Le Milieu politique prolétarien face à la guerre : Le fléau du sectarisme au sein du camp internationaliste

Afficher une version adaptée à l'édition sur imprimanteEnvoyer cet article par mail

La fin de l'année 2003 a été marquée par un sérieux pas en avant du capitalisme mondial vers l'abîme : un pas représenté par la seconde guerre du Golfe et la création d'un bourbier militaire dans une zone stratégique du monde. Une guerre d'une importance cruciale pour les nouveaux équilibres impérialistes, avec l'intervention et l'occupation anglo-américaine de l'Irak et l'opposition à celle-ci des différentes puissances impérialistes qui prennent désormais de plus en plus des positions antagoniques à celles des Etats-Unis. Face à cette nouvelle boucherie, les principaux groupes révolutionnaires qui font partie de la Gauche communiste internationale ont, encore une fois, été capables de répondre à la propagande de la bourgeoisie par des prises de position résolument internationalistes. Face aux campagnes idéologiques de la bourgeoisie visant à déboussoler le prolétariat, ces groupes ont défendu l'ABC du marxisme. Cela ne signifie certainement pas que ces organisations défendent toutes les mêmes positions. Nous devons même dire que, de notre point de vue, l'intervention de la plupart d'entre elles a montré des faiblesses importantes, concernant en particulier la compréhension de la phase de conflits impérialistes ouverte avec l'effondrement du bloc de l'Est et la dissolution du bloc adverse, concernant également les enjeux de ces conflits. Ces différences doivent être comprises comme l'expression de l'hétérogénéité du difficile processus de maturation au sein de la classe ouvrière qui s'exprime y compris au niveau de ses avant-gardes révolutionnaires. En ce sens, tant que les principes de classe ne sont pas abandonnés, ces différences ne peuvent constituer un élément d'opposition frontale entre composantes du même camp révolutionnaire, mais justifient pleinement la nécessité d'un débat permanent entre celles-ci. Un tel débat public constitue non seulement la condition de la clarification au sein du camp révolutionnaire mais également un facteur de clarté concernant sa délimitation vis-à-vis des groupes radicaux (trotskisme, anarchisme officiel) de l'extrême gauche de l'appareil politique de la bourgeoisie. Il doit permettre aux énergies nouvelles qui surgissent de s'orienter vis-à-vis des différentes composantes du camp prolétarien.

C'est dans cet esprit que notre organisation a fait un appel aux autres organisations révolutionnaires à l'occasion du déclenchement de la deuxième guerre du Golfe, dans le but de promouvoir une initiative commune (documents, réunions publiques�) qui permettrait de "faire entendre le plus possible les positions internationalistes" (1) : "Les groupes actuels de la Gauche communiste partagent tous ces positions fondamentales au-delà des divergences pouvant exister entre eux. Le CCI est bien conscient de ces divergences et il n'a jamais tenté de les cacher. Au contraire, il s'est toujours efforcé dans sa presse de signaler les désaccords qu'il avait avec les autres groupes et de combattre les analyses qu'il estime erronées. Cela dit, conformément à l'attitude des bolcheviks en 1915 à Zimmerwald et de la Fraction italienne dans les années 30, le CCI estime qu'il est de la responsabilité des véritables communistes de présenter de la façon la plus ample possible à l'ensemble de la classe, face à la guerre impérialiste et aux campagnes bourgeoises, les positions fondamentales de l'internationalisme. Cela suppose, de notre point de vue, que les groupes de la Gauche communiste ne se contentent pas de leur propre intervention chacun dans son coin mais qu'ils s'associent pour exprimer de façon commune ce qui constitue leur position commune. Pour le CCI, une intervention commune des différents groupes de la Gauche communiste aurait un impact politique au sein de la classe qui irait bien au-delà de la somme de leurs forces respectives qui, nous le savons tous, sont bien réduites à l'heure actuelle. C'est pour cette raison que le CCI propose aux groupes qui suivent de se rencontrer pour discuter ensemble de tous les moyens possibles permettant à la Gauche communiste de parler d'une seule voix pour la défense de l'internationalisme prolétarien, sans préjuger ou remettre en cause l'intervention spécifique de chacun des groupes" (ibid). Cet appel a été envoyé : - au Bureau International pour le Parti Révolutionnaire (BIPR) - au Partito Comunista Internazionale (Il Comunista, Le Prolétaire) - au Partito Comunista Internazionale (Il Partito, dit "de Florence") - au Partito Comunista Internazionale (Il Programma Comunista). Malheureusement, il a soit été rejeté à travers des réponses écrites - celles du PCI-Le Prolétaire et du BIPR - soit été ignoré. Dans le n° 113 de notre Revue Internationale, nous avons déjà rendu compte des réponses ainsi que de nos prises de positions sur celles-ci et sur le silence des autres groupes. Avec cet article, nous nous fixons deux objectifs. D'une part, mettre en évidence, à travers l'analyse des prises de position des principaux groupes prolétariens face à la guerre, qu'il existe réellement un milieu politique prolétarien, quelle que soit la conscience qu'en ont les groupes qui en font partie, qui se distingue, grâce à sa fidélité à l'internationalisme prolétarien, des différentes formations gauchistes au verbiage révolutionnaire et de toutes les organisations ouvertement bourgeoises ou interclassistes. D'autre part, nous nous centrerons sur certaines divergences que nous avons avec ces groupes, pour montrer qu'elles correspondent à des visions erronées de la part de ceux-ci tout en mettant en évidence qu'elles ne font pas pour autant obstacle à une certaine unité d'action face à la bourgeoisie mondiale. Plus encore, nous mettrons en évidence en quoi de telles divergences, aussi sincères soient-elles, sont justement utilisées par ces groupes comme des prétextes pour rejeter une telle communauté d'action.

