'Paix et prospérité' ou guerres et misère ?

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Huit ans après son père, G.W. Bush commence son mandat de président des Etats-Unis d'Amérique. Son père nous avait promis "une ère de paix et de prospérité" à la suite à l'implosion du bloc de l'Est et l'explosion de l'URSS. Son fils hérite d'une situation de guerres et de misère généralisée qui n'ont fait que s'accentuer et s'étendre tout au long des années 1990. La situation du monde est réellement catastrophique. Et cette situation n'est ni provisoire, ni transitoire dans l'attente de la réalisation de la prophétie de G. Bush père. Tout indique que le monde capitaliste entraîne l'humanité dans une spirale infernale de conflits guerriers meurtriers éparpillés sur tous les continents, d'antagonismes impérialistes croissants, particulièrement entre les grandes puissances, dans une nouvelle chute brutale dans la crise économique et la misère, et dans une cascade de catastrophes en tous genres. Ces trois éléments, les guerres, l'impasse économique, et la destruction de la planète, rendent la vie des générations actuelles de plus en plus invivable et met en péril la survie des générations à venir. Il devient de plus en plus clair que le monde capitaliste mène l'espèce humaine à sa disparition.

Si l'illusion sur la paix était rapidement tombée avec la guerre du Golfe et l'écrasement de l'Irak en 1991, puis avec l'interminable guerre en Yougoslavie, l'illusion de la prospérité a pu être relancée à plusieurs reprises avec les taux positifs de la croissance américaine tout au long des années 1990, avec les cours à la hausse des Bourses, et avec la fameuse et mirifique "nouvelle économie" liée à Internet. Les taux de croissance américains et les cours de la Bourse n'ont pas empêché, bien au contraire en fait, l'augmentation dramatique de la pauvreté et de la faim dans le monde. Pour sa part, la "nouvelle économie" a fait long feu et aujourd'hui l'illusion de la prospérité à venir pour tous vole en éclats.

Une économie en faillite virtuelle

Nous avons déjà dénoncé dans cette revue les mensonges sur la "bonne santé" de l'économie capitaliste qui serait basée sur des taux de croissance positifs. La bourgeoisie mondiale a établi des "règles" pour définir la récession qui ne serait effective qu'après deux trimestres de croissance négative. Notons au passage que globalement, cela fait dix ans que le Japon est en récession "officielle", c'est-à-dire selon les critères de la propagande bourgeoise. Néanmoins, et au-delà des tricheries sur les chiffres et les modes de calcul, la réalité d'une croissance positive "officielle" ne signifie pas que l'économie est en bonne santé. L'augmentation de la pauvreté aux Etats-Unis mêmes (1), sous la présidence de Bill Clinton, et malgré des taux de croissance "exceptionnels" en est une illustration.

Pire qu'en 1929

Les médias, les historiens et les économistes font toujours référence à la grande crise de 1929 pour définir une crise économique catastrophique et pour montrer que l'économie d'aujourd'hui va bien. L'expérience même de 1929 vient démentir cette affirmation. "Dans la vie de la plupart des hommes et des femmes, les expériences économiques centrales de l'époque furent certes cataclysmiques, et couronnées par la Grande Crise des années 1929-1933, mais la croissance économique ne s'est pas arrêtée au cours de ces décennies. Elle s'est simplement ralentie. Dans l'économie la plus grande et la plus riche de l'époque, celle des Etats-Unis, le taux de croissance moyen du PNB par tête entre 1913 et 1938 ne dépassa pas un modeste 0.8% par an. Dans le même temps, la production industrielle mondiale augmenta d'un peu plus de 80%, soit à peu près la moitié de la croissance du quart de siècle précédent (W.W. Rostov, 1978, p.662) [...] Toujours est-il que si un Martien avait observé la courbe des mouvements économiques d'assez loin pour ne pas remarquer les dents de scie dont souffrirent les êtres humains sur terre, il en aurait conclu indubitablement à une expansion continue de l'économie mondiale." (E.J. Hobsbawn, L'âge des extrêmes).

Nos économistes et gouvernants ne sont pas des Martiens mais des représentants et des défenseurs de l'ordre capitaliste. C'est à ce titre qu'ils s'échinent la plupart du temps à masquer la réalité de la catastrophe économique. Ce n'est que rarement et dans des publications plus confidentielles que certains reconnaissent une partie de la réalité qui vient confirmer notre thèse. "Néanmoins, la croissance économique restera insuffisante pour faire reculer le taux de pauvreté ou procurer le bien-être à la population" reconnaît The Economist à propos de l'Amérique Latine (Courrier international, Le Monde en 2001). Mais cela vaut bien sûr pour l'ensemble de la population mondiale. Que dire alors de l'aggravation dramatique de la pauvreté si les prévisions de Fred Hickey cité par The Wall Street Journal - "il est sûr que nous allons vers une récession"  (Le Monde, 17 mars 2001) - se réalisent !

