Réunion Publique à Utrecht: Un moment dans le débat sur les "grèves pour le climat"

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Depuis la deuxième moitié de l’année 2019, la question du climat est une fois de plus au centre de l’attention médiatique au niveau mondial. Des manifestations surtout de jeunes se sont succédées dans 270 villes du monde pour protester contre la détérioration du climat et la destruction de l’environnement. L’inquiétude pour l’avenir de la planète et de l’espèce humaine elle-même est totalement justifiée et il ne fait aucun doute que c’est le système actuel de production qui entraîne des changements des conditions climatiques, atmosphériques et reproductives de la planète aux conséquences toujours plus catastrophiques (voir les articles du CCI sur ce sujet). Face à cet avenir menaçant, il n’est pas étonnant que tant de jeunes soient très inquiets et veulent faire quelque chose pour y remédier.

C’est dans ce contexte que le CCI a organisé une réunion publique à Utrecht en octobre 2019 sur le thème “Seule la société communiste sans classes peut rétablir une harmonie avec la nature".  Elle a attiré des jeunes qui avaient participé aux mouvements importants en Hollande et avaient rencontré le CCI présent avec sa presse dont un article intitulé: "Face à la destruction de lenvironnement: lidéologieverteau service du capitalisme!”  ( Internationalisme N° 371). L’exposé introductif du CCI a posé d’emblée la problématique : "...il ne fait aucun doute que le système actuel conduit l'humanité vers une catastrophe environnementale. Le défi est :- Qu'en faisons-nous ? - Comment mettre fin à cette spirale destructrice ? - Par qui et comment cette logique destructrice peut-elle être combattue ?". Il a appelé à un débat ouvert où se confrontent les positions, se posent les doutes, les interrogations (et non pas des confrontations de personnes). De fait, la discussion a été sérieuse et vivante. De nombreux questionnements ont été exprimés, tels par exemple "est-ce que le mouvement autour du climat, dans ses objectifs, ses approches et ses méthodes constitue un véritable combat pour résoudre le problème ou constitue-t-’il un piège qui ne peut que conduire au découragement et à l'amertume d'être utilisé et trompé?". Certains intervenants soutenaient le mouvement car il pouvait selon eux mettre un rayon dans la roue de la machine et saboter le système, d’autres regrettaient le manque de radicalité dans ses méthodes, d’autres encore s’interrogeaient sur le peu de présence d’ouvriers et la quasi absence des syndicats… L’idée que réformer le système capitaliste responsable de la destruction de la planète, des guerres, du chômage, de la précarité n’offre aucune solution, que la seule perspective est de le renverser et que seule la classe ouvrière peut le faire à travers sa lutte au niveau mondial, était nouvelle pour certains de ces (très) jeunes participants. Présenter la classe ouvrière comme la seule capable d’offrir une alternative à l’humanité est d’autant plus difficile à comprendre que celle-ci n’exprime guère son identité de classe ces dernières décennies, instillant le doute quant à sa capacité à réaliser cette tâche gigantesque. C’est une lourde responsabilité qui revient aux organisations politiques telles que le CCI d’expliquer cette perspective patiemment à travers sa presse, son intervention dans les mouvements, ses réunions publiques.

L’expression de l’enthousiasme pour le débat, la volonté de tous les participants de poursuivre la discussion entamée, certains s’engageant même dans une mise en question leur positionnement présent, souligne le processus de réflexion engagé à cette réunion publique. Cela fait partie intégrante du processus de prise de conscience de la classe ouvrière des enjeux et d’une volonté de mobilisation pour y faire face.

CCI / 10.05.2020

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