La Révolution russe 1917 - 2017

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En février 1917, les masses russes renversent le régime tsariste, synonyme de tout ce qui est réactionnaire et rétrograde, et ouvrent la voie à la prise du pouvoir par les travailleurs en octobre de la même année.

Aujourd'hui, la révolution a été reléguée en toute sécurité aux livres d'histoire et aux documentaires télévisés, et c'est là que les classes dirigeantes voudraient qu'elle reste.

Mais en réalité, le problème posé en 1917 demeure le problème de notre époque. En plongeant le monde dans une guerre d'une barbarie inimaginable, la classe capitaliste démontra que sa domination n'avait rien à offrir à l'humanité que le sang et l'horreur. Les ouvriers russes ont montré la voie vers un renversement mondial du capitalisme, et ce sera leur mérite éternel.

En 1917 la question a été posée : socialisme ou barbarie ? Quand nous regardons le monde d'aujourd'hui, qui peut douter que cette question demeure la plus fondamentale de notre temps, même si ses termes ont changé ? En ce sens, l'avenir appartient encore à la révolution russe.

Le prolétariat d'aujourd'hui frappe autant les claviers que le métal. Mais c'est plus que jamais une classe internationale, associée dans un processus mondial de production. La révolution russe de 1917 appartenait au prolétariat de l'époque. La révolution mondiale à venir sera l'œuvre de ses héritiers, le prolétariat mondial de l'avenir.

Russie 1917 et la mémoire révolutionnaire de la classe ouvrière

Pour tous ceux qui considèrent encore que le dernier espoir de l'humanité est le renversement révolutionnaire du capitalisme mondial, il est impossible de saluer le début de l'année 2017 sans rappeler qu'il s'agit du 100e anniversaire de la révolution russe. Et nous savons aussi que tous ceux qui martèlent l'idée qu'il n'y a pas d'alternative à l'ordre social actuel le rappelleront à leur manière.

La révolution d'octobre 1917: La première révolution massive et consciente de l'histoire

Février 1917, le renversement du régime tsariste. La vague de lutte qui a conduit à Octobre a débuté par une protestation massive contre la misère et la barbarie de la guerre capitaliste.

Les démocrates bourgeois, forcés presque contre leur volonté de prendre le pouvoir, auraient voulu s'arrêter là. Mais c'était pour ne pas devoir prouver qu'il était impossible de satisfaire les revendications urgentes des masses - la paix, le pain et la terre - sans attaquer les causes profondes de leurs maux : le système capitaliste lui-même.

1917 : la révolution russe : les « thèses d'avril », phare de la révolution prolétarienne

Un des thèmes favoris de la propagande d'aujourd'hui contre la révolution russe est celui des bolcheviks affamés de pouvoir et ultra-disciplinés qui usurpent le pouvoir d'État aux masses démocratiques par le putsch d'octobre.

La réalité est très différente. Les bolcheviks en avril 1917 étaient dans une confusion considérable. La direction (sans Lénine qui était encore en exil à Zurich) était pour soutenir la nouvelle démocratie bourgeoise et poursuivre la guerre. La masse des militants bolcheviks se trouvait bien à gauche de la direction, en faveur de la poursuite de la révolution jusqu'à ce que les travailleurs prennent le pouvoir.

Les «Thèses d'avril» de Lénine exprimaient cette détermination de la base : "Expliquer aux masses que les Soviets des députés ouvriers sont la seule forme possible de gouvernement révolutionnaire"

« L'Etat et la Révolution » (Lénine), une vérification éclatante du marxisme

Etant donné la représentation fréquemment faite de Lénine comme un dictateur affamé de pouvoir, il est d'autant plus paradoxal qu'au cours d'une période allant d'avril à octobre, ses adversaires «socialistes» l'accusaient d'anarchisme. L'État et Révolution est la réponse de Lénine, une réflexion profonde d'un point de vue marxiste sur la nature du pouvoir dans la révolution. Lénine commença à travailler le livre en 1916 et le concrétisa en juin 1917. Dans ce travail, nous voyons la rencontre féconde de la théorie marxiste et de l'expérience pratique réelle des soviets ouvriers en Russie, d'abord en 1905 puis en 1917.

Rosa Luxembourg: les bolcheviques représentent l'honneur de la révolution

"Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions ; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies. Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de “consoler” les classes opprimées et de les mystifier ; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu, on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire. C’est sur cette façon d’“accommoder” le marxisme que se rejoignent aujourd’hui la bourgeoisie et les opportunistes du mouvement ouvrier” (Lénine, L’État et la révolution),

Il n'y a pas eu de révolutionnaire à qui ceci s'applique plus qu'à Rosa Luxemburg. Les héritiers de ses assassins - les sociaux-démocrates de tous poils - voudraient en faire une icône de la démocratie contre les bolcheviks dictatoriaux. Ce premier chapitre de son travail sur la Révolution russe est une réfutation cinglante de ces tentatives de réécriture de l'histoire. Comme elle le dit dans sa conclusion : "Tout l'honneur révolutionnaire et toute la capacité dont la social-démocratie occidentale manquait était représenté par les bolcheviks".

Février 1917 en Russie : la révolution prolétarienne en marche

90 ans après, le déclenchement de la Révolution russe en 1917 reste le mouvement des masses ex­ploitées le plus gigantesque, le plus conscient, le plus riche d'expériences, d'initiatives et de créativité que l'histoire ait ja­mais connue.

Problèmes de la période de transition

La prise de pouvoir par la classe ouvrière posa aussitôt une toute nouvelle série de problèmes : comment et par quelles mesures pratiques les ouvriers pouvaient-ils démanteler tout l'appareil du pouvoir bourgeois et améliorer la situation matérielle des travailleurs et des masses laborieuses elles-mêmes ?

Inévitablement, le nouveau pouvoir prolétarien se trouvait dans une situation contradictoire : il était confronté à une résistance totale de la classe bourgeoise vaincue, allant de l'intervention militaire au sabotage ; il était nécessaire de maintenir la production et la distribution sur une base immédiate pour nourrir la population ; et en même temps de prendre toutes les mesures possibles pour transformer toute la base de la société.

Cette question a été abordée dès le début de l'existence du CCI.