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ICConline - mars 2026

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Décadence et putréfaction de la classe dominante

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Près de sept ans après le suicide en prison du prédateur sexuel et pédophile, Jeffrey Epstein, et la découverte d’un très vaste réseau international de trafic sexuel, les archives et photos tirées d’un épais dossier, dont seulement une partie a été rendue publique, ne cessent d’alimenter les Unes des médias. Ce scandale nauséabond implique directement deux présidents américains, Donald Trump et Bill Clinton, mais aussi un nombre impressionnant de personnalités politiques de tous bords, compromises dans le monde entier, allant du Prince Andrew jusqu’à des ministres de plusieurs puissances européennes ou des célébrités du monde de la finance comme du spectacle, sans compter le patron du Forum de Davos, le président du CIO, des promoteurs, hommes d’affaires, avocats, tous impliqués jusqu’à la moëlle. Les ramifications très sophistiquées et méthodiquement organisées de  «soirées privées», le financement faramineux et les complicités des plus hautes sphères de la classe dominante ont choqué la planète entière.

L’exploitation des femmes, reflet des mœurs des sociétés de classes

On voudrait nous faire croire que toute cette horreur n’est que le fait d’un pervers mégalomane et narcissique. Mais cette situation de dépravation et d’utilisation de sa position sociale pour exercer des chantages sexuels ne correspond nullement à un phénomène isolé. Il vient au contraire illustrer une pratique très largement répandue au sein de la classe dominante. Il suffit de rappeler quelques exemples notoires de ces dernières années : les soirées  «bunga bunga» organisées par l’ex-premier ministre italien Silvio Berlusconi, en même temps patron d’une chaîne de télévision et grand homme d’affaires, s’assurant le service régulier de call girls dans les années 1990 ; l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, à l´époque président en exercice du Fonds Monétaire International et grand favori des élections présidentielles en France de 2012, qui avait tenté d’abuser d’une femme de chambre dans un hôtel de New York et qui a été ensuite mis en accusation par beaucoup d’autres femmes pour des comportements similaires[1] ; ou encore l’ex-président-colonel Khadafi dont une journaliste, Mémona Hintermann, avait témoigné qu’il avait cherché à la violer lors d’un séjour en Libye en 1984 en échange d’une interview.

De fait, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, les femmes ont toujours été exploitées comme objets sexuels ou d’échange. Engels dans L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État ou August Bebel dans La Femme et le socialisme ont clairement montré et dénoncé les rapports d’exploitation des femmes par les hommes dans toutes les sociétés de classe marquées par la domination patriarcale. Mais, avec l’entrée en décadence des modes de production et d’exploitation successifs, les superstructures idéologiques ont tendu à se déliter davantage et ont poussé les classes dominantes en déclin à des comportements encore plus  «déviants» et malsains.

Cela s’est notamment vérifié avec le déclin de l’aristocratie anglaise au XVIIIe siècle. Son libertinage et sa dépravation sont un thème récurrent du peintre William Hogarth. En France, à la même époque, notamment sous la Régence cynique de Philippe II de Bourbon, entre 1715 et 1723, le relâchement des mœurs et le succès des  «fêtes galantes» au Palais-Royal témoignent du même phénomène. Ce phénomène devait d’ailleurs perdurer sous Louis XV et ses favorites, anciennes courtisanes anoblies et sous une forme plus discrète avec la vogue des  «salons littéraires et artistiques».

Toutefois, dans le capitalisme, l’exploitation des femmes prend une dimension nouvelle avec la marchandisation du corps féminin, sorte de deuxième  «défaite historique du sexe féminin»[2], symbolisée par  «l’âge d’or des maisons closes» au XIXe siècle et sa généralisation de la prostitution  «au service» des armées en exercice. Même si le capitalisme a atténué, en partie, la division sexuelle du travail à l’origine des sociétés de classes en intégrant les ouvrières dans le procès de production, il maintient fondamentalement le cadre de la soumission forcée des femmes aux hommes, en particulier à travers le mariage et son isolement dans la famille étroite, résumé dans la formule de Flora Tristan, reprise par Marx et Engels :  «la femme est le prolétaire de l´homme».