Il existe réellement un milieu politique prolétarien quoi qu'en pensent ses différentes composantes

Dans la lettre d'appel aux groupes révolutionnaires, nous avions mis en avant les critères qui, à notre avis, représentaient une base minimale qui, au-delà des divergences pouvant exister sur d'autres questions, était suffisante pour démarquer le camp révolutionnaire de celui de la contre-révolution : "a) La guerre impérialiste n'est pas le résultat d'une politique "mauvaise" ou "criminelle" de tel ou tel gouvernement en particulier ou de tel ou tel secteur de la classe dominante ; c'est le capitalisme comme un tout qui est responsable de la guerre impérialiste. b) En ce sens, face à la guerre impérialiste, la position du prolétariat et des communistes ne saurait être en aucune façon de s'aligner, même de façon "critique", sur l'un ou l'autre des camps en présence ; concrètement, dénoncer l'offensive américaine contre l'Irak ne signifie nullement apporter le moindre soutien à ce pays et à sa bourgeoisie. c) La seule position conforme aux intérêts du prolétariat est le combat contre le capitalisme comme un tout et donc contre tous les secteurs de la bourgeoisie mondiale avec comme perspective non pas celle d'un "capitalisme pacifique" mais le renversement de ce système et l'instauration de la dictature du prolétariat. d) Le pacifisme est au mieux une illusion petite-bourgeoise tendant à détourner le prolétariat de son strict terrain de classe ; le plus souvent, il n'est qu'un instrument utilisé avec cynisme par la bourgeoisie pour entraîner les prolétaires dans la guerre impérialiste en défense des secteurs "pacifistes" et "démocratiques" de la classe dominante. En ce sens, la défense de la position internationaliste prolétarienne est inséparable d'une dénonciation sans concession du pacifisme" (ibid).

