Soumis par Revue Internationale le
Le 14 décembre dernier, sur le sable de Bondi Beach, en Australie, deux hommes armés, un père et son fils, ont utilisé deux fusils d’assaut, détenus légalement, pour ouvrir le feu sur un grand rassemblement marquant le début de la fête juive d’Hanoukka. Quinze personnes ont été tuées par les deux hommes, dont une fillette de 10 ans et un vieillard qui avait survécu à l'Holocauste. L'aîné des deux tireurs avait fait l'objet d'une enquête de la police australienne pour ses liens avec l'État islamique en 2019. Des dizaines d'autres personnes ont été blessées. Comme c'est désormais habituel dans ces manifestations de l'horreur capitaliste, des individus ont fait preuve d'un grand courage et d'un grand honneur en essayant de protéger leurs semblables et, comme c'est également habituel dans ces cas-là, les forces de l’ordre étaient impuissantes. La première réaction du gouvernement australien, par la voix du Premier ministre Anthony Albanese et de ses collaborateurs, a été de défendre leur État et sa «démocratie», tout en promettant de renforcer encore les mesures de sécurité et de répression qui pèseront avant tout sur la classe ouvrière. Ce dernier massacre d'innocents survient dix ans après la fusillade de Charlie Hebdo à Paris, la fusillade de masse au Bataclan à Paris, l'attentat à la bombe de l'aéroport de Bruxelles il y a neuf ans et, il y a huit ans, l'attentat à la bombe de la Manchester Arena pendant un concert, perpétré par un individu dont la famille djihadiste libyenne basée à Manchester travaillait pour le MI6. Au cours de ces quatre événements, tous étroitement liés aux intérêts impérialistes, plus de 200 personnes de tous âges ont été tuées et des milliers d'autres blessées par des engins explosifs sur lesquels était inscrit «à qui de droit». Le massacre de civils, qui a toujours été une caractéristique des systèmes oppressifs, atteint sans cesse de nouveaux sommets révoltants sous le capitalisme, qui se débat dans sa propre décomposition. Et au milieu de tout cela, les dirigeants ne peuvent qu'offrir leurs «condoléances» hypocrites et vides de sens aux victimes de leur propre système, tout en promettant de fliquer davantage les populations.
La décomposition du capitalisme, système pourrissant sur pied, s'accompagne d'une augmentation de tous les niveaux de violence aveugle, d'atrocités en tous genre, au premier rang desquels celle des États dans le renforcement de la terreur destinée au maintien de leur domination et de la défense de leurs intérêts impérialistes, que ce soit par la violence sociale exacerbée jusqu’au cœur des grandes puissances capitaliste, la guerre ou du terrorisme. Grandissant dans et entourés par cette putréfaction mondiale, la santé mentale des plus fragiles ne peut qu'être affectée et souvent déformée par les forces du désespoir, par l'absence d'avenir et de perspectives que le capitalisme maintient et généralise à travers le monde. Ainsi, les attaques aveugles explosent un peu partout : contre les écoliers et les étudiants, contre de simples passants… Elles sont en augmentation partout, devenues courantes et banales, tout comme les attaques des élèves contre les enseignants : «La société se fragmente et se désintègre. Le chômage, la misère, les problèmes de logement, de travail et de santé sont omniprésents. Partout, les guerres se multiplient. Partout, la planète part à vau-l'eau. Partout, l'angoisse de ne voir aucun avenir.»[1] Les jeunes sont particulièrement touchés par cette barbarie croissante. Ils se retrouvent désorientés, confus et psychologiquement affectés par la morbidité et la destruction qui les entourent.
Les États ne se soucient nullement des victimes et exploitent cyniquement les actes violents qui se produisent chez eux ou dans d'autres États. Ainsi, le boucher Netanyahu instrumentalise l’attaque en Australie en fustigeant le Premier ministre Albanese, affirmant que ce dernier «a laissé la maladie de l'antisémitisme se propager« en raison de son soutien à un État palestinien. Pour sa part, Albanese propose «un moment d'unité nationale», tout en préconisant de nouvelles mesures qui renforcent encore la machine répressive de l'État. La classe dirigeante lance généralement des campagnes idéologiques massives au moment de ces atrocités, attisant les divisions raciales et mettant en œuvre des mesures qui n’ont jamais permis de protéger la population, mais à accroître son contrôle totalitaire sur la société et se donner davantage de moyens pour réprimer la classe ouvrière. Et en Occident en particulier, la bourgeoisie la plus expérimentée utilise ces atrocités, non pas pour s'attaquer à leurs causes profondes, car elles échappent à son contrôle, mais pour défendre le mensonge de l'État démocratique.
Les effets de la décomposition, la violence, les destructions, l'irrationalité et l'absurdité du capitalisme resteront une menace mortelle pour l'humanité et un danger constant pour la classe ouvrière et sa lutte. Tant que le capitalisme existera, ces menaces ne feront que devenir plus manifestes et plus graves. Il y a eu des moments importants dans l'histoire qui montrent que seule la lutte de la classe ouvrière (et de la classe ouvrière seule) peut repousser la barbarie et les attaques de la classe dirigeante et ouvrir une perspective pour l'avenir de l'humanité : la révolution communiste. En 1905, en Russie, les travailleurs ont défendu les Juifs contre les pogroms déclenchés par le régime tsariste pour contrer la vague révolutionnaire ; en 1941, aux Pays-Bas, au plus fort de la guerre mondiale et de la contre-révolution, les travailleurs d'Amsterdam ont mené des grèves entravant autant que possible les mesures antijuives des nazis qui travaillaient en collaboration avec les autorités néerlandaises; en Hongrie, en 1956, lorsque les travailleurs sont descendus dans la rue pour s'opposer à la répression sanglante de la bourgeoisie à Poznan en Pologne, en France en 1968, lorsque les jeunes travailleurs ont manifesté leur solidarité avec les étudiants en se joignant à eux lorsqu'ils étaient attaqués par la police. Qu'il s'agisse d'une attaque terroriste ou d'un individu psychologiquement perturbé, la classe ouvrière ne peut pas faire grand-chose pour empêcher de tels événements, qui ne peuvent que se multiplier avec la décomposition du capitalisme. En s'impliquant dans les campagnes de la classe dirigeante autour de tels événements, elle ne peut que renier les principes de son combat. Ce que la classe ouvrière peut et doit faire, comme elle a commencé à l’exprimer avec force et vigueur en 2022, c'est développer sa propre lutte contre ce système pourri, car c'est dans cette lutte que réside sa force politique et la possibilité d’affirmer la perspective d'un avenir qui peut dépasser les horreurs du capitalisme.
Baboon, 24 décembre 2025






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