Bebel en particulier a dénoncé avec virulence toute l’hypocrisie de la société bourgeoisie dans la période ascendante du capitalisme, en particulier dans les grandes familles bourgeoises :  «Dans le mariage, la femme est achetée et devient la propriété légale du mari. […] Si le mariage représente l’un des côtés de la vie sexuelle du monde bourgeois, la prostitution en représente l’autre. Le premier est la face de la médaille, la seconde en est le revers»[3].   De fait, les rapports capitalistes non seulement perpétuent mais accentuent le rôle de la femme en objet sexuel, qui devient réellement la propriété privée de l’homme au point d’être réduite à une fonction d’outil au service du désir et des pulsions masculines. Les femmes prolétaires, en particulier, et notamment dans le cadre de leur exploitation au travail, sont forcées, sous la menace constante de la mise au chômage et d’être réduites à la misère et la pauvreté, à s’abaisser à subir toutes les humiliations.

Un symbole de la putréfaction du capitalisme

Bien sûr, la prostitution, le viol et la pédophilie ont  «toujours existé». Mais cette exploitation prend une forme encore plus extrême, abjecte et massive avec l’enfoncement du système capitaliste dans sa crise historique. La prostitution a désormais pris une ampleur industrielle inimaginable, tout comme l’exploitation des femmes et des enfants dans la pornographie. Les réseaux d’esclavage sexuel ultra-violents ont explosé en tirant profit de la misère croissante et de l’isolement de jeunes filles. La pornographie, de plus en plus ignoble et cruelle, s’est largement banalisée, y compris chez les plus jeunes. On estime qu’une femme sur huit a aujourd’hui subi un viol ou une agression sexuelle avant l’âge de 18 ans, en grande majorité dans le cadre familial et dans les contextes de guerre où la statistique s’envole à une femme sur quatre ! Ce musée des horreurs est interminable. Alors que la bourgeoisie n’a plus aucune perspective à offrir que la guerre, la misère et le chaos généralisé, le pourrissement sur pieds de toutes ses structures sociales à des effets considérables, y compris sur le plan moral :  «toutes ces manifestations de la putréfaction sociale qui aujourd'hui, à une échelle inconnue dans l'histoire, envahissent tous les pores de la société humaine, ne savent exprimer qu'une chose: non seulement la dislocation de la société bourgeoise, mais encore l'anéantissement de tout principe de vie collective au sein d'une société qui se trouve privée du moindre projet, de la moindre perspective, même à court terme, même la plus illusoire»[4].

Si ce phénomène touche toutes les couches de la société, il prend des formes extrêmes parmi la bourgeoisie pour qui l’accès à ces pratiques est largement facilité par la position dominante de ses membres. Ainsi, toutes les formes de corruptions croissent et prospèrent au sein de la bourgeoisie, notamment dans l’appareil politique, comme le déferlement de scandales dans la plupart des pays, à un niveau et avec une ampleur inégalée auparavant. À l’image de la gangstérisation croissante des appareils politiques et économiques, gangrenés par la corruption et les liens avec les milieux mafieux, Epstein, individu dépourvues de tout scrupule et formé dans les coulisses de la bourse de Wall Street,  n’a cessé d’exercer des rapports de force, de chantage, de menaces et d’intimidation, tant de ses richissimes  «clients» ou  «protecteurs» sur lesquels il exerçait un chantage permanent en accumulant les dossiers, que vis­-à-vis de ses victimes, soigneusement ciblées et choisies parmi les plus fragiles ou vulnérables, venant de milieux socialement défavorisés ou ayant connu une ambiance familiale difficile (drogues, alcoolisme, prostitution, abus sexuels…).

Ce n’est pas un hasard si Trump, fer de lance du populisme, lui-même en lien avec les milieux mafieux, a été un complice d’Epstein :  «De nombreuses femmes ont déjà affirmé que Trump les avait violées lors de divers événements ou concours de beauté. On sait également que Trump a payé pour faire taire les deux femmes qui l'accusaient d’avoir eu des relations illicites avec lui, la star du porno Stormy Daniels et l’ancienne playmate de Playboy Karen McDougall. [...] Bien connue est aussi son association avec Epstein, qui a été accusé de viol, d’abus et, surtout, de trafic international d’enfants. Il apparaît avec Trump sur des dizaines de photos. Enfin Trump a également été reconnu coupable de trente-quatre chefs d’accusation de falsification de documents commerciaux, qui ont été révélés lors de l’enquête sur les paiements versés à Stormy Daniels».[5]

