solidarité avec les travailleurs de "Luz y Fuerza del Centro" au Mexique

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Nous publions ci-dessous un texte signé par 3 organisations au Mexique (Revolución Mundial-CCI au Mexique, Grupo Socialista libertario - et Proyecto Anarquista Metropolitano) sur la mise en liquidation d’une entreprise d’État et deux prises de position solidaires faites par deux groupes du Pérou à la suite de ce texte.

 

Mise en liquidation de « Luz y Fuerza del Centro » :
licenciements et attaques supplémentaires…
Il faut lutter, mais pas derrière les syndicats !

Samedi 10 octobre au soir, la Police fédérale occupait tous les centres et les postes de la LyFC1, en parallèle avec le décret de la Présidence de la république ordonnant la mise en liquidation de cette entreprise et le licenciement de près de 44 000 ouvriers qui, affirme le gouvernement, seront indemnisés « au-delà ce ce que la loi autorise». Ce coup de force a provoqué un désarroi plein de rage et de sentiment d’impuissance, c’est un coup supplémentaire porté par l’État à la classe ouvrière. Cette situation nous oblige à nous poser le problème des méthodes et des réponses que doit apporter notre classe pour manifester son unité,.

Cette attaque nous concerne tous et c’est tous unis que nous devons nous défendre !

La crise généralisée qui frappe le capitalisme mondial contraint la bourgeoisie de chaque pays à prendre des mesures de plus en plus brutales, en faisant porter les pires effets de la crise sur le dos du prolétariat. Avec toutes ces politiques de réajustement, les conditions de vie de tous les ouvriers ne font que s’aggraver : attaques sur les pensions de retraite, les salaires, les prestations sociales… C’est la seule manière que les capitalistes connaissent pour se maintenir la tête hors de l’eau, de sorte que dans tous les pays on « réforme les pensions » (autrement dit, on les baisse !), on augmente les années pour pouvoir « jouir » d’une retraite ; partout les salaires sont laminés, les journées d’exploitation sont de plus en plus insupportables et, au bout d’une vie de misère quotidienne, c’est le chômage qui nous attend.

Ce que nous voyons aujourd’hui au Mexique n’est donc pas une espèce de particularisme folklorique imputable aux erreurs du capitalisme national. L’État, représentant de la classe dominante, la bourgeoise, a pour tâche d’en défendre les intérêts, aussi bien avec des gouvernements de droite comme de gauche. Liquider la LyFC était depuis longtemps un vieux projet de la bourgeoisie, et s’il avait été retardé, c’était pour remercier les centrales syndicales, en particulier le Syndicat mexicain des électriciens (SME) qui, entre autres, rappelons-le, avait apporté son soutien à la candidature présidentielle de Carlos Salinas [en 1988], un soutien que celui-ci honora avec la reconstitution de l’entreprise.

Mais la crise a placé la bourgeoisie dans une situation sans issue, où elle ne peut plus occulter la réalité catastrophique qu’elle-même avait favorisée. À ceci, il faut ajouter la nécessité pour le capital de reformer ses syndicats et non pas de les détruire comme l’appareil de gauche du capital le prétend. Les travailleurs sont en train de connaître dans leur chair le chantage et le joug du syndicalisme pour contrôler et saboter la mobilisation qui puisse les amener vers leurs véritables aspirations. Malgré tous leurs beaux discours, dans les faits les syndicats sont les ennemis du prolétariat, dont la bourgeoisie a besoin pour mettre au pas et soumettre adroitement les exploités.

L’énorme campagne qui s’est déclenchée il y a quelques mois contre ce secteur de la classe ouvrière (les électriciens) en les montrant devant « l’opinion publique » comme des « privilégiés » des « incapables », etc. à tel point que certains travailleurs n’arrivent pas à comprendre qu’on doit lutter contre l’attaque que subissent les électriciens parce qu’aujourd’hui c’est leur tour, mais demain ce sera tous les autres.

Nous, travailleurs, ne pouvons pas cautionner les mensonges de la bourgeoise et ses acolytes : la fermeture de la LyFC n’est pas faite « pour le bien du peuple mexicain », mais il s’agit bien d’une attaque frontale contre le prolétariat comme un tout. Les nouveaux contrats (pour combien de ces 44 000 travailleurs ?) auront sans le moindre doute des conditions de travail bien pires, tandis que beaucoup d’autres ouvriers seront condamnés au chômage tout court.