Aujourd'hui, avec les chutes boursières de ce début d'année 2001, il est difficile de faire croire que tout va bien au royaume de la finance et de la "nouvelle économie" liée à Internet. "Depuis son plus haut niveau historique de 5132 points atteint le 10 mars 2000, le marché des valeurs technologiques a chuté de près de 65%. Triste anniversaire puisque, sur la même période, ce sont près de 4500 milliards de dollars qui se sont évaporés sur l'ensemble des places financières américaines." (Le Monde, idem)

Au-delà de l'économie liée à Internet, c'est l'ensemble des Bourses qui sont affectées par la chute des cours. Pour l'instant, et contrairement aux crises boursières des années 1980 et 1990 d'Amérique, d'Asie et de Russie, la chute semble contrôlée même s'il s'agit bien d'un krach important. Une question reste posée : celle du Japon dont le système financier et bancaire, particulièrement fragilisé par des créances douteuses, est au bord de la faillite. "La déroute du système bancaire nippon menace le reste de la planète" (Le Monde, 27 mars 2001). Si le Japon retire ses avoirs américains, c'est tout le financement à crédit de l'économie américaine qui risque d'être atteint par les conséquences en cascade d'une telle décision. "Si les investisseurs étrangers ne souhaitent pas fournir les capitaux nécessaires, l'impact sur la croissance, les cours de la Bourse et le dollar pourrait être important" (The Economist, Courrier international, Le monde en 2001). D'autant que l'épargne des ménages américains est nulle et l'endettement des particuliers et des entreprises pour spéculer sur les cours boursiers a atteint des sommets. Nous l'avons déjà maintes fois démontré : l'économie capitaliste mondiale est basée sur une montagne de dettes qui ne seront jamais remboursées et qui viennent accélérer et aggraver, après les avoir repoussées d'abord dans le temps et l'espace - dans les pays "émergents" -, les conséquences de l'impasse économique du monde capitaliste. La première économie, celle des Etats-Unis, est la plus endettée de toutes et ses taux de croissance sont payés à crédit par "un déficit commercial colossal et un endettement massif vis-à-vis de l'étranger" (idem). Même les experts expriment leurs doutes. "Pour résumer, l'économie américaine en 2001 aura besoin d'une gestion intelligente et, surtout, d'une bonne dose de chance" (idem). Qui monterait dans un avion où on préviendrait à l'avance qu'il faudrait un pilote intelligent "et, surtout, une bonne dose de chance" ?

En même temps, et après les différentes crises financières qui ont secoué la Russie, l'Asie, l'Amérique Latine à plusieurs reprises, chacune à tour de rôle incapable de faire face aux échéances de leurs dettes, c'est maintenant au tour de la Turquie d'être en quasi-faillite et de voir accourir à son chevet le FMI. Incapable de rembourser 3 milliards de dollars au 21 mars, elle a reçu 6 milliards du FMI en échange d'un plan drastique d'attaques économiques contre la population. La descente aux enfers de l'économie argentine connaît une nouvelle accélération. Cet hiver, il a fallu lui octroyer d'urgence "une aide financière exceptionnelle de 39,7 milliards de dollars, destinés avant tout à éviter un défaut de paiement de la lourde dette extérieure (122 milliards de dollars, soit 42% du PIB)" (Le Monde, 20 mars 2001, supplément écono­mique). En soi, ces crises locales peuvent sembler n'exprimer que la fragilité de ces pays. Mais en fait, elles expriment la fragilité de l'économie mondiale car dans chacune de ces crises - et il y en a eu beaucoup depuis celle 1982 en Amérique Latine - où des pays "émergents" se retrouvent incapables de faire face aux échéances de leur dette, c'est tout le système financier international qui est en péril immédiat. D'où les interventions précipitées des gouvernements des grandes puissances et du FMI à coups de nouveaux crédits à chaque fois plus importants.

Dans cette situation, tout l'enjeu de la situation pour la bourgeoisie mondiale, et ce depuis maintenant plusieurs années, est d'arriver à contrôler la chute inévitable de l'économie nord-américaine. "L'excès de la demande par rapport à l'offre aux Etats-Unis symbolise le revers de ce miracle [la croissance américaine]. C'est aussi un danger, car il s'accompagne d'un déficit commercial colossal et d'un endettement massif vis-à-vis de l'étranger. Si le déficit et l'endettement se confirmaient, l'effondrement deviendrait inévitable. Mais ce ne sera pas le cas. En 2001, avec le retour de la croissance américaine à un rythme plus modéré, non plus miraculeux mais juste impressionnant, les déficits du commerce extérieur et de la balance des paiements devraient diminuer" (The Economist, Courrier international, Le monde en 2001). Le premier journaliste comptait sur la chance. Celui-ci dans un article intitulé "L'âge d'or de l'économie mondiale" compte sur les miracles. Pour les différents secteurs de la bourgeoisie mondiale, au-delà de leurs intérêts impérialistes, politiques et commerciaux antagoniques, la question cruciale reste la réussite ou non d'un "atterrissage en douceur" de l'économie américaine. C'est-à-dire sans secousses excessives qui risqueraient de mettre à nu brutalement aux yeux de la population mondiale, et particuliè­rement de la classe ouvrière internationale, la réalité dramatique de la faillite du mode de production capitaliste et l'irréversibilité de cette faillite. Pour la population mondiale, y compris celle des pays industrialisés d'Europe et d'Amérique du Nord, la perspective est à un accroissement de la pauvreté et de la misère qui atteint déjà des sommets.

