Thèses sur la situation française

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1- La défaite

En juin 1940, après onze mois de guerre, la France s'effondre et demande l'armistice. C'est ainsi que dans une défaite militaire écrasante se concrétise et éclate la décadence de ce vieux capitalisme.

Si on compare en effet ces onze mois, dont les deux derniers constituent un exemple typique de guerre-éclair, aux quatre années de lutte contre l'Allemagne de la dernière guerre, on s'aperçoit du décalage qui s'est produit entre le développement économique des deux pays.

La raison de ce décalage, de cette décadence de la France, s'explique en quelques mots : le déséquilibre entre le capital financier et le capital industriel dans ce pays. Déjà, avant 1914, l'exportation du capital français se faisait aux dépens de l'industrie nationale. La bourgeoisie française tirait, dès cette époque, des prêts faits aux autres  États un revenu supérieur à celui de son industrie. Cette tendance devait aller en s'accentuant après la guerre où la France trouva un placement usuraire de ses capitaux dans les emprunts des nouveaux  États créés par le traité de Versailles en Europe. Par contre le rythme de développement de l'industrie française subit le ralentissement caractéristique de l'époque de décadence pour tous les capitalismes et aussi un ralentissement par rapport à celui des autres grandes puissances dans la même période.

Une autre ressource du capitalisme français, en même temps qu'un facteur relatif d'équilibre pour son industrie, était constitué par son vaste empire colonial. Ce sont ces facteurs qui expliquent la faiblesse des remous sociaux d'après - guerre en France et l'atténuation de la crise et du fléchissement de la production en 1929-30, par rapport à ceux des États-Unis, de l'Allemagne ou de l'Angleterre.

Ses intérêts financiers dans le monde et son empire colonial permettaient à la France de mener, au lendemain de 191418, une politique impérialiste et, par la suite, de s'assigner un rôle de grande puissance sur le plan international, ce qui ne correspondait plus à sa puissance réelle et devait se terminer par sa ruine. On peut dire que le décalage entre sa jactance et ses moyens réels n'est que le reflet de ce déséquilibre croissant entre son capital industriel et son capital financier et commercial.

Si nous examinons maintenant la situation du prolétariat français à l'éclatement de la deuxième guerre mondiale, nous y voyons reflétées toutes les contradictions de ce capitalisme pourrissant sur place, avec son retard industriel et sa force de puissance colonialiste et usuraire.

L'incapacité de ce prolétariat à se dégager de l'idéologie anti-fasciste, inculquée par des années de politique stalinienne et renforcée dans le cours de la guerre d'Espagne de 1936-39, contraste avec la passivité et le début d'indifférence envers "les destins de la nation française", bien opposés au déchaînement du chauvinisme de 1914-18.

Ceci s'explique, non par une augmentation de sa conscience révolutionnaire, mais par la décrépitude du capitalisme français tout entier qui se retrouve dans les discussions au sein de la bourgeoisie, dans l'anachronisme et l'incapacité de l'armée.

2- L'occupation allemande : Vichy et le Comité d'Alger

La défaite de 1940 ne devait pas provoquer l'explosion de mouvements prolétariens, comme ce fut le cas en 1871 pour la Commune de Paris, ce qui s'explique par le retard politique du prolétariat français et par la situation internationale d'alors dominée encore par les victoires et la puissance économique de l'Allemagne.

Cette absence de mouvements révolutionnaires allait permettre à son tour l'intégration d'une partie de l'industrie lourde française à l'appareil productif allemand, parant pour quelque temps le capitalisme français de la crise économique inévitable d'après-guerre.

La défaite et la collaboration avec l'Allemagne allaient diviser la bourgeoisie française en deux fractions : la première, celle de Vichy, ralliait derrière son programme de collaboration l'industrie lourde dont les intérêts étaient traditionnellement liés avec ceux de certains secteurs économiques allemands, complémentaires du point de vue économique et à laquelle, malgré la défaite, la production de guerre pour les besoins de l'Allemagne permettait encore de réaliser des profits.

La deuxième, groupée derrière De Gaulle, était constituée par le capital financier dont une victoire de l'Allemagne aurait miné et détruit le système de crédits et de prêts usuraires, et aussi par la plus grande partie de l'industrie de consommation ruinée par le blocus, la réquisition des matières premières, des moyens de transport et des sources d'énergie par l'Allemagne. Cette fraction - poursuivant une politique belliciste sans avoir la base économique nécessaire : une production de guerre - ne pouvait qu'être un instrument entre les mains des Anglo-Américains qui, disposant seuls de la puissance économique, disposaient également du sort de la France.

