Russie 1917

Russie 1917

Cette série d'articles de la Revue Internationale se fixe pour but de tirer les leçons de la Révolution Russe.

Manifeste sur la Révolution d’Octobre 1917 en Russie

Manifestes du Courant Communiste International

En octobre 1917, après trois ans de carnage indescriptible sur les champs de bataille, une lueur d’espoir surgissait dans les ténèbres de la guerre : les ouvriers russes, après avoir chassé le Tsar en février, renversaient le gouvernement provisoire bourgeois qui l’avait remplacé mais qui s'obstinait dans la poursuite de la guerre "jusqu’à la victoire". Les Soviets (conseils d’ouvriers, de soldats et de paysans), avec le parti bolchevique en première ligne, demandaient la fin immédiate de la guerre et appelaient les ouvriers du monde à suivre leur exemple révolutionnaire.

1917 : la révolution russe : les « thèses d'avril », phare de la révolution prolétarienne

Un des thèmes favoris de la propagande d'aujourd'hui contre la révolution russe est celui des bolcheviks affamés de pouvoir et ultra-disciplinés qui usurpent le pouvoir d'État aux masses démocratiques par le putsch d'octobre.

La réalité est très différente. Les bolcheviks en avril 1917 étaient dans une confusion considérable. La direction (sans Lénine qui était encore en exil à Zurich) était pour soutenir la nouvelle démocratie bourgeoise et poursuivre la guerre. La masse des militants bolcheviks se trouvait bien à gauche de la direction, en faveur de la poursuite de la révolution jusqu'à ce que les travailleurs prennent le pouvoir.

Les «Thèses d'avril» de Lénine exprimaient cette détermination de la base : "Expliquer aux masses que les Soviets des députés ouvriers sont la seule forme possible de gouvernement révolutionnaire"

1917, la révolution russe : l'insurrection d'Octobre, une victoire des masses ouvrières

L’année en cours nous rappelle que l'histoire n'est pas l'affaire des professeurs d'université mais une question de classe sociale, une question politique d'une importance vitale pour le prolétariat.  L'objectif principal que s'est fixé la bourgeoisie en 1997 est d'imposer à la classe ouvrière sa propre version falsifiée de l'histoire du 20e siècle.  A cette fin, elle braque ses projecteurs sur l'holocauste de la deuxième guerre mondiale et sur la révolution d'octobre, en cherchant à faire un lien entre ces deux événements.  Ces deux moments, qui symbolisent les deux forces antagoniques dont le conflit a en grande partie déterminé l'évolution de ce siècle, la barbarie du capitalisme décadent et la lutte progressiste, révolutionnaire du prolétariat, sont présentés par la propagande bourgeoise comme le fruit commun des « idéologies totalitaires » et sont rendus « conjointement responsables » de la guerre, du militarisme et de la terreur de ces quatre-vingt dernières années.  Alors que, durant cet été, c'était « l'affaire de l'or des nazis » qui visait à la fois les rivaux actuels des Etats-Unis ou ceux qui contestent leur autorité (comme la Suisse) et sur le plan idéologique le prolétariat mondial (propagande militariste, antifascisme démocratique bourgeois), durant cet automne, la bourgeoisie profite du 80e anniversaire de la révolution russe pour faire passer le message suivant : si le national-socialisme a mené à Auschwitz, le socialisme de Marx, qui a inspiré la révolution ouvrière de 1917, a conduit aussi sûrement au goulag, à la grande terreur sous Staline et à la « guerre froide » après 1945.