La bourgeoise et son appareil politique nous assomment pour nous faire accepter le message suivant : les électriciens n’ont rien pu faire malgré la présence d’un « syndicat puissant » ; par conséquent, tous les travailleurs nous devrions nous plier devant les projets du capital et de son État et nous résigner à voir comment nos conditions de vie empirent encore... Non, le prolétariat ne peut pas abandonner la lutte contre le capitalisme ! Les attaques d’aujourd’hui ne sont que le signe avant-coureur de ce qui nous attend si on ne réagit pas en tant que clase. Il devient donc indispensable, face aux attaques qui se reproduisent sans cesse depuis quelques années, auxquelles s’ajoutent la hausse des prix et une répression de plus en plus dure (avec le renforcement de l’appareil militaro-policier), que tous les secteurs du prolétariat –ouvriers au travail et chômeurs, travailleurs déclarés et « au noir » - reconnaissent leur besoin d’unité et la réalisent. Pour y arriver il est indispensable d’identifier nos ennemis.

Syndicats, gouvernement et partis politiques : ce sont tous nos ennemis !

Pour mener à bien cette attaque sans la moindre entrave, toutes les forces de la classe dominante se sont partagé les tâches : les uns en créant une division chez les électriciens dans une lutte stérile entre fractions syndicales au moyen d’élections. Les autres ont déguisé les attaques contre les conditions de vie en les présentant comme des « attaques contre le syndicat et les libertés démocratiques » et d’autres encore ont créé une ambiance de lynchage en présentant les électriciens comme des privilégiés. Ce jeu de rôles a permis la mise en place d’une stratégie pour entraîner beaucoup d’ouvriers dans une lutte irréfléchie « pour la défense du syndicat » ou, aussi, « pour la défense de l’entreprise et de l’économie nationale », des mots d’ordre liés à la meilleure stratégie de dévoiement de la lutte pour que n’importe quel secteur du prolétariat oublie ses revendications en tant que classe exploitée.

Après le coup de force [du 10 octobre], cette campagne s’est accentuée et on a profité de la surprise pour étendre la défaite et la démoralisation. Dans cet intense matraquage, les syndicats ont joué un rôle réactionnaire de premier plan. C’est pour cela qu’essayer de lutter derrière le syndicat, c’est aller tout droit à la défaite...c’est le syndicat en lien avec les autres forces de l’État qui ont enfermé les travailleurs dans cette impasse. Ce ne sont pas les syndicats qui vont les pousser au combat, mais bien au contraire. Un exemple : maintenant le syndicat SME met en avant l’idée que tout pourrait s’arranger en livrant une bataille « légale, sur le terrain juridique devant les tribunaux de justice », en fourvoyant encore une fois les ouvriers dans la voie de l’encadrement derrière la protection bureaucratique et la défense juridique. Rappelons-nous comment la structure syndicale, face à la modification de la loi sur l’ISSSTE2, a tout fait pour créer la dispersion, pour dévoyer le mécontentement et, enfin, elle a contrecarré la mobilisation avec des arguties juridiques ! Le terrain juridique et légaliste vers lequel le syndicat cherche à enfermer le mécontentement est un terrain d’usure stérile : là, les prolétaires n’agissent pas en tant que classe, mais en tant que citoyens qui respectent et défendent « le système légal », celui-là même qui légitime leur condition de précarité et de ruine.

Le rôle des syndicats n’est pas celui de conduire l’unité et d’impulser la solidarité réelle, mais celui de nous diviser ; le fait que le gouvernement puisse aujourd’hui frapper un tel coup sur la tête des électriciens n’est pas l’éclat d’un coup de tonnerre dans un ciel d’azur, mais cela a été rendu possible grâce au travail de division et d’érosion mené par les syndicats depuis tant d’années.

La stratégie de la bourgeoise pour faire passer définitivement cette attaque est celle de dévoyer le réel mécontentement existant chez les ouvriers de l’électricité et d’empêcher que leurs frères de classe puissent exprimer leur solidarité. Pour cela, elle mettra toutes ses forces en action pour orienter toutes les ripostes vers le terrain de la défense de la nation et des syndicats, autrement dit, on voudra nous enfermer dans un combat qui ne mette pas en question le système d’exploitation capitaliste et, finalement, on nous dira qu’on peut bien exprimer notre mécontentement grâce au vote lors du prochain cirque électoral...