Tous les groupes à qui cet appel a été adressé ont, comme nous allons en rendre compte, satisfait, à travers leurs prises de position, à ces critères minimaux. Le PCI Programma Comunista, donne un cadre très correct à la phase actuelle en affirmant que "l'agonie d'un mode de production fondé sur la division en classes est beaucoup plus féroce qu'on ne pourrait l'imaginer. L'histoire nous l'enseigne : alors que le soubassement social est traversé par des tensions incessantes et des contradictions, les énergies des classes dominantes sont mobilisées pour la survie à tout prix - et ainsi les antagonismes s'aiguisent, la tendance à la destruction augmente, les affrontements se multiplient sur le plan commercial, politique et militaire. La société entière est parcourue, dans toutes ses couches, dans toutes ses classes, par une fièvre qui la dévore de toute part, et atteint chacun de ses organes." (2) Il Partito de Florence et Le Prolétaire contribuent aussi à donner le cadre en précisant que la guerre n'est pas provoquée par untel ou untel désigné comme le méchant, mais résulte d'un affrontement impérialiste à l'échelle mondiale : - "Le front de l'Euro, dans la mesure où il résiste, ne représente pas une force de paix, en opposition à un front belliqueux du dollar, mais un des camps dans l'affrontement général interimpérialiste vers lequel se précipite le régime du Capital." (3) - "La guerre contre l'Irak, malgré la disparité des forces, ne peut être considérée comme une guerre de type colonial, mais est à tous égards une guerre impérialiste sur les deux fronts, même si l'Etat combattu est mineur et moins développé, il est néanmoins bourgeois et expression d'une société capitaliste." (4) - "Le soi-disant 'camp de la paix', c'est-à-dire les Etats impérialistes qui jugeaient dommageable envers leurs intérêts l'attaque américaine de l'Irak, redoute que confortés par leur rapide victoire, les Etats-Unis ne cherchent à leur faire payer cher leur opposition, ne serait-ce qu'en commençant par les évincer de la région. Les sordides rivalités impérialistes qui sont la cause des oppositions entre les Etats s'étalent au grand jour. Les Américains déclarent que la France et la Russie devraient généreusement renoncer à leurs gigantesques créances sur l'Irak, tandis que de l'autre côté, on s'indigne que les contrats pour la 'reconstruction' du pays soient attribués d'office à de grandes entreprises américaines et que la commercialisation du pétrole tombe entre les mêmes mains� Quant à cette fameuse 'reconstruction' et à la prospérité promise au peuple irakien, il suffit de voir ce qu'il en est de la reconstruction de l'Afghanistan ou de la situation en ex-Yougoslavie - deux régions où les troupes occidentales sont toujours présentes - pour comprendre que pour les bourgeois des deux côtés de l'Atlantique, il ne s'agit que de reconstruire les installations nécessaires à la rentabilité de la production et d'assurer la prospérité des entreprises capitalistes." (5) Ces positions ne laissent donc aucune place à une défense, même critique, de l'un ou l'autre camp. Elles constituent au contraire, chez ces groupes, le socle de granit pour une dénonciation de tous ces pays et forces politiques qui camouflent de façon hypocrite leurs propres desseins impérialistes derrière la défense de la paix. Ainsi, pour Il Partito, "La prétendue condamnation commune, facile et à l'unisson, de la guerre [de la part des pays occidentaux, ndr] est basée sur une équivoque incontestable puisque cette aspiration a une origine et une signification différente, sinon opposée, pour les classes antagoniques. Le 'Parti européen', représentant le grand capital et la grande finance établis de ce côté de l'Atlantique, aujourd'hui toujours plus concurrents et rivaux des américains, est contre cette guerre. Ce n'est pas que les magnats de la finance descendent personnellement dans la rue pour déployer les banderoles mais ils tiennent solidement en main les commandes des puissants appareils des medias, des partis et des syndicats fidèles au régime