1917 : la révolution russe : les « journées de juillet » : le rôle indispensable du parti

Les journées de juillet 1917 constituent un des moments les plus importants non seulement de la révolution russe mais de toute l'histoire du mouvement ouvrier. En l'espace de trois jours essentiellement, du 3 au 5 juillet, une des plus importantes confrontations entre la bourgeoisie et le prolétariat, bien qu'elle se soit terminée par une défaite de la classe ouvrière, va ouvrir la voie à la prise du pouvoir en octobre 1917. Le 3 juillet, les ouvriers et les soldats de Petrograd se soulèvent massivement et spontanément et exigent que tout le pouvoir revienne aux conseils ouvriers, aux soviets. Le 4 juillet, une manifesta­tion armée d'un demi million de partici­pants fait le siège de la direction du so­viet de Petrograd, l'appelant à prendre le pouvoir, mais se disperse pacifiquement dans la soirée répondant en cela à l'appel des bolcheviks. Le 5 juillet, les troupes contre-révolutionnaires repren­nent la capitale de la Russie, lancent une chasse aux bolcheviks et répriment les ouvriers les plus combatifs. Cepen­dant, en évitant une lutte prématurée pour le pouvoir, l'ensemble du proléta­riat va maintenir ses forces révolution­naires intactes. C'est ce qui permettra à la classe ouvrière de tirer des leçons es­sentielles de ces événements, en parti­culier la compréhension du caractère contre-révolutionnaire de la démocratie bourgeoise et de la nouvelle gauche du capital : les mencheviks et les socialis­tes-révolutionnaires qui ont trahi la cause des travailleurs et des paysans pauvres et sont passés dans le camp ennemi. A aucun autre moment de la révolution russe le danger d'une défaite décisive du prolétariat et de la liquida­tion du parti bolchevik n'a été aussi aigu que pendant ces 72 heures dramatiques A aucun autre moment la con­fiance profonde des bataillons les plus avancés du prolétariat dans leur parti de classe, dans l'avant-garde communiste, n'a eu une aussi grande importance.

La révolution d'octobre 1917 : Oeuvre collective du prolétariat (3° partie)

L'isolement c'est la mort de la révolution

 

Nous avons publié, dans les n° 71 et 72 de la Revue Internationale, les deux premiers articles de cette série dans lesquels nous avons démontré que la révolution prolétarienne d'Oc­tobre 1917 était le produit de l'action consciente et massive des tra­vailleurs, de leur combat politique contre les partis bourgeois (menchevik et socialiste-révolution­naire notamment) qui tentaient de saboter leur lutte et de les dévoyer vers la défense des intérêts impéria­listes de la Russie au cours de la première guerre mondiale. Nous avons aussi mis en évidence com­ment le Parti bolchevik avait nette­ment tenu, dans ce formidable déve­loppement de conscience et de combativité, le rôle d'avant-garde, de moteur du développement de la conscience dans la classe et de creuset de toute cette immense énergie révolutionnaire vers la des­truction de l'appareil d'Etat bour­geois au cours de l'insurrection d'Oc­tobre. Comme nous l'avons déjà ex­posé à de multiples reprises, le stalinisme n'a jamais été le conti­nuateur de ce torrent d'énergie émancipatrice, mais, bien au con­traire, son plus cruel bourreau

La révolution d'octobre 1917 : oeuvre collective du prolétariat, (2° partie).

LA PRISE DU POUVOIR PAR LES SOVIETS

Dans la première partie de cet article, nous avons vu que la Ré­volution Russe ne fut pas, comme le proclame la propa­gande bourgeoise, un « vulgaire coup d'Etat » mais, au contraire, qu'elle a été le mouvement des masses exploitées le plus gi­gantesque, le plus conscient, le plus riche d'expériences, d'initiatives et de créativité, qu'on ait jamais vu dans l'histoire. Elle fut - malgré sa défaite ulté­rieure - la preuve évidente du fait que la classe ouvrière est la classe révolutionnaire de la so­ciété, du fait qu'elle seule peut sauver l'humanité de la catas­trophe à laquelle la conduit le capitalisme en décomposition.

La révolution d'octobre 1917: La première révolution massive et consciente de l'histoire

Février 1917, le renversement du régime tsariste. La vague de lutte qui a conduit à Octobre a débuté par une protestation massive contre la misère et la barbarie de la guerre capitaliste.

Les démocrates bourgeois, forcés presque contre leur volonté de prendre le pouvoir, auraient voulu s'arrêter là. Mais c'était pour ne pas devoir prouver qu'il était impossible de satisfaire les revendications urgentes des masses - la paix, le pain et la terre - sans attaquer les causes profondes de leurs maux : le système capitaliste lui-même.