La "crise agricole", c'est la crise du capitalisme

Les conséquences de la crise de surproduction agricole vont provoquer la ruine de milliers de petits et moyens paysans dans les pays industrialisés et une accélération de la concen­tration dans cette branche de la production capitaliste. Les maladies de la "vache folle" et l'épidémie de fièvre aphteuse ne sont pas des désastres naturels mais des catastrophes sociales, c'est-à-dire liées et produites par le mode de production capitaliste. Elles sont le produit de l'exacerbation de la concurrence économique et de la course à la productivité. Bref elles sont une expression de la surproduction agricole mondiale et offrent l'occasion de la "résoudre" tempo­rairement par l'abattage en masse des animaux... alors qu'une grande partie de la population mondiale ne mange pas à sa faim. Alors qu'il suffirait de... vacciner les bêtes. "La crise agricole souligne une fois de plus à quel point la faim dans le Sud s'accompagne très bien du gaspillage de l'offre dans le Nord" (Sylvie Brunel, Action contre la faim, Le Monde, 10 mars 2001). Cette crise va aussi avoir des conséquences dramatiques sur les couches paysannes des pays de la périphérie du capitalisme, c'est-à-dire pour une fraction importante de la population mondiale. "Une autre conséquence désastreuse pour le tiers-monde de l'effondre­ment de la filière viande se profile : la surproduction céréalière" (idem). Quelle manifestation plus claire de l'irrationalité du monde capitaliste, de l'absurdité que représente sa survie, que l'exemple de ces animaux sains envoyés à l'abattoir alors que des millions d'hommes et de femmes n'ont pas de quoi manger. "Car le problème alimentaire mondial ne se situe pas dans la production de nourriture, largement suffisante pour tous en volume, mais dans sa répartition : ceux qui souffrent de sous-alimentation sont trop pauvres pour acheter de quoi se nourrir" (idem) (2). Voilà pourquoi le capitalisme ne peut même pas s'offrir le "luxe" de vacciner les moutons et les vaches : les cours s'effondreraient surtout si on fournissait gratuitement les animaux promis à l'abattage aux affamés du monde.

Sans destruction du capitalisme, tant que ses lois économiques, et en particulier la loi de la valeur, subsisteront, il n'est pas possible de fournir gratuitement, de donner, les animaux sains qui vont être abattus. Il en va de même pour toute surproduction agricole, comme pour toute la production capitaliste, d'où la jachère dans les pays industrialisés et les stocks d'invendus de beurre et de lait. Seule une société où la loi de la valeur, et donc le salariat et les classes sociales auront disparu peut résoudre ces questions parce qu'elle pourra donner au lieu d'abattre.

La population liée aux activités agricoles, qu'elle soit petit propriétaire, qu'elle loue ses services ou la terre, qu'elle soit journalier, ouvrier agricole, n'est pas la seule qui est frappée de plein fouet par la brutale accélération de la crise économique.

Les attaques contre la classe ouvrière

Les licenciements tombent dans tous les secteurs. Aux Etats-Unis, c'est par dizaine de milliers que des sociétés telles Intel, Dell, Delphi, Nortel, Cisco, Lucent, Xerox, Compaq, de la "nouvelle économie", mais aussi de l'industrie traditionnelle comme General Motors, Coca-Cola suppriment les emplois. En Europe, les licenciements et les fermetures d'entreprises reprennent brutale­ment avec la fermeture des magasins Marks & Spencer, chez Danone, dans l'industrie d'armement chez EADS, en France chez Giat Industries (qui construit les chars Leclerq) alors que les réductions d'effectifs frappent les grandes entreprises et les services publics.

Il s'agit là des pays industrialisés où les bourgeoisies nationales, conscientes des potentialités et des dangers des réactions d'une classe ouvrière concentrée et forte d'une expérience historique de lutte, prennent un maximum de précautions politiques pour mener ces attaques. Dans les pays où la classe ouvrière est plus jeune, avec moins d'expérience et plus dispersée, les attaques sont encore bien plus brutales. Il est clair que, parmi beaucoup d'autres exemples, les attaques vont redoubler contre la classe ouvrière en Argentine et tout particu­lièrement en Turquie.

