La Grande-Bretagne depuis la 2e guerre mondiale

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L'analyse de la situation sociale à un moment donné -au niveau international comme national -ne peut jamais être une simple photographie. Les événements ponctuels ne sont que des mo­ments dans un rapport de forces dynamique qui se développe graduellement Nos analyses précédentes de la situation en Grande-Bretagne se sont limitées à examiner essentiellement la période depuis 1967, année de la dévaluation de la livre-sterling, qui a annoncé le début de l'actuelle crise ouverte du système capitaliste mondial. Ce texte tente de donner une perspecti­ve plus large de la situation en Grande-Bretagne en examinant l'évolution depuis la seconde guerre mondiale.

SIGNIFICATION GENERALE DE LA PERIODE POUR LA GRANDE-BRETAGNE

1 - La signification générale de cette période peut être résumée par les points suivants :

     la capacité de la Grande-Bretagne à rester un pouvoir impérialiste dominant, a été brisée par les efforts systématiques des USA pendant et après la seconde guerre mondiale". Les USA ont fait en sorte d'amener la Grande-Bretagne à une position de dépendance économique et mi­litaire totale au sein du bloc occidental constitué après la guerre.

     la charge de "parti naturel de gouvernement" s'est irréversiblement transmise des conserva­teurs au parti travailliste. Cette aptitude du parti travailliste à répondre globalement aux besoins du capital britannique n'est pas le simple produit des circonstances conjonctu­relles de ces dernières années mais est bien la caractéristique fondamentale de toute la période depuis la seconde guerre. En effet, ce qui est le produit de circonstances conjoncturelles spécifiques, ce sont les périodes pendant lesquelles les conservateurs étaient appelés au gouvernement.

  le rapport de forces entre la bourgeoisie et le prolétariat a subi un changement historique. Si la deuxième guerre mondiale a marqué l'apogée de la bourgeoisie et le creux du pro­létariat, aujourd'hui le prolétariat s'est renforcé à tel point que non seulement il constitue un frein à la troisième guerre mondiale, mais aussi qu'il peut aller plus loin afin d'imposer sa solution révolutionnaire à la crise historique du capitalisme. Bien que ce changement du rapport de forces se situe au niveau international, sa manifestation en Gran­de-Bretagne a eu un effet profond sur la situa­tion locale. Tels sont les principaux thèmes de ce texte.

LA G.B. ET LA FORMATION DU BLOC U.S.

2 - La deuxième guerre mondiale a changé la phy­sionomie du système impérialiste mondial du ca­pitalisme. Elle a transformé la situation avant 1939, caractérisée par plusieurs "mini-blocs" rivaux en deux grands blocs mondiaux, chacun sous l'hégémonie d'une bourgeoisie nationale do­minante, les USA et la Russie. La guerre ne s'est pas uniquement poursuivie militairement entre "Alliés" et pays de l'Axe mais économique­ment entre les "Alliés" eux-mêmes -ou plutôt entre les USA et chacun des autres pays. Pour la Grande-Bretagne, sa "guerre" avec les USA a été l'élément décisif pour sa position après-guerre.

3 - Dans les années 30, la pierre angulaire de l'économie britannique est toujours restée son empire, c'est-à-dire ses colonies officielles (telle que l'Inde) et les demi colonies (telles que la Chine et l'Argentine). On peut se ren­dre compte aisément du rôle primordial, irrem­plaçable, de l'empire en tant que source prin­cipale des richesses pour son économie. Sur une base 100 en 1924, l'indice du revenu natio­nal  global  s'élève à 114 en 1934 tandis que l'indice du revenu national venant d'outre-mer s'élève à 140. En 1930, les investissements de la Grande-Bretagne à l'étranger dépassent ceux de tout autre pays au monde; ces investis­sements apportent 18 % de toute la richesse na­tionale. Pendant toute cette période, la Grande-Bretagne domine, par rapport aux autres pays, la plus grande partie du commerce mondial : 15,4 % en 1936.

