. Les guerres sont une menace constante, les grands massacres comme celui de Bagua aujourd’hui, ne sont qu’une manifestation de la barbarie capitaliste qui peut être tout près et mettre en danger l’ensemble de l’humanité à n’importe quel moment.

Il est possible que cela n’apparaisse pas clairement de prime abord, et beaucoup diront que le capitalisme continue à être tout puissant et, malgré sa crise, à être un système qui va de l’avant. Mais ce n’est pas le cas ; depuis la Première Guerre mondiale, le capitalisme est entré dans sa période de décadence et, aujourd’hui, il est dans cette nouvelle phase de la décadence capitaliste qu’est la décomposition, phase qui a pris son plein essor à partir de la fin des années 1980 5.

Pour quelle raison luttaient les communautés indigènes de Bagua ?

Le motif principal de la lutte a été la défense de la petite propriété (indigène, paysanne), laquelle était une revendication juste pour ces secteurs exploités, condamnés à la misère et à la marginalisation. S’il est bien clair que le caractère prolétarien n’était pas présent dans cet affrontement, il appartient au prolétariat en tant que classe de faire son possible pour se joindre à ces secteurs vu que beaucoup d’indigènes et de paysans sont condamnés à la prolétarisation uniquement en tant que force de travail. Nous sommes d’accord avec la nécessité pour le prolétariat d’être solidaire avec ces luttes des communautés indigènes de Bagua et de n’importe où ailleurs.

Ces couches sociales doivent être gagnées par le prolétariat dans sa lutte finale contre le capital. Pour autant, nous ne devons pas mélanger cela avec l’idée que ces secteurs pourraient être les protagonistes d’une lutte similaire à celle du prolétariat, ou que tous nous serions une masse égale et indistincte de prolétaires. Seulement la lutte du prolétariat 6, avec ses revendications de classe, avec ses méthodes de classe, avec la perspective qu’elle porte en elle, peut offrir un avenir, un futur aux autres couches sociales exploitées et à l’humanité dans son ensemble et, pour cela, le prolétariat doit créer une plate-forme dans laquelle les communautés indigènes doivent intégrer leurs problèmes et leurs revendications.

Par contre, si nous prenions les choses à l’envers, si nous prenions comme point de départ une lutte indifférenciée dans laquelle le prolétariat se diluerait dans d’autres couches sociales, nous courrions le risque que ni le prolétariat ne puisse développer sa force, pas plus que ces couches sociales, c’est-à-dire que les deux s’affaibliraient et seraient défaites et écrasées.

L’antagonisme entre la petite et la grande propriété est mis en relief ici à travers le fait que la grande propriété s’impose pour extraire les ressources de la zone, arrachant « leurs terres » aux habitants des forêts et aux paysans. Pour le prolétariat, il ne s’agit pas de défendre la propriété, mais de l’abolir pour mettre toutes les ressources de la nature à la disposition de l’ensemble de l’humanité.

La lutte pour l’abrogation des décrets et pour la demande d’aides budgétaires, pour les écoles, les routes, l’eau, la lumière, pour le développement de cette région, cache que le problème de fond est le capitalisme. Mais, plus particulièrement, cela crée une illusion, celle que le capitalisme à travers l’Etat pourrait être l’agent du progrès (et il ne s’agit pas ici d’une dichotomie modernité contre arriération, comme le prétend le président Alan Garcia 7). Non. Ce que nous mettons en évidence avec ce qui est arrivé à Bagua, c’est la perspective désespérante du capitalisme qui mène à la destruction environnementale et à de grands massacres de populations, dont la perspective n’est pas le travail salarié mais la disparition des vieilles communautés poussant ces populations à s’entasser dans les grandes villes et dans leurs banlieues dans des conditions misérables.

Mais l’idéologie dominante du capitalisme est ici présente avec « l’indigénisme », la « culture de l’ancestralité », le nationalisme, et cette idéologie remplit un rôle de dévoiement des tentatives prolétariennes au moment de se solidariser avec les protestations des communautés indigènes. Cette idéologie, nous l’avons vue quand ils portaient des drapeaux du « tahuantinsuyo » ou le chiffon bicolore. Ils ne comprennent pas non plus que lorsque le gouvernement les massacre, ce n’est pas un acte « autoritaire », « génocidaire » ou « antidémocratique » mais que c’est précisément LA DEMOCRATIE ELLE-MEME QUI LES MASSACRE.

Face à ce qui est arrivé avec la tuerie de Bagua, il est nécessaire que se fassent entendre des voix qui expriment l’analyse et les perspectives prolétariennes en claire opposition avec les prises de position nationalistes, l’idéologie du capitalisme d’état, de l’inter-classisme, du pacifisme et de la « citoyenneté », de « la lutte pour la démocratie », que mettent en avant Ollanta, les syndicats, les ONG, les fronts et tous les adorateurs du « Socialisme du XXIe siècle », la grande escroquerie de Chavez et de ceux qui adoptent sa politique. Ceci implique de dénoncer radicalement la gauche et l’extrême gauche du capital.

