Le lieu où la classe ouvrière peut exprimer sa force
et décider de la conduite de sa lutte, ce sont ses assemblées générales. C'est
bien pourquoi une des armes essentielles de la bourgeoisie contre les luttes
ouvrières, c'est le sabotage des assemblées ouvrières. Ce n'est pas par hasard
si, dans toute la phase de montée de la lutte des hôpitaux, coordinations et
syndicats ont tout fait pour éviter que ne se tiennent des assemblées générales
sur les lieux de travail et s'ils n'ont invité les ouvriers à le faire que
lorsque la lutte était déjà engagée sur un terrain pourri et que tout le
dispositif d'encadrement du mouvement était déjà solidement mis en place. Mais,
lorsque les forces de la bourgeoisie ne peuvent plus s'opposer à la tenue
d'assemblées générales au risque d'être débordées , ce sont généralement elles
qui les convoquent et qui s'arrangent pour les manipuler de l'intérieur, pour
aire en sorte que les décisions soient prises dans la plus grande confusion
possible, pour étouffer toute initiative "gênante" et toute
discussion et prise de position de l'assemblée sur celles-ci, bref éviter que
celles-ci soient des assemblées
réellement souveraines et, enfin de compte, les transformer en simples
chambres d'enregistrement des décisions d'un "bureau" auto‑proclamé
par les syndicats ou les gauchistes, assemblées auxquelles les ouvriers écœurés
renoncent finalement à participer: