Des sans-papiers embauchés... pour construire leur propre prison !

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L'Etat français est aussi un patron, et même le pire des patrons. Pour réaliser ses travaux au coût le plus bas, il fait toujours appel aux entreprises les plus compétitives, c'est-à-dire celles qui exploitent la main d'œuvre la moins chère et la plus corvéable. Et dans le bâtiment c'est bien connu, quoi de plus rentable qu'un sans-papier menacé d'expulsion.

C'est ainsi que cet été, des "clandestins" (terme utilisé par le Parisien du 9 août) ont été embauchés par un sous-traitant pour agrandir à Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) un centre de rétention administrative (CRA) ou, autrement dit, une prison pour sans-papiers !

Mais l'histoire, déjà assez cynique, n'est pas finie. Une entreprise de gardiennage, sans doute un peu zélée et convaincue par le ferme discours anti-immigré du gouvernement, repère ces sans-papiers et les signale, en "bon citoyen", aux forces de l'ordre. Catastrophe et embarras ! Embaucher des sans-papiers à bas-coût, oui, mais il ne faut pas que cela se sache. La réaction de l'Etat est immédiate : ordre est donné à la police nationale d'aller les chercher. Au final, trois immigrés furent arrêtés. Rapidement, la police en relâcha un mais avec un arrêt de reconduite à la frontière. Cette véritable épée de Damoclès signifie pour cet homme vivre dorénavant caché, la peur au ventre en permanence. Quant aux deux autres, comble de l'ironie, ils sont placés en rétention au centre de... Mesnil-Amelot, celui-là même sur lequel ils travaillaient !

Des immigrés construisant leur propre prison ? Toute la bourgeoise en rêvait, B. Hortefeux, ministre de l'Immigration, l'a fait !

Pawel (30 août)

 

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