La commémoration
de l'anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz
constitue une nouvelle occasion pour la bourgeoisie, en nous
assénant des images et des témoignages choc qui
rappellent des horreurs bien réelles du fascisme,
d'escamoter la responsabilité du "camp d'en
face", et plus particulièrement de la démocratie,
dans les atrocités du deuxième conflit mondial.
Des documents inédits
font leur apparition venant illustrer à nouveau l'horreur
sans nom vécue par les déportés et la
barbarie insondable de leurs bourreaux et tortionnaires nazis.
Mais ce n'est certainement pas un hasard si cette quête de
vérité et d'"authentique" s'arrête
là où les faits deviennent compromettant pour "le
camp démocratique". En effet, les Alliés, qui
n'ignoraient rien de la réalité de cet holocauste,
n'ont rien tenté qui puisse entraver la mise à
exécution des plans macabres du régime nazi. C'est
cette réalité qu'il est de la responsabilité
des révolutionnaires de rappeler, comme nous le faisons à
travers la republication d'extraits d'un article de notre Revue
n° 89, "La co-responsabilité des alliés et
des nazis dans l'holocauste".
De plus, la barbarie
dont à fait preuve la camp démocratique dans ce
second conflit mondial n'a rien à envier à celle du
camp fasciste, dans l'horreur comme dans le cynisme avec lesquels
furent perpétrés les crimes contre l'humanité
que constituèrent les bombardements de Dresde et de
Hambourg ou encore le feu nucléaire s'abattant sur un Japon
déjà vaincu. C'est pourquoi nous affirmons, avec nos
camarades de la Gauche communiste de France, dont nous
reproduisons un tract de juin 1945, "Buchenwald, Maideneck :
démagogie macabre ", publié à l'époque
dans l'Etincelle N° 6, que ce ne sont pas les
prolétaires allemands, américains, anglais, …
qui sont les responsables de la barbarie de guerres qu'ils n'ont
pas voulu, mais la bourgeoisie et le capitalisme.
Alors que, de 1945 à aujourd’hui, la
bourgeoisie n’a eu de cesse de nous exhiber, de façon
obscène, les montagnes de squelettes trouvés dans
les camps d’extermination nazis et les corps affreusement
décharnés des survivants de cet enfer, elle fut très
discrète sur ces mêmes camps pendant la guerre
elle-même, au point que ce thème fut absent de la
propagande guerrière du "camp démocratique".
Les Alliés dissimulent l'existence
des camps
La fable que nous ressert régulièrement
la bourgeoisie selon laquelle ce n’est qu’avec la
libération des camps en 1945 que les Alliés se
seraient véritablement rendus compte de ce qui se passait à
Dachau, Auschwitz ou Treblinka, ne résiste pas à la
moindre étude historique. Les services de renseignement
existaient déjà et étaient très actifs
et efficaces comme l’attestent des centaines d’épisodes
de la guerre où ils jouèrent un rôle
déterminant ; et l’existence des camps de la
mort ne pouvait échapper à leur investigation. Cela
est confirmé par toute une série de travaux
d’historiens de la seconde Guerre Mondiale. Ainsi le journal
français Le Monde écrit dans son
édition du 27 septembre 1996 : "Un massacre
[celui perpétré dans les camps] dont un rapport
du parti social-démocrate juif, le Bund polonais, avait,
dès le printemps 1942, révélé
l’ampleur et le caractère systématique, fut
officiellement confirmé aux officiels américains par
le fameux télégramme du 8 août 1942, émis
par G. Riegner, représentant du Congrès Juif
mondial à Genève, sur la base d’informations
fournies par un industriel allemand de Leipzig du nom d’Edouard
Scholte. A cette époque on le sait, une grande partie des
juifs européens promis à la destruction étaient
encore en vie." On voit donc que les gouvernements Alliés
au travers de multiples canaux, étaient parfaitement au
courant des génocides en cours dès 1942. Pourtant
les dirigeants du "camp démocratique", les
Roosevelt, Churchill et consorts, firent tout pour que ces
révélations, pourtant incontestables, ne fassent
l’objet d’aucune publicité et donnèrent
à la presse de l’époque des consignes
d’extrême discrétion sur ce sujet. En fait, ils
ne levèrent pas le moindre petit doigt pour tenter de
sauver la vie de ces millions de condamnés à mort.
