Naissance de la CSI : la solidarité des syndicats au service du capital

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Le 1er novembre 2006, à Vienne (Autriche), la Confédération Syndicale Internationale (CSI) a vu le jour en regroupant, en son sein, 330 syndicats en provenance de 156 pays. Cette jonction des forces syndicales dans une seule et même instance a été saluée par tous les médias comme un "grand événement de portée historique", mettant fin à une division syndicale héritée de la période de la "guerre froide".

En effet, cette CSI réunit désormais sous une même bannière les trois grands courants syndicaux d’obédience social-démocrate, chrétienne et stalinienne, c’est-à-dire les entreprises d’embrigadement idéologiques les plus massivement utilisées depuis un siècle contre la classe ouvrière

En France, les quatre principales centrales syndicales (FO, CGT, CFDT, CFTC) figurent désormais parmi les adhérentes de cette nouvelle structure. A côté de ces vieilles boutiques traditionnelles, ce bric-à-brac a également fait l’amalgame de syndicats plus récents qui ont particulièrement pullulé au cours des deux dernières décennies dans le "tiers-monde" face au développement international des luttes ouvrières : en Afrique, en Asie ou en Amérique latine (comme la CUT au Brésil ou le COSATU en Afrique du Sud). Puisque "la valeur n’attend pas le nombre des années", c’est tout naturellement que ces "jeunots" ont fait, partout, leurs preuves en tant que saboteurs acharnés du combat ouvrier.

La "création" du CSI nous est aujourd’hui présentée par l’ensemble de la presse comme l’émergence d’un organe "unifié" de luttes contre les méfaits de la "mondialisation"… Les objectifs de la CSI parlent d’eux-mêmes. Il ne s’agit évidemment nullement de développer la lutte de classes ni d’œuvrer au renversement du capitalisme mais de "changer la mondialisation afin qu’elle fonctionne en faveur des travailleuses et des travailleurs, des sans-emploi"… Sa première initiative serait "d’organiser une journée d’action mondiale afin de réclamer une action internationale immédiate pour formuler et mettre en œuvre l’agenda d’une nouvelle mondialisation". Plus langue de bois et plus creux, tu meurs! Et pour les plus "radicaux" de ces Messieurs (ardents défenseurs de ce regroupement) il s’agirait là, carrément, "d’une nouvelle Internationale". C’est en particulier le cas de l’organisation trotskiste LCR qui lui consacre une double page dans son hebdomadaire Rouge du 2 novembre : "Les internationalistes que nous sommes ne peuvent que se réjouir de ce mouvement. Travailler à l’unité de la classe ouvrière mondiale est bien la réponse appropriée à la phase actuelle du développement capitaliste." Quelle imposture ! En fait de "travail à l’unité de la classe ouvrière mondiale", tous ces syndicats sont ceux qui depuis des lustres travaillent sans relâche CONTRE LA CLASSE OUVRIERE, POUR SA DIVISION. C’est à eux que revient la tâche de faire gober aux prolétaires toutes les attaques comme tous les plans de licenciements décidés par la bourgeoisie et les gouvernements. Ce sont eux qui assument directement la gestion des organismes sociaux comme l’assurance maladie, les mutuelles, l’assurance chômage, les caisses de retraite et qui ont participé en première ligne au démantèlement de la protection sociale, au recul de l’âge de la retraite, aux attaques contre la sécurité sociale, à la baisse d’indemnisation des chômeurs, à la hausse des cotisations sociales, etc... Ce sont toujours eux qui, dans tous les pays, sabotent les luttes par la promotion qu’ils font de l’enfermement usiniste, corporatiste ou sectoriel, du particularisme, et de l’isolement en tout genre… Ils ont depuis un siècle partout la même fonction. Rouages parfaitement intégrés à l’appareil d’Etat, ils tentent d’encadrer la classe ouvrière et de dévoyer ses luttes sur le terrain de la gestion du capital. Pourquoi faire aujourd’hui une CSI, cette escroquerie qui ne peut que proposer une énième contrefaçon de la lutte de classe ? D’abord pour tenter de redorer le blason terni du syndicalisme. Enfin, et surtout, la bourgeoisie est contrainte d’organiser un contre-feu face à une remontée internationale de la lutte de classe qui s’affirme depuis trois ans. C’est parce qu’il existe et se développent au sein de la classe des besoins réels d’unité, d’extension, de solidarité, d’internationalisation que les syndicats cherchent à les reprendre à leur compte pour les dénaturer avec l’appui de toute la bourgeoisie.

La CSI est bien une internationale, mais elle est uniquement celle des syndicats contre la classe ouvrière. Un bel exemple de solidarité et d’entraide entre syndicats de tous les pays pour que chacun puisse profiter de l’expérience accumulée par les autres en matière de sabotage des luttes. "Ensemble, on est plus fort"… La bourgeoisie a toujours su mettre de côté ses dissensions pour faire front commun face au danger prolétarien.

Il faut se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, en 1980, la horde syndicale venue d’Occident accourait en Pologne afin de mettre sur pied et consolider le nouveau syndicat Solidarnosc dans le seul but d’étouffer la lutte massive que les ouvriers avaient enclenchés.

Regroupés en "Internationale" ou pas, les syndicats n’en continueront pas moins à poursuivre exactement leur sale boulot qui en font les ennemis farouches de la classe ouvrière.


W. (21 novembre)


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