Ces attaques massives dans tous les pays et dans tous les secteurs mettent à bas le mensonge selon lequel "l'économie va bien". Et surtout l'idée sans cesse martelée, que si une entreprise licencie, c'est un cas particulier, exceptionnel, et qu'ailleurs, dans les autres entreprises et secteurs, tout va bien. C'est toute la classe ouvrière internationale qui est touchée et dans toutes les branches d'activité que tombent les licenciements, que se réduisent les salaires, que se développent la précarité et l'insécurité, qu'augmentent les cadences et les horaires de travail, et que se détériorent les conditions de travail et de vie.

Bush père, et avec lui l'ensemble des différents appareils d'Etat nationaux, gouvernements, politiciens, idéologues, journalistes, intellectuels, parlaient de prospérité. Nous avons eu, nous avons, et tout indique que nous allons continuer à avoir, et toujours plus, la misère généralisée.

L'humanité se trouve devant un blocage historique. D'un côté, le capitalisme n'a plus aucune perspective à offrir autre que crise, guerre, désolation, misère et une barbarie croissante. De l'autre, la seule force sociale, la classe ouvrière internationale, qui pourrait offrir la perspective de la fin du capitalisme et d'une autre société n'arrive pas encore à s'affirmer ouvertement. Dans cette situation, c'est à un véritable pourrissement sur pied, à une véritable décomposition de la société capitaliste que nous assistons. Parmi les conséquences les plus dramatiques, outre les guerres, la violence urbaine, l'insécurité généralisée, parmi celles qui handicapent le plus l'avenir et la survie même de l'humanité, la destruction de l'environnement et la multiplication des catastrophes en tous genres ne font que se multiplier et s'aggraver.

Pourrissement et irrationalité de la société capitaliste

Entre la réduction de la couche d'ozone, les pollutions maritimes et terrestres des mers, des fleuves, de la terre, des villes et des campagnes, les traficotages sur la nourriture, les épidémies chez l'homme et chez les animaux d'élevage, - la liste n'est pas exhaustive - la planète devient chaque fois plus invivable et c'est tout son équilibre qui est mis en péril.

Jusqu'à présent, les catastrophes et la détérioration de l'environnement n'apparais­saient que comme des conséquen­ces "mécaniques" de l'aggravation de la crise économique, de la concurrence capitaliste et de la recherche effrénée d'une productivité maximum. Aujourd'hui les questions de l'environnement deviennent un enjeu impérialiste, un lieu d'affrontements entre grandes puissances. La rupture des accords de Kyoto sur l'émission des gaz à effet de serre par les Etats-Unis a été l'occasion d'une affirmation et d'une dénonciation par les autres grandes puissances, particulièrement européennes, de l'irrespon­sabilité des américains. "L'Union Européenne ne voit aucune solution alternative au problème climatique en dehors du protocole de Kyoto et elle reste résolue à l'appliquer, avec ou sans les Etats-Unis" (Romano Prodi, président de la Commission européenne, Le Monde, 6 avril 2001). Au même titre que les "causes humanitaires" et la "défense des droits de l'homme", l'environnement et les catastro­phes sont des enjeux, des lieux de compétition entre les Etats. "L'ingérence humanitaire" mise en ?uvre en Bosnie a été un terrain d'affrontements entre les grandes puissances. Tout comme elle l'avait été lors de l'intervention en Somalie. L'aide humanitaire est dans le même cas : à chaque tremblement de terre, nous assistons à une compétition entre les équipes américaines et européennes pour retrouver les corps des survivants dans les décombres.

De plus en plus, se dévoile le lien entre l'impasse économique du capitalisme, l'exacerbation des antagonismes impérialistes que la crise écono­mique provoque au plan historique, et toutes les conséquences sur l'ensemble de la vie sociale, conséquences qui viennent à leur tour accentuer les rivalités impérialistes et les conflits et peser encore plus sur la crise économique. C'est bien dans une spirale infernale et dans une véritable descente aux enfers que le monde capitaliste entraîne l'humanité et la planète.

Une multiplication des guerres

"Que l'humanité ait appris à vivre dans un monde où massacres, tortures et exil de masse sont devenus des expériences quotidiennes que nous ne remarquons plus, n'est pas l'aspect le moins tragique de cette catastro­phe." (E.J. Hobsbawn, L'âge des extrêmes).

Le panorama du monde actuel est effroyable. Une multitude de conflits guerriers sans fin ensanglantent la terre. Ils touchent tous les continents : l'ex-URSS, en particulier ses anciennes républiques asiatiques, à commen­cer par le Caucase ; le Moyen-Orient de l'Irak jusqu'au Pakistan en passant par l'Afgha­nistan ; l'Asie du Sud-Est ; le Proche-Orient bien sûr ; le continent africain ; en partie le continent sud-américain tout particulièrement la Colombie ; et les Balkans. Aujourd'hui, les pays et les régions du monde qui ne sont pas touchés directement à un degré ou à un autre par des guerres ouvertes ou larvées représentent des îlots de "paix" dans un océan d'affrontements militaires.

