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Répression d'une grève au Brésil (tract)

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  • Révolution Internationale n° 396 - décembre 2008

Nous publions ici le tract réalisé en commun par le CCI et le groupe Opposition ouvrière, distribué au Brésil le 20 octobre dans les assemblées générales de lutte des employés de banque.


La bourgeoisie brésilienne, confrontée à des mouvements échappant à son contrôle (en fait au contrôle des syndicats), utilise de manière grotesque son appareil répressif, la police, en vue d'intimider les travailleurs. C'est ainsi qu'à Porto Alegre (RS), dans le sud du Brésil, elle a réprimé violemment une manifestation d'employés de banque, le 16 octobre dernier, en faisant usage de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et blessant ainsi environ 10 personnes. Comme si la répression intervenue dans la matinée n'y suffisait pas, la "13e marche des Sans" (1) réunissant le même jour et dans la même ville, une dizaine de milliers de personnes fut, elle aussi, la cible de la répression policière dont il a résulté de nombreux blessés.

Avant cela, les dirigeants des banques et, parmi eux, le propre gouvernement, avaient déjà entrepris de prendre des mesures contre la grève actuelle des employés de banque en persécutant et licenciant des leaders, en vue de contenir le développement du mouvement.

La solidarité de classe :une nécessité

Il est nécessaire de souligner que la lutte des employés de banque va actuellement au delà des revendications économiques classiques puisque sa revendication essentielle est celle de l'homogénéisation du traitement des employés. Les banques, et surtout les banques fédérales, ont créé un abîme entre la situation des employés de longue date et celle de ceux qui ont été embauchés depuis 1998, lorsqu'ont été supprimés certains "avantages" qui avaient été arrachés à travers la lutte même. Bien plus que la revendication d'une simple compensation économique, il s'agit donc d'un geste important de solidarité entre travailleurs, car il n'est pas possible d'accepter que nous soyons traités différemment, comme si certains d'entre nous étaient inférieurs, alors que nous effectuons tous le même travail, dans le mêmes locaux, en étant soumis aux mêmes pressions.

Il est également nécessaire qu'il soit bien clair que, tous nos "avantages" étant le fruit de la lutte, si certains d'entre nous en bénéficient, alors tous doivent en bénéficier, quel que soit le moment où ils ont été embauchés. De la même manière, cette grève cherche à récupérer ce qui nous a été supprimé, à tous cette fois-ci, comme les primes annuelles, etc. Toutes ces conquêtes économiques ont été le produit de nos luttes de résistance mais elles ont été annulées par la suite par les patrons avec la complicité de leurs "partenaires syndicaux".

Nous voulons également de meilleures conditions de travail, la fin du harcèlement moral, la fin des objectifs de vente de produits et services imposées par les banques ; tout ceci a occasionné tellement de maladies parmi les travailleurs du secteur bancaire. Nous le répétons, nous ne voulons pas être traités différemment les uns des autres. Nous ne pouvons pas être d'accord avec l'amputation de nos "avantages" qui sont le produit de nos luttes et non pas des cadeaux de la part des patrons du secteur privé ou public.

La revendication des mêmes conditions de travail et rémunération pour ceux qui sont actuellement embauchés constitue un acte de solidarité entre les différentes générations de travailleurs de ce secteur. C'est cette même solidarité dont nous devons faire la preuve en actes avec ceux qui ont été victimes de la répression de l'État. Nous ne pouvons pas renoncer à nous joindre et nous solidariser avec tous ceux qui luttent pour ne pas se laisser écraser par les nécessités du capitalisme en crise, avec tous ceux que la bourgeoisie a réprimé ou va vouloir réprimer du fait de leur implication dans les luttes.

Ces luttes et la répression de l'État ne constituent pas une question qui ne concerne que les employés de banques, mais bien l'ensemble des travailleurs, avec ou sans travail.

 


1) Mouvement qui réunit différentes catégories d'exclus sociaux, le Mouvement des Sans terre, le Mouvement des Sans toit, le Mouvement des Sans travail. Comme son nom l'indique, ce dernier est essentiellement constitué de prolétaires sans travail. Le mouvement des Sans toit regroupe des éléments de différentes couches non exploiteuses de la société, qui s'organisent notamment pour occuper des squats. Le mouvement des Sans terre est constitué lui aussi de différentes couches non exploiteuses de la société en provenance de la ville, sans travail et qui sont organisés au sein de cette structure pour l'occupation de terres à la campagne en vue de les cultiver. Cette structure est solidement contrôlée par l'État, en particulier depuis le premier mandat de Lula à la tête de l'État.


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