En termes absolus et relatifs, les investisse­ments de la Grande-Bretagne dépassent large­ment ceux des USA. Par exemple, en 1930 (à la veille de la grande crise), l'investissement de la Grande-Bretagne à l'étranger s'élève à 80-85 milliards de marks, celui des USA à 60-65 milliards de marks- En 1929, le revenu de la Grande-Bretagne venant des investissements à long terme à l'étranger se chiffre à 1219 mil­lions de dollars-or tandis que pour les USA, le chiffre est de 876 millions de dollars-or. Cependant, l'énorme économie des USA (dont la richesse nationale était de 1760 milliards de marks en 1930 par rapport à 450 milliards de marks pour la Grande-Bretagne) s'est dévelop­pée beaucoup plus rapidement que celle de la Grande-Bretagne et le besoin de marchés étran­gers devenait de plus en plus urgent   pour les USA comme on peut le voir par exemple, en comparant la croissance respective des inves­tissements du capital à l'étranger. Le capital britannique investi à l'étranger en 1902 est de 62 milliards de francs (à la parité d'avant-guerre), il s'élève à 94 milliards en 1930; les chiffres pour les USA sont de 2,6 milliards de francs en 1900 et 81 milliards en 1930. Il est évident qu'avec un tel appétit pour les marchés étrangers, les USA ne pouvaient que dé­sirer ardemment l'empire auquel s'accrochait dé­sespérément la bourgeoisie britannique à cause de ses marchés et matières premières.

Avec la concurrence de plus en plus acharnée (surtout des USA et de l'Allemagne), la perte de l'empire aurait été une catastrophe. Mais en même temps, maintenir un tel empire est très coûteux. Des menaces venaient de tous côtés : l'extension militaire japonaise et allemande, les bourgeoisies coloniales luttant pour élargir leurs propres positions aux dépens de la Gran­de-Bretagne, la pression » surtout celle des USA, pour mettre fin aux privilèges économiques dans l'empire et pour ouvrir les marchés à leur propre expansion économique. Certaines fractions de la bourgeoisie britannique se battaient depuis longtemps pour essayer de trou­ver une façon moins onéreuse de maintenir les avantages de la Grande-Bretagne mais elles s'étaient heurtées à des intérêts très enraci­nés. C'est pourquoi, jusqu'au commencement de la guerre et même durant la première année, la bourgeoisie britannique restait très divisée sur la meilleure voie à suivre.

Le choix essentiel était : aller à la guerre ou l'éviter. Parmi ceux qui désiraient la guerre, se trouvaient une petite fraction pro-allemande dans le Parti conservateur, mais des frac­tions beaucoup plus larges de la bourgeoisie voyaient un plus grand intérêt à vaincre l'Al­lemagne. Celles-ci comprenaient l'aile gauche du Parti Travailliste et la fraction du Parti conservateur conduite par Churchill. Cependant, d'autres fractions bourgeoises comprenaient que, quel que soit le camp choisi par la Grande-Bretagne, la guerre conduirait forcément au démem­brement de l'empire au profit soit de l'Allema­gne, soit des USA. Ce point de vue était celui du gouvernement Chamberlain -d'où la politique d'apaisement qui a abouti à l'accord de Munich en 1938. C était seulement en esquivant la guerre que la Grande-Bretagne pouvait éviter de devenir dépendante soit de l'Allemagne,soit des USA. Cependant, pour des raisons objectives gé­nérales, la guerre était inévitable et la seule question réelle était : avec qui la Grande-Bre­tagne va-t-elle s'allier et contre qui ? En es­sayant d'éviter la guerre, Chamberlain a tenu le rôle ridicule d'un canut et depuis lors le reste de la bourgeoisie l'a profondément mépri­sé.

