Les racines marxistes de la notion de décomposition

Afficher une version adaptée à l'édition sur imprimanteEnvoyer cet article par mail

Dans les "Thèses sur la décomposition" (publiées pour la première fois dans la Revue internationale n° 62 et republiées dans la Revue internationale n° 107), de même que dans l'article "La décomposition du capitalisme" (publié dans la Revue internationale n° 57), nous avons mis en évidence que le capitalisme était entré dans une nouvelle et ultime phase de sa décadence, celle de sa décomposition, caractérisée par l'aggravation et la culmination de toutes les contradictions du système. Malheureusement, cet effort de la part de notre organisation pour analyser cette évolution importante dans la vie du capitalisme, soit n'a fait que susciter l'indifférence de la part de certains groupes de la Gauche communiste, soit a rencontré une complète incompréhension, quand ce n'est pas des accusations de tout acabit comme celle d'abandonner le marxisme. L'attitude la plus caricaturale est probablement celle du Parti communiste international (PCI, qui publie Le Prolétaire et Il Comunista). C'est ainsi que dans une brochure publiée récemment, "Le Courant communiste international : à contre-courant du marxisme et de la lutte de classe", cette organisation évoque notre analyse sur la décomposition en ces termes : "Nous ne ferons pas non plus ici la critique en règle de cette fumeuse théorie, nous contentant de signaler ses trouvailles les plus en rupture avec le marxisme et le matérialisme". Et c'est tout ce que le PCI trouve à dire sur notre analyse alors que par ailleurs il consacre 70 pages à polémiquer avec notre organisation. C'est pourtant une responsabilité de premier ordre, pour une organisation qui prétend défendre des intérêts historiques de la classe ouvrière, que de s'investir dans un effort de réflexion théorique en vue de clarifier les conditions de son combat et de critiquer les analyses de la société qu'elle juge erronées, notamment lorsque celles-ci sont défendues par d'autres organisations révolutionnaires (1). En effet, le prolétariat et ses minorités d'avant-garde ont besoin d'un cadre global de compréhension de la situation. A défaut de quoi, ils sont condamnés à ne pouvoir donner que des réponses au coup par coup et empiriques aux événements, à être ballottés par leur succession. Pour sa part, la Communist Workers' Organisation (CWO), branche britannique du Bureau international pour le Parti révolutionnaire (BIPR) a abordé dans trois articles de ses publications (2) notre analyse sur la décomposition du capitalisme. Nous reviendrons ultérieurement sur les arguments précis mis en avant par la CWO. Notons pour le moment que la critique principale qui est faite dans ses textes à notre analyse sur la décomposition est tout simplement qu'elle se situe en dehors du marxisme.

Face à ce type de jugement (que la CWO n'est pas la seule organisation à porter), nous estimons nécessaire de mettre en évidence les racines marxistes de la notion de décomposition du capitalisme et d'en préciser et développer différents aspects et implications. C'est la raison pour laquelle nous entreprenons la rédaction d'une série d'articles intitulée "Comprendre la Décomposition" qui se situe dans la continuité de celle que nous avions réalisée il y a quelques années intitulée "Comprendre la décadence du capitalisme" (3), parce qu'en dernière instance la décomposition constitue un phénomène de la décadence, qui ne peut pas être compris en dehors d'elle.

La décomposition, phénomène de la décadence capitaliste

La méthode marxiste fournit un cadre, à la fois matérialiste et historique, permettant de caractériser les différents moments de la vie du capitalisme, tant dans sa période d'ascendance que dans celle de sa décadence. "En fait, de même que le capitalisme connaît différentes périodes dans son parcours historique -naissance, ascendance, décadence-, chacune de ces périodes contient elle aussi un certain nombre de phases distinctes et différentes. Par exemple, la période d'ascendance comporte les phases successives du libre marché, de la société par actions, du monopole, du capital financier, des conquêtes coloniales, de l'établissement du marché mondial. De même, la période de décadence a aussi son histoire : impérialisme, guerres mondiales, capitalisme d'Etat, crise permanente et, aujourd'hui, décomposition. Il s'agit là de différentes manifestations successives de la vie du capitalisme dont chacune permet de caractériser une phase particulière de celle-ci, même si ces manifestations pouvaient déjà exister auparavant ou ont pu se maintenir lors de l'entrée dans une nouvelle phase" (4). Ainsi l'illustration la plus connue de ce phénomène concerne sans doute l'impérialisme qui, "à proprement parler débute après les années 1870, lorsque le capitalisme mondial arrive à une nouvelle configuration significative : la période où la constitution des Etats nationaux d'Europe et d'Amérique du Nord est achevée et, où, au lieu d'une Grande-Bretagne "usine du monde", nous avons plusieurs "usines" capitalistes nationales développées en concurrence pour la domination du marché mondial -en concurrence non seulement pour l'obtention des marchés intérieurs des autres mais aussi pour le marché colonial" ("Sur l'impérialisme", Revue internationale n° 19). Cependant, l'impérialisme n'acquiert "une place prépondérante dans la société, dans la politique des Etats et dans les rapports internationaux qu'avec l'entrée du capitalisme dans sa période de décadence au point d'imprimer sa marque à la première phase de celle-ci, ce qui a pu conduire les révolutionnaires de cette époque à l'identifier avec la décadence elle-même" (5).

