Le chômage massif signe la faillite du capitalisme
Crise économique : la surproduction, maladie congénitale du capitalisme
Crise économique - Le troc est-il un remède à la misère capitaliste ?
La presse s'est récemment fait l'écho de prétendus bouleversements du système de l'échange, en particulier en Argentine où pendant des mois il n'était plus possible de retirer des pesos et plus généralement de l'argent dans les banques."En Argentine, le troc est devenu un moyen de survie face à la crise économique. Ils sont plus de 6 millions, près du quart de la population à s'y adonner et à participer ainsi à une véritable économie parallèle. Un essor exceptionnel qui accompagne celui du chômage et de la pauvreté." (Libération du 22 août 2002) D'après cet article,"il existe à présent 8 000 clubs (de troc) dans le pays. Le premier d'entre eux est né en 1995, dans la banlieue de Buenos Aires, à l'initiative d'une dizaine de personnes (...) La vitesse avec laquelle (cette expérience) se développe en Argentine est sans précédent." En quoi consiste ce "troc" ? "Pour faciliter les échanges, les membres peuvent échanger des biens contre des creditos, une monnaie officieuse qui se présente sous forme de coupons d'une à cinquante unités. On peut s'en servir pour acheter des biens ou se procurer des services, s'offrir des leçons d'anglais, des consultations de médecins ou d'avocats."
Argentine : face au marasme économique, quelle riposte de la classe ouvrière ?
Dans les numéros précédents de RI, nous avons fait une analyse du processus qui a amené à la banqueroute totale de l'Argentine: une dette qui représente aujourd'hui plus de la moitié du PNB. Un chômage qui atteint aujourd'hui la moitié de la population active. Un pays qui, en dix ans, est passé de l'hyper-inflation à l'hyper-endettement. Après trois ans de récession, après le plan de "sauvetage" de mars 2000, le FMI refuse en novembre de débloquer les milliards de dollars promis. Sans la moindre liquidité pour payer le service d'une dette gigantesque, le gouvernement impose le "corralito " : les gens ne pourront sortir que 1000 pesos (dollars) au maximum par mois. Epargne bloquée et salaires kidnappés par l'Etat lui-même. Après trois ans de récession, trois ans d'augmentation galopante du chômage, de la pauvreté, de la précarité, après les baisses de salaires et des pensions du mois de mars, maintenant le peu que les gens possèdent à la banque se retrouve confisqué par l'Etat. Partout, économistes, scribouillards de toutes sortes, se mettent à proposer des solutions, à faire des analyses sur la "mauvaise étoile" des Argentins, dans une espèce de mauvais tango sur un disque rayé. En fait, la "solution" de la bourgeoisie est toujours la même : faire payer les prolétaires, exploiter encore plus, saigner à blanc et, ce faisant, transformer certaines parties du monde en terrains vagues habités par des clochards. Où que ce soit dans le monde (les tigres et autres dragons du Sud-est asiatique, en Russie ou au Mexique), à chaque fois, à chaque "nouveau plan", c'est toujours les mêmes qui trinquent.
L'Argentine n'est pas une exception, elle n'est même plus le signe avant-coureur, mais l'image à peine déformée de ce qui attend, à plus ou moins longue échéance, de plus en plus larges parties du monde.
Dans le cas de l'Argentine, le FMI est en train de mettre la pression pour éviter la contamination aux pays voisins et même à l'Europe. Le FMI sait très bien que de nouveaux crédits n'auraient engendré que de nouvelles dettes dans une fuite en avant sans fin, suicidaire, et qui auraient contaminé à coup sûr les pays voisins et l'Europe.
Ainsi, la seule façon de procéder a été, comme toujours, la même : écraser encore plus les salariés et les classes non-exploiteuses. Au passage, le FMI, en tant que représentant de la bourgeoisie occidentale, a mis au pied du mur sa consœur argentine, bourgeoisie particulièrement corrompue et arrogante. Si, au mois de mars 2001, c'étaient trois ministres des finances qui se sont succédés en 10 jours, maintenant, en 15 jours, ce sont… 5 présidents qui sont passés les uns après les autres ! On a eu droit à toutes les nuances du péronisme, depuis l'histrion populiste de service qui a promis "l'immédiate cessation de payement de la dette" et "de suite, un million d'emplois" (Rodríguez Sáa), jusqu'au populiste bon teint Duhalde qui, lui, a été le candidat péroniste contre De La Rúa, et qui se permet maintenant de critiquer "tous ces stupides et corrompus qui nous ont mis dans un tel état", faisant référence, entre autres, à son coreligionnaire Menem.
Argentine : Une manifestation de la faillite du capitalisme
C'est au moment où nous mettions sous presse notre journal que l'Argentine
est venue au devant de la scène mondiale avec une aggravation spectaculaire de
sa crise économique, sociale et politique. Cet article n'est donc qu'une
première prise de position "à chaud".
Une économie en banqueroute totale : une récession persistante depuis 3 ans,
un chômage de près de 20% (atteignant 40% dans de nombreuses provinces), 150
milliards de dollars de dette extérieure ce qui oblige de consacrer les trois
quarts des exportations à rembourser les intérêts de celle-ci.