A la fin des années 1970 et dans les années 1980, la situation du Liban était l'expression la plus claire de l'entrée du monde capitaliste dans sa phase de décomposition. Ne parlait-on pas de "libanisation" quand un pays se trouvait en proie à une guerre sans fin et à la dislocation ? Aujourd'hui ce sont des continents entiers qui se sont "libanisés". Combien de pays africains (3) ? Difficile de les énumérer tous. Mais c'est la grande majorité qui sont devenus des Libans. L'Afghanistan (4) - plus de 20 ans de guerre et de massacres continus - en est sans doute une des expressions les plus extrêmes et dramatiques.

Et qu'on ne s'y trompe pas, la responsabilité première tant dans l'origine historique que dans l'aggravation actuelle de ces conflits, incombe à l'impérialisme de manière générale, et tout particulièrement aux grandes puissances. Ce sont les rivalités impérialistes entre celles-ci qui ont déclenché ces conflits et les ont entretenus : c'est le cas de l'Afghanistan avec l'invasion russe en 1980 et le soutien à la guérilla islamique par les Etats-Unis du temps des deux blocs impérialistes. C'est le cas évidemment pour les Balkans avec d'une part l'appui allemand en 1991 aux indépendances slovène et croate, et maintenant aux minorités albanaises dans l'ex-Yougoslavie et, d'autre part, avec l'intervention active de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie, de l'Italie, de l'Espagne, et des Etats-Unis - pour ne citer que les principales puissances - pour contrecarrer cette politique. C'est le même constat pour l'Afrique. Tant à l'origine des guerres que dans leur déroulement encore aujourd'hui, la main des grandes puissances continue à jeter de l'huile sur le feu même quand ces conflits ne représentent plus à leurs yeux un intérêt majeur comme c'est le cas pour l'Afrique ou l'Afghanistan.

Les rivalités impérialistes directes entre grandes puissances qui sont en général plus discrètes, surtout depuis la fin des blocs en 1989, connaissent actuellement une tension particulière. Les Etats-Unis adoptent une attitude particulièrement agressive vis-à-vis de la Chine comme en témoigne l'accident de la chasse aérienne chinoise avec l'avion-espion américain le 1er avril 2001, vis-à-vis de la Russie avec l'expulsion de 50 diplomates russes fin mars 2001, et de l'Europe avec le rejet américain du protocole d'accord sur les gaz à effet de serre de Kyoto et le projet de bouclier anti-missile américain.

Bush père, et avec lui l'ensemble des différents appareils d'Etat nationaux, gouvernements, politiciens, idéologues, journalistes, intellec­tuels, parlaient de paix. Nous avons eu, nous avons, et tout indique que nous allons continuer à avoir la guerre en permanence.

Les guerres de la période de décadence du capitalisme

Le capitalisme semble être irrationnel d'un point de vue historique. Il mène l'espèce humaine à sa disparition et il ne respecte plus aucune "raison" économique ou historique.

"Le court Vingtième Siècle on [a] tué ou laissé mourir délibérément plus d'êtres humains que jamais auparavant dans l'histoire (...). Il fut sans doute le siècle le plus meurtrier dont nous ayons gardé la trace, tant par l'échelle, la fréquence et la longueur des guerres qui l'ont occupé (et qui ont à peine cessé un instant dans les années 1920) mais aussi par l'ampleur incomparable des catastrophes humaines qu'il a produites - des plus grandes famines de l'histoire aux génocides systématiques. A la différence du "long XIXe siècle" qui semblait et fut en effet une période de progrès matériel, intellectuel, et moral presque ininterrompu, c'est-à-dire de progression des valeurs de la civilisation, on a assisté, depuis 1914, à une régression marquée de ces valeurs jusqu'alors considé­rées comme normales dans les pays développés et dans le milieu bourgeois, et dont on était convaincu qu'elles se propageraient aux régions plus retardataires et aux couches moins éclairées de la population." (E.J. Hobsbawn).

Certes, il y a une histoire du capitalisme qui permet de comprendre sa dynamique actuelle. Il y a donc des "raisons" historiques à son irrationalité. La principale est son entrée dans sa période de déclin historique, de décadence au début du 20e siècle dont la Première Guerre mondiale de 1914-1918 a été la sanction, le produit, et un facteur actif de cette même décadence. C'est avec la période de décadence que les guerres, en cessant d'être des guerres coloniales ou nationales - c'est-à-dire avec des objectifs et des buts "rationnels" tels la conquête de nouveaux marchés ou la constitution et la consolidation de nouvelles nations qui s'inscrivaient globalement dans le dévelop­pement historique - sont devenues des guerres impérialistes avec pour causes le manque de marchés et la nécessité d'un repartage impérialiste, objectif qui ne pouvait lui s'inscrire dans un progrès historique. Du coup, les caractéristiques des guerres impérialistes sont devenues chaques fois plus barbares, meurtrières et destructrices. En fait, avec la période de décadence, ce ne sont plus les guerres qui sont au service de l'économie. C'est l'économie qui s'est mise au service de la guerre. Aussi bien en temps de guerre qu'en temps de "paix". Toute la période qui va de 1945 à aujourd'hui vient illustrer amplement ce phénomène.