De même, la période de décadence du capitalisme comporte, dès son origine, des éléments de décomposition caractérisés par la dislocation du corps social, le pourrissement de ses structures économiques, politiques et idéologiques. Néanmoins, ce n'est qu'à un certain stade de cette décadence et dans des circonstances bien déterminées que la décomposition devient un facteur, sinon le facteur décisif de l'évolution de la société ouvrant ainsi une phase spécifique, celle de la décomposition de la société. Cette phase est l'aboutissement des phases qui l'ont précédée en se succédant au sein de la décadence comme en atteste l'histoire même de cette période. Le premier congrès de l'Internationale communiste (mars 1919) a mis en évidence que le capitalisme était entré dans une nouvelle époque, celle de son déclin historique et il a identifié dans celle-ci les germes de la décomposition intérieure du système : "Une nouvelle époque est née : l'époque de désagrégation du capitalisme, de son effondrement intérieur. L'époque de la révolution communiste du prolétariat." (Plate-forme de l'IC). Pour l'humanité entière est posée la menace de sa destruction si le capitalisme survit à l'épreuve de la révolution prolétarienne : "L'humanité, dont toute la culture a été dévastée, est menacée de destruction (�) L'ancien "ordre" capitaliste n'est plus. Il ne peut plus exister. Le résultat final des procédés capitalistes de production est le chaos." (Ibid) "Maintenant ce n'est pas seulement la paupérisation sociale, mais un appauvrissement physiologique, biologique, qui se présente à nous dans toute sa réalité hideuse." (Manifeste de l'IC aux prolétaires du monde entier). Cette nouvelle époque porte la marque, sur le plan de la vie de la société, de cet événement historique qui l'a ouverte, la Première Guerre mondiale : "Si la libre concurrence, comme régulateur de la production et de la répartition, fut remplacée dans les champs principaux de l'économie par le système des trusts et des monopoles, plusieurs dizaines d'années avant la guerre, le cours même de la guerre a arraché le rôle régulateur et directeur aux groupements économiques pour le transmettre directement au pouvoir militaire et gouvernemental." (Ibid). Ce qui est décrit ici ne constitue pas un phénomène conjoncturel, lié au caractère prétendument exceptionnel de la situation de guerre, mais bien une tendance permanente et dominante irréversible : "Si l'absolue sujétion du pouvoir politique au capital financier a conduit l'humanité à la boucherie impérialiste, cette boucherie a permis au capital financier non seulement de militariser jusqu'au bout l'Etat, mais de se militariser lui-même, de sorte qu'il ne peut plus remplir ses fonctions économiques essentielles que par le fer et par le sang (�) L'étatisation de la vie économique, contre laquelle protestait tant le libéralisme capitaliste, est un fait accompli. Revenir, non point à la libre concurrence, mais seulement à la domination des trusts, syndicats et autres pieuvres capitalistes, est désormais impossible. La question est uniquement de savoir quel sera désormais celui qui prendra la production étatisée : l'Etat impérialiste ou l'Etat du prolétariat victorieux." (Ibid).

Les huit décennies suivantes n'ont fait que confirmer ce tournant décisif dans la vie de la société : le développement massif du capitalisme d'Etat et de l'économie de guerre après la crise de 1929 ; la Seconde Guerre mondiale ; la reconstruction et le début d'une course nucléaire démente ; la Guerre "froide" qui a fait autant de morts que les deux guerres mondiales ; et, à partir de 1967, qui correspond à la fin de la reconstruction d'après-guerre, l'effondrement progressif de l'économie mondiale dans une crise qui dure maintenant depuis plus de 30 années accompagnée d'une spirale sans fin de convulsions guerrières. Un monde, en somme, qui n'offre d'autre perspective qu'une agonie interminable faite de destructions, de misère et de barbarie. Une telle évolution historique ne peut que favoriser la décomposition du mode de production capitaliste sur tous les plans de la vie sociale : l'économie, la vie politique, la morale, la culture, etc. C'est ce qu'ont illustré, d'un côté, la folie irrationnelle et la sauvagerie du nazisme avec ses camps d'extermination et du stalinisme avec ses goulags ; de l'autre le cynisme et l'hypocrisie morale de leurs adversaires démocratiques avec leurs bombardements meurtriers responsables de centaines de milliers de victimes parmi la population d'Allemagne (dans la ville de Dresde notamment) ou du Japon (particulièrement les deux bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki), ces deux pays étant pourtant à ce moment là déjà vaincus. En 1947, la Gauche communiste de France met en évidence que les tendances à la décomposition s'exprimant au sein du capitalisme sont le produit de ses contradictions insurmontables : "La bourgeoisie, elle, se trouve devant sa propre décomposition et ses manifestations. Chaque solution qu'elle tente d'apporter précipite le choc des contradictions (�) elle pallie au moindre mal, elle replâtre ici, et là bouche une voie d'eau, tout en sachant que la trombe ne gagne que plus de force" (Internationalisme nº 23, "Instabilité et décadence capitaliste").