Lutter unis, chercher la solidarité de classe... il n’existe pas d’autre voie !

La solidarité na rien à voir avec ces pantomimes syndicales où un cacique se pointe pour proclamer son soutien à un autre hiérarque et ce n’est pas non plus un « soutien moral » factice. La véritable solidarité se fait dans et par la lutte. Aujourd’hui, comme à n’importe quel autre moment ou face à une situation semblable, le secteur des électriciens est attaqué et le reste du prolétariat doit exprimer la véritable solidarité, qui n’est autre que l’impulsion vers un combat où il n’y ait pas de distinction entre chômeurs et actifs, entre secteurs, entre régions. Pour que la véritable solidarité puisse s’exprimer, les travailleurs doivent impulser des assemblées générales ouvertes à tous les prolétaires (actifs, chômeurs et d’autres secteurs) où l’on puisse discuter largement sur la situation que nous affrontons tous et que le mécontentement se concrétise en mobilisations contrôlées par les ouvriers eux-mêmes et non pas par la structure syndicale.

Le syndicat, pour parachever le coup va chercher à isoler les électriciens de leurs frères de classe et à les enrôler dans des mobilisations comme celle qui est menée par López Obrador3. La seule chose qu’ils cherchent, c’est à encadrer les travailleurs pour éviter qu’ils ne retrouvent leurs propres moyens de lutte, en les piégeant dans le faux dilemme : entreprise d’Etat-entreprise privée ; c’est pour cela que face aux attaques qu’ils encaissent de partout, les ouvriers doivent réfléchir ensemble, en marge et contre les syndicats, pour organiser une réponse de lutte et essayer de stopper les attaques. Si nous laissons cela aux mains de syndicats et des partis politiques, nous serons condamnés, un secteur après l’autre, à la défaite. Le cri de guerre du prolétariat parcourt de nouveau le monde : « L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » et il faut rappeler que les exploités n’ont rien d’autre à perdre que leurs chaines !

Octobre 2009

Grupo Socialista libertario http://webgsl.wordpress.com/

Revolución Mundial, section au Mexique du Courant Communiste International [email protected]

Proyecto Anarquista Metropolitano http://proyectoanarquistametropolitano.blogspot.com


oOo

 

Message de soutien du Núcleo Proletario en Perú
(Noyau prolétarien du Pérou), reçu le 24 octobre 2009.


 SOLIDARITÉ DEPUIS LE PEROU AVEC LES TRAVAILLEURS AU MEXIQUE

Chers camarades de classe au Mexique,

Nous avons appris avec indignation ce qui est arrivé ce samedi dernier 10 octobre. C’est encore une preuve de la putréfaction et de la deshumanisation dans lesquelles est en train de nous entraîner le système capitaliste.