C’est ce que confirme ce même article du journal Le
Monde : "(...) l’Américain D. Wyman
a montré, au milieu des années 1980, dans son livre
l'Abandon des juifs (Calmann-Lévy), que quelques
centaines de milliers d’existences auraient pu être
épargnées sans l’apathie, voir l’obstruction,
de certains organes de l’administration américaine
(comme le Département d’Etat) et des Alliés en
général." Ces extraits de ce très
bourgeois et démocratique journal ne font que confirmer ce
qu’a toujours affirmé à ce propos la Gauche
communiste. Le silence de la coalition impérialiste opposée
à l’Allemagne hitlérienne montre déjà
ce que valent ces vertueuses et tonitruantes proclamations
d’indignation devant l’horreur des camps après
1945.
Ce silence s’expliquerait-il par
l’antisémitisme latent de certains dirigeants Alliés
comme l’ont soutenu des historiens israéliens après
la guerre ? Que l’antisémitisme ne soit pas
l’apanage des tenants des régimes fascistes est une
chose certaine. Mais ce n’est pas là la véritable
explication du silence des Alliés dont d’ailleurs
certains des dirigeants étaient juifs ou très
proches des organisations juives, comme Roosevelt par exemple.
Non, là encore, l’origine de cette remarquable
discrétion réside dans les lois qui régissent
le système capitaliste, quels que soient les oripeaux,
démocratiques ou totalitaires, dont il drape sa domination.
Comme pour l’autre camp, toutes les ressources du camp Allié
étaient mobilisées au service de la guerre. Pas de
bouches inutiles, tout le monde doit être occupé,
soit au front, soit dans la production d’armements.
L’arrivée en masse des populations en provenance des
camps, des enfants et des vieillards qu’on ne pouvait pas
envoyer au front ou à l’usine, des hommes et des
femmes malades et épuisés qu’on ne pouvait
immédiatement intégrer dans l’effort de
guerre, aurait désorganisé ce dernier. Dès
lors on ferme les frontières et on empêche par tous
les moyens une telle immigration. Le ministre de sa très
gracieuse et très démocratique majesté
britannique, A. Eden décida en 1943 (c’est-à-dire
à une période où la bourgeoisie anglo-saxonne
n’ignorait rien de la réalité des camps), à
la demande de Churchill, "qu’aucun navire des
Nations unies ne peut être habilité à
effectuer le transfert des réfugiés d’Europe."
Et Roosevelt ajoutait que "transporter tant de monde
désorganiserait l’effort de guerre"
(Churchill, Mémoires, T.10). Voilà les
sordides raisons qui conduisirent ces "grands démocrates"
et "antifascistes" patentés à
garder le silence sur ce qui se passait à Dachau,
Buchenwald et autres lieux de sinistre mémoire ! Les
considérations humanitaires qui étaient censées
les animer n’avaient pas leur place devant leurs sordides
intérêts capitalistes et les besoins de l’effort
de guerre.
Les Alliés ne se contentèrent pas
d’entretenir soigneusement le silence durant toute la guerre
sur les génocides perpétrés dans les camps ;
ils allèrent beaucoup plus loin dans le cynisme et
l’abjection. Si d’un côté ils n’ont
jamais hésité à faire tomber un déluge
de bombes sur les populations allemandes, pour l’essentiel
ouvrières, de l’autre ils se sont refusés à
tenter la moindre opération militaire en direction des
camps de la mort. Ainsi, alors que dès le début 1944
ils pouvaient sans difficultés bombarder les voies ferrées
menant à Auschwitz, ils se sont volontairement abstenus.
Non seulement cet objectif était à ce moment-là
à portée de leur aviation mais deux évadés
du camp leur avaient décrit en détail le
fonctionnement de celui-ci et la topographie des lieux.