La décomposition, phase terminale de la décadence du capitalisme

Les contradictions et manifestations de la décadence du capitalisme qui, successivement, marquent les différents moments de cette décadence, ne disparaissent pas avec le temps, mais se maintiennent. La phase de décomposition qui s'ouvre dans les années 80 apparaît alors "comme celle résultant de l'accumulation de toutes ces caractéristiques d'un système moribond, celle qui parachève et chapeaute trois quarts de siècle d'agonie d'un mode de production condamné par l'histoire". Concrètement, "non seulement la nature impérialiste de tous les Etats, la menace de guerre mondiale, l'absorption de la société civile par le Moloch étatique, la crise permanente de l'économie capitaliste, se maintiennent dans la phase de décomposition, mais cette dernière se présente encore comme la conséquence ultime, la synthèse achevée, de tous ces éléments"(6). Ainsi, l'ouverture de la phase de décomposition (la Décomposition (7)) ne se produit pas comme un éclair dans un ciel d'azur, mais est la cristallisation d'un processus latent à l'oeuvre dans les étapes précédentes de la décadence du capitalisme, lequel devient, à un moment donné, le facteur central de la situation. Ainsi, les éléments de décomposition qui, comme on l'a vu, ont accompagné toute la décadence du capitalisme, ne peuvent pas être mis sur le même plan, quantitativement et qualitativement, que ceux se manifestant à partir des années 1980. La Décomposition n'est pas simplement une "nouvelle phase" succédant à d'autres au sein de la période de décadence (impérialisme, guerres mondiales, capitalisme d'Etat) mais la phase terminale du système. Ce phénomène de décomposition généralisée, de pourrissement sur pied de la société est causé par le fait que les contradictions du capitalisme ne faisant que s'aggraver, la bourgeoisie est incapable d'offrir la moindre perspective à l'ensemble de la société et le prolétariat n'est pas non plus en mesure d'affirmer de façon immédiate la sienne propre. Dans les sociétés de classe, les individus agissent et travaillent sans contrôler réellement et consciemment leur propre vie. Mais cela ne signifie pas pour autant que la société puisse fonctionner de façon totalement aveugle, sans orientation ni perspective. En effet, "aucun mode de production ne peut vivre, se développer, se maintenir sur des bases viables, assurer la cohésion sociale, s'il n'est pas capable de présenter une perspective à l'ensemble de la société qu'il domine. Et c'est particulièrement vrai pour le capitalisme en tant que mode de production le plus dynamique de l'histoire" (8). Cette tendance croissante à une absence de boussole pour guider la marche de la société constitue une différence importante entre la phase actuelle de décomposition du capitalisme et la période de la Seconde Guerre mondiale.

La seconde grande guerre constitua une manifestation terrifiante de la barbarie du système capitaliste. Mais barbarie n'est pas synonyme de décomposition. Au c�ur de la barbarie de la Seconde Guerre mondiale, la société n'était pas dépourvue "d'orientation" puisqu'il existait cette capacité des Etats capitalistes à encadrer avec une main de fer toute la société et à la mobiliser pour la guerre. Sur ce plan, la période de la Guerre froide possède des caractéristiques semblables : toute la vie sociale y est encadrée par les Etats engagés dans un bras de fer sanglant entre les deux blocs. La société s'enfonçait alors dans une barbarie "organisée". Par contre, ce qui change depuis l'ouverture de la phase de décomposition, c'est que la barbarie "organisée" est remplacée par une barbarie anarchique et chaotique où dominent le chacun pour soi, l'instabilité des alliances, la gangstérisation des rapports internationaux�

La Décomposition et la lutte de classe

Pour le marxisme, "les rapports sociaux de production changent et se transforment avec l'évolution et le développement des moyens matériels de production, des forces productrices. Les rapports de production, pris dans leur totalité, constituent ce que l'on nomme les rapports sociaux, et notamment une société parvenue à un stade d'évolution historique déterminé, une société particulière et bien caractérisée. La société antique, la société féodale, la société bourgeoise sont de tels ensembles de rapports de production, dont chacun désigne un stade particulier de l'évolution historique de l'humanité" (Marx, Travail salarié et capital). Mais également, ces rapports de production constituent le cadre au sein duquel s'exerce le moteur de leur évolution et de celui de l'humanité, la lutte de classe : "Le mode de production et d'échange économique qui domine à une époque, et l'organisation sociale qui en dérive nécessairement, constituent la base sur laquelle s'édifie l'histoire politique et intellectuelle de l'époque ; seule elle permet d'expliquer cette histoire ; par conséquent, toute l'histoire de l'humanité (depuis la dissolution de la société tribale primitive, qui possédait les terres en commun) a été l'histoire de la lutte entre les classes, entre exploiteurs et exploités, entre classes dominantes et classes opprimées ; l'histoire de cette lutte de classe représente une série d'évolutions�" (F. Engels, Préface à la réédition allemande du Manifeste de 1890)