En face de ces deux fractions de la bourgeoisie, le prolétariat ne parvient pas à prendre une position propre de classe. La réaction à l'exploitation économique forcenée de la guerre, à l'oppression politique qui le prive de toutes ses organisations de classe et à la menace constante de la déportation en Allemagne, le met en opposition avec la fraction bourgeoise de Vichy, mais le rejette vers la fraction "démocratique" d'Alger et de la Résistance.

Car si la défaite de la France a réduit à néant les facteurs historiques qui lui ont permis de figurer comme un chaînon résistant de la chaîne des puissances capitalistes depuis la fin du 19ème siècle, ces facteurs n'en continuent pas moins à peser sur la conscience du prolétariat.

Ce retard idéologique de la classe ouvrière uni aux conditions objectives sous l'occupation permettent à cette fraction "démocratique" d'utiliser le mécontentement du prolétariat pour la défense de ses propres intérêts bourgeois au travers du mouvement nationaliste qui l'oppose au capitalisme allemand.

En effet, la présence d'un capitalisme étranger, traditionnellement opposé au capitalisme français, se substituant à la domination de celui-ci et présentant d'autre part une forme plus violente d'oppression capitaliste, enfin l'intégration de l'économie française à l'économie allemande masquent encore les problèmes posés par la défaite, empêchent le prolétariat français de prendre conscience de l'antagonisme de classe en le canalisant vers l'antagonisme inter-impérialiste : on peut dire que l'occupation allemande a été l’âge d'or de la démagogie "démocratique".

Tous les partis groupés dans la Résistance, parti socialiste, parti stalinien, CGT illégale contribuent par leur propagande et leur action à entraîner le prolétariat dans une lutte contre-révolutionnaire et à renforcer ainsi sa soumission à sa propre bourgeoisie. Tandis que les grèves sur les lieux de travail sont presque inexistantes, le sabotage et le terrorisme prennent une grande extension ; devant les déportations en Allemagne les ouvriers, ne pouvant s'y opposer en tant que classe, se réfugient individuellement dans les maquis.

Le débarquement anglo-américain, fonction du renversement du rapport de forces sur le terrain économique entre l'Allemagne et les Alliés, qui revêt du fait de la menace révolutionnaire en Europe le caractère politique de croisade contre la révolution, voit la manifestation ouverte de cette situation. Succédant et amplifiant les luttes du maquis, la lutte des FFI alimente et renforce le chauvinisme, empêche une cristallisation du mécontentement dans l'armée allemande en défaitisme révolutionnaire et rend ainsi impossible toute fraternisation. C'est une explosion du nationalisme et de l'antifascisme renforcée par quatre années d'occupation et qui englobe avec la masse inconsciente de la petite-bourgeoisie le prolétariat lui-même. L'insurrection de Paris, commandée d'en haut par le Comité d'Alger, constituait à la fois une manœuvre pour exacerber le patriotisme et un sondage de la situation par la bourgeoisie : bien qu'elle n'ait pas englobé de grandes masses, elle a répondu positivement aux Alliés et à De Gaulle, le prolétariat était neutralisé.

3- La situation après la défaite allemande en France

La "libération" trouve la France dans une situation qui révèle toute l'ampleur de sa décadence, exprimée par la défaite de 1940 et camouflée par l'occupation allemande : appareil d' État désorganisé, appareil productif en partie détruit, crise économique catastrophique résultant de la désintégration de l'économie française et de l'appareil productif allemand.

La situation politique, qui voit le prolétariat à la remorque du mouvement nationaliste, va pourtant permettre à la bourgeoisie française de surmonter momentanément ces difficultés.

Le gouvernement De Gaulle qui succède à la dictature de Vichy n'est lui-même qu'une nouvelle dictature militaire : la multiplicité de partis défendant tous la même politique bourgeoise et l'existence d'un appareil syndical complètement asservi à cette politique ne parviennent pas à lui donner même une apparence de démocratie ; toute expression révolutionnaire est interdite, les militants révolutionnaires sont réduits à la même illégalité que pendant l'occupation allemande.

En ce qui concerne la reconstruction de l'appareil d'État, si derrière le problème de l'épuration se jouent des dissensions réelles entre diverses fractions de la bourgeoisie, le point de vue capitaliste de classe l'emporte en dernier lieu. En déclarant que "la restauration de la France réclame la collaboration de tous ses fils, même ceux qui se sont trompés", De Gaulle a exprimé la position de la bourgeoisie française. Car comment exclure des affaires et de la gestion de l' État une partie, et pas la moins puissante économiquement, de cette même bourgeoisie ? Des gens qui ont sauvé le capitalisme français d'une situation fort difficile en lui permettant de continuer à produire, même partiellement, et en maintenant l'oppression du prolétariat. En réalité, l'épuration est surtout une propagande démagogique destinée à faire croire aux ouvriers "qu'une fois changée l'enseigne, la taverne ne sera plus la même".