Quand le camp démocratique préfère
laisser crever les juifs plutôt que de s'en encombrer
Dans l’article cité plus haut, Le
Monde rapporte : "des dirigeants juifs hongrois
et slovaques supplient les Alliés de passer à
l’action, alors que les déportations des juifs de
Hongrie ont commencé. Ils désignent même un
objectif : le carrefour ferroviaire de Kosice-Pressow. Les
Allemands pouvaient, il est vrai, assez rapidement réparer
les voies. Mais cet argument ne vaut pas pour la destruction des
crématoires de Birkenau, qui aurait incontestablement
désorganisé la machine d’extermination. Rien
ne sera fait. En définitive, il est difficile de ne pas
reconnaître que même le minimum n’a pas été
tenté, noyé qu’il a été par la
mauvaise volonté des états-majors et des
diplomates."
Mais contrairement à ce que déplore
ce journal bourgeois, ce n’est pas par une simple "mauvaise
volonté" ou "lourdeur bureaucratique"
que le "camp démocrate" fut complice de
l’holocauste. Cette complicité fut, comme on va le
voir, totalement consciente. Les camps de déportation
furent au début essentiellement des camps de travail où
la bourgeoisie allemande pouvait bénéficier à
moindre coût d’une main-d’œuvre réduite
à l’esclavage, tout entière consacrée à
l’effort de guerre. Même si déjà à
l’époque il existait des camps d’extermination,
ils étaient jusqu’en 1942 plus l’exception que
la règle. Mais à partir des premiers revers
militaires sérieux subis par l’impérialisme
allemand, en particulier face au formidable rouleau compresseur
mis en place par les Etats-Unis, le régime nazi ne pouvait
déjà plus nourrir convenablement la population et
les troupes allemandes. Il décida de se débarrasser
de la population excédentaire enfermée dans les
camps, et dès lors, les fours crématoires se
répandirent un peu partout et accomplirent leur sinistre
besogne. L’horreur indicible de ce qui se perpétrait
dans les camps pour alimenter la machine de guerre allemande était
le fait d’un impérialisme aux abois qui reculait sur
tous les fronts. Cependant bien que l’holocauste fut
perpétré sans le moindre état d’âme
par le régime nazi et ses sbires, il ne rapportait pas
grand chose au capitalisme allemand qui était, comme on l’a
vu, lancé dans une course désespérée
pour réunir les moyens nécessaires à une
résistance efficace face à une avancée de
plus en plus irrésistible des Alliés. C’est
dans ce contexte que plusieurs négociations furent tentées
par l’Etat allemand, en général directement
par les SS, auprès des Alliés dans le but de
chercher à se débarrasser, avec profit, de plusieurs
centaines de milliers, voir de millions de prisonniers.
L’épisode le plus célèbre
de ce sinistre marchandage fut celui qui a concerné Joël
Brand, le dirigeant d’une organisation semi-clandestine de
juifs hongrois. Ce dernier, comme l’a raconté
A. Weissberg dans son livre L’histoire de J. Brand
et comme cela a été repris dans la brochure
Auschwitz ou le grand alibi, fut convoqué à
Budapest pour y rencontrer le chef des SS chargé de la
question juive, A. Eichmann. Celui-ci le chargea de négocier
auprès des gouvernements anglo-américains la
libération d’un million de juifs en échange de
10 000 camions. Eichmann était prêt à
réduire ses prétentions, voire à accepter
d’autres types de marchandises. Les SS, pour preuve de leur
bonne foi et du caractère on ne peut plus sérieux de
leur offre, se déclarèrent prêts à
libérer sans contrepartie 100 000 juifs dès
qu’un accord de principe serait obtenu par J. Brand.
Dans un premier temps, celui-ci connut les pires difficultés
(jusqu’à subir une incarcération dans des
prisons anglaises du Proche-Orient) pour rencontrer des
représentants des gouvernements Alliés. Ces
difficultés n’étaient pas le fruit du hasard :
à l’évidence, une rencontre officielle avec
cet "empêcheur de tourner en rond" était
à éviter.
Quand il put enfin discuter des propositions
allemandes avec Lord Moyne, le responsable du gouvernement
britannique pour le Proche-Orient, celui-ci lui opposa un refus
catégorique qui n’avait rien de personnel (il ne
faisait qu’appliquer les consignes du gouvernement
britannique) et qui était encore moins l’expression
d’un "refus moral face à un odieux chantage".