Les liens entre, d'une part, les rapports de production et le développement des forces productives et, d'autre part, la lutte de classe n'ont jamais été conçus par le marxisme d'une manière simple et mécanique : les premiers étant déterminants et la seconde déterminée. Sur cette question, en réponse à l'Opposition de Gauche, Bilan mettait en garde contre l'interprétation matérialiste vulgaire du fait que "toute l'évolution de l'histoire peut être ramenée à la loi de l'évolution des forces productives et économiques", élément nouveau du marxisme par rapport à toutes les théories historiques qui l'ont précédé et pleinement confirmé par l'évolution de la société capitaliste. Pour une telle interprétation matérialiste vulgaire, "le mécanisme productif représente non seulement la source de la formation de classes mais il détermine automatiquement l'action et la politique des classes et des hommes les constituant ; ainsi, le problème des luttes sociales serait singulièrement simplifié ; hommes et classes ne seraient que des marionnettes actionnées par des forces économiques." ("Les principes, armes de la révolution", Bilan nº 5). Les classes sociales n'agissent pas selon un scénario fixé à l'avance par l'évolution économique. Bilan ajoute que "l'action des classes n'est possible qu'en fonction d'une intelligence historique du rôle et des moyens appropriés à leur triomphe. Les classes doivent au mécanisme économique, et leur naissance, et leur disparition, mais, pour triompher (�) [elles] doivent pouvoir se donner une configuration politique et organique, à défaut de quoi, bien qu'élues par l'évolution des forces productives, elles risquent de rester longtemps les prisonnières de la classe ancienne qui, à son tour -pour résister- emprisonnera le cours de l'évolution économique" (ibid.) (9). A ce stade, deux conclusions très importantes doivent être tirées. Premièrement, tout en étant déterminant, le mécanisme économique est aussi déterminé parce que la résistance de l'ancienne classe -condamnée par l'histoire- emprisonne le cours de son évolution. L'humanité a aujourd'hui derrière elle presque un siècle de décadence du capitalisme, ce qui constitue une illustration de cette réalité. Afin d'éviter des effondrements brutaux et de pouvoir assumer les contraintes de l'économie de guerre, le capitalisme d'Etat a triché de façon permanente avec la loi de la valeur (10) tout en enfermant l'économie dans des contradictions de plus en plus insurmontables.

Loin de pouvoir résoudre les contradictions du système capitaliste, une telle fuite en avant n'a eu pour autre conséquence que de les aggraver de façon considérable. Suivant Bilan, elle a emprisonné le cours de l'évolution historique dans un n�ud gordien fait de contradictions insurmontables. En deuxième lieu, la classe révolutionnaire, tout en étant investie par l'histoire de la mission de renverser le capitalisme, n'a pu jusqu'à présent accomplir cette mission historique. La longue période des trente dernières années constitue une confirmation lumineuse de cette analyse de Bilan qui se situe dans la lignée de toutes les positions du marxisme : si le resurgissement historique du prolétariat en 1968 a réussi à entraver la capacité de la bourgeoisie à entraîner la société vers la guerre généralisée, il n'a pas pour autant réussi à orienter ses luttes défensives vers un combat offensif pour la destruction du capitalisme. Cet échec, qui est le résultat d'une série de facteurs généraux et historiques que nous ne pouvons analyser ici (11), a été déterminant dans l'entrée du capitalisme dans sa phase de décomposition. Par ailleurs, si la Décomposition est le résultat des difficultés du prolétariat, elle contribue également activement, en retour, à l'aggravation de celles-ci : "les effets de la décomposition ont un impact profondément négatif sur la conscience du prolétariat, sur son sens de lui-même comme classe, puisque dans tous ses différents aspects - la mentalité de gang, le racisme, la criminalité, la drogue, etc. - ils servent à atomiser la classe, à accroître les divisions en son sein, et à la dissoudre dans une foire d'empoigne sociale généralisée" (12). En effet : - les classes intermédiaires comme la petite bourgeoisie, ou encore le lumpen, tendent sous la Décomposition à avoir un comportement de plus en plus attaché aux pires aberrations du capitalisme ou même à d'autres systèmes l'ayant précédé. Leurs révoltes sans espoir ni futur peuvent contaminer le prolétariat ou entraîner avec elles des secteurs de celui-ci ; - l'atmosphère générale de décomposition morale et idéologique affecte les capacités de prise de conscience, d'unité, de confiance et de solidarité du prolétariat : "La classe ouvrière n'est pas séparée de la vieille société bourgeoisie par une muraille de Chine. Lorsque la révolution éclate, les choses ne se passent pas comme à la mort d'un homme, où l'on emporte et enterre son cadavre. Au moment où la vieille société périt, on ne peut pas clouer ses restes dans une bière et les mettre dans la tombe. Elle se décompose au milieu de nous, elle pourrit et sa pourriture nous gagne nous-mêmes. Aucune grande révolution au monde ne s'est accomplie autrement et il ne peut jamais en être autrement. C'est justement ce que nous devons combattre pour sauvegarder les germes du nouveau [monde] au milieu de cette atmosphère empestée des miasmes du cadavre en décomposition" (13). - la bourgeoisie peut utiliser les effets de la décomposition contre le prolétariat. Cela a été le cas en particulier lors de l'effondrement, sans guerre ni révolution, de l'ancien bloc soviétique, manifestation majeure et typique de la Décomposition, qui a permis à la bourgeoisie de déchaîner une énorme campagne anti-communiste dont il a résulté un recul important de la conscience et de la combativité dans les rangs prolétariens. Tous les effets de ces campagnes sont encore loin, aujourd'hui encore, d'avoir été surmontés.

