Un témoignage du sale boulot de l'UNEF

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A travers les débats qui existent dans divers forums sur Internet et qui touchent aux questions portant sur la lutte de classe, nous voulons souligner la réaction indignée d’un internaute face aux pratiques syndicales, en l’occurrence de l’UNEF, consignées dans un document intitulé : “Consignes de l’UNEF aux militants au sujet des autres formations”. Il s’agit là d’un document à usage syndical “interne” et qui dévoile non seulement l’état d’esprit mais aussi les sales méthodes utilisées par toutes les centrales dans leurs “cours de formation” des cadres syndicaux qui, outre leur professionnalisation du sabotage des luttes, vont à la pêche aux adhérents en appâtant ceux qu’ils cherchent à convertir en électeurs. Pour présenter l’essence de ce document, nous pensons que le mieux est de donner la parole à celui qui l’a porté de façon critique à notre connaissance par son intervention : “(…) je suis tellement énervé par le mail qu’un ami à moi proche de l’UNEF vient de me transmettre, qu’il est indispensable que je vous le communique. Ce mail va bien au-delà du désormais célèbre “Vade-mecum” repris par tout Internet sur “comment prendre en mains une AG (1). Le contenu est édifiant... à un point qu’il fait vraiment peur: Le rédacteur y revendique le droit de mentir aux étudiants !” (2).

En effet, mais le contenu du document en question nous permet d’affirmer, pour notre part, que l’objectif va bien au-delà de la simple “revendication du droit au mensonge”. Il ne fait ni plus ni moins que préconiser ce qui est déjà en usage dans toutes les officines bourgeoises, notamment les syndicats !

Outre le mépris porté à l’égard des étudiants, le document syndical cherche à conditionner et à coincer ses victimes pour les enfermer dans le piège électoral. C’est ce qu’on peut nettement déduire de ce premier extrait qui fait penser à une recette de cuisine : “L’étudiant “jour du vote” risque de vous demander pourquoi il n’a pas entendu parler des élections. Il faut dire que c’est la faute de l’université, qui n’a pas intérêt à ce que les étudiants puissent trop se plaindre. L’étudiant lambda a toujours des problèmes administratifs divers et ne pourra que vous donner raison. Dites que vous voulez changer les choses là-dessus” (3).

Notre conseiller en communication syndicale ordonne ensuite de passer à l’offensive avec une opération de séduction, vieille méthode employée par tous les boutiquiers et autres requins du marketing, pour ponctuer à l’aide d’un grossier mensonge : “Restez toujours aimables et avec le sourire, et sachez toujours où se trouve les bureaux de vote les plus proches pour renseigner les étudiants ! Si vous êtes en dispo de solidarité, renseignez-vous sur les formations présentes là où vous faites campagne pour dire que vous êtes étudiants du coin, ça passe mieux en général”. Faire croire qu’on est “du coin”, est une vieille ficelle digne des démarcheurs à domicile et des charlatans ! Après, car ce n’est pas tout, il faut encore “ratisser large”. Comment ? En faisant croire que l’UNEF n’est pas un sous-marin du Parti socialiste ! Voici la technique : “Sur les liens politiques PS/UNEF, répliquer que l’UNEF étant la première organisation de jeunesse, plusieurs de ses membres sont engagés, du MODEM au PG, donc dans les partis progressistes, vu que l’UNEF est de gauche (je ne considère pas le modem de gauche, mais ça fait moins peur aux étudiants comme ça)…”. Ensuite, il ne faut surtout pas que l’électeur potentiel se pose trop de questions, en particulier sur l’histoire du syndicat, au risque de découvrir des perles ou de ternir son image : “répondez que quand l’UNEF à fêté ses cent ans en 2007, personne ne l’a contesté et tous les candidats aux présidentielles ont répondu à l’appel de l’orga. Même chose sur l’appartenance de Le Pen à l’UNEF apolitique : bien évidemment niée (on ne va pas expliquer aux étudiants l’histoire du syndicat)…”. Face aux questions gênantes de concurrents éventuels, comme ceux de la FAGE, le mensonge reste de mise pour ces faiseurs d’opinions : “Combien de permanents à la FAGE sont rémunérés grâce aux subventions publiques ? Aucun à l’UNEF, comme le prouve le rapport du commissariat au compte fait sur l’orga majoritaire et disponible sur Internet (c’est faux, mais l’étudiant ne mettra pas votre parole en doute)”. Bien entendu, dans l’univers concurrent des forces bourgeoises, où le racolage côtoie le mensonge, le poker menteur reste une règle d’or : “De façon générale, il faut répondre à leur mauvaise foi par de la mauvaise foi mieux placée, et surtout se concentrer sur nos idées et notre programme pour accrocher les étudiants.” Tout est dit ! Encore une fois, ces “préceptes” ne sont pas spécifiques à l’UNEF et ne peuvent être que le produit de l’idéologie dominante, celle d’une classe qui doit mentir pour assurer un ordre social garantissant sa domination.

WH (23 avril)

1) Déjà commenté par nous : voir RI no 381, juillet/août 2007.

2) L’intervention peut être consultée à l’adresse suivante : http://forum.luttes-etudiantes.com/viewtopic.php?f=2&t=5381#p15365

3) Cette citation et les suivantes proviennent du texte : “Consignes de l’UNEF aux militants au sujet des autres formations”.

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