Mais pourquoi tant de publicité est-elle consacrée à cette affaire dans les médias ?  Il y a bien entendu une exploitation idéologique de cette campagne médiatique.  Il existe une dimension de règlement de compte entre factions bourgeoises rivales : les uns pour discréditer la politique  «autoritaire, dictatoriale, fasciste» de Trump et tenter de le destituer ; les autres, dans le camp MAGA, pour alimenter leurs thèses délirantes sur un vaste complot fomenté par des  «élites»… Mais il s’agit aussi d’alimenter une campagne pour la défense de la  «démocratie menacée» polarisée sur la fausse opposition entre populisme et anti-populisme. C’est, d’une part, un piège dangereux tendu à la classe ouvrière pour la détourner de ses luttes. En même temps, cette campagne sert à détourner l’attention de l’enfoncement inexorable du capitalisme dans la barbarie : l’horreur de l’exploitation du corps des femmes et des enfants se réduirait à un individu, Epstein, et pourrait trouver sa solution dans  «plus de démocratie», plus de  «transparence», plus de  «justice». En focalisant l’attention sur des individus, la bourgeoisie cherche à dissimuler que derrière ces ignobles personnages, le véritable responsable, c’est la société capitaliste pourrissante. Elle cherche ainsi à empêcher la prise de conscience que pour mettre fin à toutes ces horreurs, il faut en finir avec ce système.

Wim, 28 février 2026


[1]Cf.  «Affaire DSK : la bourgeoisie est une classe de pourris [1]«, Révolution Internationale n° 424, (juillet/août 2011).

[2] Engels décrit le renversement du droit maternel au néolithique comme la  «défaite historique du sexe féminin».

[3]Bebel, La femme et le socialisme,  «La femme dans le présent».

[4] «THESES : la décomposition, phase ultime de la décadence capitaliste [2]« (mai 1990).

[5]  « Comment expliquer le chaos de la politique bourgeoise ?», Revue Internationale n° 174.

Conscience et organisation: 

  • Courant Communiste International [3]

Personnages: 

  • Jeffrey Epstein [4]

Récent et en cours: 

  • Affaire Epstein [5]
  • Donald Trump [6]
  • Bill Clinton [7]
  • Prince Andrew [8]
  • Silvio Berlusconi [9]
  • Dominique Strauss-Kahn [10]
  • Mouammar Kadhafi [11]
  • Engels [12]
  • August Bebel [13]
  • William Hogarth [14]

Questions théoriques: 

  • Décomposition [15]

Rubrique: 

Affaire Epstein

Escalade de la guerre au Moyen-Orient : un nouveau pas de l’enfoncement dans la barbarie capitaliste

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Samedi 21 mars 2026

De 15 h à 18 h,

En réponse à l'escalade de la guerre au Moyen-Orient, le CCI a publié un nouvel article sur son site web (Le capitalisme, c'est la guerre ! Il faut renverser le capitalisme! [16]) et organise une réunion publique en ligne en français avec les buts suivants :

· Définir la position internationaliste contre tous ceux qui soutiennent l'un ou l'autre camp dans ce carnage inter-impérialiste

· Analyser l'évolution du capitalisme mondial et l'« avenir » catastrophique qu'il réserve à l'humanité

· Discuter des défis auxquels est confrontée la classe ouvrière, qui doit faire face à l'accélération de la guerre et du chaos.

Veuillez écrire à [email protected] [17] si vous souhaitez y participer

La réunion se tiendra en français. Le CCI organisera des réunions séparées, physiques et en ligne, dans plusieurs autres pays et langues. Veuillez consulter notre site web pour plus de détails (www.internationalism.org [18])

Les réunions publiques physiques en français se tiendront dans les villes suivantes :

 Paris. 15H – 18H CICP. 21 ter rue Voltaire. Métro rue des boulets

Marseille. 15H- 18H. La Combinerie: 28 bd National 13001 Marseille

Lyon. 14H30 – 17H30 : 22 rue Alfred de Musset,(ni au 22A et 22B) 69100 Villeurbanne. Metro A. Descendre a Vaulx en Velin la soie

Lille 15H -18H MRES 5 rue Jules de Vicq. Metro Fives

Nantes : 15h-18h : Salle de la Mairie (salle C) 42 rue des hauts-Pavés  44000 NANTES Tram ligne 3, direction Marcel Peul, arrêt Poitou

Bruxelles. 14h 18h  Pianofabriek- rue du Fort 35, St Gilles 1060-Bruxelles         

Toulouse. 15H -18H : l’adresse sera précisée ultérieurement.

Les camarades qui ne peuvent se rendre dans les réunions organisées dans ces villes nous préviennent en nous envoyant un mail à cette adresse : https://fr.internationalism.org/ [19], un lien leur sera envoyé pour participation à une réunion en ligne.  