Marxisme contre fatalisme

Le passage d'un mode de production à un autre mode de production supérieur n'est pas le produit fatal de l'évolution des forces productives. Ce passage ne peut s'effectuer qu'au moyen d'une révolution qui est le produit de la capacité de la nouvelle classe dominante à renverser l'ancienne et à construire les nouveaux rapports de production. Le marxisme défend le déterminisme historique mais cela ne signifie pas que le communisme serait le résultat inévitable et inéluctable de l'évolution du capitalisme. Une telle vision constitue une déformation matérialiste vulgaire du marxisme. En effet, pour le marxisme, le déterminisme historique signifie que : 1. Une révolution n'est possible que lorsque le mode de production précédent a épuisé toutes ses capacités à développer les forces productives : "Jamais une société n'expire, avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir ; jamais des rapports supérieurs de production ne se mettent en place, avant que les conditions matérielles de leur existence ne soient écloses dans le sein même de la vieille société." (Marx, Avant-propos de la Contribution à la critique de l'économie politique). 2. Le capitalisme ne peut pas revenir en arrière (vers le féodalisme ou d'autres modes de production précapitalistes) : soit il est remplacé à travers la révolution prolétarienne, soit il entraîne l'humanité dans sa destruction. 3. Le capitalisme constitue la dernière société de classes. La "théorie" défendue par le groupe "Socialisme ou Barbarie" ou par certaines scissions du trotskisme (14), annonçant l'avènement d'une "troisième société" ni capitaliste ni communiste, est une aberration du point de vue du marxisme qui souligne avec force que "les rapports de production bourgeois sont la dernière forme antagonique du processus social de production (�) Avec ce système social, c'est donc la préhistoire de la société humaine qui se clôt." (Ibid.) Le marxisme a toujours posé en termes d'alternative le dénouement de l'évolution historique : soit la classe révolutionnaire s'impose et ouvre la voie vers le nouveau mode de production, soit la société tombe dans l'anarchie et la barbarie. Le Manifeste communiste montre comment la lutte de classe s'est manifestée à travers "une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte". "Contre toutes les erreurs idéalistes qui essayaient de séparer le prolétariat du communisme, Marx a défini ce dernier comme l'expression de "son mouvement réel" et a insisté sur le fait que les ouvriers "n'ont pas d'idéal à réaliser, mais à libérer les éléments de la nouvelle société dont la vieille société bourgeoise qui s'effondre est elle-même enceinte." (La guerre civile en France)" (15). La lutte de classe du prolétariat n'est pas "l'instrument" d'un "destin historique" (la réalisation du communisme). Dans l'Idéologie Allemande, Marx et Engels critiquent fortement un telle vision : "L'histoire n'est pas autre chose que la succession des différentes générations dont chacune exploite les matériaux, les capitaux, les forces productives qui lui sont transmis par toutes les générations précédentes ; de ce fait, chaque génération continue donc, d'une part le mode d'activité qui lui est transmis, mais dans des circonstances radicalement transformées et d'autre part elle modifie les anciennes circonstances en se livrant à une activité radicalement différente ; ces faits on arrive à les dénaturer par la spéculation en faisant de l'histoire récente le but de l'histoire antérieure ; c'est ainsi par exemple qu'on prête à la découverte de l'Amérique cette fin : aider la Révolution française à éclater." Ainsi, appliquée à l'analyse de la phase actuelle de l'évolution du capitalisme, la méthode marxiste permet de comprendre que, malgré son existence bien réelle, la Décomposition ne constitue pas un phénomène "rationnel" dans l'évolution historique. La Décomposition n'est en rien un maillon nécessaire dans la chaîne conduisant au communisme.
Au contraire, elle contient le danger d'une érosion progressive des bases matérielles de celui-ci. D'abord parce que la Décomposition signifie un lent processus d'anéantissement des forces productives jusqu'à un point où la construction du communisme devient désormais impossible : "On ne peut pas soutenir, comme le font les anarchistes par exemple, qu'une perspective socialiste resterait ouverte quand bien même les forces productives seraient en régression, en écartant toute considération relative à leur niveau. Le capitalisme représente une étape indispensable et nécessaire à l'instauration du socialisme dans la mesure où il parvient à en développer suffisamment les conditions objectives. Mais, de même qu'au stade actuel - et c'est l'objet de la présente étude - il devient un frein au développement des forces productives, de même la prolongation du capitalisme, au-delà de ce stade, doit entraîner la disparition des conditions du socialisme" (16). Ensuite, parce qu'elle érode les bases de l'unité et de l'identité de classe du prolétariat : "Le processus de désintégration apporté par un chômage massif et prolongé, en particulier parmi les jeunes, par l'éclatement des concentrations ouvrières traditionnellement combatives de la classe ouvrière dans le coeur industriel, tout cela renforce l'atomisation et la concurrence entre les ouvriers (�) La fragmentation de l'identité de classe dont nous avons été témoins durant la dernière décennie en particulier ne constitue en aucune façon une avancée mais est une claire manifestation de la décomposition qui comporte de profonds dangers pour la classe ouvrière" (17).

