Les erreurs fatales de Trotsky

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I - Une analyse erronée du cycle

Contrairement à l’activité des “trotskistes” après 1945, celle du courant trotskiste de 1938 telle qu’elle découlait du programme de transition, était au moins sous-tendue par une tentative d’appréciation de la nature de la période conjoncturelle (l’agonie mortelle du capitalisme, l’absence de développement des forces productives, la prochaine réémergence du prolétariat révolutionnaire). Même si cette analyse avait été correcte, elle n’aurait pas justifié les errements opportunistes et activistes de Trotsky. Mais il importe de rappeler aux champions actuels de l’empirisme que le vieux révolutionnaire avait encore le souci qu’ils n’ont plus : fonder son activité sur une compréhension de la situation objective.

Toute les parties de l’oeuvre théorique et politique de Trotsky sont reliées, à cette époque, par un seul et même fil : la conviction d’une montée révolutionnaire imminente du prolétariat. Trotsky a toujours perçu le recul mondial de la révolution comme un phénomène temporaire, issu d’une interruption momentanée du cycle de luttes amorcé en 1917. Dans cette perspective, les défaites, loin d’ouvrir tout un cycle contre-révolutionnaire (crise/guerre/reconstruction) loin d’emporter tous les acquis organisationnels du cycle antérieur, ne représentaient à ses yeux qu’une pause instable, prélude à de nouvelles explosions.

C’est cette conviction jamais mise en cause qui sous-tend sa défense des organisations prétendument “ouvrières”, qui demeurent malgré leurs chefs, des “conquêtes”. C’est elle qui est le fondement de sa perception de la bureaucratie russe comme une “boule au sommet d’une pyramide”, des syndicats, des “acquis” d’Octobre. C’est à partir d’elle que Trotsky a pu commettre l’erreur de considérer le fascisme comme une réaction à un danger de révolution prolétarienne, alors qu’il n’a pu se développer que parce que la courbe de la lutte de classe était descendante (cette erreur conduisit Trotsky à penser qu’en Allemagne en 1933, la pression de la classe pourrait "obliger” le P.C. et la S.D. à organiser la contre-attaque). C’est également cette conviction qui justifiait aux yeux de Trotsky, la création d’une “Internationale” artificielle, échafaudage hâtif destiné à attirer l’avant-garde, dont il était persuadé qu’elle demeurait comme un acquis des luttes antérieures au sein des organisations staliniennes et social-démocrates.

Seule une telle vision peut expliquer qu’en pleine débâcle du prolétariat (1938) Trotsky ait pu écrire sans hésiter: “En France, les réformistes ont réussi... à canaliser et à arrêter au moins momentanément le torrent révolutionnaire. Aux USA, (ils) font tout ce qu’ils peuvent pour contenir et paralyser l’offensive révolutionnaire des masses” et enfin en Allemagne, “les soviets couvriront le pays avant que soit réunie à Weimar une nouvelle Assemblée constituante...”

Trotsky n’a pas compris que depuis l’écrasement de la révolution allemande (1923), ultime espoir d’une reprise du mouvement, c’est désormais la contre-révolution, c’est-à-dire le capital décadent, qui imposait sa logique à toutes les conquêtes, à toutes les organisations permanentes et qui détournait à ses propres fins les luttes. Crise, fascisme, New Deal, Front Populaire, guerres locales puis guerre généralisée, partage du monde, guerre froide, reconstruction ne seront que des moments de la contre-révolution arrogante, sûre d’elle même qui, sur le cadavre de la révolution, pénètre les acquis antérieurs du mouvement et les vide de leur contenu prolétarien. Au cours de ce cycle sanglant, barbare, inhumain, toutes les initiatives de classe sont déviées sur le terrain de la défense d’une fraction du capital contre une autre.

Il est vrai qu’en 1938, le capitalisme est dans un marasme épouvantable et que jusqu’en 1947-49, jamais la misère des masses n’aura été aussi aiguë. Mais ce qu’il importait de comprendre c’est: que puisque le prolétariat en tant que classe autonome avait été éliminé de la scène, c’est le capital qui surmonterait la crise par ses propres moyens (guerre/repartage/reconstruction). Rien ne sera épargné à la classe ouvrière : c’est avec son sang et ses illusions que sera fixée la nouvelle carte du monde, de la Catalogne à Stalingrad et de Dresde à Varsovie. Et c’est avec la sueur des travailleurs que sera “reconstruite” l’économie capitaliste mondiale.