Au Mexique comme au Pérou, les conditions de vie des travailleurs sont misérables, les entreprises privées ou d’État payent des salaires minables, qui n’arrivent pas à subvenir les besoins de base pour vivre ; les licenciements sont, par contre, le pain quotidien, le chômage est une plaie qui sévit dans les grands centres urbains ; le vol, la délinquance, la prostitution sont devenus monnaie courante dans nos vies, c’est comme si on nous avait habitués, nous les travailleurs, à vivre dans un dépotoir. Les medias, aussi bien au Mexique qu’au Pérou ne servent qu’à attaquer la moindre protestation du prolétariat, quand on exige quelque « droit » que la bourgeoisie nous a promis, alors ils disent de nous qu’on est des révoltés, et quand nous luttons pour exiger ce qui nous revient vraiment parce qu’on est la classe productrice de la société, alors ils nous appellent des terroristes ; dans le meilleur de cas, la presse sert à distraire et à embrouiller les esprits des nôtres. Nous avons pu voir clairement que les medias au Mexique ont élaboré toute une campagne pour discréditer le secteur de l’électricité où travaillent beaucoup d’entre vous. Ce n’est pas un hasard si ces mêmes médias ont évidemment préparé le terrain social pour que les autres secteurs du prolétariat restent résignés et soumis au moment où la répression policière s’est déclenchée pour vous chasser des lieux que vous aviez construits, de vos lieux de travail où vous pouviez assurer vaille que vaille votre subsistance. Frères ! : nous sommes une même classe sociale, là-bas au Mexique ou ici, au Pérou, nous vous apportons notre totale solidarité dans ces moments si difficiles que vous êtes en train de vivre ; nous sommes conscients que l’emploi, le travail, est un maudit mal nécessaire ; nous sommes contre l’exploitation, autant contre celle de l’Etat que celle des patrons privés. Nous savons très bien qu’il faudra lutter pour abolir cette exploitation commune, parce qu’elle est à l’origine de la misère, de la faim et de l’avilissement dans ce monde ; mais jusqu’à ce moment, il faut travailler et, sur cette base, s’organiser pour ne pas se laisser écraser et manipuler par des « leaders » qui se pointent en se prétendant être vos représentants. Ici, au Pérou, beaucoup d’ouvriers, de professeurs, d’étudiants, de chômeurs…ont vécu dans leur chair la tromperie toujours maniée par les syndicats : il est vrai que nous sommes très jeunes et peut-être certains d’entre vous nous diront qu’il existe des syndicats de classe qui luttent véritablement pour vos droits ; eh bien camarades, pour une fois nous vous demandons de faire confiance à la jeunesse, parce que cette jeunesse ne fait confiance qu’à vous-mêmes, à votre force, à votre solidarité et votre unité ; nous sommes avec vous et non pas avec le syndicat, ni avec un quelconque prétendu leader de gauche ou de droite ; nous espérons que vous vous organiserez en tant que travailleurs, que vous débattrez, que vous discuterez, que vous convoquerez des assemblées avec tous les secteurs prolétariens et que vous déciderez vous-mêmes que faire de votre futur. L’isolement serait le poison contre votre lutte ; il faut qu’elle se généralise vers tous les autres secteurs prolétariens ; il ne faut pas que vous ayez peur de demander aux autres camarades qu’ils rejoignent votre cause, qui est la même que la leur. C’est seulement ainsi que la grève, les arrêts de travail ou les manifestations de rues ou tout ce que vous paraîtra efficace, pourront atteindre leur objectif.

Nous vous demandons de nous écouter parce que nous avons vécu les mêmes problèmes que vous et non pas seulement dans le secteur de l’électricité, mais dans tous les secteurs de l’économie. Pour nous c’est clair que le problème n’est pas que celui de la branche de l’électricité, le problème n’est pas que mexicain, il n’est pas que latino-américain ; le problème n’est pas le gouvernement, ni les USA…, le problème c’est le système d’exploitation. Le capitalisme est un système inhumain par nature, ses lois et son État légalisent l’exploitation, les licenciements et le chômage, légalisent les syndicats pour vous tromper, pour que vous vous bagarriez pour la défense deleurs intérêts, qui ne sont autres que les intérêts de la bourgeoisie de réaliser ses profit sur nos vies.

Nous savons que beaucoup d’entre vous ont une famille, des enfants à nourrir, que vous ne voulez évidemment pas vous retrouver sans emploi, que certains voudraient rendre les armes…, mais nous, fils de la classe prolétarienne, qui voyons reflétée chez vous l’image de nos parents et de nos grands frères, nous vous demandons de continuer à lutter, de nous apprendre, de nous éduquer en défendant ce qui vous revient de droit, en ne vous laissant pas marcher dessus par une poignée de bourgeois, par un groupe d’entrepreneurs imbus de vanité et pleins d’argent, eux qui n’ont jamais travaillé. Nous vous demandons, camarades, de continuer la lutte, de vous solidariser, de vous unir jusqu’à exiger le rétablissement des emplois, de mener la lutte contre ceux qui, jour après jour, font que ce monde soit ce qu’il est. Un monde de misère et de pauvreté sur la terre, dans les airs et dans les eaux.

Nous espérons que vous obtiendrez une victoire à cette occasion, nous sommes des milliers d’ouvriers pour un bourgeois, la police voudra freiner votre courage et votre solidarité, de même que les syndicats qui, eux, défendent une patrie qui ne leur appartient pas davantage qu’à vous, défendent des hommes qui les exploitent, défendent ce système vieux et pourri, alors que vous, nos frères, vous défendez la vie, une nouvelle société, un nouvel avenir ; un avenir qui devient chaque jour de plus en plus possible dans l’union serrée de vos poings.

