Soumis par ICConline le
Les avions, les cris, l’effondrement des Twin Towers… il y a 25 ans, la sidération saisissait la planète entière alors que se perpétrait l’attentat terroriste le plus meurtrier de l’histoire. À l’occasion de cette sinistre commémoration, nous invitons nos lecteurs à lire ou à relire l’article que nous avions publié en 2001: «À New York comme ailleurs: le capitalisme sème la mort».
Dans cet article de la Revue internationale, nous défendions l’idée que cette attaque n’était pas un accident de l’histoire. A l’aube du XXIe siècle, cet attentat spectaculaire rappelait à tous que la barbarie ne s’était pas éteinte avec le siècle précédent, celui des deux Guerres mondiales, des chambres à gaz, des bombes nucléaires, du Vietnam ou du génocide au Rwanda. Derrière les terroristes du 11 septembre se cachait un monstre plus terrifiant encore: le capitalisme pourrissant.
Cet événement était une confirmation éclatante de l’entrée du capitalisme décadent dans une nouvelle phase, sa phase terminale: celle de sa «dislocation intérieure» annoncée par l’Internationale communiste dès 1919. Inaugurée par l’effondrement du bloc impérialiste russe en 1989, puis par la fragmentation du bloc américain qui s’ensuivit, cette période a vu la tendance inéluctable du capitalisme à la guerre revêtir des formes inédites et chaotiques, notamment l’explosion du terrorisme à l’échelle planétaire. L’implication d’Al-Qaida n’était pas encore clairement établie lorsque nous avons écrit cet article (Ben Laden ne revendiquera les attentats qu’en avril 2002). Mais le fait qu’ils aient été perpétrés par un groupe islamiste que les États-Unis avaient soutenu dans les années 1980 contre l’occupation russe de l’Afghanistan, montrait déjà à quel point le capitalisme sombrait dans l’instabilité et le chaos. Loin du «nouvel ordre mondial» promis par George Bush père après l’effondrement de l’URSS, c’est un désordre croissant qui s’est installé. Des «alliés» d’Europe aux seigneurs de guerre comme Ben Laden, en passant par des puissances de second rang comme l’Iran ou la Russie de Poutine, les anciens et nouveaux «partenaires» des États-Unis entendaient désormais défendre leurs propres intérêts dans une indiscipline planétaire croissante.
C'est dans ce contexte que la bourgeoisie américaine a instrumentalisé les attentats du 11 septembre pour lancer ses opérations en Afghanistan et en Irak. Bien que les talibans aient entretenu, en effet, des liens étroits avec Al-Qaida, ces opérations militaires d’envergure visaient avant tout à maintenir par la force le statut déclinant des États-Unis de seule superpuissance capable d’endiguer le désordre impérialiste et d’imposer la discipline à tous.
Malgré l’incroyable démonstration de force de l’armée américaine, les 25 ans qui se sont écoulés ont pleinement confirmé ce que le 14e congrès du CCI adoptait quelques mois avant les attentats: «La fragmentation des structures et de la discipline des anciens blocs a libéré les rivalités entre nations à une échelle sans précédent, entraînant un combat de plus en plus chaotique, chacun pour soi, des plus grandes puissances mondiales jusqu'aux plus petits seigneurs de la guerre locaux […]. La caractéristique des guerres dans la phase actuelle de la décomposition du capitalisme est qu'elles ne sont pas moins impérialistes que les guerres dans les précédentes phases de sa décadence, mais elles sont devenues plus étendues, plus incontrôlables, et plus difficiles à arrêter même momentanément […] Les États capitalistes sont tous pris dans une logique qui échappe à leur contrôle et qui a de moins en moins de sens, même en termes capitalistes, et c'est précisément ce qui rend la situation à laquelle l'humanité doit faire face, si dangereuse et instable».
25 ans plus tard, la poudrière moyen-orientale a explosé: les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan, l’Irak et la Syrie voisine sont de véritables no man’s land, la péninsule arabique est à feu et à sang, Gaza et le Sud-Liban sont en ruine, Israël est dirigé par une bande de fous furieux sanguinaires et les États-Unis se sont empêtrés et définitivement discrédités dans un conflit absurde avec l’Iran. Loin d’endiguer la marée du chaos impérialiste, les invasions américaines en sont devenues un facteur d’accélération considérable. Conflits sans fin, tensions et guerres civiles se répandent comme une traînée de poudre sur tous les continents: Ukraine, Libye, Venezuela, RDC et peut-être bientôt l’Extrême-Orient… Voilà le résultat d’un quart de siècle de «guerre contre le terrorisme»!
EG, 11 septembre 2026






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