Dans ces conditions, le rôle des révolutionnaires n’était pas de courir après les masses démoralisées en jetant leurs principes aux orties, en prenant partie dans chacun des épisodes de la lutte intestine du capital qui est avant tout une lutte unanime contre les travailleurs, ou encore en concoctant la potion-miracle “transitoire” destinée à faire le “pont” entre leur passivité et la révolution, mais de se livrer à un travail d’étude critique des expériences passées et de préparation théorique, en défendant les principes de classe et en résistant à toutes les tentations activistes et impatientes.

Ce travail, certaines minuscules fractions issues des "Gauches” italienne et allemande l’ont accompli, bien ou mal, mais elles l’ont accompli. Qu’elles aient subi elles-mêmes la pression de la période, qu’elles aient attrapé au cours de cette interminable traversée des maladies sectaires et dogmatiques ou au contraire empiristes, ne change rien au fait que c’est grâce à leur lucidité que nous pouvons aujourd’hui dépasser le trotskisme.

II – La nature de l’URSS

Depuis la 2ème guerre mondiale la question de la nature de l’URSS n’est plus une discussion ouverte entre révolutionnaires, mais une frontière de classe pour les internationalistes. La caractérisation du capitalisme russe comme un Etat “ouvrier” aboutit à la défense d’un impérialisme dans un conflit armé. Elle reconnaît de fait un rôle progressif au stalinisme et à l’accumulation nationale : en un mot, au capital drapé de phrases “socialistes”. Elle conduit en outre à la défense des nationalisations, c’est-à-dire à la tendance du capitalisme décadent au capitalisme d’état.

Elle sème la confusion parmi les travailleurs parce qu’elle proclame, qu’elle le veuille ou non, qu’il n’est pas possible à la classe ouvrière de sortir du faux dilemme où elle a été enfermée depuis des dizaines d’années et dont elle commence à peine à sortir : défendre le capital russe ou le capital occidental.

Ce n’est pas tout. La théorie de l'”Etat ouvrier dégénéré” obscurcit également la compréhension de ce qu’est le capitalisme. Implicitement ou explicitement, l’analyse de Trotsky réduit le capitalisme à un certain nombre de caractéristiques, formelles, juridiques, partielles, figées (la propriété individuelle des moyens de production, leur aliénabilité, le droit d’héritage, etc.). Elle s’interdit ainsi de pénétrer au coeur des contradictions du système. Elle ne reconnaît pas ces contradictions en URSS parce qu’en réalité elle ne les reconnaît pas non plus dans les pays capitalistes traditionnels.

Caractériser l’URSS comme un Etat ouvrier, c’est d’abord et avant tout affirmer qu’à l’époque de la domination du capital à l’échelle mondiale, il serait possible à un Etat national d’échapper au moins partiellement aux lois du mode de production capitaliste. Une telle conception monstrueuse ne peut reposer que sur une vision complètement fausse du capitalisme en tant que système historique et mondial.

Envisageons un instant un cas purement imaginaire et absurde. Imaginons que la Russie protégée par une muraille impénétrable, vive dans la plus complète autarcie vis-à-vis du marché mondial. Supposons même qu’aucune des “catégories” apparentes du capitalisme ne puisse y être décelée ; que le système considéré en lui-même présente l’aspect d’une gigantesque société d’esclavagisme généralisé, sans échange extérieur et intérieur, sans argent, sans capital. Supposons encore que les esclaves sont rémunérés en nature et que l’Etat “planifie” toute l’économie jusqu’au dernier boulon ou grain de blé.

Et bien même dans ce cas extrême et purement hypothétique, nous serions en droit d’affirmer que sans salariat, sans échange, sans capital, les LOIS de la société russe seraient entièrement déterminées par celles du marché mondial et que sans “valeur” reconnaissable, la LOI de la valeur constituerait la LOI qui se cache derrière chacune des manifestations de cette économie.

L’autarcie, n’est qu’une forme de la concurrence. Même si l’accumulation étatique ne revêtait pas la forme capital-argent, le surplus de la forme plus-value, et les produits du travail, la forme marchandise, c’est la concurrence avec le capital mondial qui déterminerait directement le taux, le rythme et la forme de cette accumulation ; c’est elle et elle seule qui permettrait de comprendre les rapports sociaux de production et leur dynamique et non la “méchanceté”, “l’autoritarisme”, le “parasitisme” ou le “bureaucratisme” des “gestionnaires”.

La simple nécessité de maintenir cette autarcie exigerait l’exploitation féroce, intensive, tayloriste, sans cesse accrue des travailleurs. Plus la compétition internationale capitaliste deviendrait aiguë, plus la productivité du travail s’accroîtrait, plus de nouveaux procédés techniques, de nouvelles armes y apparaîtraient et plus l’autarcie dépendrait de la capacité des “bureaucrates” à accroître la productivité chez eux, à inventer de nouveaux procédés, de nouvelles armes. Ce n’est qu’en suivant pas à pas les nécessités imposées par la concurrence mondiale que les pharaons de cet Etat imaginaire pourraient bâtir des murailles qui leur donnent l’illusion “d’échapper” à ses lois. C’est pourquoi, nous serions parfaitement en droit de qualifier ces pharaons de fonctionnaires du capital, de capitalistes, parce qu’ils ne seraient que les représentants au sein de cette forteresses de la nécessité inéluctable d’accumuler, nécessité qui est totalement imposée par le CAPITAL en tant que mode de production mondial. Tout en revêtant l’aspect d’une négation apparente des “catégories” du capitalisme, cet Etat ne serait qu’une personnification extrême du système, car loin de s’exercer à travers tout un jeu d’offre et de demande et d’être entravées par des restes pré-capitalistes, les lois du capitalisme mondial s’exerceraient directement par l’intermédiaire des fonctionnaires de cet Etat, véritables satrapes du capital international.

Même dans ce cas extrême, il serait tout aussi légitime d’appeler les bureaucrates russes des capitalistes qu’il était légitime pour Marx d’appeler ainsi les esclavagistes du sud des USA parce que disait-il, ils ne sont esclavagistes que dans (et par rapport à) un système capitaliste. Dans un monde capitaliste, même au pays imaginaire des pharaons modernes, le despotisme au sein de la fabrique serait subordonné à l’anarchie sur le marché, et la “planification” aux lois aveugles de la concurrence.

Malheureusement pour les tenants de l’absurde théorie de “l’Etat ouvrier dégénéré”, la réalité contredit encore plus impitoyablement les fondements de leur analyse. En effet, non seulement la Russie ne vit pas en autarcie mais de plus, toutes les manifestations essentielles du capitalisme sont ouvertement à l’oeuvre en Russie même, non seulement dans le sens pris ci-dessus, mais également sous une forme “interne” aisément reconnaissable. Les travailleurs russes sont rémunérés sous forme de salaire-argent. Ce fait à lui seul implique l’existence de l’échange, de la production marchande, de la loi de la valeur, de la domination du travail mort sur le travail vivant, du profit capitaliste et de la baisse de son taux, même pour des myopes trotskistes qui analyseraient la Russie isolément!

Mais les héritiers de la “Révolution trahie” se montrent incapables de comprendre l’identité des tâches sociales des prolétaires russes ou américains, chinois ou français, polonais ou allemands. Ceux des pays dits “socialistes” ne doivent pas se laisser duper par des slogans “réformistes” (“démocratie”, “réduction des privilèges”, “autogestion”...) et ceux des pays capitalistes traditionnels par des discours sonores contre les “trusts” et les “spéculations” ou les “parasites”. Les tâches des ouvriers des deux blocs se confondent : détruire l’Etat bourgeois d’abord à l’échelle mondiale et ensuite détruire la forme valeur des produits du travail (c’est à dire le fait que ceux-ci sont échangés par l’intermédiaire d’un équivalent général, selon le temps de travail social nécessaire à leur fabrication) en abolissant à l’échelle du globe la séparation des travailleurs des moyens de production et toute concurrence, nationale ou internationale. En détruisant le salariat (échange de la marchandise force de travail contre un salaire) et la production marchande (échange des marchandises). C’est cela la mise à mort du capital, qui n’est ni “le pouvoir des monopoles”, ni des “200 familles”, mais un rapport social. Tout le reste; “nationalisations”, “contrôle ouvrier sur les profits”, ne sont que des propositions pour mieux gérer le capitalisme.

