Durant trois semaines, les émeutes dans les banlieues ont fait
la Une de
l’actualité. Des milliers de jeunes, issus pour une grande part des couches les
plus pauvres de la population, ont crié leur colère et leur désespoir à coup de
cocktails Molotov et de caillasses (voir article page 1).
Les premières victimes de ces destructions sont les ouvriers.
Ce sont leurs voitures qui sont parties en fumée. Ce sont leurs lieux de
travail qui ont été fermés, plaçant plusieurs centaines d'entre eux au chômage
technique. Un ouvrier interviewé pour le journal de 20h a magistralement résumé
la parfaite absurdité de ces actes en ces termes : "Ce matin,
j’ai trouvé sur le pare-brise de ma voiture calcinée cette affiche. C’est
marqué dessus ‘Nique Sarkozy’. Mais c’est pas Sarkozy qu’on a niqué, c’est
moi !"
Même si l'explosion de colère des jeunes des banlieues est
tout à fait légitime, la situation sociale qu'elle a créée représente un réel
danger pour la classe ouvrière. Comment réagir ? Faut-il se ranger
derrière les émeutiers ou derrière l'Etat "républicain" ? Pour
la classe ouvrière, il s'agit là d'une fausse alternative car les deux pièges
sont à éviter. Le premier serait de voir à travers la révolte désespérée de ces
jeunes un exemple de lutte à suivre. Le prolétariat n’a pas à s’engouffrer sur
ce chemin auto-destructeur. Mais la "solution" criée partout haut et
fort par la bourgeoise est une impasse tout aussi grande.