"Au cours du XXe siècle, les guerres ont de plus en plus visé l'économie et l'infrastructure des Etats ainsi que leurs populations civiles. Depuis la Première Guerre mondiale, le nombre de victimes civiles de la guerre a été bien plus important que celui des victimes militaires dans tous les pays belligérants, sauf aux Etats-Unis... Dans ces conditions, pourquoi les puissances dominantes des deux camps menèrent-elles la Première Guerre mondiale comme un jeu à somme nulle, c'est-à-dire comme une guerre qui ne pouvait être que totalement gagnée ou perdue ? (...) Dans les faits, le seul but de guerre qui comptât, c'était la victoire totale, avec, pour l'ennemi, ce qu'on devait appeler au cours de la Seconde Guerre mondiale une "capitulation sans condition". C'était un objectif absurde et autodestructeur, qui ruina à la fois les vainqueurs et les vaincus. Il entraîna les seconds dans la révolution, et les vainqueurs dans la faillite et l'épuisement physique." (E.J. Hobsbawn)

Ces caractéristiques propres aux guerres impérialistes du 20e siècle n'ont fait que se vérifier dramatiquement lors de la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à nos jours dans tous les conflits qui se sont déchaînés. Depuis 1989 et la disparition des blocs impérialistes constitués autour des Etats-Unis et de l'URSS, la menace d'une guerre mondiale a disparu. Mais la disparition des blocs, et la discipline qui allait avec, a laissé le champ libre à l'explosion d'une multitude de conflits guerriers que les grandes puissances impérialistes, tout en ayant du mal à les maîtriser une fois lancés, provoquent, alimentent, et exacerbent. Les caractéristiques principales que la guerre a acquises lors de la période de décadence ne disparaissent pas avec la fin des blocs impérialistes. Bien au contraire. Il est venu s'y rajouter, comme élément aggravant, le développement du "chacun pour soi" se substituant à la discipline des blocs, chaque puissance impérialiste, chaque Etat, petit ou grand, jouant sa propre carte contre tous les autres. Le monde capitaliste est entré dans une phase particulière de sa décadence historique : phase que, pour notre part, nous avons définie comme sa phase de décomposition (5). Mais indépendamment de l'analyse qu'on en fait, voire du nom qu'on lui donne, "on ne saurait cependant sérieusement douter qu'une ère de l'histoire mondiale s'est achevée à la fin des années 1980 et au début des années 1990, et qu'une ère nouvelle a commencé (...). La dernière partie du siècle a été une nouvelle ère de décomposition, d'incertitude et de crise - et, pour une bonne partie du monde, telle l'Afrique, l'ex-URSS et l'ancienne Europe socialiste, de catastrophe." (idem)

Les guerres de la période de décomposition du capitalisme

C'est dans cette situation historique particulière, inédite, que les tensions impérialistes actuelles doivent être comprises. "Dans la période de décadence du capita­lisme, tous les Etats sont impérialistes et prennent des dispositions pour assumer cette réalité : économie de guerre, armement, etc. C'est pour cela que l'aggravation des convulsions de l'économie mondiale ne pourra qu'attiser les déchirements entre ces différents Etats, y compris, et de plus en plus, sur le plan militaire. La différence avec la période qui vient de se terminer, c'est que ces déchirements et antagonismes, qui aupara­vant étaient contenus et utilisés par les deux grands blocs impérialistes, vont maintenant passer au premier plan. La disparition du gendarme impérialiste russe, et celle qui va en découler pour le gendarme américain vis-à-vis de ses principaux "partenaires" d'hier, ouvrent la porte au déchaînement de toute une série de rivalités plus locales. Ces rivalités et affrontements ne peuvent pas, à l'heure actuelle, dégénérer en un conflit mondial (même en supposant que le prolétariat ne soit plus en mesure de s'y opposer). En revanche, du fait de la disparition de la discipline imposée par la présence des blocs, ces conflits risquent d'être plus violents et plus nombreux, en particulier, évidemment, dans les zones où le prolétariat est le plus faible." (6) (Revue internationale n°61, 10 février 1990)

Alors que les Balkans et le Proche-Orient restent et resteront toujours, tant que le capitalisme subsistera, des zones de guerres et de conflits permanents, les dernières semaines ont vu une aggravation et une multiplication des tensions inter-impérialistes directement entre les grandes puissances. Et ce sont les Etats-Unis qui adoptent une attitude agressive. "Le motif reste mystérieux pour ce qui semble une brutalité gratuite dans l'approche de l'administration Bush non seulement envers la Russie et la Chine, mais aussi envers la Corée du Sud et les Européens." (W. Pfaff, International Herald Tribune, 28 mars 2001) Il serait particu­lièrement réducteur de mettre cette nouvelle agressivité sur le seul compte de Bush fils. Certes, le changement de président et d'équipe gouvernementale est une occasion d'inflexion d'une politique. Mais les grandes tendances de fond de la politique américaine restent. La politique du "je-montre-mes-muscles" et du "retenez-moi-ou-je-fais-un-malheur" n'est pas lié aux déficiences intellectuelles de la famille Bush comme essaient de nous les présenter les médias européens, et même parfois américains. C'est une tendance de fond qui est imposée par la situation historique.