Finalement, nous devons réaffirmer clairement que, pendant que le capitalisme est dans ce processus d’effondrement, il entraînera avec lui toujours davantage de massacres, de guerres, et de manifestations de barbarie propres à cette phase de décomposition qui le traverse aujourd’hui. Le prolétariat est appelé à dépasser tout cela en mettant en avant sa perspective de futur, en la montrant à toute l’humanité, alors que sa force, actuellement, est en train de se développer.

Socialisme ou barbarie !

1 Au matin du 5 juin, la police péruvienne s'est déchaînée contre les populations indigènes de la province d'Amazonas (représentant une communauté indienne de plus de 600 000 personnes) qui bloquaient une route en appui à leurs revendications pour défendre leur territoire. Depuis le 15 avril, les communautés indiennes du Pérou amazonien s’étaient soulevées contre des mesures d’expropriation de leurs terres au profit des entreprises minières ou pétrolières dans le Nord-Est du pays. A la mi-mai, ils étaient considérés en « état d’insurrection ». Le bilan des affrontements, extrêmement lourd, est de plusieurs morts, sans doute plus d’une trentaine, peut-être des centaines de blessés et une quarantaine d’arrestations. Les informations sont restées confuses, la zone est depuis bouclée par la police.

2 Ollanta Moisés Humala Tasso est un homme politique et militaire (commandant en retraite) péruvien. Il est membre fondateur et président du parti nationaliste péruvien.

3 Pour les deux prises de position précédentes, voir sur notre site en espagnol : Perú : Voces proletarias contra la matanza de Bagua.

4 Des projets monstrueux de « développement » comme celui projeté par l’Etat péruvien à Bagua nous en voyons dans beaucoup d’autres pays. Par exemple, au Brésil et en Argentine, le développement d’une production « verte » de combustibles « écologiques » conduit à des cultures extensives gigantesques qui non seulement provoquent l’émigration des communautés qui habitent ces terres mais qui, de plus, entraînent de terribles désastres écologiques.

5 pour une analyse plus détaillée de ce phénomène, lire http://es.internationalism.org/rint/2001/107_descomposicion.htm

6 Nous rejetons la vision réductrice et partielle du prolétariat réduit uniquement aux ouvriers des usines. Le prolétariat est une classe sociale qui regroupe des couches très larges tant à la ville que dans les campagnes.

7 Seize ans après avoir terminé un premier mandat catastrophique (1985-1990), le chef de file de l’APRA (social-démocrate) Alan Garcia a été réélu président du Pérou en 2006 dans le duel qui l’opposait au candidat nationaliste Ollanta Humala.

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Commentaires

El señor "de la AIT" insiste

El señor "de la AIT" insiste e insiste en que la CCI cambia la traducción del Núcleo Proletario de Perú.
Sus acusaciones se deben a una confusión.
El buen entendedor tendrá la paciencia de confrontar las traducciones:

Este es el artículo en español:
http://es.internationalism.org/node/2626
Esta es la traducción en francés:
http://fr.internationalism.org/icconline/2009/prises_de_position_depuis_le_perou_le_massacre_de_bagua_est_une_manifestation_du_pourrissement_du_capital.html

El señor de la AIT confunde la toma de posición del Núcleo de Proletario de Perú con la del Círculo Científico de Análisis Social:

"Je colle ici ce qui semble être la vraie déclaration en espagnol du noyau du pérou. Ce texte est très bon (on dirait un texte anarchiste !), et mériterait d'être traduit tel quel :

.

¡AHORA O NUNCA!
Compañeros:
La muerte de proletarios en la Amazonía es un claro ejemplo de la destrucción a la que lleva este sistema capitalista [...]
[firma:]
Círculo Científico de Análisis Social

"Sociedad y Ciencia" [email protected]

http://es.internationalism.org/node/2584 "

________________________________________________________

POST DATA

Acabo de leer la respuesta del señor "de la AIT" (19 août, 2009 - 07:28) y ya comienzo a entender de qué se las da:

"Depuis mon intervention, par une opération miraculeuse, la version en espagnol du dit texte, traduction mot a mot de la position en français ,est apparue ..."
"C'est dommage que les compagnons espagnols nous aient privé dans un premier temps de la version originale, la timidité sans doute, et le publient maintenant - aprés avoir laissé le soin aux membres francophones du CCI d'en donner la primeur sous forme d'une traduction ..."

El señor ¿de la AIT? insiste en atacar a la CCI y en atribuirles falsas intenciones. La actitud de este señor, que lejos de contribuir, se aprovecha de cualquier situación para denigrar y dividir, es ajena a los verdaderos anarquistas y no corresponde a una actitud proletaria.

Copié / collé ...

