Troisième congres du CCI.

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Les organisations politiques du prolétariat ont le leur source de vie dans la pratique historique et vivante de leur classe. Le CCI n'échappe pas à cette loi et le 3ème Congrès a été, dans tous ses aspects, traversé des problèmes qui se posent aujour­d'hui dans les combats de la classe ouvrière. Le Congrès a commencé par le bilan de deux ans d'activités dans la lutte de classe ; en ce domaine, avec trois an et demi d'existence comme organisation internationale centralisée, le CCI dispose d'une petite expérience, néanmoins déjà riche de quelques enseignements importants. Le premier enseignement est qu'à cette inexpérience organisationnelle correspond une faiblesse théorique quant à la capacité à approfondir les questions posées dans le mouvement ouvrier du passé. Dans le processus constant d'approfondissement de la compréhension de la réalité sociale, historique et actuelle, le CCI balbutie encore tout comme l'ensemble des organisations révolutionnaires, expressions de la lutte de la classe ouvrière. Le deuxième enseignement est la difficulté, mais également la nécessité et la possibilité de vivre avec des divergences politiques. L'amélioration de la capacité à poser les questions surgies de la lutte de classe présuppose un débat constant comportant inévitablement des divergences politiques, des différentes appréciations, qu'il faut être capable de résoudre au sein de la même organisation. Le troisième enseignement est la nécessaire adéquation et modulation de l'intervention en fonction de la période dans laquelle on se trouve. Tous ces aspects de réactivité d'une organisation révolutionnaire, approfondissement théorique et politique, développement de l'organisation et regroupement des révolutionnaires, intervention active dans les luttes de la classe ouvrière- ont plus qu'auparavant été examinés comme formant un tout, un ensemble cohérent de plus en plus lié directement à la pratique de la classe ouvrière elle-même, et une insistance particulière a été portée sur la question des publications de l'organisation.

C'est pourquoi  les travaux du Congrès ont consisté principalement en un bilan de la situation internationale.

Lors du deuxième Congrès, nous avions pu constater la confirmation de ce qui était déjà notre analyse avant même la constitution officielle du CCI, à savoir : la fin de la période de reconstruction et l'entrée du système capitaliste dans une nouvelle phase de la crise permanente historique du système. Nous avions pu également mettre en évidence le développement lent de la crise et dégager les raisons de cette lenteur. Contrairement aux apologistes intéressés ou encore aux chercheurs confus, à qui  le rythme lent de la crise inspirait des théories fallacieuses et de vains espoirs sur de possibles issues de la crise (restructuration de l'appareil productif, ouverture du marché chinois ou de celui  du bloc de l'Est, et autres fantaisies), nous énoncions, sur la base d'une analyse marxiste, son caractère permanent, historique et non contingent, son aggravation inéluctable, ce qui n’ouvre dans le capitalisme décadent et dans le cadre de ses lois immanentes qu’une seule issue : la marche vers la guerre généralisée.

Cette analyse, comme le démontre le rapport CRISE ET ANTAGONISMES  INTERIMPERIALISTES  est pleinement confirmée par l'évolution de la crise de ces deux dernières années.  Partant de l'évolution de la crise et d'un examen correct de la condition où se trouve la classe ouvrière dans la période actuelle, nous avons mis en évidence l'inéluctabilité du resurgissement de la lutte de classe du prolétariat, sa capacité énorme et intacte à affronter la politique d'austérité que le capitalisme tend à lui  imposer. Cette perspective de reprise du combat du prolétariat, également dégagée au deuxième Congrès, se trouve pleinement vérifiée et confirmée.

Il  est vrai  que nous avons parfois commis des erreurs d'appréciation et des exagérations sur des luttes ponctuelles et momentanées, que nous n'avons pas toujours perçu immédiatement le mouvement en dents de scie de la lutte du prolétariat. Mais ces erreurs, corrigées plus ou moins rapidement, n'ont jamais infirmé le fond de la perspective tracée. C'est pour répondre à toutes les tendances au pessimisme qui  se manifestent jusque dans nos rangs chaque fois que la lutte ouvrière se trouve momentanément dans le creux du mouvement en dents de scie, c'est pour nous prémunir à l'avenir contre ces tendances au scepticisme à qui  l'arbre cache la forêt, c'est pour répondre jusque dans le détail à des objections déjà entendues et toujours susceptibles de se renouveler, c'est pour fonder une bonne fois solidement la perspective, qu'il  a été jugé nécessaire de présenter un rapport sur L'EVOLUTION  DE LA LUTTE  DE CLASSE  long et détaillé, mais essentiel  pour la compréhension de cette perspective et de 1'orientation de  l'activité pratique.

Il en est de même en ce qui  concerne le cours historique qui  se dégage de la situation actuelle.   Il est absolument nécessaire de rejeter

la théorie absurde de deux cours parallèles, l'un vers la guerre,  l'autre vers la révolution, qui ne font que se poursuivre à l'infini  sans jamais se rencontrer, sans agir et réagir l'un sur l'autre. Une telle "théorie" relève d'une démarche normande : "Peut-être ben qu'oui, peut-être ben qu'  non".  Une classe révolutionnaire ne saurait se contenter d'une théorie de constat de fatalité, de "qui vivra verra".  Il est mille fois préférable l'investigation avec tous les risques d'erreur que l’absence de toute investigation. L'investigation à laquelle le CCI s'est livré montre d'abord la validité de la démarche et permet ensuite de répondre non pas à la question "quelles sont les forces qui poussent à la guerre ?", mais à la question "comment et par qui ces forces de la guerre sont entravées et leur aboutissement empêché ?". C'est à cela que répond le rapport sur le COURS HISTORIQUE, dont l'argumentation repose sur l'analyse générale de la période et de l'évolution de la crise et dont elle est une partie intégrante.

Toutefois, il n'en est pas de même pour ce qui est de l'analyse de la. CRISE POLITIQUE de la bourgeoisie et de la nécessaire arrivée de la gauche au pouvoir qui a constitué durant des années et notamment au deuxième Congres, l'axe des conclusions politiques à court terme. Une contribution spécifique sur cette question complète les rapports sur le changement intervenu dans la situation et ses implications pour l'intervention.

Une RESOLUTION SUR LA SITUATION  INTERNATIONALE a été adoptée qui  fait la synthèse des trois rapports généraux sur la situation

Une autre partie des travaux du Congrès a consisté en l'adoption de la RESOLUTION SUR L'ETAT DANS LA PERIODE DE TRANSITION, concrétisation de plusieurs années de discussions sur la question, question qui  fera l'objet d'une brochure dans  laquelle seront publiés les débats qui  se déroulent au sein du CCI.  Complément indispensable des activités et des analyses de la situation,  les questions théoriques de la période de transition, du contenu du socialisme,  des  "buts généraux du mouvement", restent un souci constant dans les orientations du CCI.

Enfin, nous tenons à saluer la présence à ce Congrès de délégations de la Communist Workers'Organisation, du Nucleo Comunista Internizionalista, d'Il Leninista et d'un élément participant des Conférences Communistes  de Scandinavie.  Les  débats  du CCI  sont des débats  dans le mouvement ouvrier et n'ont rien de confidentiel  et les invitations  des  groupes aux travaux ne peuvent que contribuer à une meilleure connaissance de vivo des positions  du CCI et donc à la clarification politique au sein du milieu révolutionnaire.