La lutte de classe, moteur de l'histoire

L'étape historique de la Décomposition porte en elle la menace d'anéantissement des conditions de la révolution communiste. En ce sens elle n'est pas différente d'autres étapes de la décadence du capitalisme où a existé aussi une telle menace mise en évidence par les révolutionnaires. Par rapport à celles-ci, il existe cependant un certain nombre de différences : 1. La guerre pouvait déboucher sur une reconstruction, alors que le processus de destruction de l'humanité, sous les effets de la Décomposition, bien que lent et sournois, est irréversible (18) ; 2. La menace de destruction était liée à l'éclatement d'une troisième guerre mondiale, alors qu'aujourd'hui, dans la Décomposition, différentes causes (les guerres locales, la destruction de l'équilibre écologique, la lente érosion des forces productives, l'effondrement progressif des infrastructures productives, la destruction graduelle des rapports sociaux) agissent de façon plus ou moins simultanée en tant que facteurs de destruction de l'humanité ; 3. La menace de destruction se présentait sous la forme brutale d'une nouvelle guerre mondiale, alors qu'aujourd'hui elle revêt désormais une allure moins visible, plus insidieuse, beaucoup plus difficile à cerner : "dans le contexte de la décomposition, la "défaite" du prolétariat peut être plus graduelle, plus insidieuse, et bien moins facile à contrecarrer" [Voir note (*) en fin d'article]. 4. Le fait que la décomposition soit le facteur central de l'évolution de toute la société signifie, comme nous l'avons déjà évoqué, qu'elle a un impact direct et plus permanent sur le prolétariat à tous les niveaux : la prise de conscience, l'unité, la solidarité, etc. Cependant, "la mise en évidence des dangers considérables que fait courir à la classe ouvrière et à l'ensemble de l'humanité le phénomène historique de la décomposition ne doit pas conduire la classe, et particulièrement ses minorités révolutionnaires, à adopter face à lui une attitude fataliste" (19). En effet : - le prolétariat n'a pas subi des défaites importantes et sa combativité reste intacte ; - le même facteur qui constitue la cause fondamentale de la décomposition - l'aggravation inexorable de la crise - constitue aussi "le stimulant essentiel de la lutte et de la prise de conscience de la classe, la condition même de sa capacité à résister au poison idéologique du pourrissement de la société" (20). Mais, dans la mesure où seule la révolution communiste est à même d'écarter définitivement la menace que fait peser la décomposition sur l'humanité, les luttes ouvrières de résistance aux effets de la crise ne peuvent y suffire. En effet, la conscience de la crise, en elle-même, ne peut pas résoudre les problèmes et les difficultés que le prolétariat affronte et devra de plus en plus confronter. C'est pourquoi il devra développer : - "La conscience des enjeux considérables de la situation historique présente, en particulier les dangers mortels que fait courir la décomposition à l'humanité ; - Sa détermination à poursuivre, développer et unifier son combat de classe ; - Sa capacité à déjouer les multiples pièges qu'une bourgeoisie, même affectée par sa propre décomposition, ne manquera pas de semer sur son chemin." (21). La décomposition oblige le prolétariat à affûter les armes de sa conscience, de son unité, de sa confiance en lui-même, de sa solidarité, de sa volonté et de son héroïsme, ce que Trotski appelait les facteurs subjectifs et dont il a souligné, dans son Histoire de la Révolution Russe, l'énorme importance qu'ils eurent dans cet évènement historique. Sur tous les fronts de la lutte de classe du prolétariat (Engels parlait de trois fronts : économique, politique et théorique), les révolutionnaires et les minorités les plus avancées du prolétariat devront cultiver et développer en profondeur et en extension ces qualités. La phase de décomposition révèle que, des deux facteurs qui régissent l'évolution historique - le mécanisme économique et la lutte de classes - le premier est plus que mûr et contient le danger d'anéantissement de l'humanité. De ce fait, le deuxième facteur devient décisif. Plus que jamais, la lutte de classe du prolétariat est le moteur de l'histoire. La conscience, l'unité, la confiance, la solidarité, la volonté et l'héroïsme, qualités que le prolétariat est capable de hisser dans la lutte de classe à un niveau complètement différent et supérieur aux autres classes de l'histoire, sont les forces qui, développées au plus haut degré, lui permettront de surmonter les dangers contenus dans la Décomposition et d'ouvrir la voie à la libération communiste de l'humanité.