Salut Cyprien

sans rentrer dans les détails de ton argumentation

tu dis :

Le troisième texte par l’appel au dépassement du capitalisme avec le fameux cri de guerre : « Socialisme ou Barbarie ! "

Ce troisiéme texte n'étais pas dans la partie en espagnol de votre site.

Le cri est certes fameux mais il n'apparait nul part dans la version espagnole de votre site dont votre texte en français est censé être la traduction "depuis Lima"

Depuis mon intervention, par une opération miraculeuse, la version en espagnol du dit texte, traduction mot a mot de la position en français ,est apparue ...

Or ce troisieme texte n'est pas signé. Voila qui est bien mystérieux - et opportun !

Mais on nous demande sur parole de croire qu'il vient bien du Pérou. Bien sûr.

Le texte des compagnons du noyau prolétaire du pérou peut être trouvé, avec un recherche simple et rapide sur internet, sur d'autres sites péruviens (non CCI), avec des dates correspondant a la date indiquée de publication. Or le mystérieux texte non signé, non.

C'est dommage que les compagnons espagnols nous aient privé dans un premier temps de la version originale, la timidité sans doute, et le publient maintenant - aprés avoir laissé le soin aux membres francophones du CCI d'en donner la primeur sous forme d'une traduction ...

La ficelle est un peu grosse camarade.

La forme et le fond sont liés. Tous les moyens ne sont pas bon pour obtenir le but.

Il ne suffit pas d'avoir de bonnes analyses pour être révolutionnaire, il faut aussi une certaine éthique.

Bagua

Mise au point pour Un de l’AIT : les tracts du Circulo Cientifico de Analisis Social (également nommé Nucleo Proletaria de Peru) d’une part, des jeunes prolétaires qui se déclarent « anarchistes de Lima » d’autre part, ainsi que le troisième texte non signé mais en provenance d’autres éléments se situent tous trois sur un terrain résolument et clairement internationaliste : le premier groupe termine son tract par : « Vive la lutte du Prolétariat international ! » Le tract du second groupe par « Contre l’Etat et le capitalisme ! » Le troisième texte par l’appel au dépassement du capitalisme avec le fameux cri de guerre : « Socialisme ou Barbarie ! »

Nous nous sentons partie prenante de cet internationalisme, de cette volonté de s’insurger et de s’indigner contre l’exploitation, l’oppression et les massacres, massacre ici de paysans pauvres expulsés et condamnés à une misère encore plus grande si possible. Et de vouloir en finir avec le capitalisme. Mais en même temps, ces tracts posent une question importante : comment le prolétariat doit-il et peut-il exprimer sa solidarité envers ces couches exploitées et spoliées du fait que les conditions des uns et des autres ne sont pas les mêmes et ne les orientent pas spontanément vers les mêmes objectifs ?
Pour le Circulo Cientifico de Analisis Social et pour les Anarchistes de Lima, cette question à débattre est posée à travers des passages qui semblent assimiler ces couches de paysans misérables et opprimés au prolétariat et donc spontanément à une lutte homogène avec celle du prolétariat. « La mort de prolétaires en Amazonie est un clair exemple de la destruction à laquelle conduit ce système capitaliste. » (Circulo) et « Mais le prolétariat en lutte de Bagua sait bien… » (Anarchistes de Lima). Ce n’est pas le cas pour le troisième texte émanant aussi d’un groupe internationaliste qui fait clairement la distinction d’avec le prolétariat tout en cherchant à répondre à la question de comment manifester sa solidarité, texte que nous avons traduit et dont nous partageons les vues sur ce point. Pour nous, cette question est très intéressante et très importante pour l’avenir. C’est ce débat que propose le CCI. Un de l’AIT passe totalement à côté de cette question centrale, en cherchant ici et là la petite bête, en cherchant à nous opposer avec certains de ces groupes comme les Anarchistes de Lima. Ceci est probablement dû à sa précipitation à polémiquer, et les critiques qu’il formule viennent d’une lecture très superficielle. Faits significatifs :
1) le prétendu « bon texte » du Noyau Prolétarien du Pérou que nous aurions falsifié « à la Mickael Keul » et que cite Un de l’AIT est en réalité celui du Circulo (paru sur notre site espagnol (« Peru : voces proletarias contra la matanza de Bagua ») !
2) le texte traduit en français n’est en effet pas une traduction d’un texte du Noyau Prolétarien du Pérou, ni des anarchistes de Lima, mais d’un autre groupe que nous avons reçu ultérieurement. Il ne s’agit donc nullement d’un « bidonnage » du CCI comme nous en accuse Un de l’AIT mais c’est le 3e texte auquel nous faisons référence plus haut qui a été traduit en français (comme il est indiqué en note dans notre introduction, les deux autres se trouvent reproduits sur notre site en espagnol dans l’article ; Peru : voces proletarias contra la matanza de Bagua).