Il y a 70 ans la révolution russe : LA PLUS IMPORTANTE EXPERIENCE DU PROLETARIAT MONDIAL

  • Les dix jours qui ébranlèrent le monde, c'était il y a 70 ans.  Les médias du monde entier « célèbrent » l'anniversaire. Une fois de plus ils vont reparler de la Révolution russe.  A leur façon.  Celle de l'idéologie dominante, avec ses mensonges et déformations, avec sa rengaine défraîchie : « la révolution communiste ne peut conduire qu'au Goulag ou au suicide ».
  • En défense de la véritable nature de ce qui reste la plus grande expérience révolutionnaire du prolétariat mondial, le CCI vient de faire paraître une brochure consacrée à la Révolution russe.

En voici la présentation.

Octobre 1917, début de la révolution prolétarienne (2ème Partie)

La première partie de cet article se proposait de démontrer en quoi la nature de la révolution d'Octobre 1917 lui était conférée, non pas par des caractéristiques particulières de la Russie de cette époque prise isolément mais par les caractéristiques générales de l'évolution du capitalisme mondial dont la guerre impérialiste de 1914 indiquait qu'il était entré dans sa phase de déclin historique.  Dès lors, les conditions objectives de la révolution prolétarienne étaient données à l'échelle mondiale et la révolution en Russie ne pouvait être qu'un premier maillon de cette révolution mondiale.  Nous avons donc été amenés à rejeter les théories du courant "conseilliste" pour qui la révolution russe était bourgeoise en mettant en évidence qu'avec une telle analyse on est conduit à rejoindre :

Octobre 1917, début de la révolution prolétarienne (1ere partie)

A sa façon, la bourgeoisie a fêté le soixantième anniversaire de la Révolution prolétarienne d'Octobre 1917 :

  • A Moscou, en faisant défiler ses bombes thermonucléaires et ses chars dernier cri, à quelques mètres de la momie de Lénine et d'un portrait géant de Brejnev,
  • dans les pays "occidentaux", en faisant force battage à la télévision et dans les journaux pour saluer, avec les réserves d'usage concernant le "Goulag", les "grandes réussites économiques" de l'URSS et le "courage exemplaire de son peuple" dans la lutte contre l'hitlérisme,
  • partout en travestissant de façon systématique la véritable signification d'Octobre et en faisant du monstrueux Etat russe son héritier en droite ligne. En fait, ce que le capitalisme a réellement célébré, ce n'est pas la Révolution d'Octobre mais au contraire sa mort et les pompes généreusement déployées avaient surtout pour but d'exorciser définitivement le spectre de toute nouvelle édition d'un tel évènement.Pour le prolétariat par contre, et donc pour les révolutionnaires, le souvenir d'Octobre n'appelle aucune cérémonie. Ils n'ont pas besoin de l'enterrer car pour eux Octobre est vivant, non comme une imagerie d'Epinal des "temps héroïques", mais par l'expérience qu'il nous a transmise et donc l'espoir qu'il constitue pour les prochains combats de la classe. Le seul "hommage" que les révolutionnaires puissent rendre à Octobre et à ses protagonistes ne consiste pas dans des discours ampoulés ou des éloges funèbres mais bien dans un effort pour en comprendre les enseignements afin d'en féconder ces combats. C'est là un travail que notre revue a déjà entrepris comme l'ensemble des publications de notre Courant et qui devra être poursuivi de façon systématique. Mais un tel travail n'a de sens que si on comprend la nature réelle de la Révolution d'Octobre, si on sait y reconnaître une expérience du prolétariat - la plus importante à ce jour - et non de la bourgeoisie comme c'est le cas pour certains courants comme le "conseillisme". Sinon, Octobre 1917 n'a pas plus de valeur pour la classe que 1789 ou bien février 1818 et bien moins que la Commune de 1871. C'est pour cette raison que la condition première d'une réelle assimilation des leçons d'Octobre est la reconnaissance et la défense de son caractère authentiquement prolétarien et du parti qui en a constitué l'avant-garde. C'est le but que se fixe le présent article.
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