C. Mir

(*) Dans un tract intitulé "Questions aux militants et sympathisants du CCI actuel" et distribué à la porte de nos réunions publiques ainsi que dans la manifestation pacifiste du 20 mars à Paris, le groupe parasitaire autoproclamé "Fraction interne du CCI" (composé de quelques ex-membres de notre organisation) commente des extraits de la résolution sur la situation internationale adoptée par notre 15e congrès international.

Premier extrait : "Bien que la décomposition du capitalisme soit le résultat de cet écart historique entre les classes, cette situation ne peut pas demeurer statique. La crise économique (�) continue à s'approfondir, mais contrairement à la période de 1968 à 1989, alors que l'issue de ces contradictions de classe ne pouvait être que la guerre ou la révolution, la nouvelle période ouvre la voie à une troisième possibilité : la destruction de l'humanité, non au travers d'une guerre apocalyptique, mais au travers d'une avance graduelle de la décomposition, qui pourrait au bout d'un temps saper la capacité du prolétariat à répondre comme une classe, et pourrait également rendre la planète inhabitable dans une spirale de guerres régionales et de catastrophes écologiques. Pour mener une guerre mondiale, la bourgeoisie devrait commencer par affronter directement et défaire les principaux bataillons de la classe ouvrière, et ensuite les mobiliser pour marcher avec enthousiasme derrière les bannières et l'idéologie de nouveaux blocs impérialistes ; dans le nouveau scénario, la classe ouvrière pourrait être battue d'une manière moins ouverte et moins directe, simplement en n'arrivant pas à répondre à la crise du système et en se laissant de plus en plus entraîner dans la spirale de la décadence." [les soulignés sont de la FICCI] Commentaire de la FICCI : "C'est l'introduction clairement opportuniste d'une "troisième voie", opposée à la thèse classique du marxisme d'une alternative historique. Comme chez Bernstein, Kautsky et leurs épigones, l'idée même de troisième voie s'oppose à l'alternative historique, "simpliste" selon l'opportunisme, de "guerre ou révolution". Il s'agit là de l'affirmation explicite, ouverte, de la révision d'une thèse classique du mouvement ouvrier�"

Deuxième citation de notre résolution : "Ce qui a changé avec la décomposition, c'est la possible nature d'une défaite historique, qui peut ne pas venir d'un heurt frontal entre les classes principales, mais d'un lent reflux des capacités du prolétariat à se constituer en classe, auquel cas le point de non retour serait plus difficile à discerner, comme ce serait le cas avant toute catastrophe définitive. C'est le danger mortel auquel la classe est confrontée aujourd'hui." Commentaire de la FICCI : "Ici s'exprime la tendance opportuniste, révisionniste qui "liquide" la lutte des classes."

En fait, ce qui s'exprime dans ces lignes de la FICCI c'est la volonté délibérée de ce regroupement de nuire à notre organisation (faute de pouvoir la détruire) par tous les moyens. Effectivement, les membres de la FECCI, qui après plusieurs décennies de militantisme au sein de notre organisation ont perdu leurs convictions communistes et ont juré la perte du CCI, sont prêts aux pires bassesses pour parvenir à leurs fins : le vol, le mouchardage auprès de la police (voir à ce sujet notre article "Les méthodes policières de la FICCI", sur notre site Internet et dans notre presse territoriale) et, évidemment, le mensonge le plus éhonté. Le CCI n'a nullement "révisé" ses positions depuis que les chevaliers blancs de la FICCI ne sont plus là pour l'empêcher de "dégénérer".

C'est ainsi que le 13e congrès du CCI a adopté, avec le plein soutien des militants qui allaient plus tard former la FICCI, un rapport sur la lutte de classe où l'on peut lire : "Les dangers contenus dans la nouvelle période pour la classe ouvrière et l'avenir de ses luttes ne peuvent être sous-estimées. Si le combat de la classe ouvrière a clairement barré la voie à la guerre mondiale dans les années 1970 et 1980, il ne peut stopper ni ralentir le processus de décomposition. Pour engager une guerre mondiale, la bourgeoisie aurait dû infliger une série de défaites majeures aux bataillons centraux de la classe ouvrière. Aujourd'hui, le prolétariat est confronté à une menace à plus long terme mais non moins dangereuse d'une 'mort à petit feu' où la classe ouvrière serait toujours plus écrasée par ce processus de décomposition jusqu'à perdre sa capacité à s'affirmer en tant que classe, tandis que le capitalisme s'enfonce de catastrophe en catastrophe (guerres locales, catastrophes écologiques, famine, etc.)." (Revue internationale n° 99)

De même, dans le rapport sur la lutte de classe adopté par le 14e congrès du CCI au printemps 2001 (avec le soutien des mêmes futurs membres de la FICCI) on peut lire : "� cette évolution� a créé une situation dans laquelle les bases d'une nouvelle société pourraient être sapées sans guerre mondiale et donc sans la nécessité de mobiliser le prolétariat en faveur de la guerre. Dans le précédent scénario, c'est une guerre nucléaire mondiale qui aurait définitivement compromis la possibilité du communisme (�). Le nouveau scénario envisage la possibilité d'un glissement plus lent mais non moins mortel dans un état où le prolétariat serait fragmenté au delà de toute réparation possible et où les bases naturelles et économiques pour la transformation sociale seraient également ruinées à travers un accroissement des conflits militaires locaux et régionaux, les catastrophes écologiques et l'effondrement social." (Revue internationale n° 107) Quant à la résolution adoptée par ce congrès, elle évoque dans son point 13 "le danger que le processus de décomposition le plus insidieux pourrait submerger la classe sans que le capitalisme ait à lui infliger une défaite frontale" (Revue internationale n° 106).