Dans les pays de l’Est, le trotskisme se présente comme un courant réformiste qui lutte pour la révolution “politique” qui laisserait intacte les rapports de production capitalistes en y accolant simplement les mots: “contrôle ouvrier” et “démocratie ouvrière”. Comme il ne parvient pas à comprendre que le capitalisme d’Etat n’est que la réalisation des tendances intimes du capitalisme traditionnel à l’époque de son déclin, il se révèle incapable de dépasser par la pensée et la pratique le cadre de ces tendances et ne fait qu’avancer un programme maximum qui reste en deçà de la destruction des rapports capitalistes.

A l’heure où le capital asservit toute l’humanité à ses propres besoins, il n’est pas possible d’être révolutionnaire à Paris et réformiste à Gdansk, ou internationaliste à Turin et chauvin à Moscou.

III – La guerre d’Espagne

La prise de position de Trotsky à l’égard de la guerre d’Espagne devait révéler la profondeur de sa régression par rapport aux principes communistes et internationalistes. Pour critique qu’il fût, son soutien au Front populaire, à l’Etat bourgeois démocratique et à la guerre impérialiste qu’ils menaient, constitua les signes avant-coureurs de l’effondrement de la IVème internationale dans le chauvinisme au cours de la 2ème guerre mondiale.

La position de Trotsky pendant la guerre dite “civile” est un chef d’oeuvre de centrisme. Il commence par pourfendre avec violence la “démocratie bourgeoise” et par déclarer que seule l’action indépendante du prolétariat peut assurer sa propre victoire. II critique férocement non seulement le rôle contre-révolutionnaire des staliniens, mais encore celui des anarchistes, du POUM “qualifié à juste titre, aile gauche du Front populaire”. Pourtant, l’ex-grand révolutionnaire russe déclare “accepter le commandement officiel, tant que (nous) ne sommes pas assez forts pour le renverser” et il met en garde le prolétariat contre toute tentative de “briser aujourd’hui le gouvernement Négrin ... (ce qui) ne servirait que le fascisme”. (Tome II des Ecrits, p. 529). En vrai jusqu’au-boutiste, il préconise de “se délimiter nettement des trahisons et des traîtres sans cesser d’être les meilleurs combattants du front” (p345).

La position de Trotsky se fondait sur une analyse complètement fausse des rapports de classe en Espagne. Il considérait qu’au sein de la classe “républicaine” se déroulait une “révolution hybride, confuse, mi-aveugle et mi-sourde” qu’il s’agissait de transformer en “révolution socialiste”. Il décrivait la lutte entre les deux fronts comme “la lutte entre deux camps sociaux, subjugués l’un par la démocratie bourgeoise, l’autre par le fascisme” (p328). En somme pour Trotsky, l’armée prolétarienne avec des chefs bourgeois : “si à la tête des ouvriers et des paysans armés, c’est à dire de l’Espagne républicaine, il y avait eu des révolutionnaires et non des agents poltrons de la bourgeoisie...” (p.546), s’il y avait des révolutionnaires à la tête de l’Etat bourgeois... Ce n’est pas Louis Blanc qui parle, c’est l’homme qui fut un jour à la tête du soviet de Petrograd !