Par contre la dissolution ou l'intégration à l' État des organes de lutte issus de la Résistance et qui, depuis la "libération", ne représentent plus qu'une structure périmée, est une nécessité réelle de la bourgeoisie française pour contrôler, concentrer et renforcer son appareil d' État, instrument de sa domination.

Si d'une part l'opposition manifestée par une partie de la Résistance à la dissolution de ses organes - MP et Comités de Libération - s'explique comme étant une manœuvre démagogique tendant à empêcher le prolétariat de se placer sur son terrain propre de lutte, d'autre part elle exprime aussi le mécontentement d'une fraction de la bourgeoisie devant la paralysie économique ; elle revêt le caractère d'une pression sur le gouvernement en vue d'activer la reprise de la production au travers de l'aide économique des Anglo-Américains.

L'attitude subversive du parti stalinien à cette occasion s'explique par son rôle d'agent et de serviteur d'un impérialisme étranger : l'URSS ; elle est à la fois un aspect de sa politique tendant à maintenir le prolétariat dans les cadres politiques bourgeois de la Résistance et une pression exercée sur la politique extérieure du gouvernement pour un rapprochement avec l'URSS.

Le fait que le gouvernement soit sorti victorieux - en faisant certaines concessions de forme - de cet épisode s'explique par le ralliement de la Résistance, déterminé par l'affermissement de la position internationale de la France au travers de la reconnaissance par les Anglo-Américains de ses besoins économiques et militaires, ouvrant la perspective d'une reprise de la production de guerre ; d'autre part par l'abandon par le parti stalinien de son attitude subversive, ceci en fonction du rapprochement avec l'URSS aboutissant plus tard au pacte de Moscou, et par la non-intervention du prolétariat (contrairement à ce qu'il arriva en Belgique dans cette lutte.

Ces événements ont montré cependant que le problème le plus grave pour la bourgeoisie française, celui qui est à l'origine réelle de ses luttes internes, est la situation économique.

L'effondrement de l'occupation allemande, interrompant la production de guerre qui permettait au capitalisme français de subsister, a aggravé la crise économique en ouvrant une phase suraiguë de celle-ci.

Le pays est appauvri par les saignées effectuées par l'impérialisme allemand, son appareil productif est démantelé par la guerre, enfin son empire colonial est hypothéqué par les Anglo-Américains.

Tous ces facteurs font de la France la vassale de l'Amérique et de l'Angleterre : sa reprise économique dépend de leur aide.

La décadence générale du système capitaliste et la guerre se manifestant en France par la perte des marchés extérieurs et des sources de matières premières, par l'inexistence d'un marché intérieur, par une situation économique catastrophique et la dépendance vis-à-vis des Anglo-Américains, il est évident que toute tentative de reprise économique ne peut se faire au travers d'un rétablissement de l'économie normale mais uniquement par une poursuite de la production de guerre et de la guerre elle-même.

Par ailleurs, bien que la crise générale du capitalisme rende illusoire ce rétablissement en obligeant la bourgeoisie à se précipiter dans des guerres de plus en plus rapprochées, la lutte inter-impérialiste se maintient pour chaque pays autour de la défense ou de la conquête des positions économiques. Aussi, voyons-nous la bourgeoisie française prétendre mener une politique impérialiste sur le dos de l'Allemagne, qui lui permette de regagner ses positions d'avant-guerre.

Produire pour la guerre, faire la guerre, occuper l'Allemagne, c'est là l'objectif impérialiste derrière lequel elle a essayé d'entraîner son prolétariat en le présentant comme la condition à l'amélioration de ses conditions de vie, "au retour à des nouveaux 1936".

Tous les partis, Résistance, parti socialiste, parti stalinien, les directions syndicales asservies, ont oeuvré pour la réussite de cette manœuvre.

La campagne pour la reconstruction, axée autour de la lutte contre les collaborateurs et la 5ème colonne, a servi à masquer au prolétariat que la situation de chômage et de misère qu'il subissait n'était que l'expression de la décomposition du système capitaliste, de l'incapacité de celui-ci à lui rendre jamais des conditions de vie supportables et qu'elle constituait une image de ce que serait le lendemain de cette guerre où il allait de nouveau l'entraîner.

De la même manière les "nationalisations" et la formation des comités de gestion, organes de collaboration de classes, ne devaient servir qu'à attacher la classe ouvrière au programme de guerre en lui donnant l'illusion de gagner des positions dans l'économie capitaliste.

Le dernier événement politique de cette phase transitoire où la France fut rejetée hors de la production de guerre et cherchait par tous les moyens de s'y réintroduire, fut le pacte de Moscou. Celui-ci marque le dernier pas de la bourgeoisie française vers la guerre, à la fois parce qu'il représente une pression sur les Anglo-Américains en vue d'activer leur aide, et parce qu'il tendait à créer les conditions politiques pour que le prolétariat encore trompé par l'illusion de l' État russe comme " État ouvrier" accepte plus facilement d'être envoyé au massacre.