Vie du CCI: 

  • Réunions publiques [20]

Conscience et organisation: 

  • Courant Communiste International [3]

Personnages: 

  • Donald Trump [21]
  • Benyamin Netanyahou [22]

Récent et en cours: 

  • Guerre au Moyen-Orient [23]

Rubrique: 

Réunion publique en ligne du CCI

Guerre en Iran: Le capitalisme, c’est la guerre! Il faut renverser le capitalisme!

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« Ce régime apprendra bientôt que personne ne doit défier la puissance et les forces armées des États-Unis ». Tels étaient les propos de Trump quelques minutes après les premiers bombardements massifs de l’Iran par l’aviation israélienne et américaine. S’en est suivie une riposte tous azimuts des gardiens de la révolution qui ont à leur tour lancé des salves de missiles vers Israël et les bases américaines dans toute la région. Écoles, hôpitaux, ports et aéroports, zones résidentielles et touristiques, les missiles pleuvent de toutes parts sur des populations terrorisées. C’est tout le Moyen-Orient qui s’embrase ! À l’heure où nous écrivons ces lignes, le bilan des victimes est encore inconnu mais les morts s’amoncellent dans de nombreuses villes iraniennes et plusieurs victimes sont à déplorer dans les localités visées par les gardiens de la révolution, dont les premiers soldats américains.

Une plongée vertigineuse dans la barbarie et le chaos

Trump, pour justifier ce nouveau massacre, prétend chercher à détruire un régime sanguinaire qui « mène une campagne ininterrompue d’effusion de sang et de meurtres de masse, visant les États-Unis, nos soldats et des innocents dans de très nombreux pays ». Quant à son comparse, Nétanyahou, il affirme vouloir carrément protéger « l’humanité » de « ce régime terroriste et meurtrier ». Ce serait même une « intervention humanitaire », d’après le fils du Shah, Reza Pahlavi !

De leur côté, les autorités iraniennes se posent en victimes : « le moment est venu de défendre la patrie et de faire face à l’agression militaire de l’ennemi. De même que nous étions prêts à négocier, nous sommes plus prêts que jamais à défendre notre pays ».

À entendre tous ces bonimenteurs, leurs tapis de bombes seraient motivés par la sécurité du monde et la défense des opprimés ! Cette propagande de guerre n’est qu’un abominable tissu de mensonges ! La réalité, c’est que le Moyen-Orient plonge dans un chaos guerrier d’une ampleur inédite. Et cela, huit mois à peine après l’opération Midnight Hammer déjà censée « anéantir » le programme nucléaire iranien et imposer par la force la « paix » et la stabilité dans la région.

Mais cette nouvelle opération militaire, baptisée du terrifiant sobriquet d’Epic Fury, est d’une toute autre ampleur que celle de juin 2025. Les États-Unis ont accumulé une véritable armada autour de l’Iran : des navires de guerre, des sous-marins, des centaines d’avions et des milliers de soldats. C’est un véritable massacre qui commence. Trump et Nétanyahou le savent parfaitement et ont immédiatement affiché la couleur : leur opération sera massive et particulièrement meurtrière. Pour le président américain, « nous allons détruire leurs missiles et réduire à néant leur industrie de missiles. Elle sera totalement anéantie. Nous allons anéantir leur marine. […] Et nous veillerons à ce que l’Iran n’obtienne pas d’arme nucléaire ». Avant d’appeler le « grand et fier peuple d’Iran » à « prendre en main [son] destin ». Autrement dit : à prendre les armes contre le régime et à se faire massacrer dans les rues !

En face, l’État iranien menace les États-Unis et Israël d’une « riposte écrasante ». Les missiles pleuvent par milliers mais la dictature de Téhéran peine à contrer la toute-puissance américaine. Le régime a été considérablement affaibli par les bombardements de juin 2025 et la destruction de ses alliés du Hezbollah et du Hamas. La seule réponse que Téhéran a pu apporter à la crise déclenchée par l’opération Midnight Hammer a consisté en une féroce répression de l’opposition. Mais que le régime s’effondre ou parvienne, malgré la mort de son « guide » Khamenei, à se maintenir, il fera couler le sang sans vergogne pour sa survie et n’hésitera pas à exporter la guerre. Car faute de pouvoir répliquer frontalement, l’État iranien a déjà activé ses milices et ses groupes armés, prêts à semer le chaos partout où cela sera possible, y compris par l’arme du terrorisme.