Pour revenir au débat qu’Un de l’AIT ne semble pas arriver à prendre à bras-le-corps, de toutes façons, et en aucun cas, il n’est question pour le CCI d’orienter ces paysans et la lutte vers un enferment ou un repli sur les communautés indigènes, qu’il conviendrait de stabiliser (et donc de réintroduire l’idéologie dominante et au nationalisme). Si on lit attentivement la phrase, ce n’est pas ce qui est dit : « Les paysans ont été arrachés à leurs communautés ancestrales (…) les contraignant à abandonner le travail de la terre qui avait l’inconvénient de l’archaïsme, de l’isolement et de la pauvreté endémique mais qui offrait l’avantage de préserver encore un certain équilibre économique et communautaire. » A travers cela, nous dénonçons le sort que réserve le capitalisme à ces paysans, à savoir encore plus de misère. Et seul le prolétariat peut sortir les exploités et les opprimés de cet engrenage de misère. Cette question s’est posée de façon très aigüe dans la Révolution russe où le prolétariat a pu dans les premiers temps agréger la paysannerie derrière sa lutte libératrice, mais derrière ses mots d’ordre et avec ses propres méthodes d’organisation et de combat. C’est ce que nous disons dans l’introduction de l’article sur Bagua : « Le prolétariat avait réussi à rallier ce gigantesque secteur social. Nous pensons qu’il a réussi à le faire sur son propre terrain de classe… ». Les erreurs des bolcheviks de redistribuer par la suite la terre aux paysans et donc de réintroduire la propriété privée avec son cortège de mentalités de clocher et nationaliste a vu naître non seulement un repli sur soi de toute la paysannerie mais surtout une opposition ouverte qui a coûté cher à la révolution. Et les tentatives de collectivisation des terres se sont trouvées n’être que des expériences très mineures et non probantes. Rosa Luxembourg montre tout cela avec justesse dans sa brochure, La Révolution russe (chapitre III : « Deux mots d’ordre petit-bourgeois »).
Cette question de la paysannerie ne se posera pas dans l’avenir de la même façon, et c’est le sens de ce que nous voulions dire par « le poids de l’agriculture s’est considérablement réduit durant les 40 dernières années dans la majorité des pays ». Cette formulation n’était pas correcte car inexacte, c’est vrai, mais il est clair ce que nous voulions dire sur le fond était que non seulement le nombre de petits paysans a énormément baissé mais que le capitalisme les a intégrés comme prolétaires des grandes exploitations ou comme prolétaires sans travail et réduits à la misère, sans espoir de retrouver leurs terres, et donc avec comme seule perspective de se reconnaître dans la lutte du prolétariat.
Nous ne pouvons pas tout traiter ici, mais, encore une fois, se pose cette question cruciale pour le prolétariat d’entraîner dans sa lutte tous ces opprimés. Comment ? Cela est à débattre en partant des questions posées dans notre introduction de l’article :
- est-ce que le processus de dépeuplement qui continue à se développer dans les zones agraires spoliées par l’aiguisement de la crise capitaliste pourrait s’arrêter ?
- Est-ce qu’il y aurait des revendications qui garantiraient une stabilité minima à ces communautés ?
- Sur quel terrain et sur quelles bases la solidarité du prolétariat peut-elle s’exprimer ?

Cyprien (militant du CCI)

no se trata de calomnioas pero de clarificacion

Companeros,

no se trat de calomiar al CCI pero estar muy claro :

porque la version en frances del texto del nucleo proletario de Pueru es differente de la version en espanol del texto dicho grupo ?

En la version en Frances, segun el CCI, el Nucleo Proletario de Peru apoyo a la idea que es necessario defundir a las comunaudades indigenas como se. La version frances hace decir al Nucleo de Peru cosas totalemente en oposicion en lo que dice en su texto en espanol !

En su texto en espanol, nunca el Nucleo proletariado de Peru habla de comunidad indigenas y nunca dice que debemos apoyar a las revendicacions de estas communidades !

Al contrario, el texto del Nucleao de Peu es muy claro : se posicione desde un punto de vista de CLASE, y nunca de "cultura indigena", el nucleo de Peru se dirige a PRODUCTORES y no a indigenos !

Tu puede decir que eso es calumnias, pero al contreario me parece que los que calumnian de verdad son los que disfrazan (cambian) a lo que es escrito y a la realidad !

Tu me attacas en mi etica en diciendo que calumnio. Eso es une maniobra clasica de los que prefieren discreditar a el que ha puestos a la luz el problema mejor que reconocer a su equivocacion (si no error ...). Los estalinistas han hecho el mismo contra la izquierda communista en su tiempo, diciendo que sus affirmaciones fureon solo calomnias.

Entiende bien que no te gusta que he puesto en evidencia esta manipulacion, pero si no me crees, pregunta a alguien que habla frances que compara a las dos versiones en internet, y despues volve a discutir ...

Para que hay debate, los datos no deben ser manipulados ...

No apoyo al la nocion de indigena no de "communidad indigena" !