4 - Dans les faits, l'intervention de l'Allema­gne en Autriche, en Tchécoslovaquie et Pologne associée au pacte de non-agression entre Hitler et Staline signifiait que la prochaine exten­sion allemande se ferait vers l'Ouest. La mena­ce envers le littoral britannique était claire et Chamberlain déclara la guerre à l'Allemagne. Il s'ensuivit cependant une période d'indéci­sion pendant laquelle la bourgeoisie anglaise fut dirigée par ceux qui avaient voulu éviter la guerre; pendant ce temps, la bourgeoisie allemande espérait que la situation se tasse­rait à l'Ouest de façon à ce qu'elle puisse s'étendre à l'Est aux dépens de la Russie. Cette période fut celle de la "drôle de guerre". Elle se termina par l'avancée de l'armée alle­mande à travers les Ardennes et la capitula­tion de la France en Mai 1940. Ces événements précipitèrent la chute de Chamberlain et la montée au pouvoir de la coalition des forces rassemblées autour de Churchill, qui s'enga­gea coûte que coûte à trouver une solution aux problèmes du capital britannique, par la dé­faite de l'expansionnisme allemand. Comme il était clair que la capacité productive de la Grande-Bretagne était insuffisante pour assumer les exigences de la guerre, la bourgeoisie britannique fut forcée de demander de l'ai­de aux USA.

5 - Les objectifs de la politique de la bourgeoisie américaine à l'égard de la guerre était :

     de vaincre l'Allemagne et le Japon

     d'empêcher la montée de la Russie en Europe

      de réduire la Grande-Bretagne et son empire à une dépendance des USA.

En poursuivant ces buts, la politique de la bourgeoisie américaine était faite de manoeuvres; pour assurer la victoire au coût le moins cher possible. Cela signifiait saigner les alliés autant que possible pour les paiements du ma­tériel de guerre sans toutefois porter atteinte à leur engagement dans l'effort de guerre; utiliser l'énorme marché crée par la guerre pour stimuler l'économie américaine et absor­ber le chômage dans le processus de production; minimiser le mécontentement face à la guerre en s'assurant que la plus grande partie des massacres sur les champs de bataille serait encaissée par les armées alliées.

Dans les premières phases de la guerre, l'application de cette politique frappa l'économie I britannique plus fortement que l'aviation allemande. A cause du système du "cash and carry" I (1), les réserves financières britanniques s'épuisèrent de plus en plus pour payer le matériel de guerre, l'essence et la nourriture dont une importante partie n'atteignit de toute façon jamais la Grande-Bretagne à cause des na-1 vires coulés dans l'Atlantique Nord. La bourgeoisie américaine pouvait donc affaiblir systématiquement la capacité de la bourgeoisie britannique à résister aux conditions économi­ques et militaires imposées dans ces arrange­ments. Et ainsi, lorsqu'en 1941, les accords pour le "lend lease" ([1]) vinrent remplacer le système du "cash and carry" ([2]) (qui avait couté au capital britannique près de 3,6 milliards de dollars), la Grande-Bretagne ne possédait plus que 12 millions de dollars en réserve.

Dans les principaux accords du "lend lease", les USA commencèrent tout un programme "d'ar­rangement" afin d'obliger la Grande-Bretagne à se défaire de ses privilèges dans l'empire après la guerre : en fait à le démanteler. Et pour s'assurer que la Grande-Bretagne ne pour­rait pas différer les remboursements jusqu'à la fin de la guerre, le remboursement du "lend lease" fut prévu pour l'été 1943. Il était exigé payable en nature, en matières premières, en denrées alimentaires, en équipement mili­taire et en soutien à l'armée américaine dans le théâtre des opérations en Europe. De plus, des évaluations régulières des réserves bri­tanniques étaient faites et lorsque le gouver­nement des USA considérait qu'elles étaient "trop volumineuses", des paiements en espèces étaient exigés selon les accords du "lend lease". Les avantages gagnés par les USA aux dépens de la Grande-Bretagne pendant la guer­re furent poursuivis et renforcés dès la fin de la guerre. Le jour de la victoire contre le Japon, le "lend lease" prit fin, avec une évaluation s'élevant à 6 milliards de dollars dus aux USA par la Grande-Bretagne. Bien que les USA en aient déduit une proportion substan­tielle, la somme qui restait à payer était suffisamment élevée pour assurer une domina­tion sur l'ensemble de l'économie britannique. Cette somme résiduelle était de 650 millions de dollars, ce qui était supérieur aux réser­ves britanniques en devises étrangères. En plus, les USA refusèrent de prendre part au soutien de la livre-sterling (près de 14 mil­liards de dollars) nécessaire à cause des det­tes accumulées pendant l'effort de guerre.