Des conséquences internationales catastrophiques

Dans les jours qui viennent, Trump ne manquera pas de fanfaronner et de vanter la toute-puissance de l’US Army. Au niveau mondial, ce nouveau conflit va sans aucun doute affaiblir les principaux adversaires des États-Unis. Au premier rang desquels la Chine qui, tributaire du pétrole iranien et d’un accès aux ports du Moyen-Orient pour développer ses nouvelles routes de la soie, a largement réapprovisionné le stock de missiles des gardiens de la révolution. L’ampleur de l’opération Epic Fury est, à ce titre, un nouveau message adressé aux ennemis de l’Amérique : « personne ne doit défier la puissance et les forces armées des États-Unis » !

Mais, comme après l’opération de 2025, comme après celle au Venezuela, cette nouvelle démonstration de force n’est qu’un coup d’éclat, une victoire en trompe-l’œil qui ne va ni stabiliser la région, ni résoudre aucun conflit. Au contraire, le désordre mondial va franchir un nouveau palier dans la barbarie ! Car contrairement à ce qu’affirme Trump, l’hypothétique effondrement du régime, loin d’apporter la stabilité, ne sera que le prélude à une nouvelle plongée dans l’horreur : un Iran instable et morcelé par des factions rivales et surarmées, l’éclosion de groupes terroristes incontrôlables, une spirale sans fin de vengeances claniques, religieuses ou ethniques, des populations terrorisées cherchant par tous les moyens à s’enfuir… Quoi qu’il arrive, le chaos va s’accroître considérablement !

En menaçant le verrou économique et pétrolier du détroit d’Ormuz, l’Iran menace aussi l’économie mondiale d’une crise plus profonde. C’est la raison pour laquelle Téhéran a aussitôt ciblé la zone. Nul doute que ses complices Houthistes feront tout leur possible pour mettre la Mer rouge et le Golfe d’Aden en état d’alerte permanent.

Tous les États, qu’ils soient petits ou grands, tentent déjà d’exploiter le chaos ambiant au profit de leurs sordides intérêts impérialistes. L’Arabie saoudite se dit prête à intervenir, tout comme le Hezbollah et les milices pro-iraniennes en Irak. La Chine, dont l’influence est aussi visée à travers cette opération, finira tôt ou tard par montrer les muscles, à Taïwan ou ailleurs, risquant un conflit militaire avec les États-Unis.

Une expression de la barbarie du capitalisme

Il ne s’agit nullement d’une vision catastrophiste de la situation, mais de la conclusion logique que nous imposent tous les conflits guerriers de ces vingt dernières années : invasion de l’Afghanistan en 2001, guerre en Irak en 2003, implosion de la Syrie en 2011, guerre au Yémen en 2014, Gaza en 2023… à chaque fois, ces aventures guerrières n’ont conduit qu’à des situations catastrophiques et des fiascos, y compris pour les États-Unis, malgré la puissance de leur armée !

Derrière ces conflits sans fin, ponctués de promesses de paix incessantes et mensongères, la même dynamique est à l’œuvre : celle d’un capitalisme qui plonge inéluctablement l’humanité dans un chaos guerrier généralisé. De la Mauritanie à la Birmanie, un arc planétaire ininterrompu de conflits armés s’est durablement enraciné. En Europe avec le conflit en Ukraine, en Amérique Latine, en Afrique, en Océanie, partout la guerre se répand de façon incontrôlable et anarchique. Partout, le chaos règne et ni les États-Unis, ni les pays européens, ni la Chine, ni les Institutions internationales, aucun État, ni aucune faction bourgeoise n’est capable d’y mettre un terme. Les « cessez-le-feu » et les « négociations » se révèlent tous n’être que des interruptions momentanées et précaires, conclus pour mieux préparer les prochains affrontements !

Face à la barbarie du capitalisme, une seule issue : l’internationalisme prolétarien !

Dès sa première allocution, Trump appelait les Iraniens à « s’emparer du pouvoir ». À Londres, à Berlin ou en Géorgie, quelques manifestants se sont même rassemblés pour soutenir l’opération américaine et la « démocratie ». Ces cris bellicistes sont d’ignobles guets-apens ! Des appels à se faire massacrer pour le Shah ou toute autre faction de la bourgeoisie iranienne ! Avec la fin potentielle du régime des Mollahs, il n’y aura pas de lendemain heureux. Ce sera toujours le même système, le même capitalisme, la même barbarie !

