Récession mondiale: Derrière la prétendue "purge salutaire" de l'économie, la généralisation de la misère

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Avec la "crise des subprimes", la récession économique mondiale se
profile nettement. De façon simultanée, sur l'ensemble du globe, des centaines
de milliers de prolétaires sont brutalement frappés par la crise économique.
Parmi les premières victimes, les familles expulsées de leurs maisons qui ne
peuvent plus rembourser leurs prêts ou qui perdent leur emploi. En un an, aux
Etats-Unis, le taux de saisies/expulsions a doublé : 200 000 procédures de
saisies par mois au deuxième semestre 2007 accentuant le phénomène des "villes
fantômes". Ainsi, la paupérisation galopante sollicite beaucoup plus fortement
les programmes d'aide alimentaire existants (1 ). En plus, 27 000 licenciements sont programmés dans
le secteur du bâtiment, 28 000 dans le secteur de l'agro-alimentaire. Dans le
secteur automobile, 12 000 suppressions d'emploi sont envisagés pour les usines
Ford ! 74 000 "départs volontaires" sont demandés pour General
Motors. En 2006 déjà, le licenciement de 30 000 ouvriers payés à l'heure avait
montré la détermination de la direction pour "rattraper la productivité des
constructeurs asiatiques
". Le plan aujourd'hui met à exécution cette même
volonté afin "d'embaucher de nouveaux venus, payés trois fois moins :
25 dollars de l'heure au lieu de 75 dollars actuellement, prestations sociales
comprises
" (2 ). Il faut
ajouter "la grande différence avec les plans précédents" : les ouvriers
doivent "accepter de perdre leur assurance santé et leurs pensions retraite
en passant les portes de l'usine
".3  Les licenciements se multiplient
dans l'industrie manufacturière, le commerce de détail, etc. Il est clair que
l'hécatombe va suivre dans le secteur des services. Dans la finance mondiale,
26 000 licenciements sont déjà prévus, touchant des temples comme HSBC,
UBS. Citigroup prévoit entre 17 000 et 24 000 licenciements !

Aujourd'hui, ce choc frontal lié à la crise ne peut plus être
uniquement reporté à la périphérie du capitalisme, dans les pays pauvres. C'est
maintenant le cœur du système capitaliste et son prolétariat le plus concentré
au monde qui est touché. En Europe, dans un pays comme l'Allemagne, dont on
vante pourtant la performance des exportations et le dynamisme des entreprises,
les charrettes de licenciements se multiplient : à la Deutsche Telekom, 35 000
licenciements sont prévus d'ici fin 2008. Chez BMW, 8000 emplois doivent être
supprimés pour des questions de "rentabilité". Idem chez Siemens qui prévoit de
jeter à la rue 3000 employés de sa division Enterprise Network (SEN).
L'opérateur Nokia s'apprête à déménager en Roumanie avec une main d'œuvre bien
meilleur marché. Ailleurs aussi, dans le secteur des télécommunications,
l'entreprise néerlandaise KPN prévoit de supprimer 2000 postes qui s'ajouteront
aux 8000 prévus par un plan divulgué en 2005. En France, outre les 23 000
suppressions de postes programmées dans la fonction publique et les
collectivités locales, 18 000 licenciements chez Peugeot seront étalés jusqu'en
2010. Une myriade de faillites d'entreprises entraîne d'ores et déjà des
licenciements secs, en particulier pour les ouvriers les plus vulnérables que
sont les travailleurs immigrés en situation irrégulière, sans papiers, mais
"légalement" employés dans les secteurs du BTP, la restauration,
l'électronique... Ce désastre, qui n'en est qu'à ses débuts, touche tous les
autres pays en Europe et le reste du monde. Même dans ce qu'on nous présente
comme le nouvel El Dorado, la Chine, la contraction du marché mondial entraîne
de nombreuses faillites et licenciements (4 ).

Il n'y a pas d'illusions à se faire, la paupérisation s'accélère
partout ! Ce qui nous est présenté par la bourgeoisie comme des
"dégraissages" et selon certains économistes une "purge salutaire" n'est en
réalité qu'une des expressions les plus significatives de la faillite du
système capitaliste.

WH  / 23.02.2008

1)  Pour les enfants, « Kids Café » distribue
davantage de repas dans 18 comtés. Dans l'Etat de New York, les soupes
populaires connaissent une hausse de 24 % en un an.

2)  Libération du 23 février 2008.

3)  Idem.

4)  Pour s'adapter, "depuis le premier janvier 2008, la
Chine applique un nouveau droit du travail dont l'arrivée provoque depuis des
mois des licenciements massifs"
. Dans le sud de la Chine (Shenzhen), une entreprise
sur 10 est amenée à fermer dans cette mégalopole industrielle. Voir le site
Internet WWW.lagrandeepoque.com

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