pour orienter la fragile Opinion Publique à droite ou à gauche. Pour le Capital en fait, même si les guerres sont souvent 'injustes', elles sont quelque fois 'nécessaires'. C'est extrêmement facile de les distinguer : celles qui sont 'nécessaires' sont celles que l'on gagne, celles qui sont 'injustes' sont celles que les autres gagnent. Par exemple : pour les capitalistes européens qui se préparaient à se partager de façon horrible la Yougoslavie, les bombardements sur Belgrade (presque pires que ceux d'aujourd'hui sur l'Irak) étaient 'nécessaires' ; ceux sur Bagdad, au contraire, où ils sont en train de voir s'envoler les riches contrats pétrolifères que la nouvelle 'administration démocratique' imposée par les 'libérateurs' se dépêchera d'annuler, sont 'injustes'." (6) Pour Programma Comunista : "Pas un homme, pas un sou pour les guerres impérialistes : lutte ouverte contre sa propre bourgeoisie nationale, italienne ou états-unienne, allemande ou française, serbe ou irakienne." (7) Pour Il Partito Comunista : "Les gouvernements de France et d'Allemagne, soutenus par la Russie et la Chine, se montrent opposés à cette guerre aujourd'hui mais seulement pour défendre leurs intérêts impérialistes, menacés par l'offensive des Etats-Unis, en Irak et dans la région." (8) Pour le BIPR : "Le véritable ennemi des USA (�), c'est l'Euro, qui est en train de menacer dangereusement l'hégémonie absolue du dollar." (9) En cohérence avec tout ce qui précède la seule attitude conséquente est celle d'une lutte à mort contre le capital, quels que soient les habits sous lesquels il se présente et d'une dénonciation sans réserve du pacifisme. C'est ce qu'ont fait ces groupes et le BIPR en particulier : - "L'Europe - l'axe franco-allemand en particulier - cherche à contrarier les plans militaires américains en jouant pour l'heure la carte du pacifisme et a ainsi tendu un piège idéologique dans lequel beaucoup sont déjà tombés. Nous savons bien, les faits le démontrent, que chaque fois que s'en est fait sentir la nécessité, n'importe quel Etat européen n'a pas hésité à faire valoir ses intérêts économiques par la force des armes. Ce qui se profile aujourd'hui, c'est un nouveau nationalisme� supranational, européen, déjà sous-entendu dans beaucoup de déclarations des 'désobéissants'. La référence même à une Europe des droits de l'homme et des valeurs sociales, opposée à l'individualisme exacerbé des américains, est le présupposé d'un alignement futur sur les objectifs de la bourgeoisie européenne dans son affrontement final avec la bourgeoisie américaine." (10) - "Dans une grande partie des 'gauches' parlementaires et de leurs appendices mouvementistes (de larges secteurs du mouvement antimondialisation), on se réfère à une Europe des droits de l'homme et à des valeurs sociales, opposées à l'individualisme exacerbé des américains. On cherche ainsi à faire oublier que cette Europe est la même qui - à propos des 'valeurs sociales' - a réduit et demande de façon insistante de nouvelles coupes dans les retraites (les soi disant 'réformes' de la prévoyance) ; c'est la même qui a déjà licencié des millions de travailleurs et qui maintenant exerce sa pression pour réduire encore plus la force de travail à une marchandise de type 'jetable' avec la précarisation progressive et dévastatrice" (11) Tout ce qui précède atteste donc de l'existence d'un même camp, resté fidèle aux principes du prolétariat, celui de la Gauche communiste, et cela quelle que soit la conscience qu'en ont les différents groupes qui le composent. Il n'empêche, comme nous l'avons déjà dit, que des divergences parfois importantes existent entre le CCI et ces groupes, comme nous allons le voir. Le problème n'est pas en soi l'existence de ces divergences mais bien le fait qu'elles soient invoquées par ces groupes comme une justification à leur refus d'une réponse commune face à une situation particulièrement grave et également que, dans le même temps, ils ne fassent rien pour que les questions soient éclaircies à travers un débat public sérieux.