Depuis le Pérou, nous sommes un groupe de jeunes prolétaires, de professeurs, d’ouvriers, de lycéens et d’étudiants et nous vous envoyons notre fraternel salut de classe, nous nous retrouvons avec vous dans votre haine du capital, nous nous joignons à vous dans votre indignation contre les licenciements massifs que vous avez subis et les tâches épuisantes que vous devez subir jour après jour pour ramener du pain sur la table de votre foyer. Nous sommes solidaires avec les luttes que vous menez et que, nous le savons, vous allez continuer à mener. Ne vous rendez pas camarades ! Unissez-vous !, c’est là que réside la force dont vous avez besoin et si elle vous manque, nous sommes là, nous, vos frères prolétariens qui ferons ce qui est dans notre pouvoir pour mener des actions ici et maintenant. Il faut que les grandes masses des exploités se prononcent avec des faits et des mots contre la menace de l’État bourgeois mexicain qui est la même que nous pouvons subir ici au Pérou ou ailleurs dans le monde. Votre douleur est la notre, vos larmes contre l’injustice sont les mêmes que les nôtres, vos poings et votre courage sont les nôtres. D’ici nous vous demandons d’organiser des assemblées générales ouvertes, des débats, des discussions entre vous pour pouvoir vous organiser et affronter les exploiteurs.

Enfin, nous sommes conscients du fait que gagner cette bataille sera un grand succès pour vous, mais une fois l’objectif atteint, il ne faudrait pas s’en contenter, il ne faut pas se contenter de pouvoir retourner au travail. On doit aller plus loin, voir le problème de fond, considérer que le problème est et sera toujours le système capitaliste, et non pas un quelconque Président ou une nouvelle politique. C’est pour cela que nous avons aucune confiance ni dans le Parti nationaliste d’Ollanta au Pérou, ni dans Chavez, ni dans Evo Morales, ni dans le PRI, ni dans le PRD4, ni dans aucun de tous ces partis de gauche de la bourgeoise, quel que soit le radicalisme avec lequel ils se présentent. Nous ne faisons confiance qu’au Parti des travailleurs, le véritable parti du prolétariat qui ne lutte pas seulement contre l’exploitation, les abus et l’oppression du système, mais qui lutte aussi pour la destruction de ce système : nous voulons parler du Parti communiste, le seul qui nous appartient dont la formation est la tâche du moment au niveau mondial, parce que justement c’est dans le monde entier que l’exploitation existe et c’est le rôle du Parti communiste de lutter pour l’abolir et la détruire. Le pouvoir de décider que faire avec la production, que faire du travail que chacun réalise, doit appartenir au producteur, au prolétariat et à personne d’autre.

Camarades : organisation, solidarité et lutte autonome de notre classe avant tout, c’est là que réside notre espoir dans notre lutte contre le capital et sa clique de suiveurs. Stop aux abus, stop à l’humiliation ! La lutte est la seule voie, non pas pour reformer le système, non pas seulement pour obtenir une quelconque revendication nécessaire, mais une lutte pour abolir ce système, parce que tout va continuer toujours pareil, et nos enfants devront continuer à lutter pour ne pas être licenciés par les bourgeois. Allons, camarades, vers la nouvelle société que nous seuls pouvons construire, tous unis vers la révolution prolétarienne mondiale.

A bas les groupes réformistes sociaux-démocrates !

A bas les syndicats qui négocient la vie des travailleurs !

Vive la lutte du prolétariat international !

Prolétaires mexicains, péruviens et du monde entier unis contre le capital

Seule l’union mondiale de classe pourra libérer l’humanité de la misère !

En avant pour la lutte, camarades !