Une situation sociale et politique chaotique : malgré l'état de siège des
manifestations massives quotidiennes qui tournent à l'émeute aux quatre coins
du pays aux cris de "Nous voulons manger !", plus de 20 morts et une
centaine de blessés en quelques jours, des pillages systématiques de magasins,
un appareil politique qui disparaît dans les airs à l'image de l'ex-président
De la Rua, obligé de quitter son palais en hélicoptère, après que la démission
du ministre de l'économie, puis du gouvernement, n'aient pu calmer la
situation.
Editorial : Salut à la crise
La crise économique
frappe avec une violence redoublée à la porte des grands pays
capitalistes. Personne ne l'a conviée et pourtant elle s'invite partout.
Hier encore, tous les "experts" de la bourgeoisie levaient leur verre
à la bonne santé du plus dynamique des modes de production. La
dernière convive, la "nouvelle économie", était
célébrée sur tous les tons. Le régime idéal
avait été trouvé : une croissance constante sans inflation.
Mais tous ces beaux discours ont dû s'éclipser discrètement
pour laisser la place à celle qui, loin des salons d'apparat, des réceptions
"d'écoptimistes" et des mensonges électoraux, n'avait
jamais cessé son travail de sape. Nous avons toujours affirmé
que, derrière les falsifications des chiffres du chômage, se cachait
la liquidation de pans entiers de l'économie mondiale, que, derrière
la "croissance", se dissimulait, outre l'enfoncement dans une misère
indicible des trois quarts de la planète, un endettement astronomique
porteur de banqueroutes de pays entiers, comme aujourd'hui en Argentine. C'est
l'économie mondiale toute entière qui souffre d'un mal incurable
dont les causes sont dans le mode de production capitaliste lui-même.
Mais un autre mensonge, une autre falsification est aujourd'hui répandue,
destinée à faire croire aux prolétaires qu'il existe des
solutions à cette crise économique et sociale dans le cadre du
capitalisme. Ce sont les discours réformistes des tenants de "l'antimondialisation"
qui prétendent que le mal vient d'un "libéralisme trop sauvage"
et qu'il suffirait de plus de régulation par les Etats-nations pour en
sortir. Toutes ces bonnes âmes "citoyennes" -et leur sillage
de manifestants "globe-trotter" plus ou moins excités- ne font
qu'amuser la galerie pour mieux masquer la seule alternative à la faillite
du capitalisme : celle du renversement de ce système par le prolétariat
international. Seule la classe ouvrière, créatrice de l'essentiel
de la richesse sociale, peut remettre en cause la logique de l'exploitation
capitaliste qu'elle est la première à vivre dans sa chair et en
finir avec ce mode de production, c'est à dire avec le règne de
la marchandise et du salariat, véritable cause des crises, de la misère
et des guerres qui ravagent la planète. Seul le développement
des luttes ouvrières, sur leur terrain de classe, peuvent préparer
la voie à la destruction révolutionnaire de l'Etat bourgeois et
des rapports marchands capitalistes, que ce soit sous leur forme "libérale"
ou "étatisée". Aujourd'hui que c'est par charrettes
de 10.000 ou 20.000 ouvriers que les grands groupes annoncent leurs licenciements,
la question de la riposte de la classe ouvrière revient se poser plus
ouvertement, même si chaque prolétaire n'en a pas encore clairement
conscience. Les révolutionnaires ne peuvent que saluer la crise, car
avec elle, c'est la perspective d'affrontements décisifs entre les classes
qui vient se réaffirmer avec force.
Editorial : Licenciements par milliers, chômage, austérité... Une seule classe ouvrière ! Un seul combat !
Depuis le mois de janvier, les bobards racontés par la classe dominante
sur la "bonne santé de l'économie" et le "bon moral
des Français" n'ont cessé d'être ouvertement contredits
par les faits. Des faits criants de vérité : le capitalisme est
bel et bien en crise et les bourgeois sont bien obligés aujourd'hui de
le reconnaître. La seule chose que ce système capitaliste soit
capable de faire, ce n'est pas d'apporter de plus en plus de "prospérité"
à l'espèce humaine -comme on essaie encore de nous le faire croire-,
mais au contraire toujours plus de misère et de chômage, toujours
plus de barbarie guerrière. Et, pour ceux qui se révoltent, la
répression la plus bestiale, comme en Algérie où les récents
événements nous donnent aujourd'hui un avant-goût de ce
qui arrivera ici lorsque le prolétariat se soulèvera face à
l'Etat bourgeois. Voilà le vrai visage du capitalisme.
Résolution sur la situation internationale 2000
La situation internationale en cette année 2000 confirme la tendance, déjà analysée par le CCI au début de la décennie passée, à un écart grandissant entre l'aggravation de la crise ouverte de l'économie capitaliste et l'accélération brutale des antagonismes impérialistes d'une part et un recul des luttes ouvrières et de la conscience dans la classe d'autre part.