Des références à Lénine invoquées mal à propos pour justifier l'inaction commune

Dans le n° 113 de la Revue Internationale, nous avons donné une réponse à la critique de frontisme du Prolétaire et à celle d'idéalisme du BIPR qui expliquent ainsi le caractère prétendument erroné de beaucoup des analyses du CCI. Nous n'avons reçu aucune réponse à nos arguments à l'exception d'un article publié dans le n° 466 du Prolétaire. Pour cette organisation, le fait de vouloir passer outre le désaccord, qui nous sépare sur la question du défaitisme révolutionnaire, justifie pleinement la critique de frontisme qu'il nous adresse à propos de notre appel à une action commune. Nous devons donc, à la lumière de cet article du Prolétaire, revenir sur la question du défaitisme révolutionnaire. L'article du Prolétaire contient un élément nouveau sur lequel nous allons nous centrer : "Il n'est pas vrai que les organisations qui sont rangées dans cette catégorie sont au fond d'accord sur l'essentiel, qu'elles partagent une position commune, même sur la seule question de la guerre et de l'internationalisme. Elles s'opposent au contraire sur des questions politiques et programmatiques qui seront demain vitales pour la lutte prolétarienne et pour la révolution comme elles s'opposent dès aujourd'hui sur les orientations et les directives d'action à donner aux rares éléments en recherche de positions classistes. Dans la question de la guerre en particulier, nous avons mis l'accent sur la notion de défaitisme révolutionnaire parce que depuis Lénine, c'est elle qui caractérise la position communiste dans les guerres impérialistes. Or le CCI est précisément opposé au défaitisme révolutionnaire. Comment serait-il alors possible d'exprimer de façon commune une position commune qui au fond, lorsqu'on gratte un peu, lorsqu'on va au-delà des belles et grandes phrases sur le renversement du capitalisme et la dictature du prolétariat, n'existe pas ? Une action commune ne serait possible qu'en consentant à gommer ou à atténuer des divergences irréconciliables, c'est-à-dire, les cacher aux yeux des prolétaires à qui on veut s'adresser largement, qu'en consentant à présenter une image fausse d'une "Gauche communiste" unie sur l'essentiel aux militants d'autres pays qu'on veut atteindre, c'est-à-dire à les tromper. Camoufler ses positions - car c'est à cela que reviennent, qu'on le veuille ou non, ces propositions unitaires dans l'espoir d'obtenir quelques succès immédiats ou contingents, n'est-ce pas la définition classique de l'opportunisme ?" (12) (Souligné dans l'original) Le PCI persiste à vouloir ignorer notre argument selon lequel "Parler de 'frontisme' et de 'petit dénominateur commun', non seulement ne permet pas de faire ressortir les divergences entre internationalistes mais est facteur de confusion dans la mesure où la vraie divergence, la frontière de classe qui sépare les internationalistes de toute la bourgeoisie, de la droite à l'extrême gauche, se trouve mise sur le même plan que les divergences entre les internationalistes." (cf. Revue Internationale n° 113). De même que, par ignorance (c'est-à-dire par désinvolture s'agissant de la critique de positions politiques, ce qui n'est pas le moindre des défauts pour une organisation révolutionnaire) ou bien pour les besoins de la polémique facile, il ne rapporte pas la position du CCI sur la question du défaitisme révolutionnaire. Il se limite à dire que "le CCI est précisément opposé au défaitisme révolutionnaire", laissant ainsi le champ libre à toute interprétation de notre position, y inclus, pourquoi pas, que le CCI serait "pour la défense de la patrie" en cas d'attaques de la part d'autres puissances. Il nous revient donc ici de rappeler notre position sur cette question telle que nous l'avions développée, déjà à l'époque de la première guerre du Golfe. Dans l'article "Le Milieu politique prolétarien face à la guerre du Golfe", de 1991 (13), nous affirmions ceci : "Ce mot d'ordre a été mis en avant par Lénine au cours de la Première Guerre mondiale. Il répondait à la volonté de dénoncer les tergiversations des éléments 'centristes' qui, bien que d'accord 'en principe' pour rejeter toute participation à la guerre impérialiste, préconisaient cependant d'attendre que les ouvriers des pays 'ennemis' soient prêts à engager le combat contre celle-ci avant d'appeler ceux de 'leur' propre pays à en faire autant. A l'appui de cette position, ils avançaient l'argument que, si les prolétaires d'un pays devançaient ceux des pays ennemis, ils favoriseraient la victoire de ces derniers dans la guerre impérialiste. Face à cet 'internationalisme' conditionnel, Lénine répondait très justement que la classe ouvrière d'un pays n'avait aucun intérêt en commun avec 'sa' bourgeoisie, précisant, en particulier, que la défaite de celle-ci ne pouvait que favoriser son combat, comme on l'avait déjà vu lors de la Commune de Paris (résultant de la défaite face à la Prusse) et avec la révolution de 1905 en Russie (battue dans la guerre contre le Japon). De cette constatation, il concluait que chaque prolétariat devait 'souhaiter' la défaite de 'sa' propre bourgeoisie. Cette dernière position était déjà erronée à l'époque, puisqu'elle conduisait les révolutionnaires de chaque pays à revendiquer pour 'leur' prolétariat les conditions les plus favorables à la révolution prolétarienne, alors que c'est au niveau mondial et, dans un premier temps, dans les grands pays avancés (qui étaient tous impliqués dans la guerre) que la révolution devait avoir lieu. Cependant, chez Lénine, la faiblesse de cette position n'a jamais conduit à une remise en cause de l'internationalisme le plus intransigeant (c'est même cette intransigeance qui l'avait conduit à un tel 'dérapage'). En particulier, il ne serait jamais venu à Lénine l'idée d'apporter un soutien à la bourgeoisie du pays 'ennemi', même si, en toute logique, une telle attitude pouvait découler de ses 'souhaits'. En revanche, cette position incohérente a été par la suite utilisée à de multiples reprises par des partis bourgeois à coloration 'communiste' pour justifier leur participation à la guerre impérialiste. C'est ainsi, par exemple, que les staliniens français ont brusquement 'redécouvert', après la signature du pacte germano-russe de 1939, les vertus de 'l'internationalisme prolétarien' et du 'défaitisme révolutionnaire', vertus qu'ils avaient oubliées depuis longtemps et qu'ils ont répudiées avec la même rapidité dès que l'Allemagne est entrée en guerre contre l'URSS en 1941. C'est le même 'défaitisme révolutionnaire' que les staliniens italiens ont pu utiliser pour justifier, après 1941, leur politique à la tête de la 'résistance' contre Mussolini. Aujourd'hui, c'est au nom du même 'défaitisme révolutionnaire' que les trotskistes des pays (et ils sont nombreux) impliqués dans le combat contre Saddam Hussein justifient le soutien de ce dernier." Ainsi, ce n'est pas la démarche du CCI qui est en cause mais bien celle de ses critiques qui n'ont pas assimilé en profondeur des mots d'ordre du mouvement ouvrier lors de la première vague révolutionnaire mondiale de 1917-23. Une fois effectuée cette clarification sur la question du défaitisme révolutionnaire, doit-on persister à penser que les divergences que nous avons mises en évidence ne constituent pas un obstacle à une réponse commune des différents groupes face à la guerre ? Malgré les erreurs des groupes auxquels s'adressait notre appel, nous pensons que celles-ci ne remettent pas en cause leur positionnement internationaliste. En effet, ces groupes qui défendent le défaitisme révolutionnaire ne sont pas ces traîtres staliniens et trotskistes qui mettent à profit l'ambiguïté du mot d'ordre de Lénine pour légitimer la guerre. Ce sont des formations politiques prolétariennes qui, pour différentes raisons, n'ont pas été à même de "mettre les pendules à l'heure" sur un certain nombre de questions du mouvement ouvrier.