L'aide économique des Alliés à la France, qui est aujourd'hui un fait acquis, a été surtout déterminée, ainsi que Roosevelt l'a exprimé, par la crainte de voir la situation de crise apporter dans ce pays des troubles sociaux qui empêcheraient l'écrasement de la révolution en Allemagne. Cette aide économique et les assurances qu'ils donnent au capitalisme français d'avoir une place dans les conférences internationales réglant le sort de l'Allemagne, ainsi que les accords de Moscou et la politique chauvine du parti stalinien français, indiquent que la bourgeoisie internationale a choisi la France comme un des principaux gendarmes de l'Europe et bourreaux de la révolution allemande.

Cela met en évidence le sens politique de classe de la reprise de la guerre destinée à maintenir divisés et hostiles les prolétariats allemand et français pour les réduire tous deux à l'impuissance.

4- Perspectives

Si la politique impérialiste de la bourgeoisie française a réussi aujourd'hui à obtenir satisfaction, elle n'a en rien changé sa situation réelle et par suite celle de son prolétariat. Toute politique impérialiste doit se baser sur une puissance économique dont la France est aujourd'hui privée. Elle est dominée par les grandes puissances alliées qui lui apportent, seulement contre l'hypothèque de ses colonies, une aide économique limitée et ce n'est pas demain une lutte inégale contre celles-ci qui lui permettrait de les reconquérir.

Ainsi la guerre où elle est engagée aujourd'hui, si elle semble lui rendre une importance dans l'arène internationale, n'offre en réalité aucune perspective d'amélioration dans l'après-guerre qui va au contraire précipiter dans la crise ces grandes puissances elles-mêmes.

Aussi la politique de "la guerre pour la reconquête de nouveaux 1936" et de "la renaissance française", défendue par le parti stalinien, est-elle un mensonge et une trahison à double titre : la décadence historique du capitalisme et la situation de la France en particulier.

Si, d'un point de vue immédiat, la rentrée de la France dans le conflit repousse pour la bourgeoisie la grave crise qui éclatera inévitablement lorsque les mouvements prolétariens imposeront l'arrêt de la guerre, pour le prolétariat elle ne fait qu'empirer sa situation. Sans doute le chômage sera-t-il résorbé partiellement mais le manque de produits de consommation, de ravitaillement, de moyens de chauffage, ainsi que la cherté de la vie ne peuvent que se maintenir et s'aggraver car ils découlent de la guerre elle-même. Bien plus, du fait de la mobilisation, il se voit contraint de participer physiquement au massacre. Son peu d'enthousiasme devant cette mobilisation, le mécontentement devant l'aggravation des restrictions - qui s'est manifesté par des mouvements spontanés (manifestation à Lyon, manifestations dans le Nord, particulièrement à Denain) - ne pourront qu'évoluer vers une reprise de la lutte des classes.

Ainsi, la solution bourgeoise momentanée de la guerre contient en elle-même sa contradiction. Aggravant les conditions de vie du prolétariat, l'obligeant en partie à subir les épreuves du front militaire, elle va lui révéler que l'origine de ses souffrances ne se trouvait pas dans la domination allemande mais dans le régime capitaliste lui-même ; que le capitalisme anglo-américain et russe a œuvré non pour sa libération mais pour son asservissement et son massacre.

La Résistance et tous les partis ainsi que les bureaucrates syndicaux vont travailler certes encore pour rejeter sur les Anglo-Américains toute la faute et pour l'entraîner dans une opposition nationaliste qui peut encore rebondir si l'aide économique ne se révèle pas suffisante. Le parti stalinien surtout essaiera de maintenir en lui un dernier espoir dans le capitalisme russe, en jouant sur les contrastes impérialistes qui opposent celui-ci aux Anglo-Américains.

Mais les événements de la Grèce et de la Belgique ont déjà démasqué le rôle de répression des Alliés en Europe ; la politique impérialiste de la Russie en Europe centrale ainsi que l'expérience directe de la guerre vont oeuvrer pour diminuer l'influence de leurs démagogies sur le prolétariat. C'est contre la guerre impérialiste elle-même qu'il sera appelé à lutter, que ce soit à travers des revendications économiques, que ce soit en réponse à l'éclatement des mouvements de classe en Allemagne.

Seule cette reprise de la lutte des classes contre la guerre, en déjouant la manœuvre de la bourgeoisie qui voudrait l'utiliser pour l'écrasement de la révolution allemande et en créant les conditions de transformation de la fraction de gauche communiste, aujourd'hui faible et isolée, en un fort parti révolutionnaire, le mènera à sa propre émancipation.

Géographique: 

Conscience et organisation: 

Rubrique: 

Travaux de la conférence 1945