A la fin de la guerre, les USA avaient quasi­ment réalisé leurs objectifs de guerre par rap­port à la Grande-Bretagne et à son empire. Mais il leur fallut quelques années encore pour les réaliser entièrement. Ces objectifs se mêlèrent au besoin de construire et de con­solider le bloc occidental face à celui de la Russie. A la fin des années 40, les possibili­tés d'une troisième guerre mondiale étaient réunies.

6 - Les USA n'ont pas essayé de répéter la poli­tique suivie après la première guerre mondiale, à savoir : acculer l'Europe à la faillite en la forçant à payer ses dettes de guerre et en relevant les tarifs douaniers. Les principaux objectifs des USA étaient d'appliquer des me­sures financières visant à la reconstruction des pays du bloc dans le but de favoriser et de stimuler l'économie américaine. La reconstruction de l'Europe et du Japon four­niraient ainsi des marchés pour l'industrie et l'agriculture des USA, en même temps, la re­construction permettrait à ces pays de contri­buer à la capacité militaire du bloc.

Ces plans furent mis en place avant la fin même de la guerre -de façon nette dans les accords de Bretton Woods (Fonds Monétaire International et Banque Mondiale). Cependant, dans le contex­te de cette stratégie d'ensemble, les USA choi­sirent pour la Grande-Bretagne un"traitement" spécial. Puisque les actions d'arrière garde de Churchill résistaient aux efforts des USA pour "libérer" l'empire de l'étreinte de la bourgeoi­sie britannique, les USA maintinrent une pres­sion constante sur l'économie britannique. En retour des 3,75 milliards de dollars prêtés pour aider -vu les difficultés de la liquida­tion du "lend lease"-, le gouvernement britan­nique devait accepter d'aider les USA à imposer le plan Bretton Woods au reste du bloc. Il devait rendre aussi la livre sterling converti­ble au milieu de l'année 1947, ce que voulaient les USA, afin de rendre la Grande-Bretagne plus vulnérable et l'obliger à faire appel à ses ré­serves (et  en effet ceci réussit trop bien : quand la Grande-Bretagne perdit 150 millions de dollars-or et de dollars de réserve en un mois, les USA permirent une suspension de la convertibilité).

Lorsque la rivalité entre les USA et la Russie devint plus intense, les USA sentirent le be­soin d'accélérer le processus de reconstruc­tion et d'accroître la dépense militaire euro­péenne. Le Plan Marshall fournit les fonds entre 1948-1951 et l'OTAN fut crée en 1949. La pres­sion sur la bourgeoisie britannique fut main­tenue pendant toutes les années autour de 1940 afin d.'obtenir une contribution élevée à cette force militaire. Tandis que les USA dé­mobilisaient assez rapidement, la Grande-Bre­tagne devait fournir des forces considérables en Europe (en 1948, la Grande-Bretagne avait encore 1 million d'hommes en armes). En 1950, les USA engagèrent dans la guerre de Corée, d'abord leurs troupes, puis les troupes alliées (celles de la Grande-Bretagne inclus). Ils de­mandèrent aussi un accroissement énorme du bud­get militaire britannique -4,7 billions de li­vres en 1950. Avec le réarmement de l'Allema­gne en 1950, la facture de l'armée d'occupa­tion britannique fut retirée à la bourgeoisie allemande et soumise à la bourgeoisie britan­nique.

D'autres mesures furent prises pour maintenir la pression économique sur le capital britan­nique : par exemple, lorsque les USA donnèrent le "feu vert" aux Japonais pour réarmer en 1957, ils abrogèrent alors les réparations du Japon à la Grande Bretagne; et lorsque la Grande-Bretagne essaya de laisser ses propres dettes à ses colonies (par le non-paiement des maté­riaux et des services), les USA s'y opposè­rent.