Si a la lucha de classe !

Respuesta a las calumnias contra la CCI

Camarada "de la AIT":
¿No tiene otra labor que la de calumniar? ¿Acaso cree que todos los visitantes a esta página leen este sitio por primera vez? ¿Acaso cree que todo mundo lee los artículos superficialmente? ¿Cree que su actitud de revancha es lo mejor que puede dar usted de sí?
Hasta ahora, su actitud poco ha tenido que ver con una contribución al debate.
Su labor ha consistido simplemente en una actividad de denigración que nada tiene que ver con la discusión sobre argumentos.
Su actividad, que puede verse en cada uno de los comentarios que hace usted a menudo en este sitio (sobre todo en francés), ha consistido en atacar a la CCI y en atribuirles falsas intenciones.
Camarada "de la AIT", ¿acaso cree que todo el medio anarquista se dedica a denigrar? Usted dice que la "CCI deforma y manipula las palabras del Nucleo de Peru", pero ¿leyó bien antes de acusar con tal falsedad? ¿Sabe que hacer eso es calumniar?
Pego aquí la respuesta de un participante en los comentarios en español:

Submitted by Anonymous (no verificado) on Agosto 4, 2009 - 8:37pm.
El texto traducido al frances en la version francesa de este sitio es traducido de este texto:

http://es.internationalism.org/node/2626

http://fr.internationalism.org/icconline/2009/prises_de_position_depuis_le_perou_le_massacre_de_bagua_est_une_manifestation_du_pourrissement_du_capital.html

Como dice el comentario de este participante -y eso va para todos aquellos que quieren contribuir honestamente a la lucha del proletariado: "Mira e tenga más atenccion al hacer una denuncia."
Camarada, deje ya su actitud de revancha y competencia, y hágase una autocrítica sincera. La revolución requiere de otra actitud en el debate.
Uno del proletariado.

LE CCI NAGE EN PLEINE CONFUSION !!!

Bon, un dernier pour la route (c'est chiant votre système où on ne peut pas éditer ses messages.)

Je tiens d'ailleurs à préciser que mes critiques sur le côté vague et imprécis de ce que je pensais être le texte des compagnons du Noyau du Pérou ne visent absolument pas le texte qui est en ligne sur la version espagnole !

Au contraire, le texte du Noyau est très clair et sans concession, ni aucune confusion dans ce qu'il avance. Jamais il ne parle de défendre les comunnautés ni de quoi que ce soit dans ce sens.

Le comemntaire du CCI non plus (si ce n'est pour dire vaguement en introcution qu'il s'agit d'une lutte contre l'expropriation de vieilles terres communautaires).

Enfin les jeunes anarchistes l'emploient dans l'exspression suivante : La lutte [du prolétariat en lutte de Bagua] est la notre et nous nous soldiarisons avec elle, car elle fait partie de la communauté de lutte mondiale contre la b^te capitaliste"

On le voit, aucune allusion à un enfermement ou un replis sur des communautés indigènes (autre mot qui n'est pas employé ni par le Noyau ni par les anarchistes...) qu'il conviendrait de stabiliser ... (mot de la version française du commentaire CCI)

C'est au contraire le CCI qui réintroduit la revendication identitaires ("Estamos de acuerdo en la necesidad de que el proletariado sea solidario con la lucha de las comunidades indígenas de Bagua" , "nous sommes d'accord avec la nécesité que le prolétariat soit solidaire avec la luttes des commautés indigènes de Bagua") là où ni les uns ni les autres - SUR PLACE - ne semblent se positionner selon les critères définit par l'idéologie dominante du pouvoir !!!

C'est quand même le comble !!!

C'est le texte du commentaire du CCI en français - et dans une moindre mesure en espagnol - qui amène cette confusion lamentable.

erratum

au lieu de

le texte des compagnons jeunes aistes du Pérou ! (

lire

le texte des compagnons jeunes anarchistes du Pérou !

(je prends mes reves pour des réalités :-)

Mais où est le texte de la déclatation du noyau du pérou ?

Euh ... en fait je n'avais lu que le texte des jeunes anarchistes sur la version en espagnol de votre site. J'y suis retourner jetter un coup d'oeil, pour lire dans le texte la déclaration du noyau telle que traduite sur la version française ...

Mais elle ne s'y trouve pas !!!

En tout cas à l'adresse :

il n'y a pas le texte en espagnol du noyau dont la traduction est censée figurer ici ?

A la place il ya un texte qui ne parle pas du tout de décadence ni de quoique ce soit dans votre jargon !

S'agit il réellement d'une traduction ou bien d'un bidonnage ?