Sectarisme vis-à-vis de la Gauche communiste et opportunisme vis-à-vis du gauchisme

Le BIPR pense, rappelons le, que les divergences avec le CCI sont trop importantes pour permettre une réponse commune sur la question de la guerre. Pourtant, le passage suivant d'un tract de Battaglia Comunista, une des deux composantes du BIPR, exprime au contraire, une convergence de fond sur l'analyse de la dynamique du rapport de force entre prolétariat et bourgeoisie, question où justement, d'après le BIPR, les points de vue sont tellement éloignés : "Par certains aspects, il n'y a plus besoin pour la guerre d'embrigadement de la classe ouvrière sur les fronts : il suffit qu'elle reste à la maison, dans les usines et dans les bureaux, à travailler pour la guerre. Le problème se pose quand cette classe commence à refuser de travailler pour la guerre et devient aussitôt un obstacle sérieux au développement de la guerre même. C'est cela - et pas les manifestations, si grandes soient-elles, des citoyens pacifistes, et encore moins les veillées avec les prédications du Pape - qui est un frein à la guerre : cela peut arrêter la guerre." (souligné dans l'original) (14) Ce passage exprime l'idée tout à fait correcte selon laquelle la guerre et la lutte de classe ne sont pas deux variables indépendantes mais sont antithétiques, dans le sens où plus le prolétariat est embrigadé, plus la bourgeoisie a les mains libres pour faire ses guerres ; de la même manière, plus "la classe commence à refuser de travailler pour la guerre", plus "elle devient aussitôt un sérieux obstacle au développement de la guerre même". Cette idée, telle qu'elle est formulée ici avec les mots de Battaglia Comunista (15), est très semblable à celle qui sous-tend notre notion de cours historique, résultante historique des deux dynamiques mises en évidence ci dessus : la tendance permanente du capitalisme à aller vers la guerre et la tendance historique d'une classe ouvrière non vaincue à aller vers un affrontement décisif avec la classe ennemie. Cependant, Battaglia a toujours contesté la validité de cette position en nous accusant d'idéalisme. A ce propos, comme sur d'autres points sur lesquels Battaglia nous accuse de ne pas être en prise avec la situation actuelle et de nous réfugier dans notre "idéalisme", nous avons répondu de façon détaillée dans de nombreux articles et directement dans de nombreuses polémiques (16). Nous pourrions nous attendre de la part d'une organisation faisant preuve d'une attitude aussi pointilleuse dans l'examen de ses divergences avec le CCI à une attitude semblable vis-à-vis de tous les autres groupes. Il n'en est rien. Nous faisons référence ici à l'attitude du BIPR via son groupe sympathisant et représentant politique dans la région nord-américaine, le Internationalist Workers' Group (IWG) qui publie Internationalist Notes. En effet, ce groupe est intervenu avec des anarchistes et a tenu une réunion publique commune avec Red and Black Notes, des conseillistes et la Ontario Coalition Against Poverty (OCP) qui paraît être un groupe typiquement gauchiste et activiste. Récemment le IWG a publié une prise de position en solidarité avec des "camarades" de l'OCP emprisonnés, arrêtés pour vandalisme dans les dernières manifestations contre la guerre à Toronto. Il a aussi tenu une réunion publique commune avec des "camarades anarcho-communistes" à Québec. Si nous-mêmes sommes convaincus de la nécessité d'être présents dans les débats des groupes politiques du marais, dont les positions oscillent entre celles des révolutionnaires et celles de la bourgeoisie, afin de favoriser en leur sein l'influence de la Gauche communiste, nous avons été déconcertés, et c'est peu dire, par "la méthode" employée. En effet, celle-ci dénote une largesse en tout point opposée à la politique de rigueur affichée par le BIPR européen. Compte tenu de ces différences de méthode, et donc de principe, nous avons cru devoir adresser aussi à l'IWG l'appel à une initiative commune à travers une lettre qui disait, entre autres, ceci : "Si nous comprenons bien, le refus du BIPR est essentiellement basé sur le fait qu'il y a de trop grandes différences, du point de vue du Bureau, entre nos positions. Pour citer la lettre que nous avons reçue du Bureau : "une action unie contre la guerre ou sur tout autre problème ne peut être envisagée qu'entre des partenaires bien définis et politiquement identifiés de façon non équivoque, qui partagent des positions que tous considèrent comme essentielles." Cependant, nous avons appris sur le site Web du BIPR, et par ailleurs aussi (dernier numéro de Internationalist Notes et tracts de Red & Black), qu'Internationalist Notes au Canada a tenu une réunion commune contre la guerre avec des anarcho-communistes au Québec, et des activistes libertaires/communistes de conseil et anti-pauvreté à Toronto. Visiblement, alors qu'il y a des différences substantielles entre le CCI et le BIPR sur un certain nombre de questions, celles ci deviennent insignifiantes comparées aux différences qui existent entre la Gauche communiste et les anarchistes (même quand ils accolent le mot "communiste" à anarchisme), et les activistes contre la pauvreté, dans leur page Web, ne semblent même pas prendre une position anticapitaliste. Sur cette base, nous ne pouvons que conclure que le BIPR a deux stratégies différentes vis-à-vis de son intervention sur la guerre : une sur le continent nord-américain et une autre en Europe. Visiblement, les raisons du Bureau pour refuser une action commune avec le CCI en Europe ne sont pas applicables au Canada et en Amérique. Nous adressons donc cette lettre spécifiquement à Internationalist Notes en tant que représentant du BIPR en Amérique du Nord pour réitérer la proposition que nous avons déjà faite au BIPR dans son ensemble." (17)

Nous n'avons jamais reçu de réponse à cette lettre, ce qui, déjà en soi, exprime une démarche étrangère à la politique communiste révolutionnaire, une démarche selon laquelle on ne se positionne politiquement qu'en fonction de ses propres humeurs et face à ce qui dérange le moins (18). S'il n'y a jamais eu de réponse à cette lettre, ce n'est certainement pas par hasard mais bien parce qu'il ne pouvait y avoir de réponse cohérente possible sans autocritique. De plus, la politique menée par l'IWG dans le Nord de l'Amérique n'est certainement pas une spécificité des camarades américains mais porte la marque typique du BIPR, qui sait bien concilier sectarisme et opportunisme : sectarisme dans les relations avec la Gauche communiste, et opportunisme avec tous les autres (19).