Aucun doute n’est en effet possible à la lecture du
compte rendu que fit Brand de cette discussion : "Il
le supplie de donner au moins un accord écrit, quitte à
ne pas le tenir, ça ferait toujours 100 000 vies
sauvées, Moyne lui demande alors quel serait le nombre
total ? Eichmann a parlé d’un million. Comment
imaginez-vous une chose pareille, mister Brand ? Que
ferais-je de ce million de juifs ? Où les mettrai-je ?
Qui les accueillera ? Si la terre n’a plus de place
pour nous, il ne nous reste plus qu’à nous laisser
exterminer, dit Brand désespéré."
Comme le souligne très justement Auschwitz ou le grand
alibi à propos de ce glorieux épisode de la
seconde boucherie mondiale : "Malheureusement si
l’offre existait, il n’y avait pas de demande !
Non seulement les juifs mais aussi les SS s’étaient
laissés prendre à la propagande humanitaire des
alliés. Les alliés n’en voulaient pas de ce
million de juifs ! Pas pour 10 000 camions, pas pour
5 000, même pas pour rien."
La propagande démocratique pour
mystifier le prolétariat
Une certaine historiographie récente tente
de montrer que ce refus était avant tout dû au veto
opposé par Staline face à ce type de marchandage. Ce
n’est là qu’une tentative de plus pour chercher
à masquer et à atténuer la responsabilité
des "grandes démocraties" et leur
complicité directe dans l’holocauste. C’est ce
que révèle la mésaventure survenue au naïf
J. Brand dont on ne peut sérieusement contester le
témoignage. De plus, durant toute la guerre, ni Roosevelt
ni Churchill n’ont eu pour habitude de se laisser dicter
leur conduite par Staline. Avec le "petit père des
peuples", ils étaient plutôt au diapason,
faisant preuve du même cynisme et de la même
brutalité. Le très "humaniste"
Roosevelt opposera d’ailleurs le même refus à
d’autres tentatives ultérieures des nazis, en
particulier lorsque, fin 1944, ils essayèrent encore de
vendre des juifs à l’ "Organisation des
Juifs américains", transférant pour preuve
de leur bonne volonté près de 2 000 juifs en
Suisse, comme le raconte dans le détail Y. Bauer dans
un livre intitulé Juifs à vendre (Editions
Liana Levi).
Tout ceci n’est ni une bavure ni le fait de
dirigeants devenus "insensibles" à cause
des terribles sacrifices qu’exigeait la conduite de la
guerre contre la féroce dictature fasciste comme veut le
faire croire la bourgeoisie. L’antifascisme n’a jamais
exprimé un réel antagonisme entre d’un côté
un camp défendant la démocratie et ses valeurs, et
de l’autre un camp totalitaire. Il n’a été
dès le départ qu’un "chiffon rouge"
agité devant les yeux des prolétaires pour justifier
la guerre à venir en masquant son caractère
classiquement inter impérialiste pour le repartage du monde
entre les grands requins capitalistes (c’est ce que
l’Internationale Communiste avait mis en avant dès la
signature du Traité de Versailles et qu’il fallait
absolument gommer de la mémoire ouvrière). Il a été
surtout le moyen de les embrigader dans la plus gigantesque
boucherie de l’histoire. Si, pendant la guerre, il fallait
faire le silence sur les camps et fermer soigneusement les
frontières à tous ceux qui tentaient d’échapper
à l’enfer nazi pour "ne pas désorganiser
l’effort de guerre", après la fin de la
guerre il en a été tout autrement. L’immense
publicité faite soudain, à partir de 1945, aux camps
de la mort représentait une formidable aubaine pour la
bourgeoisie. Braquer tous les projecteurs sur la réalité
monstrueuse des camps de la mort permettait en effet aux Alliés
de masquer les crimes innombrables qu’ils avaient eux-mêmes
perpétrés. Ce battage assourdissant permettait aussi
d’enchaîner solidement une classe ouvrière (qui
risquait de renâcler contre les immenses sacrifices et la
misère noire qu’elle continuait de subir même
après la "Libération") au char de
la démocratie. Celle-ci était présentée
par tous les partis bourgeois, de la droite aux staliniens, comme
une valeur commune aux bourgeois et aux ouvriers, valeur qu’il
fallait absolument défendre pour éviter, à
l’avenir, de nouveaux holocaustes.
