Ou en est la crise ?

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"Dans chaque crise, la société étouffe sous le faix de ses propres  forces productives et de ses propres produits inutilisables pour elle, et elle se heurte impuissante à cette contradiction absurde : les producteurs n'ont rien à consommer parce qu 'on man­que de consommateurs". Cette phrase écrite par Engels en 1876 pour 1'Anti-Durhing montre toute l'actualité du marxisme aujourd'hui.

L'économie capitaliste s'effondre par manque de débouchés solvables, c'est-à-dire de consommateurs qui puissent payer. Voila la contradiction qui se traduit dans l'horrible paradoxe qui voit la majo­rité de la population mondiale menacée de famine, qui voit le niveau de vie du prolétariat plonger dans la misère non pas parce qu'on ne produit pas assez, mais parce que l'industrie capitaliste pro­duit plus qu'elle ne peut vendre, non pas parce qu'il n'y a "pas assez", mais parce qu'il y a "trop" par rapport aux lois capitalistes.

Parce qu'il y a surproduction généralisée sur un marché mondial trop étriqué, la concurrence entre capitalistes se fait toujours plus effrénée. Les politiques de relance par un recours intensif à l'endettement, qui élargissent artificiellement le marché se heurtent aux limites de l'inflation qui menace de faire exploser le système monétaire international. La bourgeoisie voit les mécanismes de l'économie lui échapper, elle ne peut empêcher des plongées de plus en plus profondes dans la ré­cession alors que les pressions inflationnistes se font toujours plus fortes.

 

Le graphique I montre que les politiques de re­lance ont depuis 1967, par trois fois, permis une reprise du commerce mondial, c'est-à-dire de la demande pour maintenir la production. Elles ne sont pas cependant parvenues à entraver la chute de la croissance de celle-ci ni finalement la récession de 1974-75 ni celle encore plus forte qui débute en 1980.

Pourquoi ce phénomène ? Parce que, classe exploi­tée, le prolétariat produit plus qu'il ne consomme. Cette production supplémentaire, la plus-value, le capitalisme ne peut en réaliser et accumuler la valeur qu'en la vendant à des secteurs extra capitalistes. Avec la disparition de ceux-ci, le ca­pital ne peut plus écouler la totalité de la pro­duction. Pour vendre, il faut être le plus compé­titif, faire baisser les salaires pour réduire les coûts de production. Comme chaque nation ca­pitaliste ne peut que suivre la même politique, il en découle un rétrécissement toujours plus fort du marché mondial. Dans ces conditions, la production s'effondre, les usines ferment et les ouvriers se retrouvent au chômage, ce qui ne fait pas de bons consommateurs ! Les politiques d'aus­térité qui s'imposent à chaque bourgeoisie par la nature concurrente de l'économie capitaliste ne font qu'accélérer la chute de la demande mon­diale et donc l'effondrement de la production.

 

Le graphique II montre la chute du taux d'utilisa­tion de l'appareil productif aux USA, 1ère puissan­ce mondiale avec 20% delà production mondiale : 68% en 1982, cela équivaut à près d'une usine sur trois qui ferme ses portes. En RFA, fin 1982, l'ap­pareil productif est utilisé à 76% -comme si une usine sur quatre fermait-, en Grande-Bretagne, seu­lement 30% des usines tournent à pleine capacité.

Le capitalisme ne peut sortir de ses contradic­tions, il ne peut que plonger de plus en plus dans le chaos économique et fuir en avant dans les riva­lités impérialistes. Le prolétariat est soumis au­jourd'hui à une attaque comme il n'en avait pas connu depuis la dernière guerre mondiale. Inflation, chômage, misère sont le lot quotidien qui annonce pire encore. De la capacité de réaction du prolétariat mondial dépend l'avenir de l'humanité. Le capitalisme n'a plus rien à offrir que la misère et la mort. La catastrophe économique actuelle n'a pas d'issue dans le capitalisme. 15 ans d'échec des entreprises de relance économique montrent que la bourgeoisie n'a aucune perspective.

Au prolétariat mondial d'être capable d'affirmer la sienne.