Plus généralement, le rejet de notre appel ne se fonde pas sur l'existence de divergences bien réelles entre nos organisations, mais plutôt sur une volonté sectaire aussi bien qu'opportuniste de rester séparés les uns des autres pour pouvoir continuer tranquillement chacun dans son coin sa propre activité politique sans courir le risque d'être critiqué ou d'avoir affaire à ces infatigables "casse-pieds" du CCI. Une telle attitude de la part de ces groupes n'est ni fortuite, ni inédite. En effet, elle n'est pas sans rappeler celle de la 3e Internationale dégénérescente qui s'est fermée à la Gauche communiste - c'est-à-dire vis-à-vis du courant le plus clair et déterminé dans la définition des positions révolutionnaires - tout en "s'ouvrant" largement sur sa droite avec sa politique de fusion avec les courants centristes (les "Terzini" en Italie, l'USPD en Allemagne) et de "front unique" vis-à-vis de la Social-démocratie traître et bourreau de la révolution. Internationalisme, organe de la Gauche communiste de France (ancêtre du CCI), fait référence à cette démarche opportuniste de l'IC lorsqu'il critique dans les années 1940, la fondation en 1943, sur des bases opportunistes, du Parti communiste internationaliste d'Italie, ancêtre commun à tous les PCI bordiguistes et à Battaglia Comunista : "Il n'est pas le moins étonnant que nous assistions aujourd'hui, 23 ans après la discussion Bordiga-Lénine lors de la formation du PC d'Italie (sur cette formation du Parti) à la répétition de la même erreur. La méthode de l'IC qui fut si violemment combattue par la Fraction de gauche (de Bordiga) et dont les conséquences furent catastrophiques pour le prolétariat, est aujourd'hui reprise par la Fraction elle-même pour la construction du PC d'Italie." (20) Dans les années 1930, on assista de la part du trotskisme à la même démarche opportuniste, s'exerçant notamment à l'encontre de la Gauche italienne (21). Et lorsqu'a eu lieu une rupture au sein de cette dernière à l'occasion de la fondation du PCInt, l'attitude du nouveau parti à l'encontre de la GCF n'était pas sans rappeler celle du trotskisme. Même si à l'époque on ne pouvait pas parler de dégénérescence du PCInt nouvellement créé, contrairement au trotskisme et à l'IC avant lui, de même qu'aujourd'hui on ne peut pas parler de dégénérescence du BIPR ou des PCI, il n'en demeure pas moins que la fondation du PCInt a constitué un pas en arrière par rapport à l'activité et au niveau de clarification de la Fraction de la Gauche Italienne (avec sa revue Bilan) dans les années 1930. Cet opportunisme fut critiqué en ces termes par Internationalisme : - "Il existe, camarades, deux méthodes de regroupement : il y a celle qui a servi au premier congrès de l'IC qui a invité tous les groupes et partis se réclamant du Communisme, pour participer à la confrontation de leurs positions. Il y a celle de Trotsky qui, en 1931, "réorganisait" l'Opposition internationale et son secrétariat en prenant bien le soin d'éliminer préalablement et sans explication la Fraction italienne et d'autres groupes qui auparavant en faisaient partie (les vieux camarades se souviendront d'une lettre de protestation envoyée par la Fraction italienne à toutes les sections de l'Opposition internationale, stigmatisant cet acte arbitraire et bureaucratique de Trotsky)." (22) - "Le PCI fut créé dans les semaines fiévreuses de 1943� Non seulement on laissait de côté le travail positif que la fraction italienne avait fait durant cette longue période entre 1927-1944, mais sur bien des points, la position du nouveau parti fut en deçà de celle de la fraction abstentionniste de Bordiga de 1921. Notamment dans le front unique politique où certaines manifestations locales de propositions de Front Unique furent faites au parti stalinien, notamment sur la participation aux élections municipales et parlementaires en abandonnant la vieille position de l'abstentionnisme, notamment sur l'antifascisme où les portes du Parti furent largement ouvertes aux éléments de la Résistance, sans parler que sur la question syndicale, le parti reprenait entièrement la vieille position de l'IC, de fraction dans les syndicats, luttant pour la conquête de ceux-ci et allant même plus loin dans cette voie, pour la formation des minorités syndicales (La position et la politique de l'Opposition Syndicale Révolutionnaire). En un mot, sous le nom du Parti de la Gauche Communiste Internationale, nous avons une formation italienne de type trotskiste classique avec la défense de l'URSS en moins. Même proclamation du Parti indépendamment du cours réactionnaire, même politique pratique opportuniste, même activisme agitatif stérile des masses, même mépris pour la discussion théorique et la confrontation d'idées, aussi bien dans le Parti qu'à l'extérieur avec les autres groupes révolutionnaires." (23)

Ainsi, aujourd'hui encore, Battaglia Comunista et les PCI portent la marque de cet opportunisme originel. Néanmoins, comme nous l'avons dit plus haut, nous croyons dans la possibilité et la nécessité d'un débat entre les différentes composantes du camp révolutionnaire et nous n'abandonnerons certainement pas à cause d'un énième refus, pour aussi irresponsable qu'il puisse être.