Faut-il croire que les glorieux défenseurs du "vrai CCI" (comme ils se définissent) dormaient quand ces documents ont été adoptés ou que leur bras s'est levé machinalement pour leur apporter un soutien. Il faut alors considérer qu'ils ont dormi pendant plus de 11 ans puisque dans un rapport adopté en janvier 1990 par l'organe central du CCI (et que ces éléments avaient soutenu sans la moindre réserve) on pouvait lire : "Même si la guerre mondiale ne saurait, à l'heure actuelle, et peut être de façon définitive, constituer une menace pour la vie de l'humanité, cette menace peut très bien provenir, comme on l'a vu, de la décomposition de la société. Et cela d'autant plus que si le déchaînement de la guerre mondiale requiert l'adhésion du prolétariat aux idéaux de la bourgeoisie (�) la décomposition n'a nul besoin d'une telle adhésion pour détruire l'humanité." (Revue internationale n° 61)

(1) Pour notre part, nous avons consacré de nombreux articles de notre presse à la critique de ce que nous considérons être de telles visions erronées, à commencer par l'aberration que constitue cette "innovation" par rapport au marxisme appelée paradoxalement "l'invariance". Au nom de celle-ci, le courant bordiguiste (appartenant comme le CCI au courant de la Gauche communiste) se refuse dogmatiquement à reconnaître la réalité d'une évolution en profondeur de la société capitaliste depuis 1848, et donc l'entrée de ce système dans sa période de décadence (cf. l'article "Le rejet de la notion de décadence" dans la Revue internationale n° 77 et 78).

(2) Il s'agit des articles suivants : "War and the ICC" (La guerre et le CCI) dans Revolutionary Perspectives (RP) 24, "Workers' Struggles in Argentina: Polemic with the ICC" (Luttes ouvrières en Argentine : polémique avec le CCI) dans Internationalist Communist 21 et "Imperialism's New World Order" (Le nouvel ordre mondial de l'impérialisme) dans RP 27.

(3) Voir les numéros suivants de la Revue internationale : 48, 49, 50, 54, 55 et 56.

(4) "Thèses sur la décomposition", point 3, Revue internationale nº 62 et 107.

(5) Ibid.

(6) Ibid.

(7) Lorsque nous faisons référence à la Décomposition au moyen d'un nom propre, nous nous référons à la phase de la décomposition, laquelle constitue une notion distincte du phénomène de décomposition. Ce dernier, comme nous l'avons vu, accompagne tout processus de décadence, de façon plus ou moins marquée, et devient dominant dans la phase de décomposition.

(8) "Thèses sur la décomposition", point 5, Revue internationale nº 62 et 107.

(9) Nous sommes biens conscients que le fait qu'une idée ait été mise en avant par le courant de la Gauche communiste d'Italie ne lui confère pas d'emblée aux yeux du lecteur un caractère marxiste irréfutable. Cependant, il devrait faire réfléchir les camarades et sympathisants des organisations qui aujourd'hui se réclament de ce courant historique, telles que le BIPR ou les différents groupes nommés Parti communiste international.

(10) Voir l'article "Le prolétariat dans le capitalisme décadent" dans la Revue internationale n° 23

(11) Voir, entre autres, l'article "Pourquoi le prolétariat n'a pas encore renversé le capitalisme ?" ; Revue internationale numéros 103 et 104.

(12) Rapport sur la lutte de classe - le concept de cours historique dans le mouvement révolutionnaire, adopté par le 14ème Congrès du CCI ; Revue internationale nº 107.

(13) Lénine : La lutte pour le pain (discours prononcé par Lénine au C.C.E Panrusse des Soviets) Cité par Bilan n° 6. (14) Burnham et sa théorie de la nouvelle classe "managériale".

(15) "Le prolétariat dans le capitalisme décadent", Revue internationale n° 23.

(16) "L'évolution du capitalisme et la nouvelle perspective", Gauche communiste de France, Internationalisme nº 46 de mai 1952, republié dans la Revue internationale n° 21.

(17) Rapport sur la lutte de classe adopté par le 14ème Congrès du CCI, Revue internationale nº 107.

(18) La période de la "guerre froide" avec sa course démentielle aux armements nucléaires a marqué déjà la fin de toute possibilité de reconstruction suite au déchaînement d'une troisième guerre mondiale.

(19) "Thèses sur la décomposition", point 17, Revue internationale nº 62 et 107.

(20) Ibid.

(21) Ibid.

See also :