La question se pose car ce que vous faites apparaitre comme la déclaration du Noyau s'inspire en fait des commentaires du CCI sur le texte des compagnons jeunes aistes du Pérou ! (par exemple : En cambio, si tomamos las cosas al revés, si el punto de partida es una lucha indiferenciada donde el proletariado se diluye en otros sectores sociales, corremos el riesgo de que ni el proletariado sea fuerte ni tampoco esos sectores sociales, es decir, que ambos se debiliten y sean derrotados y aplastados. qui est une réponse à la position "interclassiste" du groupe anarchiste et qui dans la version française est incluse dans la déclaration du noyeau : Par contre, si nous prenions les choses à l’envers, si nous prenions comme point de départ une lutte indifférenciée dans laquelle le prolétariat se diluerait dans d’autres couches sociales, nous courrions le risque que ni le prolétariat ne puisse développer sa force, pas plus que ces couches sociales, c’est-à-dire que les deux s’affaibliraient et seraient défaites et écrasées. "

Or contrairement à ce que dit la version française ("depuis le Pérou"), les commentaires ne proviennent pas du pérou puisque le texte espagnol dit "Los compañeros del Núcleo Proletario de Perú nos han enviado" : "les compagnons du noyau prolétarien du pérou nous ont envoyé " ... Ca sent le Mickeal Keuhl de Télé Groland ou le Morandini commentant l'enterment de Jackson (lire le canard enchainé semaine dernière) cette histoire ...

Par contre, il ya des choses qui n'apparaissent absolument pas dansla version esapgnole et qui sont extrement prégante dans la version française : la référence à Octobre 17 ... Il faut croire que cette mono-manie de tout ramener à des considérations historiques, et singulièrement la réduction ad octobro 17 , , est une caractéristique de la section française du CCI :-) !

Il est d'ailleurs remarquable que vous n'ayez pas non plus traduit tout le pragraphe final du commentaire du CCI en espagnol :

Para que influyamos positivamente en las luchas obreras haciendo propuesta de marcha realizables y que hagan avanzar la conciencia, la solidaridad y el sentimiento común de fuerza, es mejor ser consciente de donde estamos ahora y del largo camino que todavía nos queda por recorrer. Creemos que esa es la forma de avanzar hacia la perspectiva de su Autoliberación como clase oprimida, como muy bien dicen los compañeros.

Pour que nous influencions positivement les luttes ouvrières, nous devons faire des propositions d'avancées réalisables et qui fassent avancer la conscience, la solidarité et le sentiment commun de force, il est meilleurs d'être conscient de où nous en somme en ce moment et du long chemin qu'il nous reste à parcourir. Nous croyons que c'est cela la forme pour avancer vers la perspective de notre autolibération comme classe opprimée, comme le disent si bien les compagnons.

Etant donnée la centralisation de l'organisation, il s'agit là d'une position du CCI donc qui engage aussi la section en France du CCI, n'est ce pas ?

Cette position est une position de principe, qui est également valable en France,pour les luttes ici, n'est ce pas ?

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Je colle ici ce qui semble être la vraie déclaration en espagnol du noyau du pérou. Ce texte est très bon (on dirait un texte anarchiste !), et mériterait d'être traduit tel quel :

¡AHORA O NUNCA!

Compañeros:

La muerte de proletarios en la Amazonía es un claro ejemplo de la destrucción a la que lleva este sistema capitalista. Cada día mueren de hambre, de frío y en la miseria, miles, millones de nuestros compañeros de clase en todo el mundo.

Compañeros, nosotros creamos toda la riqueza de la sociedad, la creamos socialmente, pero sólo unos cuantos se apropian de todo, existe una apropiación privada de la producción social. Y esto lo legaliza el Estado burgués. Nosotros no podemos seguir aguantando y tolerando más la explotación, démonos cuenta que sólo nosotros, las clases explotadas, el proletariado organizado, podrá combatir y luchar por un nuevo sistema. Nosotros debemos decidir qué hacer con lo que producimos, ya no aguantemos más explotación, ya no sigamos a líderes burócratas, organicémonos como clase internacional. Demos lucha a la burguesía con huelgas, paros, hasta tomar el poder para liberarnos.

Se debe acudir a una manifestación no para seguir pasivamente las consignas sindicales sino para discutir entre los trabajadores cómo desarrollar una lucha verdaderamente revolucionaria contra el capitalismo. Los paros, las huelgas, las manifestaciones y las acciones que asumimos (los trabajadores) deben servir para luchar por lo que nos pertenece y manifestar que este sistema caduco no puede satisfacer las necesidades de las grandes masas trabajadoras y sólo puede existir a costa de su explotación. Debemos buscar una organización autónoma fuera de los sindicatos burócratas. Las Asambleas Generales, las luchas que se extienden a otros trabajadores, manifestaciones abiertas donde estudiantes, desempleados, trabajadores de otras ramas puedan participar son las alternativas que debemos seguir.