"Avec la disparition de la menace russe,"l'obéissance" des autres grands pays avancés n'est plus du tout garantie (c'est bien pour cela que le bloc occidental s'est désagrégé). Pour obtenir une telle obéissance, les Etats-Unis ont désormais besoin d'adopter une démarche systématiquement offensive sur le plan militaire." (Revue internationale n°67, Rapport sur la situation internationale du 9e congrès du CCI, 1991) Depuis lors, cette caractéristique de fond de la politique impérialiste américaine ne s'est pas démentie car "face à la montée irrésistible du chacun pour soi, les Etats-Unis n'ont d'autre choix que de mener en permanence une politique militaire offensive." (Revue internationale n°98, Rapport sur les conflits impérialistes du 13e congrès du CCI, 1999)

Des antagonismes impérialistes croissants

Cette nécessité de montrer ses muscles s'impose d'autant plus quand les Etats-Unis se trouvent particulièrement en difficulté dans le domaine diplomatique. L'extension de la guerre balkanique à la Macédoine est une des manifestations des difficultés américaines à maîtriser la situation dans cette partie du monde. Les Etats-Unis sans réel appui dans la région, contrairement aux anglais, français et russes traditionnellement du côté de la Serbie, et des allemands contre cette dernière et se reposant sur les croates et albanais, sont obligés d'adapter leur politique en fonction des circonstances. Ce n'est donc pas un hasard si "l'OTAN permet le retour partiel de l'armée yougoslave dans la "zone de sécurité" entourant le Kosovo (...). Le souci d'associer Belgrade à la prévention d'un nouveau conflit dans la région est manifeste" (Le Monde, 10 mars 2001). Les Etats-Unis, comme les alliés de la Serbie, sont intéressés au maintien de la stabilité de la Macédoine qui "a toujours été considérée comme un maillon faible qu'il faut préserver sous peine de risquer une déstabilisation de tout le sud-est européen" (idem). La seule puissance qui bénéficie de l'extension de la guerre à la Macédoine, et la seule puissance qui n'est pas intéressée par le maintien de la stabilisation et du statu-quo, est l'Allemagne. Avec la Croatie indépendante et la province croate de Bosnie-Herzégovine, une grande Albanie faisant sauter la Macédoine et le Monténégro, réaliserait l'objectif géostratégique historique de l'Allemagne d'une ouverture directe sur la Méditerranée. Evidemment une telle perspective relancerait d'autant les appétits momentanément mis sous l'éteignoir de la Grèce et de la Bulgarie sur la... Macédoine. D'ailleurs le président macédonien ne s'est pas trompé sur les vrais responsables de l'offensive de la guérilla albanaise. C'était avant le retournement américain. "Vous ne persuaderez personne aujourd'hui en Macédoine que les gouvernements des Etats-Unis et de l'Allemagne ne savent pas qui sont les chefs des terroristes et ne pourraient, s'ils le voulaient, les empêcher d'agir." (Le Monde, 20 mars 2001)

Comme pour l'Afghanistan, comme pour l'Afrique, comme pour tant d'autres régions du monde qui connaissent les guerres et les conflits propres à la décomposition du capitalisme, la paix dans les Balkans ne se réalisera plus tant que subsistera le capitalisme.

Il en va de même pour le Proche-Orient. Comme nous l'annoncions dans le précédent numéro de cette revue, "le plan que Clinton essayait de faire passer à tout prix avant de quitter les affaires sera resté lettre morte comme c'était prévisible". La nouvelle administration Bush semble vouloir prendre en compte l'incapacité américaine à imposer la "pax americana". En fait, elle semble intégrer et accepter l'idée que la région sera toujours un foyer de guerre ou pour le moins que le conflit entre Israël et les palestiniens n'aura pas de fin. Colin Powell, le nouveau secrétaire d'Etat américain aux affaires étrangères, ex-chef d'Etat-major de l'armée américaine lors de la guerre du Golfe, reconnaît qu'il n'y a pas de "formule magique" d'autant qu'Israël n'hésite plus à mener sa propre politique, expression du règne du chacun pour soi dans la période historique actuelle, même quand celle-ci est contraire à la politique américaine. Pour sa part, la bourgeoisie de Palestine, pays dont la population étranglée économiquement, miséreuse et réprimée, ne peut exprimer son désespoir que dans un nationalisme suicidaire anti-israélien, est appuyée par les puissances européennes. La France en particulier n'hésite pas à favoriser tout ce qui peut s'opposer à la politique américaine dans la région.