Núcleo Proletario en Perú (Noyau prolétarien du Pérou)

[email protected]


oOo

 

Le texte ci-dessous est arrivé à notre e-mail le 30 octobre 2009, rédigé par les camarades d’un autre groupe du Pérou, le Grupo de Lucha Proletaria (Groupe de Lutte Prolétarienne),


L’ÉTAT MEXICAIN ATTAQUE LES TRAVAILLEURS DE « LUZ Y FUERZA »

 

L’État bourgeois chaque fois qu’il veut vendre, privatiser ou déclarer en faillite une entreprise d’État, met toujours en avant des arguments tels que : « c’était une entreprise qui perdait de l’argent », « qui n’était pas rentable », qui « était une charge pour l’État », …enfin toute une série de mensonges mis en avant aussi cette fois-ci par la bourgeoisie du moment, la mexicaine. Beaucoup des spécialistes mexicains ont, cependant, dit le contraire (Voir TV Azteca 22/10/09), d’autres ont confirmé les arguments mentionnés, comme quoi l’entreprise électrique Luz y Fuerza était un boulet de pertes pour l’État.

Ce qui est certain c’est que tous les désavantages tomberont sur le dos ouvriers, sous la forme du chômage. Plus de 44 000 postes de travail vont disparaître avec la mise en liquidation de l’entreprise « Eléctrica Luz y Fuerza ».  Tous les travailleurs sont menacés par cette plaie du chômage, la seule chose qu’aujourd’hui peut garantir le capitalisme. En effet, le capitalisme, dans cette dernière crise, a déjà condamné des milliers d’ouvriers, partout dans le monde, à la faim, à la misère et au chômage. Et c’est maintenant le tour de la bourgeoisie et de l’État mexicain, mis sous la pression de la crise mondiale, de prendre des mesures de réajustement et de réduction de personnel. Mais c’est loin d’être un fait isolé : la même chose arrive au Pérou et ailleurs dans le monde. C’est un raz de marée, une attaque massive et dirigée contre le prolétariat au niveau mondial, qui rend encore pires et plus précaires les conditions de travail et de vie de ce dernier. Toutes les bourgeoisies du monde le savent bien, elles savent qu’il leur faut agir en faisant appliquer ces mesures, si elles veulent sortir la tête de l’eau dans cette crise brutale. Et la seule manière est celle qui consiste à frapper encore et encore sur les conditions de vie des ouvriers du monde entier.

Ce qui apparaît certain, c’est que le capitalisme ne peut plus rien garantir à l’humanité. Et ce que l’État capitaliste mexicain est en train de faire contre les travailleurs de « Luz y Fuerza » le montre très bien.

Ce que les ouvriers ne doivent jamais oublier c’est que les politiciens et les syndicats ne sont pas une solution mais une partie du problème, ce sont eux qui se chargent de la continuité du système d’exploitation capitaliste ; leurs appels à la défense de la paix sociale, de la démocratie, de la patrie et de l’ordre ne sont pas les nôtres. Ils ne feront jamais quoi que ce soit pour nous aider, ils sont là pour que les instructions de la classe dominante se réalisent. La lutte des ouvriers n’a de l’avenir qu’en dehors des syndicats et tout autre opportunisme politique. Le prolétariat doit s’organiser et maintenir son unité de classe pour essayer de dépasser ce moment qu’il est en train de vivre au Mexique.

Ce que les travailleurs du Mexique et d’ailleurs doivent bien avoir en tête, c’est que ces attaques contre leurs conditions de vie vont continuer, de plus en plus rapprochés et intenses jusqu’à ce que la situation devienne insoutenable. La classe ouvrière devra comprendre qu’elle possède des armes pour lutter contre cette situation à laquelle le capitalisme l’entraine aujourd’hui ; ces armes sont sa solidarité de classe, sa confiance en elle-même et ses luttes au niveau local et mondial.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

GLP (24/10/2009)

 

1 Luz y Fuerza del Centro (LyFC): entreprise publique de distribution d’électricité opérant surtout dans la capitale mexicaine. L’Etat mexicain l’a mise en liquidation à la suite de grosses pertes, le 11 octobre 2009 en faisant occuper par sa police tous les locaux le 10 octobre.

2 Sécurité sociale pour les travailleurs de l’État

3 Candidat de la gauche lors des dernières élections présidentielles au Mexique (2006), dénoncées comme ayant été truquées, ce qui a lancé ce candidat dans une campagne de « désobéissance civile » contre le gouvernement.

4 Ollanta est le dirigeant de ce parti ultranationaliste de gauche au Pérou. Le PRI est le parti « révolutionnaire » qui a gouverné le Mexique pendant 70 ans, le PRD, qui est une ancienne scission du PRI, est aujourd’hui le parti de la gauche mexicaine.