La muerte en la Amazonía debe servir para darnos cuenta, que la lucha de clases, entre los explotados y explotadores, entre el proletariado y la burguesía está más viva que nunca. Los ricos nunca van a dejar de ser ricos, por más Ollanta, Chávez, Evo Morales que aparezcan; no queremos reformas, queremos revolución, no queremos migajas, queremos todo lo que nos pertenece. Construyamos una revolución de trabajadores en general, estudiantes, oprimidos, del proletariado en su conjunto. Las luchas reivindicativas son un medio para frenar la explotación, pero nuestro fin, debe ser abolirla por completo.

Somos los que creamos todo. ¿Queremos seguir viviendo de rodillas, esperando que llegue un presidente nuevo? ¿Cuándo podremos ser nosotros los que decidamos nuestro destino? Nuestra misión es destruir este sistema, destruir la explotación del hombre por el hombre, y no permitir que nuestro trabajo, sirva para que un burgués se haga rico. El trabajo debe servir para nuestra sociedad y para nosotros mismos. Marchemos compañeros rumbo a la nueva sociedad, tomemos el poder. Organicemos y gestemos el poder proletario.

¡Abajo el sistema capitalista genocida, explotador y opresor!

¡Viva la lucha del proletariado internacional!

Círculo Científico de Análisis Social

"Sociedad y Ciencia" [email protected]

http://es.internationalism.org/node/2584

Traduction du texte des anarchistes du pérou

D'ailleurs, en complément de ce que je disais avant, je viens de lire le texte en espagnol et notamment celui des jeunes anarchistes du Pérou.

il est dommage que vous n'ayez pu le traduire en français, il permettrait de faire la différence entre les deux discours.

Par exemple, même s'il y a bien quelques "prolétaires" et "luttes de classes" par ci par là (pour rester dansle folklore) la tonalité est clairement tout autre : il est question de confrontation entre Capitalisme et humanité (et pas "prolétariat" seulement) ou encore d'appel à l'union de tous les opprimés (et pas seulement des "prolétaires" encore une fois ... :

¡LA EMANCIPACIÓN DE LOS OPRIMIDOS SERÁ OBRA DE LOS OPRIMIDOS MISMOS, O NO SERÁ!

l'émancipation des OPPRIMES (et non des TRAVAILLEURS seulement ...) sera l'oeuvre des opprimés eux mêmes, ou ne sera pas.

Mais ceci dit vous me permetrez de conclure avec une note positive, une fois n'est pas coutume et de partager votre avis que ce texte des jeunes anarchistes du Pérou contient des positions très valables.

L'agriculture se réduirait en amérique latine ???

Permettez moi de contester l'affirmation selon laquelle :

Par exemple, le poids de l’agriculture s’est considérablement réduit durant les 40 dernières années dans la majorité des pays, notamment en Amérique latine où, alors qu’au début des années 1960 la population paysanne représentait plus de la moitié de la population totale, elle atteint aujourd’hui à peine 20 %.

Si on prend par exemple le cas du Brésil, le poids de l'agriculture s'est au contraire considérablement renforcé ces 40 dernières années ! Notamment dans la balance des échanges commerciaux !

Cf rapport de l'OCDE par ex :

l’agriculture commerciale s’est développée rapidement au Brésil ces dernières années, notamment dans les régions traditionnellement exploitées par de petits agriculteurs produisant, par exemple, des produits laitiers et du maïs. Les producteurs moins compétitifs pratiquant une agriculture de semi-subsistance, pour qui les perspectives à long terme se situent le plus souvent en dehors du secteur agricole, sont donc menacés.

http://www.oecd.org/document/62/0,3343,fr_2649_201185_35584207_1_1_1_1,00.html

On pourrait citer des exemples similaires avec le Mexique, l'Argentine, l'Uruguay, le Chili, même si les situations sont bien entenudes différentes et parler d'amérique latine n'a pas grand chose à voir avec la réalité économique...

Bien sur, cela dépend de ce qu'on met derrière le mot agriculture : il ne s'agit plus d'agriculture vivrière, de subsistance, mais une agriculture commerciale, complètement intégrée dans le système marchand mondial, [l'agriculture est la principale pourvoyeuse de devise] et donc qui s'accompagne des mêmes mécanismes que dans l'industrie (restructuration, acquisition / fusion, monopoles, etc ...)

La diminution de la population rurale n'est donc pas un indicateur de la diminution du poids de l'agriculture dans l'économie nationale de ces pays, au contraire ! Sauf à considérer qu'on entend par "agriculture" les formes traditionnelles de culture, et les autres par "agrobisness" (par exemple). Vu qu'il s'agit de deux réalités différentes, cela a peut être un sens de différencier ? (pour éviter de tomber dans le piège des coopératives par exemple qui veulent faire croire que c'est la même chose vu que c'est le même mot)

Sinon je trouve que les questions que vous proposez au débat tournent autour du pot sans vraiment aller au fond du problème. On sent bien que vous ne pouvez pas trancher, pour ne pas vous mettre en porte à faux avec les compagnons au Pérou.

Vous posez la question " Est-ce qu’il y aurait des revendications qui garantiraient une stabilité minima à ces communautés ?"

