La lutte Proletarienne

Réponse au "Prolétaire" (PCI) - A propos des luttes à Cellatex et Adelshoffen



Dans le numéro 304 de RI (septembre 2000), nous avons pris position sur la campagne qui avait agité les médias durant l'été autour des luttes à Cellatex et dans d'autres entreprises (Adelshoffen, Forgeval...). Dans notre article, intitulé "Un exemple à ne pas suivre", nous avons montré comment et pourquoi les moyens utilisés dans ces luttes (le déversement d'acide sulfurique dans une rivière dans le cas de Cellatex, la menace de faire sauter l'usine à Adelshoffen...) ne pouvaient pas représenter une avancée pour la classe ouvrière dans son ensemble. Nous avons notamment développé que ce n'est pas par hasard si justement ces méthodes avaient eu droit à de grands coups de projecteurs de la part des médias bourgeois et si le gouvernement n'avait pas hésité à encourager leur exemple en concédant des avantages substantiels, notamment aux grévistes de Cellatex.

Mai 1968 : le prolétariat revient à l'avant de la scène

Il y a 30 ans, s'est déroulé en France un grand mouvement de luttes dans lesquels étaient engagés, pendant près d'un mois, près de 10 millions d'ouvriers en grève. Il est très difficile pour les jeunes camarades qui s'approchent aujourd'hui des positions révolutionnaires de savoir ce qui s'est passé durant ce lointain mois de mai 1968.

Luttes revendicatives et surgissement de la CLASSE-POUR-SOI

Ce texte de tendance s’inscrit dans la perspective ouverte par les articles "Où va la lutte de classe en France ?"(n°4), "Lip : combativité et mystification” (n°5), "Situation actuelle, perspectives et activité des révolutionnaires" (n°7) et "Leçons de la lutte des ouvriers anglais" (n°8). Il a été rédigé avant que nous prenions connaissance de l'article du camarade Victor, auquel une réponse sera faite ultérieurement.

Précisons tout de suite les points suivants :

Le prolétariat : une classe d’immigrés

Avec l'effondrement du bloc de l'Est, ce sont maintenant des vagues gigantesques d'immigrés fuyant la misère, la famine, les massacres, qui vont venir inonder les Etats d'Europe occidentale comme on le voit déjà en Allemagne et en Italie. Face à cette menace de déstabilisation et d'extension du chaos à la vieille Europe industrialisée, toute la bourgeoisie d'Europe occidentale s'efforce aujourd'hui non seulement d'endiguer cette "invasion" d'immigrés par des mesures musclées de fermetures des frontières, mais encore de faire adhérer la classe ouvrière à sa sinistre politique de défense du capital national. En déchaînant une gigantesque campagne anti-immigrés, qui alimente les pires idéologies bourgeoises tels le racisme, la xénophobie, le nationalisme, le "chacun pour soi", la classe dominante ne vise qu'un seul but : empêcher le prolétariat d'affirmer sa solidarité et son unité de classe internationales, en cherchant à la diviser entre ouvriers immigrés et ouvriers autochtones. En semant l'illusion que ces derniers auraient quelque chose à sauvegarder, à défendre contre tous ces miséreux venus de l'Est ou d'ailleurs, tout ce battage idéologique s'efforce de leur faire oublier que la situation d'immigrés fait partie de l'être-même de la classe ouvrière, de la misère de sa propre condition de classe exploitée.

 

20 ANS depuis MAI 1968 : le mûrissement des conditions de la révolution prolétarienne

Les commentateurs "officiels" de l'histoire et les nostalgiques déçus des années de gloire du "mouvement étudiant" fêtent l'anniversaire des 20 ans de Mai 1968 en étant d'accord sur un point: les "rêves révolu­tionnaires de 68" n'étaient que des rêves.

Front unique, front anti-prolétarien

« Encore aujourd’hui, le problème du front unique est présenté comme le remède à tous les maux dont souffre la classe ouvrière, incapable de s’opposer à l’offensive du capitalisme. Ceux-là même qui depuis l’après-guerre, n’ont fait que traîner les travailleurs dans la boue des pires compromissions, clairement, pour maintenir coûte que coûte leur influence dans les masses : front unique! Tous ceux qui, à défaut d’une perspective des événements,résultant d’une analyse sérieuse de la situation, veulent agir à tout prix, se tirent d’affaire en criant, eux aussi : front unique! » (Bilan, 1934). C’est ainsi que la gauche communiste italienne en exil jugeait, 12 ans après son adoption par l’Internationale Communiste, la tactique de « front unique ».

A PROPOS DES «GROUPES OUVRIERS» (II)

La première partie de cet article (RI n°39) était constituée d'un document émanant du "groupe ouvrier autonome de Clermont-Fd. intitulé "plateforme minimum pour l'autonomie ouvrière" et du début d’une critique de ce texte. Celle-ci portait sur un certain nombre de formulations erronées ou ambiguës concernant la nature présente des syndicats et des partis de gauche. En effet, si le texte est particulièrement clair sur la nature bourgeoise de ces organismes, il introduit une confusion en les considérant comme "réformistes".

LES COMMISSIONS OUVRIERES : UNE ILLUSION CONTRE REVOLUTIONNAIRE

Toute organisation ouvrière de caractère permanent doit être analysée à partir des objectifs qu’elle poursuit. Dans le cas des commissions ouvrières, il existe une véritable résistance de la part des militants dits de "gauche" ou d’"avant-garde" à accepter l’idée que celles -ci soient orientées par une politique définie. Il existe toute une tendance qui voit dans les commissions ouvrières l’embryon de la future organisation de la classe sans autre objectif, dans le présent, que la "lutte contre l’exploitation".

La grève des petits commerçants et le prolétariat

Lorsque face à la taxation, les petits commerçants ont fermé boutique, toute la "gauche" et l’"extrême gauche" ont brandi le drapeau de l‘alliance de toutes les "couches populaires" contre le capital. Soutien critique, soutien tactique, soutien conditionnel : chacun se démarque des affreux "opportunistes" d’à coté. Mais tous, sans exception, préconisent, l ‘union des couches inférieures du commerce avec le prolétariat.

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