La signification fondamentale de la révolution russe
"Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions ; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies. Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de “consoler” les classes opprimées et de les mystifier ; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu, on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire. C’est sur cette façon d’“accommoder” le marxisme que se rejoignent aujourd’hui la bourgeoisie et les opportunistes du mouvement ouvrier” (Lénine, L’État et la révolution),
Il n'y a pas eu de révolutionnaire à qui ceci s'applique plus qu'à Rosa Luxemburg. Les héritiers de ses assassins - les sociaux-démocrates de tous poils - voudraient en faire une icône de la démocratie contre les bolcheviks dictatoriaux. Ce premier chapitre de son travail sur la Révolution russe est une réfutation cinglante de ces tentatives de réécriture de l'histoire. Comme elle le dit dans sa conclusion : "Tout l'honneur révolutionnaire et toute la capacité dont la social-démocratie occidentale manquait était représenté par les bolcheviks".