La réponse américaine à cette impuissance a été le bombardement meurtrier sur Bagdad dès l'accession au pouvoir de Bush. Le signal s'adresse à tous, aux pays arabes de la région et aux autres grandes puissances impéria­listes : les Etats-Unis n'imposeront plus leur paix, mais taperont militairement chaque fois que nécessaire, quand ils estimeront que "la ligne jaune est franchie".

Non seulement, il n'y aura pas de paix entre israéliens et palestiniens, mais la guerre, plus ou moins larvée, risque de se généraliser à toute la région.

Les lois mêmes du monde capitaliste poussent inévitablement à l'exacerbation des rivalités impérialistes, à la multiplication des conflits guerriers sur tous les continents, sur tout le globe, tout comme à l'aggravation irréversible de la crise économique. Le capitalisme agonisant ne peut pas apporter la "paix et la prospérité. Il n'est que guerres et misère. Et il ne peut apporter que la guerre et la misère sans fin.

Quelle alternative à la barbarie capitaliste ?

Il n'est que la théorie marxiste qui a su dès 1989, dès la fin du bloc de l'Est et avant même l'explosion de l'URSS, comprendre et prévoir la signification de l'événement et ses conséquences pour le monde capitaliste et pour la classe ouvrière internationale (7). Il ne s'agit pas là d'une supériorité de quelques individus, ni même d'une croyance aveugle et mécanique dans une Bible. Si le marxisme a été clairvoyant, c'est parce qu'il constitue la théorie du prolétariat international, l'expres­sion de son être révolutionnaire. C'est parce que le prolétariat est la classe révolutionnaire que le marxisme existe et qu'il peut appréhender dans ses grandes lignes le devenir historique, et particulièrement l'impossibilité pour le capitalisme de résoudre les problèmes dramatiques que sa survie provoque.

L'aveu de la détérioration de l'économie mondiale, même si la bourgeoisie tente d'en minimiser les conséquences et les attaques qui sont portées aujourd'hui brutalement contre la classe ouvrière internationale, particulièrement en Europe occidentale, participent de dévoiler aux yeux des ouvriers le mythe sur la prospérité et le futur radieux du capitalisme. Déjà, une certaine combativité ouvrière tend à se développer et les syndicats s'emploient à la canaliser, à la contenir et à la dévoyer. Aussi lente soit celle-ci à s'affirmer et à se développer, aussi timides soient les réponses actuelles de la classe ouvrière internationale à la situation qui lui est faite, ces luttes portent en elles le dépassement de cette barbarie quotidienne et la survie de l'humanité. Le renversement du capitalisme passe par le refus des attaques économiques que subit la classe ouvrière et par le refus de toute participation aux guerres impérialistes, par l'affirmation de l'interna­tionalisme prolétarien. Il passe aussi par le dévelop­pement et l'extension la plus large possible des luttes ouvrières à chaque fois que possible. C'est la seule voie vers une perspective révolutionnaire et la possibilité pour l'espèce humaine dans son ensemble d'une société sans guerre, sans misère, et sans barbarie. Il n'est pas d'autre solution. Il n'est pas d'autre alternative.

R.L., 7 avril 2001

1 - Voir notre presse territoriale

2 - Nous ne pouvons qu'être d'accord avec ce constat que le marxisme a déjà largement et depuis longtemps dénoncé et expliqué. Evidemment la conclusion qu'en tire notre honnête et sans doute sincère conseillère stratégique de l'organisation humanitaire Action contre la faim, à savoir «qu'il est urgent de redonner du pouvoir d'achat aux pauvres du Sud pour leur permettre de devenir des consommateurs» est en réalité complètement irréalisable puisque cela ne rompt pas avec les lois mêmes du mode de production capitaliste alors que ces dernières sont la raison même de cette situation.

3 - «La plupart des Etats d'Afrique sub-saharienne, à l'exception peut-être temporaire de l'Afrique australe, traversent une phase lente de décompo­sition» (Le Monde diplomatique, mars 2001).

4 - La presse et les gouvernements occidentaux font grand cas de la destruction des bouddhas par les talibans. Et il est vrai que c'est sans doute une perte pour le patrimoine culturel universel. Mais il est difficile de ne pas voir là une hypocrisie et une opportunité de campagne idéologique : il suffit de se rappeler que les bourgeoisies occidentales et démocratiques n'ont pas eu de tels scrupules à la fin de la 2e guerre mondiale pour bombarder et raser toutes les villes allemandes et pour massacrer des millions de civils, et avec elles un patrimoine culturel et historique tout aussi important.

5 - Cf. Revue internationale n°62, la décomposition, phase ultime de la décadence du capitalisme, mai 1990.

6 - Pour tous ceux qui dénigrent la force théorique du marxisme, on peut comparer la prophétie de G. Bush père, la paix et la prospérité, reprise, développée, défendue et argumentée à longueur de pages dans les journaux et émissions spéciales des télévisions, avec notre analyse marxiste et notre compréhension marxiste de la période qui s'ouvrait alors.

7 - Cf. Revue internationale n°60, Thèses sur crise économique et politique en URSS et dans les pays de l'Est, septembre 1989.

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