7 - Avec plus ou moins de succès, les gouverne­ments britanniques successifs essayèrent de dé­fendre l'économie des attaques de la bourgeoi­sie américaine contre leur marché national et leurs marchés coloniaux. Ils essayèrent aussi de maintenir la position britannique comme pou­voir impérialiste à part entière. Mais à cause des USA, qui cyniquement se posè­rent en champion de 1'anti-colonialisme et de 1'indépendance nationale, la Grande-Bretagne, épuisée par la guerre fut complètement inca­pable de maintenir son système colonial ana­chronique. La guerre avait donné une immense impulsion aux mouvements nationaux dans les colonies -des mouvements soutenus par la Rus­sie et les USA, qui tous deux avaient intérêt à démanteler l'empire britannique. Les retraits britanniques en Inde et en Palestine ont été les moments les plus spectaculaires de la dé­molition de l'empire et le "fiasco" de Suez en 1956 a mis fin à toute illusion que la Grande-Bretagne était encore "une puissance mondiale de premier ordre". Les USA ont clai­rement démontré qu'ils ne toléraient pas les actions indépendantes ne correspondant pas à leurs intérêts. Le gouvernement britanni­que était désemparé devant cette situation et n'avait qu'à capituler, et en le faisant, il se montrait incapable de défendre ses marchés et ses colonies.

Le démantèlement de l'empire s'est accéléré et les années 60 ont vu un cortège continu de colonies revendiquer leur "indépendance". Le dernier retrait des forces britanniques de "l'est de Suez" en 1964 pendant le gouvernement Wilson venait clore - par une dernière formali­té- un processus qui avait commencé bien des années auparavant.

8 - Les principales conclusions que nous pouvons tirer du processus de la formation du bloc US et en particulier de la place de la Grande-Bre­tagne, peuvent être résumées comme suit :

     la bourgeoisie américaine s'est employée à ré­duire la nation britannique à l'état de puis­sance économique et militaire secondaire. L'objectif essentiel des USA était de démolir l'empire britannique, considéré comme le princi­pal obstacle à l'expansion américaine. En déve­loppant une politique appropriée et en utilisant son énorme pouvoir économique et politique, ils ont réalisé leurs buts pendant la guerre et la reconstruction ensuite.

     le "cash and carry" et le "lend lease" ont été utilisés pour obtenir des droits sur les concessions britanniques et pour avoir accès aux matières premières. Cela signifiait que le contrôle des dépôts    de matériaux stratégiques tel que le pétrole, le caoutchouc, les minerais passait des mains de la bourgeoisie britannique à la bourgeoisie américaine. Un endettement fi­nancier permanent était instauré et maintenu.

     l'aide d'après-guerre était canalisée en Euro­pe de façon à stimuler à la fois l'économie amé­ricaine et à accroître les capacités militaires du bloc occidental. Ainsi, la politique économi­que de la Grande-Bretagne était dictée essentiel­lement par les besoins d'une économie de guerre permanente à l'ouest contrôlée par la bourgeoi­sie américaine.

     bien que la reconstruction ait apporté un boom provisoire à l'économie occidentale, les bénéfices de l'économie britannique ont été con­sidérablement atténués par les USA, au nom de ses propres intérêts. La perte de l'empire et le début de la 'crise économique mondiale dans les années 60 trouvèrent le capital britannique en position de faiblesse, moins capable que d'au très économies (telles que l'Allemagne, le Ja­pon, la France) de faire face à la crise.

• le "rapport particulier" liant la bourgeoisie américaine à la bourgeoisie britannique si sou­vent revendiqué, est simplement une relation de complète hégémonie de la part des USA. Dans le cadre du renforcement du bloc occidental qui s'est effectué ces dernières années, comme ré­sultat de l'approfondissement des antagonismes inter-impérialistes, la Grande-Bretagne a donc été le plus obéissant des principaux alliés des USA.

C.Marlowe


[1] "Lend and lease" : relâchement de la part des USA pour le paiement des factures de la Grande-Bretagne. Retour à un système de crédit.

[2] "Cash and carry" : littéralement : payer comptant une fois les marchandises reçues. Système d'échange qui contraignait la Grande-Bretagne à payer comptant les marchandises qu'elle recevait. Aucun crédit n'était accordé.

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