Buchenwald, Maideneck :
démagogie macabre
(L'Etincelle N° 6 : Juin 45)
Le rôle joué par les SS, les nazis et
leur camp d’industrialisation de la mort, fut celui
d’exterminer en général tous ceux qui
s’opposèrent au régime fasciste et surtout les
militants révolutionnaires (1) qui ont toujours été
à la pointe du combat contre la bourgeoisie capitaliste,
quelque forme qu’elle prenne : autocratique,
monarchique ou "démocratique", quel
que soit leur chef : Hitler, Mussolini, Staline, Léopold III,
George V, Victor-Emmanuel, Churchill, Roosevelt, Daladier ou
De Gaulle.
La bourgeoisie internationale qui, lorsque la
révolution russe d’octobre éclata en 1917,
chercha tous les moyens possibles et imaginables pour l’écraser,
qui brisa la révolution allemande en 1919 par une
répression d’une sauvagerie inouïe, qui noya
dans le sang l’insurrection chinoise prolétarienne ;
la même bourgeoisie finança en Italie la propagande
fasciste puis en Allemagne celle de Hitler ; la même
bourgeoisie mit au pouvoir en Allemagne celui qu’elle avait
désigné comme devant être pour son compte le
gendarme de l’Europe ; la même bourgeoisie
aujourd’hui enfin dépense des millions "pour
financer le montage d’une exposition sur les crimes
hitlériens", les prises de vues et la présentation
au public de films sur les "atrocités allemandes"
pendant que les victimes de ces atrocités continuent à
mourir souvent sans soins et que les rescapés qui rentrent
n’ont pas les moyens de vivre.
Cette même bourgeoisie, c’est elle qui
d’un côté a payé le réarmement de
l’Allemagne et de l’autre a bafoué le
prolétariat en l’entraînant dans la guerre avec
l’idéologie anti-fasciste, c’est elle qui, de
cette façon, ayant favorisé la venue de Hitler au
pouvoir, s’est servie jusqu’au bout de lui pour
écraser le prolétariat allemand et l’entraîner
dans la plus sanglante des guerres, dans la boucherie la plus
immonde que l’on puisse concevoir.
C’est toujours cette même bourgeoisie
qui envoie des représentants avec des gerbes de fleurs
s’incliner hypocritement sur les tombes des morts qu’elle
a elle-même engendrés parce qu’elle est
incapable de diriger la société et que la guerre est
sa seule forme de vie.
C’est elle que nous accusons !
C’est elle que nous accusons car les
millions de morts qu’elle a perpétrés ne sont
qu’une addition à une liste déjà bien
trop longue, hélas, des martyrs de la "civilisation",
de la société capitaliste en décomposition.
Les responsables des crimes hitlériens ne
sont pas les allemands qui ont les premiers, en 1934, payé
par 450 000 vies humaines la répression bourgeoise
hitlérienne et qui ont continué à subir cette
impitoyable répression quand celle-ci se portait en même
temps à l’étranger. Pas plus les français,
les anglais, les américains, les russes, les chinois ne
sont responsables des horreurs de la guerre qu’ils n’ont
pas voulues mais que leurs bourgeoisies leur ont imposées.
Par contre, les millions d’hommes et de
femmes qui sont morts à petit feu dans les camps de
concentration nazis, qui ont été sauvagement
torturés et dont les corps pourrissent quelque part, qui
ont été frappés pendant cette guerre en
combattant ou surpris dans un bombardement "libérateur",
les millions de cadavres mutilés, amputés,
déchiquetés, défigurés, enfouis sous
terre ou pourrissant au soleil, les millions de corps de soldats,
femmes, vieillards, enfants. Ces millions de morts réclament
vengeance. Et ils réclament vengeance non sur le peuple
allemand qui, lui, continue à payer mais sur cette infâme
bourgeoisie, hypocrite et sans scrupule, qui, elle, n’a pas
payé mais profité et qui continue à narguer
les esclaves qui ont faim, avec leurs mines de porcs nourris à
l’engrais.
La seule position pour le prolétariat n’est
pas de répondre aux appels démagogiques tendant à
continuer et à accentuer le chauvinisme au travers des
comités anti-fascistes, mais la lutte directe de classe
pour la défense de leurs intérêts, leur droit
à la vie, lutte de chaque jour, de chaque instant jusqu’à
la destruction du régime monstrueux, du capitalisme.
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