Ezechiele (Décembre 2003)

(1) "La responsabilité des révolutionnaires face à la guerre. Proposition du CCI aux groupes révolutionnaires pour une intervention commune face à la guerre et réponse à notre appel."Revue internationale n°113.

(2) In"de guerre en guerre", Il Programma Comunista, n°3. Juillet 2003. Il est remarquable que ces lignes aient été écrites par une organisation qui pense que les conditions et les moyens de la lutte prolétarienne sont invariantes depuis 1848 et qui, à ce titre, rejette la notion de décadence du capitalisme. Nous ne pouvons que nous réjouir du fait que, cette fois-ci, la perception de la réalité ait été chez elle plus forte que le dogme de ses positions invariantes.

(3) In "contre la guerre et contre la paix du capital". Il Partito Comunista n°296, février 2003. C'est de façon tout à fait délibérée que, dans cet article, nous laissons de côté l'expression de divergences "secondaires" par rapport à la question essentielle de l'internationalisme. Nous signalons toutefois que, comme nous avons déjà eu l'occasion de le développer dans nos colonnes, il est faux de caractériser les deux camps impérialistes en présence comme étant respectivement ceux de l'Euro et du Dollar ainsi que l'ont illustré les dissensions importantes au sein de l'UE et de la zone Euro. En effet, Il Partito pense-t-il sérieusement, et contre toute évidence, que la Hollande, l'Espagne, l'Italie et le Danemark faisaient partie, à côté de l'Allemagne et de la France, d'une coalition anti-américaine ?

(4) In"La sale guerre irakienne entre l'Euro et le Dollar". Il Partito Comunista n° 297, mars-avril 2003.

(5) In"La guerre en Irak est finie� la domination capitaliste continue". Tract du Prolétaire, mai 2003.

(6) In "Le pacifisme et la lutte syndicale", Il Partito Comunista n° 297, mars-avril 2003.

(7) In "Riposte de classe à la guerre impérialiste", tract de Programma Comunista, mars 2003

(8) In "Pacifisme impérialiste", Il Partito Comunista n°296, février 2003

(9) In "Ni avec Saddam, ni avec Bush, ni avec l'Europe !", tract de Battaglia Comunista, mars 2003

(10) In "Malgré la saleté néofasciste, l'ennemi reste le capital et ses guerres", tract de Battaglia Comunista, mars 2003.

(11) In "Ni avec Saddam, ni avec Bush, ni avec l'Europe !", tract de Battaglia Comunista, mars 2003

(12) In "Nouvelles du frontisme politique : propositions unitaires à propos de la guerre". Le Prolétaire, n° 466, mars-mai 2003.

(13) Revue Internationale n° 64

(14) In : "Malgré la saleté néofasciste, l'ennemi reste le capital et ses guerres", tract de Battaglia Comunista, mars 2003.

(15) Les mots que nous aurions utilisés auraient été quelque peu différents et nous aurions parlé "du refus de la classe ouvrière à se sacrifier pour l'effort de guerre", formulation moins restrictive que celle du BIPR qui peut laisser penser que seule la production d'armement est concernée pas cet effort de guerre.

(16) Voir par exemple, parmi les plus récentes, les articles suivants : - "Polémique avec le BIPR : La lutte de la classe ouvrière dans les pays de la périphérie du capitalisme", Revue Internationale n°100 - "Discussions dans le milieu politique prolétarien : le besoin de rigueur et de sérieux", Revue Internationale n° 101 - "Débat avec le BIPR : la vision marxiste et la vision opportuniste dans la politique de la construction du parti", Revue Internationale n° 103

(17) Lettre envoyée par le CCI le 6 juin 2003.

(18) C'est une pratique "normale" chez un certain nombre de groupes bordiguistes, cohérente avec la vision qu'ils ont d'eux-mêmes, comme dépositaires "uniques" de la conscience de classe et, tous, les noyaux "uniques" du futur partis. Mais même au sein de cette composante caricaturale du milieu politique prolétarien, il existe des groupes plus responsables qui malgré eux ne peuvent ignorer qu'ils ne sont pas seuls au mode et qui répondent au courrier des autres groupes, soit par lettre soit à travers des articles de leur presse.

(19) Voir en particulier les articles : "Débat avec le BIPR : la vision marxiste et la vision opportuniste dans la politique de la construction du parti" Revue Internationale n° 103 et 105.

(20) Internationalisme n° 7, Février 1946 ; "A propos du 1e congrès du Parti communiste internationaliste d'Italie"

(21) Voir à ce sujet notre livre La Gauche communiste d'Italie, particulièrement en son sein la partie traitant des "Rapports entre la fraction de gauche du PC d'Italie et l'Opposition de gauche internationale."

(22) Internationalisme n° 10, Mai 1946 ; "Lettre à tous les groupes de la Gauche communiste internationale".

(23) Internationalisme n° 23, Juin 1947. "Problèmes actuels du mouvement ouvrier international."