A l’époque, la fraction de la “Gauche Italienne” regroupée autour de la revue “BILAN” porta un diagnostic radicalement différent de celui qui était à la base de cette vision fantasmagorique d’une révolution “mi-consciente” (?) qui avançait en bataillons serrés au massacre sous les ordres des “agents poltrons de la bourgeoisie”. En fait, comme le montrèrent ces camarades, si le soulèvement de juillet 36 contre les factieux avait constitué une première émergence du prolétariat sur ses propres bases de classe (grève, armement autonome des ouvriers, milices...) la fraction “démocratique” des représentants du capital avait réussi à enfermer le prolétariat sur un terrain “anti-fasciste de guerre civile”, à embrigader les ouvriers dans une armée permanente bourgeoise et à remplacer complètement les fronts de classe par des fronts territoriaux.

L’attaque frontale n’avait pas réussi, mais la bourgeoisie démocratique allait parvenir à clouer la classe ouvrière sur une base où elle ne pourra plus s’affirmer en tant que force autonome.

Dès lors la guerre “républicains-nationalistes” n’était qu’un conflit inter-capitaliste, où les ouvriers totalement soumis à l’Etat bourgeois se faisaient massacrer pour des intérêts qui n’étaient pas les leurs. De plus, comme tout conflit entre deux Etats bourgeois, le carnage espagnol devint immédiatement un moment de la guerre impérialiste mondiale où les différents pays prirent plus ou moins nettement position sous le couvert bien entendu, de “fascisme” ou d’”anti-fascisme” et où les ouvriers et les paysans pauvres répandirent leur sang au son des canons français, allemands, russes, etc.

Dans ces conditions, la seule chance, aussi infime fût-elle, de voir s’ouvrir un processus révolutionnaire était d’opposer aux front impérialistes, les fronts de la lutte de classe sans aucune peur d’affaiblir le front républicain et en appelant les ouvriers à être les “meilleurs combattants” du front de classe qu’eux-mêmes devaient instituer au sein des deux fronts impérialistes, et non de “l’héroïque” bétail de l’armée bourgeoise. Les éternels “réalistes” criaient que cela favoriserait Franco. Mais la seule chance de battre Franco était de porter la lutte de classe dans les régions qu’il occupait et pour cela il fallait d’abord qu’elle émerge sans aucune compromission, là où se trouvaient les fractions les plus avancées du prolétariat, dans les zones dites “libres”. Tout en se déclarant en général d’accord avec cette vérité élémentaire que les ouvriers devaient accomplir la révolution sociale contre Caballero et Franco, Trotsky fut amené par sa vision superficielle des choses et à prendre parti de façon “critique” pour une armée impérialiste.

Vers la fin de la guerre en 1938-39, Trotsky radicalisa son langage au point de reprendre les thèses de la “Gauche Italienne”, mais sans jamais rompre avec sa conception catastrophique selon laquelle au sein d’une guerre menée par un Etat capitaliste peut se dérouler un processus révolutionnaire qui ne bouleverse pas complètement la disposition des fronts et que sous la direction d’une armée bourgeoise permanente pouvait cheminer une “révolution inconsciente”.

De cette capitulation à celle de l’ensemble du mouvement Trotskiste lors de la guerre de 1940-45, il n’y avait plus qu’un demi-pas.

(Extraits de la brochure “Rupture avec Lutte Ouvrière et le Trotskisme” - Mars 1973)

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“Ce serait la pire des erreurs que de s’attendre à une nouvelle époque démocratique durable dans le développement de l’Allemagne. Mais, dans le cours du réveil révolutionnaire des masses, les mots d’ordre démocratiques constitueront inévitable ment le premier chapitre. Même si la marche ultérieure de la lutte ne permettait pas de façon générale la renaissance, ne fût-ce qu’un jour, d’un Etat démocratique, -et c’est parfaitement possible- la lutte elle-même ne peut se développer sans mots d’ordre démocratiques ! Un parti révolutionnaire qui tenterait de sauter par dessus cette étape se casserait le cou.” (Trotsky, “Fascisme et mots d’ordre démocratiques” 14Juillet 1933) “Dans le syndicat, je peux dire que je suis pour la IVème Internationale. Je suis contre la guerre. Mais je suis avec vous. Je ne saboterai pas la guerre. Je serai le meilleur soldat, tout comme j’étais l’ouvrier le meilleur et le plus qualifié de l’usine...”
(Trotsky, “Discussion avec les visiteurs américains du Socialist Workers Party”, 12-15 juin 1940)