De l’autre côté, les Mollahs et leurs soutiens, à commencer par les partis gauchistes d’Occident, appellent le « peuple iranien » et la classe ouvrière à se mobiliser partout contre « l’agression impérialiste » des États-Unis. Des manifestations pro-Iran ont eu lieu dès le lendemain de la première attaque, à Téhéran-même, mais aussi en Irak ou au Pakistan avec plusieurs victimes devant l’ambassade américaine. Là aussi, ce ne sont que des appels à soutenir un camp impérialiste et à se faire massacrer au nom d’une clique de barbares sanguinaires !

La classe ouvrière n’a pas à choisir de camps ! Les prolétaires du monde entier ne doivent pas succomber aux sirènes du nationalisme ni prendre parti pour l’un ou l’autre des camps, que ce soit au Moyen-Orient ou ailleurs. Toutes les nations, toutes les bourgeoisies, qu’elles soient démocratiques ou autoritaires, de gauche ou de droite, populistes ou « progressistes », toutes sont va-t-en-guerre !

Malgré les discours bouffis de morale hypocrite, opposant la « civilisation » à la « barbarie », le « bien » au « mal », les « agresseurs » et les « agressés », les guerres ne sont que des affrontements entre bourgeoisies rivales. Dans ces conflits toujours plus nombreux, ce sont toujours les exploités qui sont pris en otage et qui se sacrifient pour les intérêts de ceux qui les oppriment et les tuent !

Pour mettre fin aux guerres, il faut renverser le capitalisme ! L’histoire a montré que la classe ouvrière est la seule force qui peut mettre fin à la guerre capitaliste. C’est la force du prolétariat révolutionnaire qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, en 1917 en Russie et en 1918 en Allemagne ! Ces mouvements révolutionnaires ont été capables d’imposer l’armistice aux gouvernements. Mettre définitivement fin aux guerres, partout, la classe ouvrière devra le conquérir en renversant le capitalisme à l’échelle mondiale !

Mais c’est encore un long chemin semé d’embûches. Face à la barbarie guerrière, nombreux sont ceux qui ont envie de résister, d’exprimer leur indignation. Et, en effet, si nous ne réagissons pas, le capitalisme nous entraînera vers le chaos et la destruction généralisée. Mais ceux qui se retrouvent aujourd’hui dans la rue, le font bien souvent derrière les slogans de la gauche du capital : « No Kings », « Stop génocide », « Free Palestine »… autant de mots d’ordre qui instillent l’idée que les causes de la guerre résident dans tel ou tel dirigeant, dans la folie d’un Trump, dans le colonialisme d’Israël, dans les délires religieux des juifs intégristes, dans l’impérialisme américain… Derrière une apparente radicalité, derrière des discours « pour la paix », pour le « droit des peuples », « pour la défense des agressés », il s’agit toujours de choisir un camp bourgeois contre un autre et d’en appeler à la défense de l’État « démocratique ». Aux États-Unis, des manifestations anti-Trump ont ainsi dénoncé l’absence de consultation du Congrès et de respect du « droit international », comme si une guerre « légale » était moins barbare !

Bien que la classe ouvrière n’ait pas encore la force nécessaire pour s’opposer directement aux guerres de la bourgeoisie et que la perspective révolutionnaire semble encore lointaine, ce chemin passe néanmoins par la résistance acharnée contre les attaques d’un capitalisme écrasé par le poids croissant de la crise et du militarisme. En refusant de sacrifier nos vies et nos salaires sur l’autel de la « compétitivité » ou de « l’effort de guerre », nous commençons à nous dresser contre le cœur même du capitalisme : l’exploitation de l’homme par l’homme.

Comme nous l’avons montré dans de nombreux articles, depuis 2022, nous assistons à un véritable réveil de la combativité ouvrière à l’échelle mondiale. En refusant les sacrifices imposés par l’économie de guerre, les travailleurs manifestent une solidarité concrète envers leurs frères de classe piégés sous les bombes. Et cette détermination à ne pas se laisser faire s’accompagne d’une maturation de la conscience politique : partout, de petites minorités s’interrogent sur l’organisation des luttes et l’avenir du système, sur le lien entre la crise et la multiplication des guerres. Pour les minorités révolutionnaires, l’heure est au débat et à l’action pour transformer ces réflexions souterraines en une force organisée capable de préparer les luttes révolutionnaires de demain.

EG, 1er mars 2026

Géographique: 

  • Moyen Orient [24]
  • Iran [25]
  • Israel [26]

Personnages: 

  • Benyamin Netanyahou [22]
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  • Donald Trump [21]

Récent et en cours: 

  • Guerre en Iran [28]

Rubrique: 

Guerre en Iran

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Liens
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