L'État est bien le pire des patrons

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Erratum

Un rectificatif doit être apporté à l’article ci-dessous. Celui-ci s’appuyait sur des sources erronées d’information recueillies sur Internet sans vérification préalable. L’article se référait à un article de Charlie Hebdo. Or, cet article ne datait pas de 2008 mais du 27 octobre 2004 et le ministre de la Fonction publique dont les propos tenus à la même époque étaient rapportés n’était pas l’actuel ministre de la Fonction publique Eric Woerth, mais un de ses prédécesseurs, Renaud Dutreil. Cette précision apportée, le cynisme et le mépris affichés par l’Etat-patron vis-à-vis de ses salariés ont été pleinement confirmés par les actes et plus seulement en paroles par les suppressions d’emploi pleuvant toujours plus dru chaque année dans la fonction publique et par toutes les attaques dégradant à toute vitesse les conditions de vie et de travail des prolétaires dans les services administratifs. Dutreil en a rêvé, le gouvernement actuel l’a fait.

 


Les propos du ministre de la Fonction publique, Woerth, tenus lors d’une réunion de la Fondation Concorde le mercredi 20 octobre et rapportés par Charlie-Hebdo, indiquent quelles attaques nous attendent encore dans les mois à venir et révèlent au passage tout le mépris des grands bourgeois pour les travailleurs :

“Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d’un retraité, c’est presque 75  % du coût d’un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème.”

“Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l’administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles (…) Parce que les corps abritent des emplois inutiles.”

“C’est sur l’Éducation nationale que doit peser l’effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l’Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. (…) Il faudra faire un grand audit.”

“Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien (sic !) , l’école fonctionne bien (re-sic !), la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure.”

Et Charlie-Hebdo de finir par ce commentaire : "Il admet dans ses propos que les Français sont satisfaits de la qualité du service public rendu par les fonctionnaires, quels qu’ils soient. C’est bien en les fragilisant de l’intérieur (sous-effectifs, baisse d’investissements, etc.) qu’il compte rendre les services publics impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui lui servira de prétexte pour les privatisations à venir. Alors que ce sont bien les attaques à l’œuvre depuis de nombreuses années qui dégradent la qualité des services publics”.

Seul le refus de nous laisser diviser en secteur privé ou public, en corporations, en col bleu et en col blanc… pourra nous permettre de résister unis et solidaires contre toutes ces attaques !