Afrique du Sud

A propos des élections en Afrique du Sud: le syndicalisme est aussi un vivier d’exploiteurs

Depuis sa nomination au poste de président le 15 février dernier, le nouveau leader de l’Afrique du Sud est largement plébiscité par les médias. Il faut dire que son prédécesseur, Jacob Zuma, se traîne une impressionnante série de casseroles qui devenait difficilement supportable pour l’image de la bourgeoisie elle-même et entravait la gestion de l’État.

Du mouvement de Soweto en 1976 à l’arrivée au pouvoir de l’ANC en 1993

Dans cette introduction nous voulons attirer d’emblée l’attention du lecteur sur l’importance des questions qu’il traite. Si, face à de nouveaux mouvements sociaux, la bourgeoisie sud-africaine s’appuie sur ses armes traditionnelles les plus barbares - ses forces policières et militaires - la dynamique de la confrontation entre les classes porte en elle des développements inédits dans ce pays. La classe ouvrière n’y avait jamais encore fait preuve d’une telle combativité et d’un tel développement de sa conscience.

Contribution à une histoire du mouvement ouvrier en Afrique du Sud: de la Seconde Guerre mondiale au milieu des années 1970

Dans l’article précédent sur le mouvement ouvrier en Afrique du Sud (Publié dans la Revue internationale n° 154), nous avons abordé l’histoire de l’Afrique du Sud en évoquant successivement la naissance du capitalisme, celle de la classe ouvrière, le système d’apartheid et les premiers mouvements de lutte ouvrière. Et nous avons terminé l’article en montrant que, suite à l’écrasement des luttes ouvrières des années 1920, la bourgeoisie (représentée alors par le Parti Travailliste et le Parti National afrikaner) parvint à paralyser durablement toutes les expressions de lutte de classe prolétarienne et qu’il fallut attendre la veille de la Seconde Guerre mondiale pour voir la classe ouvrière sortir de son profond sommeil. En clair, après l'écrasement de la grève insurrectionnelle de 1922 dans un terrible bain de sang et jusqu’à la fin des années 1930, le prolétariat sud-africain fut tétanisé et, de ce fait, laissa le terrain de la lutte aux partis et groupes nationalistes blancs et noirs.

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