Face à la faillite du capitalisme, l'avenir appartient à la lutte de classe

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Le déferlement de la crise économique mondiale est aujourd’hui révélateur de l’impasse dans laquelle le système capitaliste enfonce l’humanité. Il est clair que dans tous les pays, la classe dirigeante n’a plus de modèles à proposer. Vingt ans après l’effondrement du modèle stalinien de l’Est et de son contrôle étatique sur la société, fini à son tour le rêve américain, brisé le modèle démocratique et occidental de développement de la richesse et de la prospérité que nous promettait à l’époque le “Nouvel ordre mondial” annoncé par Georges Bush senior en mars 1991. Et les gouvernements sociaux-démocrates n’ont pas seulement mieux fait face à la crise que ceux de droite, axés sur le “libéralisme sauvage”, mais ils ont aussi violemment attaqué les conditions de vie de la classe ouvrière partout dans le monde.

La situation ne va pas s’améliorer, contrairement à ce que prétend la bourgeoisie. Cette société, basée sur le profit et l’exploitation, ne peut même plus assurer l’avenir de ses enfants et des générations futures. La bourgeoisie n’a plus rien à proposer que davantage de misère. Le système ne peut plus être réformé, il doit être détruit de fond en comble par la seule force sociale capable de le remplacer par des rapports sociaux fondés non plus sur le profit et l’exploitation, mais sur la satisfaction et l’épanouissement des besoins humains : la classe ouvrière.

Face à la crise, la lutte de classe

Pour tous les prolétaires se pose aujourd’hui une question brûlante : comment résister aux coups de boutoirs de cette crise économique  ? Comment lutter contre les licenciements et la paupérisation  ?

Immédiatement et concrètement se pose alors une autre question à tous les ouvriers qui veulent lutter : pouvons-nous continuer à faire confiance aux syndicats et aux types d’actions qu’ils nous proposent  ? Vont-ils vraiment dans le sens de la construction d’un rapport de forces favorable à la classe exploitée  ?

Ainsi, que faut-il attendre des mobilisations que nous promettent les syndicats  ? Rien  ! En France, par exemple, après les mobilisations “dans l’unité syndicale” du 29 janvier et du 19 mars, puis celle de leur “Premier Mai unitaire et historique”, l’intersyndicale nationale avait appelé à faire du 26 mai ce qu’ils ont nommé une “journée de mobilisations décentralisées”, “en fonction des réalités locales”, la plupart du temps sans grève ni manifestation… Résultat : sauf des perturbations touchant les usagers de la SNCF ou des RER, ces “initiatives”, sans la moindre publicité de la part des syndicats dans la plupart des entreprises comme dans les autres services publics, sont passées quasiment inaperçues. Et maintenant, ils nous promettent une grande mobilisation d’ampleur le 13 juin… à la veille des vacances d’été  ! Où nous conduit ce type de “lutte”  ? Nulle part  !

La bourgeoisie profite ici des difficultés de la classe ouvrière à lutter, notamment contre le déluge de licenciements qui s’abat dans le secteur privé où se pose d’emblée la question : à quoi sert-il de faire grève quand une usine ferme alors que cela permet au patron de se livrer au chantage de fermer l’usine encore plus tôt et de réduire les ouvriers de l’entreprise au chômage encore plus vite  ? C’est d’ailleurs pour cela que les ouvriers n’ont pas d’autre alternative, derrière les syndicats, tant qu’ils restent isolés, site par site, entreprise par entreprise, paquet par paquet, que de se mettre en grève, quitte à perdre de suite leur emploi, pour défendre “leur” propre boîte, et de se résigner souvent, finalement, à arracher des indemnités de licenciements les “moins pires” possible  (1). Evidemment, l’effet démoralisant et le sentiment d’impuissance qui en résulte fait le jeu de la bourgeoisie qui a les mains plus libres pour nous attaquer davantage. C’est ainsi que les syndicats ont réussi à saboter, en l’épuisant ou en l’étouffant momentanément, la dynamique de colère qui s’était développée au sein de la classe vers la fin de l’année 2008 et début 2009. D’ailleurs, le journal le Monde, après les manifestations syndicales du 1er mai, ne disait pas autre chose : “Le gouvernement semble en effet estimer que la mobilisation demeure pour l’instant très encadrée et donc contrôlée par les syndicats. Il s’attend à de nouveaux rendez-vous de confrontation en juin mais juge que d’ici l’été, il y a peu de risque de débordements sérieux. Les inquiétudes se portent plutôt sur la rentrée où les ministres redoutent une colère sociale plus vive, au fur et à mesure que les conséquences de la crise se feront plus fortes” (le Monde daté des 3 et 4 mai 2009). Cette inquiétude de la bourgeoisie est réelle et c’est pourquoi, dès maintenant, elle prépare ses nouveaux pièges et ses nouvelles manœuvres idéologiques.

Malgré et contre l’emprise actuelle des syndicats, comme le montre un de nos articles  (2), l’avenir est par nécessité au développement, à l’expression grandissante de la solidarité ouvrière et à l’extension de la lutte de classe. Cette extension de la lutte ne pourra être réalisée réellement que si la classe ouvrière prend elle-même ses luttes en mains.

Wim (29 mai)


1) La proposition de Besancenot d’une “Marche nationale des ouvriers licenciés” sur Paris (Molex, Continental, Caterpillar…) pour promouvoir l’agitation en faveur d’une loi “interdisant les licenciements” ne permet nullement d’échapper aux mâchoires du même piège alors que nous savons déjà que les licenciements vont continuer de plus belle demain qu’ils ne concernent pas que les ouvriers licenciés aujourd’hui mais concernent bien toute la classe ouvrière. Le NPA joue ici le même rôle que l’ensemble des syndicats : il agit comme force d’encadrement d’une “catégorie particulière” de prolétaires, les ouvriers licenciés, en isolant ceux-ci du reste de leur classe.