Mais la vraie question ne serait elle pas plutôt : ces communautés doivent elles être défendues, en tant que telles ? Etre révolutionnaire n'est ce pas au contraire une rupture brutale avec la tradition et l'inventention d'une nouvelle culture ?

Car les compagnons péruviens vont être rapidement confrontés à un paradoxe :

- soit ils défendent les communautés, et donc ce qui en fait le ciment identitaire c'est à dire la propriété privée du sol

- soit ils luttent sur une base prolétarienne comme ils le rappellent " il ne s’agit pas de défendre la propriété, mais de l’abolir pour mettre toutes les ressources de la nature à la disposition de l’ensemble de l’humanité. " et dans ce cas leurs tracts ne doivent pas appeler à défendre les communautés mais au contraire à leur sabordage - et celle de la culture traditionnelle avec - dans une grande mise en commun des terres ...

Il y a une grande confusion dans ce texte : les compagnons péruviens réclament le droit des communautés indigènes à lutter pour leur petite propriété privée, qui est effectivement une "revendication juste" du point de vue de la classe des propriétaires. Plus grave, ils proclament que le prolétariat doit être solidaire non seulement avec ces communautés au Pérou, mais ils ajoutent "et de n’importe où ailleurs"

N'importe où ailleurs ... Qu'est ce à dire ? Que le prolétariat en France doit être solidaires des patrons pêcheurs, attaqués dans leur petite propriété privée par le capitalisme mondial ? Que les saisonniers doivent être solidaires de leurs employeurs ? Que le CCI, organisation prolétarienne, doit exprimer sa solidarité avec la communauté des producteurs de lait de brebis du plateau du Larzac et de leur charismatique leader José Bové, vrai patron dans ses relations aux saisonniers et stagiaires ?

Ce qui fait le ciment de ces communautés, c'est le lien identitaire ("nationaliste"). Les révolutionnaires luttent de toutes leurs forces contre les tendances qui cherchent à nous assimiler à l'idéologie dominante.

Or vous dites fort justement - dans votre article sur "les anarchistes et la guerre" par lequel vous tenter de démontrer que les anarchistes ont dans leur majorité rejoint le camp nationaliste pendant les guerres :


C'est pourquoi nous soutenons sans réserve le KRAS-AIT de Moscou dans son combat mené pour rejeter les conceptions « culturalistes et ethno-identitaires » (qui ne sont rien d'autre qu'une expression du nationalisme) incompatibles avec les objectifs de la révolution sociale.

(http://fr.internationalism.org/icconline/2009/les_anarchistes_et_la_guerre_3_de_la_seconde_guerre_mondiale_a_aujourd_hui.html)

Il est assez paradoxal que vous ne trouviez rien à redire ici sur ce texte qui défend les communautés traditionnelles, et donc les conceptions culturalistes ?

Je comprends bien que - tout content d'avoir un écho au Pérou - vous ne souhaitiez pas brusquer les choses en les assommant d'un cout de vérité marxsiste (d'où la prudente question "Sur quel terrain et sur quelles bases la solidarité du prolétariat peut elle s’exprimer ?") mais alors pourquoi tout le monde ne bénéficie t il pas du même traitement ? Y aurait il des tares idéologiques congénitiales, se réclamer de l'anarchisme par exemple ? Alors que se réclamer du marxisme et encore plus de la décadence du capitalisme, permettrait de bénéficier d'indulgence ?

On se le demande car à propos de l'article "Que signifie la crise économique du capitalisme ?", le CCI faisait remarquer que la formule de "résistance populaire autonome" lui paraissait"obscure. je cite :

Que faut-il entendre par-là ? La résistance des différentes couches de la société victimes de la crise, y compris les artisans, les pêcheurs ou autres ? Ou alors, s’agit-il de l’autonomie de la classe ouvrière par rapport aux autres couches de la société ? (1)

On serait en droit de poser la même question en ce qui concerne le principe de communauté, que le CCI semble reprendre à son compte.

Au moins le concept de résistance populaire autonome a t il le mérite de se placer sur le terrain non de l'identité culturelle (nationaliste) mais sur celui du rappport de domination dans la société capitaliste (participant à la résistance populaire autonome tous ceux qui subissent la domination capitaliste et étatique, mais sans pour autant être des dominants d'autres personnes. De notre point de vue par exemple les patrons pêcheurs ou les petits propriétaires agricoles qui ont un ou des salariés en sont exclus)

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Sinon, est ce qu'on pourrait bannir une fois pour toute les expressions millénaristes du style "Le capitalisme nous confronte actuellement aux pires moments de son existence " ? Parce que c'était mieux avant peut être ? Certes,
à force de proclamer l'apocalypse elle finira bien par arriver...

(1) http://fr.internationalism.org/icconline/2009/a_propos_d_un_article_de_la_cnt_ait_que_signifie_la_crise_economique_du_capitalisme.html